AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
.
.
.
Oikawa Roy
avatar
Admin ♦ Here for you


That's my job : Cuisinier au Owl-ways ~
That's where I live : Dans un petit deux pièces à Uetani
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Ven 28 Oct - 17:05



Si le jeune homme était amnésique, étrangement, il avait vite retrouver certains repères. Comme la cuisine par exemple, son talent à ce niveau était presque naturel sans qu’il ne puisse comprendre pourquoi. Cela venait instinctivement. Bien sûr, il avait du s’entraîner un peu de son côté pour se souvenir de certains plats, noter la recette de ceux qu’il avait du mal à retenir cependant il s’en sortait toujours très bien. Pour la vie de tous les jours, il n’avait pas eu le choix que de tout réapprendre, tranquillement, sûrement. Chez lui, il avait accroché des notes un peu partout afin de se rappeler à quoi correspondait chaque chose et il lui arrivait encore maintenant de confondre un mot avec un autre. Il avait appris à sa manière, suivant les conseils du médecin et en règle général, tout ce qui était simple était resté dans son esprit. C’était comme le vélo lui avait déclaré le docteur. Peut-être qu’il ne s’en souvenait pas mais son corps, son cerveau lui se remémorait chaque automatisme et il suffisait de les travailler un peu pour les faire revenir. En effet, ça n’avait pas raté néanmoins il mettait plus de temps qu’à la normal pour réfléchir à quelque chose, pour se souvenir quel était objet et le nom que celui-ci avait. Le plus difficile était le nom des personnes puis ce qui les caractérisait, il confondait souvent. Pour ce qui était des objets, Roy avait réussi à se remémorer chacun et ceux pour lesquels il doutait encore, il avait laissé une note au-dessus, juste pour être certain. Selon le médecin, il s’était beaucoup amélioré depuis son réveil, c’était impressionnant et il lui conseillait de ne pas baisser les bras, qu’ainsi, chaque chose finirait par rentrer dans son esprit puis y resterait. Plus facile à dire qu’à faire lorsque vous devez faire répéter cent fois une personne avant d’être capable de retenir son prénom et surtout, de ne pas le confondre avec un autre. Les noms simples, c’était bien, c’était plus simple à retenir. Quoi que son collègue, au début, avait eu le droit à toute sorte de prénom sauf le sien. Aujourd’hui encore d’ailleurs, il arrivait au cuisinier de se tromper et de le nommer « Jin » au lieu de Jun, parce que ça se ressemblait. Pour une petite lettre, on n’allait pas lui en vouloir.

Chaque jour, Roy apprenait de nouvelles choses, de nouveaux mots également. Parfois, lorsqu’il croisait des gens à l’extérieur, il ne comprenait pas ce qu’on lui disait, il ne comprenait pas la définition d’un, voir plusieurs mots, et il se trouvait idiot à leur demander de lui expliquer. Mais, qu’était-il censé faire ? Il n’allait pas se balader avec un dictionnaire de poche, ce serait bizarre.

Maîtriser un téléphone, le garçon y était arrivé avec une étrange facilité. Peut-être parce qu’il était un adepte de ce genre de chose il y a trois ans et qu’encore une fois, ses automatismes parlaient à sa place. Le fait était qu’il avait compris très rapidement chaque fonctionnalité, chaque application et s’était vite mis à la page. Néanmoins, il n’avait pas d’ordinateur et ça, apparemment, c’était primordial de nos jours donc il fallait qu’il sache s’en servir. Pour ça, il fallait aussi qu’il en achète un puis ensuite, il pourrait prendre des cours pour qu’on lui réapprenne à l’utiliser. Si c’était comme le portable, cela serait sûrement rapide. Son père lui avait déjà montré quelques petites astuces et ensemble, ils avaient regardé les ordinateurs vendus sur le web. Ses parents lui avaient conseillé d’en acheter un neuf seulement ne devant compter que sur ses économies, ne souhaitant surtout pas dépendre d’eux, il n’avait pas le choix que de viser le moins cher. Et il avait finalement trouvé. A Tadanashi.

Pas de chance qu’il ait une mauvaise mémoire puisqu’à cause de cela, Roy ne se rappelait plus qu’il s’agissait là du quartier le plus risqué de la ville. Sûrement qu’il aurait réfléchi à deux fois avant de prendre cet outil chez ce particulier s’il avait su qu’il habitait là-bas. Ou au pire, il lui aurait demandé de se déplacer mais puisque, apparemment, il devait tester l’ordinateur, il ne pouvait pas faire autrement.

Dés qu’il s’aventura dans ce quartier, qu’il vit le peu de monde circulant dans les rues, ses boutiques délabrés, en mauvais état, il avala sa salive, réfugiant aussitôt ses mains dans les poches. L’expression de son visage affichait une mine assurée toutefois il ne l’était pas du tout et sursautait au moindre bruit qui résonnait à ses oreilles. Qui est-ce qui avait inventé cet endroit ? Pourquoi personne n’essayait de l’arranger ? Au moins y ajouter un peu de couleur, ça serait plus joyeux déjà. Il souffla doucement, par peur que sa respiration réveille tous les criminels du quartier puis avança le coeur battant. Est-ce que c’était encore loin ? Il regarda le plan sur son portable avant de soupirer en remarquant qu’il était arrivé. Il envoya directement un message au « vendeur », déclarant qu’il était en bas de son immeuble s’il pouvait venir lui ouvrir. Pas une seconde, Roy n’avait imaginé qu’il croiserait encore une personne du passé, une personne qui avait été plus que précieuse à ses yeux, un meilleur ami, un frère... Une personne qui ignorait sûrement à l’heure actuelle qu’il était en vie, qu’il était sorti du coma mais surtout... Qu’il avait perdu la mémoire.





_________________

I’ll wait for You
Hold me now, I need to feel You. Show me how to make it new again. There’s no one I can run to and nothing I could ever do.I’m nowhere if I’m here without You. © ΣXODUS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Nakano Hiroki
avatar
Makes love with the staff ~


That's my job : Votre mécano-man vendeur d'herbe du bonheur
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Sam 29 Oct - 15:00

 
The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself
HIROY ♥

Parfois, Hiro aurait aimé être amnésique, quitte à perdre tous ses souvenirs – de toute façon il n’en chérissait pas des tonnes, à faire une moyenne, ils étaient en majorité tristes et désuets de toute façon – et tout, absolument tout aurait été préférable à ce mélange de culpabilité et d’agonie qui lui tordait les entrailles. À bien y songer, même la mort semblait être une belle délivrance de ce cocon de chaire qui le ramenait sans arrêt à cette nuit, à ce moment où son existence déjà pas terrible, avait entamé sa descente vers les enfers. Des soirées comme celle-là, il y en avait eu, beaucoup, probablement trop pour qu’il puisse les compter ou même s’en souvenir. Des idioties ou des moments pendant lesquels, l’alcool lui avaient fait perdre le nord, il en avait l’habitude… par contre, cette fois-là, même des années plus tard, il était incapable de savoir si c’était une invention de sa culpabilité, ses souvenirs flous, ou la réalité… Il avait l’impression d’avoir eu le choix, d’avoir fait le choix – lourd fardeau – de ne pas prendre les clés de son compatriote de boisson, de l’avoir laisser prendre le volant, et de l’avoir salué d’un signe de main d’ivrogne en le regardant conduire vers … sa mort? Oui parce que, Roy avait beau avoir survécu, il n’avait plus aucun souvenirs, aucun… et quelque part, malgré la douleur cuisante que la perte de Keira avait pu lui causer, des années plus tôt, Hiro ne se pardonnerait jamais d’avoir privé son frère de cœur des plus beaux et précieux souvenirs…

Encore aujourd’hui, il les revoyait tous les deux, tellement sereins, tellement… heureux, quoi qu’il soit arrivé par la suite, aussi tragique fut leur séparation, d’autant plus qu’elle fut ponctuée d’un point final et d’un enterrement… ce n’était pas à lui de faire l’idiot et de priver Roy de ses souvenirs heureux. Surtout pas. Il aurait dû être plus responsable, forcer Roy à parler de ses sentiments, l’arrêter dans sa déchéance plutôt que de le suivre… mais ne dit-on pas que les meilleurs amis vous suivent jusqu’en enfer sans poser de question? C’est exactement ce qu’il avait fait… et il était bien incapable de se le pardonner, ou de s’intoxiquer suffisamment pour oublier. Aussi certainement qu’il pouvait se remémorer distinctement le premier jour où il avait fait la connaissance de Roy, il se souviendrait toujours du jour où il l’avait perdu… Et c’était d’autant plus brutal vu l’importance que cet homme avait eu dans sa vie, il avait été son premier ami, le seul, et en toute franchise, outre Lin… il avait été sa famille. Hiro ne parvenait pas à oublier, la force du profond sentiment de calme qui l’avait habité quand il l’avait rencontré, comme si, pour la première fois en douze ans, et après avoir erré de maisons en maisons, de famille en famille, sans jamais trouver la sienne nulle part, cette main tendue et ce gamin un peu arrogant qui se présentait à lui, signait irrémédiablement une nouvelle époque – une nouvelle étape dans sa vie, un nouveau sentiment d’être enfin exactement où il devait être et d’avoir trouvé sa propre famille… Mais tout cela était perdu, alors à quoi bon, s’accrocher à ô combien, il aurait eu besoin de son ami, chaque jour de son existence pour au minimum, partager leurs fardeaux. Il l’avait perdu… à jamais.

Notre bridé ne chasserait probablement jamais de son esprit le matin maudit ou la famille de son ami l’avait contacté, pour lui annoncer la nouvelle. Sans jamais le blâmer, sans jamais savoir, qu’il était plus que partiellement responsable de l’accident de leur fils. Ce jour-là, un goût amer lui avait envahis la bouche et une torpeur qui avait tordu l’estomac alors qu’une douleur sans nom lui broyait les entrailles…. Et ça ne s’était jamais arrêté depuis, pas une seule seconde. Il avait toujours l’impression qu’il allait vomir, ou crever, sans que la délivrance ne vienne jamais. Et quand enfin, avec un cocktail assez explosif de substances illégales, il arrivait à repousser ce mal-être constant, ce n’était que de courte durée. Comme ce jour-là… Hiro avait une journée de congé – enfin, et plutôt que de la passer à améliorer son sort – ils avaient tellement de plans de meilleure vie, de se sortir enfin, surtout dans son cas, de sa vie merdique et sans avenir en arrivant à l’île, tous enterrés après l’accident – il avait décidé de se débarrasser de ses maigres possessions pour pouvoir s’approvisionner convenablement en drogue le mois prochain. C’est ainsi que son ordinateur et plusieurs autres effets furent affichés sur le net et que, à sa grande surprise, un parfait inconnu avait demandé à passer tester le tout et, idéalement, lui filer un peu d’argent… Super.

Plutôt que d’attendre son visiteur, ou de se rendre présentable, notre bridé avait opté pour errer dans son minuscule appartement, dans son Jeans qui, bien que propre était à jamais tâché d’huile – un côté moins glamour au métier de mécanicien – et d’un vieux chandail qui ne suffisait pas à cacher les tatouages qui ornaient son avant-bras gauche. Il se sentait comme un chien en cage entre ses quatre murs mais, il n’osait pas vraiment sortir. De toute façon, ici, c’était aussi pathétique qu’ailleurs, au moins, il pouvait fumer tranquillement dans son salon, s’enchainer un ou deux comprimés à substance inconnu et espérer que les battements frénétiques de son cœur s’arrêtent, que le visage de Roy disparaisse de son esprit, une minute, une heure, juste, que cette culpabilité agonisante le quitte. Il était dans cet état presque second, les yeux rougis, un brin défoncé sans toutefois être au stade de légume – c’était carrément son air habituel, gelé mais fonctionnel, lorsqu’on cogna à sa porte. Génial, sans doute son acheteur.

Il avait passé une main dans ses cheveux pour les recoiffer un brin, avait forcé un sourire avant d’ouvrir la porte de façon nonchalante, sans vraiment porter un regard sur l’intrus. Si ce n’était pas une meuf en petite tenue, il n’en avait que faire de quoi il avait l’air, vraiment. « … Entres, c’est pas ici.  » Il avait désigné le salon – pas trop difficile à trouver dans un logement de trois pièces – et trois pièces, il pouvait le payer parce que le chauffage était minable et que les murs étaient si peu insonorisés qu’il vivait pratiquement en symbiose avec ses voisins. Hiro avait refermé la porte une fois l’homme entré et, il avait fait quelques pas vers l’objet de la vente, l’allumant en prévision du test à venir puis, il s’était enfin retourné………..pour faire face à un fantôme. Littéralement. Ce sourire arrogant qui ornait ses traits l’instant d’avant, cet air presque…zen, ou défoncé, s’était volatilisé de son visage aussi rapidement que sa pompe à sang s’était mise à déconner. Il devait avoir pris un truc pas net, c’était impossible que Roy soit ici, chez lui. Roy était dans un coma, un véritable légume, il était à toute fin pratique, sans espoir et mort. Par sa faute. PAR SA FAUTE. Et voilà qu’un mec qui lui ressemblait traits pour traits se retrouvait devant lui… chez lui.

Ses poumons avaient presque oublié comment fonctionner, son estomac le relançait en vagues de nausées plus fortes que jamais…. Et cette maudite pompe à sang qui était sur le bord d’exploser. Immobile, il fixait son plus grand démon en se demandant si ça y était, s’il était enfin sur le point de crever et le visage de Roy était son jugement dernier… pour sûr, il irait en enfer. Sa gorge était nouée et son esprit était tellement embrouillé qu’il était incapable de faire un pas, de dire un mot. Il regardait ce visage avait un mélange de torpeur, de crainte……..et d’adoration. Aussi douloureux soient ses mauvais rêves, pas une seule seconde, il ne regrettait de voir Roy………en un morceau. Dieu seul sait combien de fois il aurait eu besoin de son ami au cours des dernières années. Lorsque finalement, il réussit à retrouver la parole, il marmonna d’une voix rauque d’émotion : « … T’es vivant?  » … non crétin, c’est un zombi venu acheter ton ordinateur, et après, il va te bouffer la cervelle… Décidément. Reprends toi Hiro, reprends toi…


electric bird.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Oikawa Roy
avatar
Admin ♦ Here for you


That's my job : Cuisinier au Owl-ways ~
That's where I live : Dans un petit deux pièces à Uetani
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Sam 29 Oct - 15:40



Plus il attendait et plus vraiment, le jeune homme regrettait d’avoir mis un pied dans ce quartier. Etait-il idiot au point de risquer de foutre sa vie en l’air une deuxième fois ? Rien dans ce quartier ne lui inspirait confiance. Que cela soit cette immeuble crasseux, ces voitures à moitié cassé, le peu de personne rodant dans les alentours et qui lui semblait toutes aussi louches les uns que les autres, sans parler de cette odeur qui régnait, cette atmosphère pesante qui faisait battre son coeur dans une cadence effrénée. Ses yeux fixaient sa montre alors qu’il se mordait la lèvre et patientait à ce que le vendeur daigne enfin lui répondre. Pendant l’espace d’une seconde, Roy hésita à rebrousser chemin, faire demi-tour puis rentrer chez lui parce qu’en toute honnêteté, il ne se sentait pas en sécurité ici et qu’il était loin de faire le poids si on lui cherchait des représailles. Sûrement qu’il savait se battre, comme tout le monde, cependant la violence ne l’attirait pas. Il avait peur qu’on le cogne à la tête et qu’on le replonge dans un coma d’un grand nombre d’année. C’était idiot de songer ainsi, probablement que ce n’était pas possible sinon on ne l’aurait pas laissé quitter l’hôpital néanmoins ça lui faisait peur malgré tout. Il n’avait pas envie de perdre encore du temps dans son existence, il en avait déjà assez de tous ses examens qu’on le forçait à faire à cause du traumatisme qu’il avait vécu, à cause de sa santé qui était plus que défaillante à présent et qu’il fallait sans cesse surveiller. En quoi était-ce dramatique d’avoir perdu la mémoire ? Il ne la retrouverait probablement jamais. Le pourcentage était faible, donc pourquoi lui donnant tout un tas d’exercices à faire ? C’était vrai, il le remarquait que par moment il fonctionnait un peu plus au ralenti, qu’il avait besoin de temps pour réfléchir et que même encore aujourd’hui, sa mémoire était atteinte au point où il n’arrivait pas à se souvenir très bien. Il savait au fond qu’il n’avait pas le choix et que sa vie futur se résumerait certainement encore à tous ses rendez vous qu’il devrait avoir juste pour des contrôles. Il avait eu un grave accident, sa tête avait été violemment touché et c’était pour son bien si on souhaitait tout vérifier parce qu’on passait si rapidement à côté de quelque chose, un malaise est si vite arrivé.

Avançant doucement, le cuisinier s’aventura dans l’immeuble, son regard vaquant tout autour de lui tandis que ses sourcils se fronçaient, pas rassuré du tout. Réellement, pourquoi est-ce qu’il était venu ici ? Il s’en serait bien passé de son ordinateur s’il avait su. Ses doigts toquèrent faiblement contre le porte jusqu’à ce qu’on daigne lui ouvrir et sans trop savoir pourquoi, alors qu’il détaillait la personne devant ses yeux, son coeur manqua un battement. Une sensation que Roy plaça sous le coup de la peur, une sensation qui perpétua même une fois qu’il pénétra à l’intérieur de l’appartement et que ses prunelles exploraient les alentours. Il ne saurait l’expliquer mais la même ambiance qu’à l’extérieur régnait ici et il n’était pas rassuré. Et si cet homme était en fait un criminel ? Peut-être qu’il le séquestrerait, qu’il lui demanderait une grosse somme d’argent. Peut-être même qu’il le tuerait, qui savait. Sauf que, encore une fois, sans en connaître la véritable raison de son flux de pensée, à chaque fois qu’il posait son regard sur son vis-à-vis, il avait ce sentiment que ce dernier n’était pas méchant. Tout son visage reflétait le contraire mais le cuisinier était certain de ce qu’il avait avancé. Il était sûr que l’hôte ne lui ferait aucun mal.

Ses paupières se clignèrent à plusieurs reprises, un de ses sourcils s’arquant alors que le vendeur ne faisait que le fixer étrangement depuis quelques minutes. Est-ce qu’il avait quelque chose sur le nez ? Non, ce n’était sûrement pas cela sinon pourquoi la figure de l’homme serait-elle devenu tout à coup si pâle ? Il s’apprêtait à l’interroger, lui demander s’il allait bien, s’il avait besoin d’un médecin mais il fut pris de cours par la question de l’autre individu. On pardonnait sa faculté de ne pas faire le rapprochement facilement, de ne pas penser encore une fois à son accident qui avait failli lui coûter la vie et qui l’avait plongé dans un sommeil profond.

- Euh... Bah, oui, répondit Roy, un peu penaud.

Il pencha légèrement sa tête sur le côté avant de se gratter nerveusement l’arrière de ses cheveux, tentant vainement de comprendre la situation. Au vue de l’état de son interlocuteur, peut-être que ce dernier était juste trop « défoncé » et qu’il peinait à faire la différence entre une hallucination et la réalité.

- Vous allez bien ?


Parce qu’il était préférable de s’en inquiéter et que cette pointe au niveau de son coeur l’obligeait même à se tourmenter plus que de raison, plus qu’il ne l’avait déjà fait pour les personnes autour de lui. Il n’avait pas encore eu l’occasion de ressentir ça pour quiconque, un sentiment de culpabilité qu’il n’expliquait guère, une angoisse étrange rien qu’à observer ce visage défait et une certaine tristesse qui affolait son âme. Etait-ce normal que son corps réagisse ainsi pour un garçon qui lui était inconnu ? A peine s’était il aventuré dans l’appartement, à peine avait-il aperçu le vendeur qu’il s’était senti bizarre et selon lui ce n’était pas normal. Une réflexion qui l’obligea à réitérer les mots de son vis-à-vis à l’esprit et de penser que, peut-être, si celui-ci lui avait posé la question, il parlait de son accident. C’était tout à fait possible non ? Son regard s’égara aussitôt en sa direction, noyant ses iris aux creux des siennes alors qu’une lueur des plus confuses brillait à l’intérieur.

- Est-ce qu’on se connaît ?





_________________

I’ll wait for You
Hold me now, I need to feel You. Show me how to make it new again. There’s no one I can run to and nothing I could ever do.I’m nowhere if I’m here without You. © ΣXODUS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Nakano Hiroki
avatar
Makes love with the staff ~


That's my job : Votre mécano-man vendeur d'herbe du bonheur
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Sam 29 Oct - 20:06

 
The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself
HIROY ♥

« Est-ce qu’on se connait? » Une toute petite phrase qui venait de lui faire l’effet d’un coup de poignard en plein cœur. Et pas le genre de coup qui vous tue directement oh non, le genre de brûlure abominable, insupportable, qui vous laisser agoniser et cligner des yeux en observant le type devant vous comme si lui seul pouvait mettre fin à vos souffrances. Ça n’avait duré qu’une seconde, cinq tout au plus, mais Hiro avait toute la misère du monde à encaisser cette question innocente qui lui retournait les tripes et lui donnait la nausée. C’était un cauchemar, il allait se réveiller, il avait sans doute pris une substance un peu trop modifiée qui lui filait des hallucinations, sans doute… Roy ne pouvait pas se tenir devant lui, en bonne forme de ce qu’il pouvait juger au premier coup d’œil, et lui demander, comme ça, sans plaisanter, s’il se connaissait. C’était encore pire que le coma, pire que l’accident, c’était comme de voir la personne la plus importante à ses yeux mourir devant lui, encore et encore, se volatiliser pour ne laisser rien d’autre que des souvenirs, des blagues entre eux qu’Hiro serait le seul à se remémorer… Comme s’il n’avait pas assez de souvenirs flous dont il remettait en question la véracité, il serait le seul à souvenir de leur amitié? Roy avait été comme un frère, il avait même le monopole de ses souvenirs heureux, des jours meilleurs, et comme ça, sans le préparer, on lui annonçait qu’il ne restait rien à tout cela? … Il l’avait mérité, certes, il ne contestait pas son karma… c’était de sa faute après tout, si son ami avait pris le volant et c’était blessé. De sa faute, si en cette journée banale, un mec qui ressemblait trait pour trait à son sauveur avait cogné à sa porte pour lui acheter une connerie, sans se douter, sans même se souvenir, qu’ils partageaient une complicité encore plus forte que celle du sang. Roy était sa famille, aussi certainement que Lin, et voilà qu’il était privé de tous les deux.

Puis, sa cervelle en mode ralenti fini par capter la situation, par replacer dans son esprit la mise en garde des parents de son ami : il avait du mal avec sa mémoire. Si d’amblée, Hiro avait assumé que c’était progressif, qu’il devrait réapprendre des trucs de base, il ne s’était pas imaginé que son ami aurait tout bonnement… oublié qui il était. C’était une chose de savoir le jeune homme hors de danger et en processus de réadaptation – de le savoir quelque part, en train de se rebâtir et de décider de ne pas aller le voir, de se cloitrer dans sa honte et sa culpabilité et de ne surtout pas s’infiltrer dans sa vie – il avait fait assez de mal déjà – s’en était une autre de réaliser que, cet homme qu’il tenait à distance n’existait plus. Que quand bien même, il trouverait un jour la force de lui présenter ses excuses, Roy ne pourrait jamais lui donner l’absolution pour ce crime. Cette réalisation était des plus douloureuses. Il se revoyait, gamin, dans cette chambre d’hôpital après le décès de sa mère, seul, abandonné de tous, à se demander ce qu’il adviendrait de lui. Ce sentiment d’abandon le plus abjecte, il ne l’avait pas ressenti depuis qu’il avait rencontré un fils de riche un peu malcommode… et voilà qu’il le perdait.

Encore une fois, cette maudite voix raisonnait dans son esprit et lui répétait, encore et encore, qu’il l’avait mérité. Qu’il ne devrait en aucune façon, approcher de son ami. Il avait déjà détruit tant de chose, trop de chose. Sa voix s’était faite distante, plus contrôlée, le choc passé, il pouvait à nouveau enfiler sa carapace d’indifférence et se planquer derrière son mur de glace accessoirement appelé sa couardise. « Pas vraiment.  » Pire qu’un animal blessé, plus lâche qu’un bandit, il avait marmonné ce mensonge sans sembler plus troublé que cela, son regard toujours accroché à celui de son vis-à-vis. Ça y était, c’était le moment – il le laisserait partir, loin, très loin, et ne pourrait que s’en féliciter. Quelle que soit la force avec laquelle il avait envie de le retenir, de le retrouver, quelque soit le besoin quasi vital qu’il avait, ces temps-ci, d’avoir un ami, un seul, quelqu’un à qui parler outre ses quatre murs, quelqu’un pour le sortir de cette torpeur qu’était son univers, ça ne serait pas Roy.

À regarder cela froidement, il n’y avait que des avantages, à ce qu’il reste loin de son ami. S’il avait oublié Keira, il avait oublié la douleur, l’horrible douleur qui l’avait fait plonger tête première. Si Hiro n’avait pu le retenir, il l’avait pourtant suivi, dans ce tourbillon d’auto-destruction, et il n’était pas encore assez con pour le nier. Si Roy avait oublié ça aussi, il était préférable, et de loin, qu’il ne s’en approche pas. Qu’il ne lui donne aucune raison de recouvrer ce terrible souvenir. Comme ça, au moins, il pourrait commencer à gagner son ciel. Ou son pardon… Quoi qu’il doute qu’on puisse le blanchir de ses actes, il avait failli le tuer avec son imbécilité. Il avait presque réussi même, il n’aurait pas pu faire pire, à moins de lui donner ses clés... chose qu’il n’était pas certain de ne pas avoir fait. Passant une main dans ses cheveux, soudainement conscient d’avoir l’air un brin loufoque, à l’avoir fixé de la sorte, il avait ajouté, sans oser soutenir son regard ou même, le regarder, point. « On était au lycée ensemble, il y a presque dix ans.  » ce qui n’était pas faux. Inutile de lui dire qu’il y a dix ans, ils avaient aussi promis de conquérir le monde ensemble, et de s’entre-nommer parrain de leur premiers enfants. Ces promesses étaient périmées.

Retrouvant son aplomb, il avait relevé son visage vers Roy, soudainement plus calme, plus en contrôle, il suffisait de le traiter comme une vente de drogue, sans sentiment, sans crainte, et tout irait bien. Pour le peu qu’il savait, il était peut-être bien en train d’halluciner. « Je m’appelles Hiroki, mais tu ne dois pas te souvenir… on était pas vraiment proches. Et c'était il y a longtemps, je me serais pas souvenu de toi non plus sans ça...  » … il avait soupiré, en faisant un pas vers l’ordinateur. Son cœur tambourinait violement dans son poitrail, brutalement. Il n’avait qu’une envie et s’était de se rouler en boule, les mains sur les oreilles et d’attendre que ce mauvais rêve se termine. Pourtant, déterminé à ne pas briser son ami plus qu’il ne l’était déjà, il avait continué dans son mensonge d’un : « J’ai juste entendu des rumeurs, des anciens collègues, comme quoi tu te serais tué dans un accident de la route… Il faut croire que, c’était un autre mec du même nom.  » pour la première fois depuis qu’il avait ouvert la porte, il lui adressa un sourire qui n’avait rien de menaçant, un sourire réellement jovial. « Content de te savoir en vie Roy.  » puis, finalement. « Tu veux voir l’ordinateur?  » À ce stade-ci, Hiro voulait bien lui donner gratuitement s’il partait au plus vite de son champ de vision. Il était littéralement à un doigt de faire une crise de nerfs.


electric bird.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Oikawa Roy
avatar
Admin ♦ Here for you


That's my job : Cuisinier au Owl-ways ~
That's where I live : Dans un petit deux pièces à Uetani
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Dim 30 Oct - 13:34



Il n’aurait guère pu être certain de ce qu’il avançait, Roy n’était pas devin. Hors, la réaction de son vis-à-vis, ses paroles mais aussi cette sensation qui naissait au fond de lui, cette impression de n’avoir rien à craindre alors qu’il se trouvait dans le quartier le plus chaud de la ville, cette pointe d’inquiétude qu’il éprouvait à l’égard d’un inconnu, c’était bizarre. Enfin, on aurait beau lui déclarer le contraire, c’était réellement bizarre non ? Peut-être qu’il se trompait, peut-être qu’il réagissait ainsi comme il aurait réagi avec n’importe qui. Peut-être était-ce tout simplement lui qui se tracassait sans raison pour les personnes qui lui paraissaient peinées, au bord du gouffre et que cet individu face à lui n’échappait pas à cette règle. Parce qu’il avait beau le contempler, le détailler avec minutie, il ne voyait pas comment ce garçon aurait pu faire partie de sa vie passé. Il lui semblait si différent, comme s’ils n’étaient pas du même monde et c’était le cas de le dire lorsqu’on constatait que lui était issu d’une famille riche alors que l’hôte vivait dans un petit appartement miteux. Et ce n’était pas parce qu’une partie de lui s’inquiétait pour ce vendeur que ce dernier avait forcément croisé sa route dans le passé. Cela ne voulait rien dire au bout du compte toutefois c’était un étrange pressentiment que le cuisinier avait. Il n’aurait jamais pu dire pourquoi ni comment, juste que c’était l’impression qu’il avait lorsqu’il observait son interlocuteur. Il avait envie de faire l’effort, d’essayer de se rappeler sauf qu’agir ainsi ne lui donnait plus mal à la tête qu’autre chose. Il était désolé mais il n’arrivait pas à se souvenir... Pas même une simple image, pas même une phrase qu’ils auraient pu s’échanger. Rien du tout. Il n’avait qu’un flou total, que des automatismes que son corps avait seulement il n’avait rien de concret. Et dans ce genre de moment, ça lui faisait mal au coeur. Vraiment. Parce qu’au fond, il était plus seul que jamais, il ignorait sur qui il pouvait compter, sur qui il le pouvait moins. Il n’avait pas de réels amis et farfouiller dans son passé, il n’avait pas souhaité chercher. Peut-être qu’il en avait à une époque, peut-être qu’on avait pleuré pour lui, peut-être même qu’il avait une petite amie mais que tous désespéré d’attendre alors que rien ne présageait un réveil, ils avaient abandonné. Qui attendrait après trois ans de coma ? Même dans les films on ne voyait pas ça... C’était la raison pour laquelle d’ailleurs, il n’était pas en mesure de croire Akane. Parce que ses parents lui avaient certifié qu’elle n’existait pas cette fiancée mais aussi parce que selon lui, ce n’était pas logique. Bien sûr, c’était possible... Il ne disait pas le contraire hors dés le départ le garçon avait eu ce doute qui s’était formé au creux du coeur. Son organe aurait du réagir s’ils avaient eu une histoire d’amour aussi intense, il aurait du s’affoler néanmoins il n’avait éprouvé qu’un vide.

« Oh. »

C’était l’unique mot que le jeune homme parvint à échapper lorsque le vendeur déclara qu’ils avaient été au lycée ensemble. Donc... Ils se connaissaient. Une légère surprise se reflétait dans ses prunelles avant que l’homme ne reprenne la parole. Sur l’instant Roy ne rétorqua rien, allant même jusqu’à répondre à son sourire et lui en accorder un à son tour. Il hocha la tête à propos de l’ordinateur avant de s’en approcher pour « vérifier » si celui-ci fonctionnait. Sauf que malheureusement, il n’y saisissait rien du tout et ses yeux se plissèrent fortement sous l’incompréhension.

Il n’aimait pas parler de ce qui lui était arrivé. Il détestait même. Toutefois le cuisinier n’était pas idiot et il se doutait qu’il n’avait d’autres choix que de s’expliquer un minimum. Surtout que ce n’était pas comme s’il avait oublié son camarade de classe volontairement, on lui avait effacé ses souvenirs. Puis, sans réellement savoir pourquoi, il avait l’impression que c’était son devoir de se justifier parce qu’ils se connaissaient. Peu importait si leur relation avait été forte ou non, il ne souhaitait pas que ce dénommé « Hiroki » pense que le jeune homme avait omis sa personne intentionnellement.

- J’ai vraiment eu un accident, Déclara-t-il doucement, sa main frottant discrètement son bras, n’appréciant pas aborder ce sujet, Je... J’ai perdu la mémoire... C’est pour cela que je ne me souviens pas de vous.

Sur ses dires, il inclina légèrement son visage dans un « désolé » puisque malgré tout, ça l’oppressait de rencontrer des gens de son passé et de ne pas être capable de se rappeler d’eux. Une faible esquisse orna ses lèvres jusqu’à ce qu’il n’indexe l’ordinateur posé sur la table.

- Je ne sais pas trop comment ça marche mais je suppose que s’il s’allume, c’est que c’est bon.

Quant on pensait qu’à une époque, il maîtrisait ce genre d’outils avec une facilité hors norme, qu’il s’en servait constamment pour l’entreprise de son père, pour la comptabilité ou concevoir différents rapports. Et aujourd’hui, c’était à peine s’il savait faire une multiplication. Ce genre de choses revenait rapidement, heureusement pour lui, toutefois il fallait du temps pour être capable de se réadapter à tout.





_________________

I’ll wait for You
Hold me now, I need to feel You. Show me how to make it new again. There’s no one I can run to and nothing I could ever do.I’m nowhere if I’m here without You. © ΣXODUS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Nakano Hiroki
avatar
Makes love with the staff ~


That's my job : Votre mécano-man vendeur d'herbe du bonheur
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Dim 30 Oct - 15:49

 
The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself
HIROY ♥

Qu’il dégage, au plus vite… et qu’il ne revienne surtout jamais dans cet appartement minable, dans ce quartier, dans sa vie. Hiro avait délicatement pincé l’arrête de son nez comme si ça pouvait calmer la migraine cuisante qui l’avait prise dès que son ancien ami avait pénétré dans sa demeure, comme si ça pouvait stopper le flot de pensées immondes qui l’assaillaient et lui laissaient un goût amère dans la bouche. Il ne voulait rien de plus, en cet instant, qu’être seul, sans compagnie, aucune, et avec assez de substances illicites pour oublier jusqu’à cette rencontre du troisième type. Il préférait de loin sentir le sang se figer dans ses veines, peiner à respirer, avoir la nausée et craindre, sérieusement d’y rester, tout plutôt que d’endurer une seconde de plus dans ce tourment. Si c’était une blague du tout puissant, elle n’était pas drôle. Venir ici, pendant sa journée de congé, pour lui remettre sous le nez le chef d’œuvre qu’il avait commis? Très peu pour lui. Parce que ce qui était arrivé à Roy, il y pensait constamment, le jour, le soir, et dieu seul sait que ça hantait ses cauchemars. Il vivait en symbiose avec ce démon et ne pouvait lui échapper que de brefs instants, qui rendaient les retrouvailles des plus violentes à chaque fois qu’il revenait à la réalité. De tout ce qu’il avait pu faire de mal dans sa courte existence, c’était définitivement l’apogée, il ne se pardonnerait jamais cette idiotie. Si d’autres auraient pu aller de l’avant, voir la survie de leur amis comme un signe, et décider enfin de changer, de devenir meilleurs, Hiro en était tout bonnement incapable.

De toute façon, il n’avait pas spécialement de raison de continuer, il n’en avait jamais eu. Lorsqu’il était gamin, un psychiatre qu’on l’avait forcé à voir pour fins d’évaluation – avant d’être placé dans une énième famille d’accueil – lui avait diagnostiqué un trouble chronique de l’attachement, certainement dû aux nombreux abandons qu’il avait subi en si peu de temps. On doutait même qu’il ne soit capable de s’enticher de quiconque, ou même, de faire confiance. Puis, il y avait eu Roy, cette petite lueur au bout du tunnel, cette certitude que pour une fois dans sa vie, il y avait quelqu’un qui se souciait de son bien-être, quelqu’un avec qui partager les hauts et les bas… juste, quelqu’un. La vie avait dès lors été moins pénible, plus agréable. Qu’ils soient deux connards n’y changeait rien, il avait tout donné dans cette amitié, ne sachant comment s’y prendre, ne sachant comment avoir enfin un complice, plutôt que de l’aider, dans ses périodes difficiles, il avait décidé de se damner avec lui… tout un héros. À bien y penser, son comparse était de loin mieux sans lui. Il était préférable qu’il n’apprenne jamais ce qu’ils avaient été l’un pour l’autre, ça lui assurerait un futur plus glorieux.

Déterminé à vendre son ordinateur et à voir le fantôme de sa connerie passée prendre le largue, notre bridé avait mis l’appareil en marche, tout en crachant d’un ton désinvolte une histoire crédible sur leur maigre connaissance. Chaque mot lui faisait mal, il avait l’impression de l’assassiner devant ses yeux, d’arracher une partie de lui-même dont il ignorait même l’existence. Mais c’était pour le mieux. Roy n’aurait pas de rechute, ni de mauvaises idées, il ne serait plus jamais ivre dans un véhicule et il serait enfin heureux comme le fils de riche qu’il devait être. Ils n’étaient pas du même monde, ils ne l’avaient jamais été. Et ce, même quand les grands-parents de notre junky payaient pour tout et tentaient de le caser comme un garçon de bonne famille. Il était trop brisé, trop rouillé pour pleinement appartenir à ce monde dans lequel il ne se reconnaissait pas. Il en était à espérer que tout s’arrête, lorsque l’intrus décida de lui avouer… avoir eu un accident. La mine faussement surprise qu’il avait abordé alors, était le contraire de son envie foudroyante de se passer par la fenêtre. Sans blague, un accident! Hiro était au courant, plus qu’au courant même, il avait été l’élément déclencheur d’une telle catastrophe! Dévisageant le jeune homme qui confirmait ce qu’il savait déjà – sa mémoire s’était envolée, notre bridé avait haussé les épaules en ajoutant, d’un air désinvolte : « Ah…    »  … reprends toi, crétin, reprends toi!

Fouillant au fond de lui-même pour un peu de courage, il avait finalement réussi à articuler un : « … Désolé de l’apprendre. Si ça peut te consoler, t’aurais très bien pu m’oublier sans ça, j’te l’ai dit, on n’était pas proches.  » Non non, pas proche du tout, c’était juste le seul pilier stable dans ta vie, ta seule famille après la trahison idiote de Lin…Ne surtout pas penser à ça. Plutôt que de sombrer dans le mutisme, il avait laissé un éclat de rire sans joie, plutôt ironique au fond, lui échapper alors qu’il désignait le trou à rats dans lequel il vivait. Puis, sur un ton de plaisanterie, il avait ajouté : « Et comme tu vois, tu ne manques pas grand-chose, j’suis pas exactement quelqu’un de fréquentable.  » … Ça au moins, ça avait le mérite d’être vrai. Il s’était alors penché sur l’ordinateur pour l’allumer et, plutôt que de s’entêter dans son idiotie, il avait une seconde, repris un vieux réflexe et demander, parce que ça le rongeait.

« Sinon, à part les souvenirs manquants, tu vas bien… j’veux dire, la vie reprends son cours? La dernière fois qu’on s’est vu tu étais…  » Allongé sur une civière baignant dans ton propre sang? Au bord de la mort? Dans un état lamentable dans lequel je t’ai foutu? Hiro avait regretté sa question dès qu’elle avait franchi ses lèvres et pourtant, il était trop tard pour faire marche arrière à présent. Déglutissant, il avait ajouté, en maintenant cette aura froide et distante un : « Rien qu’un gosse.  »  … Il avait fuit son regard un instant, sa pompe à sang s’affolait encore. Une partie de lui avait envie, vraiment envie, de le serrer dans ses bras, de remercier tous les saints qu’il ait ouvert les yeux, juste, de célébrer qu’il soit en vie… mais il n’en fit rien. Plutôt que de s’enfoncer, il avait commencé à cliquer pour faire apparaître des choses sur l’ordinateur. « C’est pas la grosse qualité, il a déjà deux ans, autant dire qu’en temps d’ordinateur, il est passé date. T’en as besoin pour quoi?  » un sourire presque doux avait apparu sur ses lèvres, une rare vision du Hiro passé, alors qu’il ajoutait, d’un ton un peu moqueur : « Tu devrais être correct pour fouiller le net et lire des email, mais si tu veux te lancer dans une carrière de hacker, je ne pense pas que ça soit l’ordinateur pour toi.  »


electric bird.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Oikawa Roy
avatar
Admin ♦ Here for you


That's my job : Cuisinier au Owl-ways ~
That's where I live : Dans un petit deux pièces à Uetani
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Lun 31 Oct - 14:44



Probablement que c’était inutile de se justifier, que l’homme face à lui n’avait que faire de ce qu’il racontait, qu’il ait réellement perdu la mémoire ou non. Hors, ça avait été plus fort que lui, Roy n’avait pu s’empêcher d’expliquer parce qu’il en avait ressenti ce besoin, que ça le perturbait de voir ce vendeur dans un tel état mais aussi d’avoir pu lire une certaine surprise dans ses pupilles quelques instants avant. Il était sincèrement désolé parce qu’il avait conscience que jamais il ne retrouverait la mémoire, que s’ils avaient été proche ou non, le garçon ne s’en rappellerait malheureusement jamais et qu’il n’avait que d’autres choix que de se fier aux propos de son vis-à-vis. Juste que ça lui faisait de la peine parce que ce genre de situation l’obligeait sans cesse à se remémorer sa mauvaise condition, à se remettre en question puis s’interrogeait sur sa vie passé qu’il ne connaissait plus. Il en arrivait même à se poser des questions inutiles comme est-ce que les paroles de cet individu étaient vraies ? Avait-il déjà une si mauvaise mémoire auparavant pour ne pas se souvenir d’un camarade de classe ? Bêtement, il aurait aimé savoir si malgré cela, il s’en serait rappelé. Le garçon s’était bien souvenu de lui, il l’avait reconnu, retenu son prénom donc pourquoi cela aurait-il été différent dans le cas inverse ? Peut-être qu’il essayait de le prendre en pitié, qu’il ne voulait pas le tracasser un peu plus ni que lui culpabilise de ne pas être capable de se rappeler. Seulement, dans le sens inverse, ça devait malgré tout être vexant de voir que quelqu’un qui nous a côtoyé pendant quelques années, peu ou beaucoup, n’est même pas fichu de mettre un prénom sur un visage. C’était malheureux et quoi qu’on lui dise, Roy n’était pas en mesure d’enlever cette boule qui se formait au creux de son coeur, cette boule qui était la preuve du ô combien il maudissait sa mémoire perdue et que dans ces moments là, il aurait souhaité la retrouver. Il rencontrait de nombreuses personnes qui avait fait partie de son existence autrefois et ça le surprenait de voir que tant de gens paraissaient le connaître. Il n’avait eu personne pour le soutenir à son réveil, il ne savait rien de ses amis ou ses amours néanmoins à part certains qui étaient en colère pour des raisons qu’il ignorait, il y en avait malgré tout d’autres qui ne semblaient pas le détester. Cela voulait bien dire qu’il était bien entouré à l’époque non ? Pourquoi était-il si seul ? Pourquoi l’avait-on laissé ? Et pourquoi maintenant il croisait un individu avec qui, soit disant, il n’était pas proche ? Lui n’en ressentait pas cette impression seulement il se disait que c’était sûrement son esprit qui lui jouait des tours. Puisque s’ils l’avaient réellement été, le garçon aurait du être à ses côtés n’est-ce pas ? L’aider à reprendre ses habitudes, chacune de ses marques, le guider dans cette vie qui lui paraissait totalement inconnu. Roy ne comprenait rien. Il ne comprenait pas pourquoi il n’arrivait pas à croire entièrement les mots de son interlocuteur alors que c’était vrai qu’en analysant la pièce dans laquelle il se trouvait, tout portait à croire qu’ils venaient d’un univers différent. Mais... Et alors ? Est-ce qu’on juge une personne à son statut social ?

« Et ? Est-ce que ça change quelque chose ? » N’avait pu s’empêcher de rétorquer le cuisinier d’un ton particulièrement sérieux, peu impressionné de l’homme qui se tenait face à lui ou du moins, il n’en montrait rien. « Que tu n’es pas quelqu’un de fréquentable. Puisque ça c’est toi qui le dis après tout. »

Lui n’était pas là à juger une personne sur ses fréquentations bien qu’il l’admettait, l’illégalité, la violence, ce n’était pas un domaine qui l’attirait. Ce garçon devant ses yeux, d’une certaine manière, il lui faisait peur cependant d’un autre côté, Roy savait qu’il ne lui ferait pas de mal et à cause de cette façon de penser, il avait plus de peine pour lui en réalité.

Ses prunelles s’égarèrent directement vers son vis-à-vis, de la surprise s’y reflétant à l’intérieur alors que son ancien camarade, apparemment, l’interrogeait sur sa santé, sur l’écoulement de sa vie.

« Je vais bien. Je travaille dans un petit restau’. Ca va. »

Aussi bien qu’un amnésique pouvait aller. Il n’avait pas à se plaindre et il profitait de chaque instant avec le sourire, ne souhaitant pas laisser échapper ne serait-ce qu’une seconde de son existence néanmoins ce n’était pas tous les jours simples non plus. Car en dépit de ça, en dépit de sa volonté à avancer, il était plutôt seul, plus que ce qu’il ne l’avouerait à haute voix. Et c’était triste de se dire que l’unique personne constamment à ses côtés était une femme qui n’en avait qu’après son argent.

Dans un faible soupir, ses sourcils se froncèrent alors qu’il regardait les mouvements qui se passaient sur l’écran de l’ordinateur. Il était trop perdu, ne comprenant pas grand chose mais il croyait en lui, il s’y adapterait vite.

« Juste pour apprendre à l’utiliser. On m’a dit que cela pourrait me servir donc je vais devoir prendre des cours » Avait-il expliqué dans un fin sourire.

Toutefois, son regard se posa à nouveau sur son interlocuteur, la tête légèrement penché sur le côté alors qu’il ne discernait pas tout des propos de ce dernier.

- Hein ? « Hacker » ?

Il ne se souvenait pas d’avoir appris à ce mot et ça semblait être quelque chose de compliqué. Certainement que Roy aurait mieux fait de ne pas relever la question néanmoins le mot s’était enfui sans qu’il n’ait eu le temps de le retenir.

- Du moment qu’il fonctionne, ça me va.

Sur ses dires, il se saisit de son portefeuille pour en sortir la somme d’argent qui était inscrite sur le web et de lui donner les billets, non pas sans lui demander de revérifier puis de le remercier.




_________________

I’ll wait for You
Hold me now, I need to feel You. Show me how to make it new again. There’s no one I can run to and nothing I could ever do.I’m nowhere if I’m here without You. © ΣXODUS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Nakano Hiroki
avatar
Makes love with the staff ~


That's my job : Votre mécano-man vendeur d'herbe du bonheur
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Dim 6 Nov - 12:45

 
The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself
HIROY ♥

Roy…qu’on se le dise, Hiro avait passé les trois dernières années à prier – entre deux conneries – pour que son ami ouvre les yeux et reprenne la vie que son erreur chronique de jugement lui avait retiré. Il avait espéré, au point où ça le consumait tout entier, il n’en dormait plus, il étouffait dans sa propre culpabilité. Les premières semaines, il avait tenté de garder le sourire, de s’occuper, de se dire que la vie ne pouvait pas lui enlever la dernière chose qui le gardait accroché. Il avait vraiment voulu, être positif, y croire, être con au point de penser que viendrait le jour où Roy ouvrirait les yeux, ou il pourrait lui confesser sa connerie et ou, comme toujours, son ami le pardonnerait. … Mais le monde semblait avoir un autre plan pour lui… et les déceptions quotidiennes avaient eu raison de lui. Quoi qu’il n’ait jamais eu la force de pénétrer dans cette chambre, de voir le corps sans vie de son frère de cœur, c’était demeuré une obsession, un démon dans un coin de son esprit qui ne le laissait jamais tranquille… Et plutôt que d’y penser, il avait préféré s’éloigner. Hiro avait cessé de prendre des nouvelles, d’errer autour de l’hôpital sans oser rentrer, parce que les jours qui s’allongeaient, les mois qui s’éteignaient et les années qui passaient en diminuant de minute en minute les chances que le nippon ouvre un jour les yeux ne faisaient qu’augmenter son supplice. Il ne verrait plus Roy, jamais… Et cette simple pensée lui donnait envie de sombrer lui-même dans un coma… Après tout, cette vie ou ça, quelle différence…

Roy était la seule chose qui lui restait, sa seule famille, son seul ami, et à proprement parler, la seule personne au monde à ne jamais l’avoir trahis. Il avait besoin de lui, autant que d’oxygène, et voilà que du jour au lendemain, il n’y avait plus personne pour partager son quotidien. Combien de fois avait-il composé le numéro de son ami, laissé sonner, ne serait-ce que pour tomber sur sa boite vocale, ne serait-ce que pour entendre sa voix et y lire dans les banalités, une obligation de lutter et de continuer, un encouragement invisible… Sans y parvenir. Il ne voulait pas sombrer plus, il ne voulait pas devenir cette personne méprisable qui ferait honte à son ami… mais il l’était, il l’avait toujours été, et si Roy n’avait pas été con au point de prétendre le contraire, il serait certainement encore en état en ce moment! Le vide, était abominable, et autant il avait tenté de le confronter, de retomber dans ces vieilles habitudes de gamin laissé à lui-même, de cette vie avant qu’un gamin un peu arrogant lui tende la main… il n’en avait pas eu la force. Alors les bières s’étaient transformées en whisky, et l’alcool avait été troqué pour des substances plus fortes… et trois ans plus tard, il n’était rien de plus qu’une loque humaine. Une carcasse qui faisait face à son pire fantôme, à sa plus grande déception… et ouvrait la bouche pour lui dire qu’ils ne se connaissaient pas vraiment, qu’ils n’étaient pas proches… et ce malgré ses entrailles qui se retournaient à ce mensonge. Son ami serait mieux sans lui, plus heureux, il se ferait un cercle de connaissance moins nocives, moins toxiques.

Il ne pouvait plus être égoïste et entrainer le jeune homme dans sa descente en enfer. D’ailleurs, Roy avait réussi à oublier Keira, à effacer ces abominables souvenirs qui l’avaient si longuement démoli… il était hors de question qu’Hiro soit le crétin qui lui rappellerait. Il suffisait d’une parole… c’était trop risqué. Mieux valait lui donner cet ordinateur et ne plus jamais entendre parler de lui… Sauf que ça aussi, c’était un veux pieux, aussitôt eut-il exprimé sa médiocrité personnelle, voilà que son visiteur semblait la remettre en question. Un vieux réflexe? « … Hmmm » Hiro avait réprimé un petit rire, plutôt comme un soupire amusé, à peine distinctif. Décidément, il n’y avait que Roy pour lui remettre sous le nez – même lorsque sa cervelle avait été vidée de tout souvenir de lui – combien il était brutal avec son auto-évaluation. Cette petite parcelle d’humanité qu’avait toujours eu le gosse de bonne famille, cette franchise brutale qui l’avait d’abord fait grimpé dans l’estime de notre dealer, cette petite partie du Roy d’antan lui avait mis un baume au cœur, plus qu’il ne pourrait l’avouer, plus qu’il ne le laissait paraitre. Dans un sourire un brin moqueur, il avait ajouté, sans oser le regarder, sans risquer qu’il voit, dans un regard trop long, que ses paroles l’avaient apaisées et brisées d’un seul coup. « Et je suis un juge lousse … mais si tu veux plus d’assurance tu n’as qu’à balancer mon nom aux membres du sexe opposé. Tu risques de te mériter une claque ou deux… » Et probablement plus s’il parlait à Megumi… mais elle aussi, était banni de son flot de pensées.

Il en était à pianoter sur le clavier de l’ordinateur pour démontrer les maigres capacités de ce vieux modèle au jeune homme alors que, sans vraiment l’avoir voulu, il l’avait questionné sur sa vie, sur son boulot. Une seule pensée le gardait ‘’saint’’ une seule, et c’était de penser, d’espérer, de savoir Roy heureux…. Ou à tout le moins, stable. « C’est bien… un bon boulot. Tu cuisines ou t’es serveur? » … Comme s’il ignorait la réponse à ça… il n’y avait qu’une profession que son vis-à-vis ait jamais voulu faire, et si vous avez gouté à sa cuisine un jour, vous ne lui recommanderiez rien d’autre. Il avait un sens hors norme pour concocter des trucs délicieux…. Et puis cuisinier, c’était beaucoup, beaucoup mieux que yazuka, ça, c’était certain. Hiro avait atteint le fond du baril, il s’en rendait compte et quelque part… d’une façon tordue, minable, il s’était convaincu qu’il ne méritait pas mieux que ça. Que tous ces boulots risqués, ça n’était qu’une façon d’expier ses crimes.

Il avait finalement réussi à ouvrir l’ordinateur et, lentement, il avait déplacé le curseur pour ouvrir l’application e-mail en parlant de tout et de rien avec le fantôme de ses conneries passées. « Un hacker. » avait-il poursuivi comme si ce n’était pas une si grande nouvelle que ce mot ne soit pas popularise « C’est quelqu’un qui infiltrer les ordinateurs des gens pour voler des données ou pour bousiller les systèmes. » il avait froncé les sourcils. « Je blaguais. » il avait désigné l’écran alors qu’il cliquait sur un petit icone, pour faire apparaitre la boite courriel. « Pour prendre tes e-mails, il te suffira de programmer ta messagerie et t’auras qu’à cliquer ici……….. » puis, avant même qu’il realise que sa proposition était des plus ridicule, avant qu’il ne puisse retenir sa langue et s’accrocher à sa promesse, il avait ajouté : « J’peux t’apprendre si tu veux éviter de payer des cours... Enfin, j’veux dire… je suis pas spécialement occupé… » et je couperais ma main pour un peu de temps en ta compagnie? Oh… ça il n’allait quand même pas le verbaliser!


electric bird.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Oikawa Roy
avatar
Admin ♦ Here for you


That's my job : Cuisinier au Owl-ways ~
That's where I live : Dans un petit deux pièces à Uetani
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Dim 6 Nov - 19:56



Il connaissait rien de ce type. Il savait tout juste son prénom mais à part le peu d’informations que ce dernier lui avait promulgué, Roy ignorait qui il était, quels étaient ses véritables intentions et si l’hôte était quelqu’un de bien ou non. Néanmoins, lui ne parvenait pas à expliquer cette atmosphère familière qui régnait dans l’appartement, cette atmosphère chaleureuse qui contrastait avec le désordre autour d’eux, avec l’attitude qu’essayait d’adopter son interlocuteur. Le cuisinier n’avait aucune explication, il ne comprenait pas pourquoi il se sentait bien ici alors que c’était exactement tout ce qu’il détestait et que d’une certaine manière, si on lui avait donné l’autorisation, il aurait souhaité tout ranger. A l’origine, le jeune homme aurait cherché à prendre la fuite rapidement, il aurait pris son ordinateur, réglé la somme due puis serait parti. Parce que l’ambiance qui régnait en ces lieux était contraire à la sienne, elle était tout ce qui le répugnait et à choisir, il préférait s’en débarrasser puis la quitter rapidement. Pas aujourd’hui. Il avait mis cette histoire de côté, il n’y songeait plus parce qu’en dépit de ce vacarme immonde, il y avait une atmosphère agréable qui régnait, une atmosphère qui le rassurait plus que de raison et ce, même si son vis-à-vis se la jouait distant. Roy n’était pas en mesure d’expliquer ses émotions ni pourquoi, pour la première fois depuis qu’il avait perdu la mémoire, il était autant intrigué par une personne qui avait soit disant occupé son passé, mais avec qui il n’était pas proche. Il essayait durement d’y croire cependant c’était comme si une ampoule clignotait dans son esprit, lui rappelant de se méfier de tout individu qu’il croisait et que chacun avait encore la faculté de mentir, d’inventer des histoires. Hors, si c’était le cas, si le vendeur lui cachait une vérité, pourquoi le ferait-il ? C’était idiot... S’ils s’entendaient plus que ce qu’on tentait de lui faire croire, à quoi bon le dissimuler ? Cela n’avait pas de sens et dans ce genre de moment, le garçon ne parvenait pas à réfléchir correctement, allant même jusqu’à émettre des hypothèses aussi farfelues les unes que les autres. Certainement qu’il se prenait à nouveau trop la tête, qu’il était celui qui se faisait des idées puisqu’il ne réussissait pas à différencier l’attitude de son propre esprit néanmoins, il avait beau se répéter ces réflexions une centaine de fois, il n’arrivait pas à croire les propos du jeune homme. Il ne pouvait pas le dire à haute voix puisque ce n’était que sa façon de ressentir les choses, que peut-être il était trop têtu parce qu’il était terriblement seul et qu’il aurait eu juste besoin d’un ami pour l’accompagner, néanmoins malgré tout ça, il n’était pas en mesure de croire avec certitude les dires de son interlocuteur. Il n’avait aucune explication à cela, il mettait plus ceci sur un pressentiment...

« Pourquoi je le ferais ? » Avait-il demandé au tac au tac, ne comprenant pas vraiment pourquoi son ancien, apparemment, camarade réagissait ainsi « Qu’est-ce que ça m’apporte d’avoir l’avis des gens ? Si j’ai envie de te connaître par exemple, c’est moi que ça regarde. »

Peu importait si l’autre face à lui était fréquentable ou non. C’était bizarre, Roy lui-même ignorait pourquoi avoir déclaré ces mots alors qu’habituellement, il aurait été le premier à s’échapper des mauvaises fréquentations. Il parlait sans réfléchir néanmoins il savait qu’il respecterait ses paroles, que si vraiment il le faisait, il chercherait à connaître cet homme. Là encore il n’avait aucune preuve mais il avait ce sentiment au fond de lui, que celui-ci n’était pas quelqu’un de méchant. Brisé, serait sûrement plus juste le concernant cependant le cuisinier n’était pas assez présent dans sa vie pour s’apercevoir de ce détail pour l’instant.

« Je cuisine. Mais j’ai été serveur aussi seulement je préfère ce domaine là. »

C’était revenu naturellement alors qu’il travaillait au Kaizoku paradise, il s’était vite rendu compte qu’il n’aimait pas son métier mais par dépit, il était resté. Le but était d’avoir un salaire donc que le travail lui convienne ou non n’était pas important. Cependant, alors qu’il avait du temps libre chez lui, il s’était surpris à préparer de bons plats et lorsqu’il avait vu l’annonce aux Owl-ways, il s’était senti terriblement enthousiaste à cette idée. Il avait postulé, demandant un essai, parce que bien qu’il avait le certificat de son école que lui avait redonné ses parents, le jeune homme n’avait rien fait pendant trois ans. Rien ne prouvait à ce que son talent soit encore là seulement le patron lui avait accordé une chance et aujourd’hui encore, Roy ne le remercierait probablement jamais assez.

Son attention se reporta sur le jeune homme à ses côtés, hochant la tête à ses explications bien qu’en vérité, il n’était pas certain d’avoir compris ce qu’il lui racontait. Cela lui semblait trop compliqué pour le moment puis ce n’était pas comme si cette définition lui servirait à l’avenir donc autant passé au-dessus plutôt que de perdre son temps à réfléchir. Il continua d’hocher la tête à ce que déclarait le garçon néanmoins au vue de l’air penaud que le cuisinier affichait, il n’y saisissait pas grand chose.

- Si tu as de la patience, pourquoi pas, Rétorqua Roy calmement, dévisageant l’ordinateur comme si l’objet provenait d’une autre planète, J’ai un peu de mal à assimiler les choses. Enfin, ça dépend... J’ai appris rapidement à me servir de mon portable. Mais... Tu ne travailles pas ?

Cette information ne le regardait pas réellement néanmoins à croire que sa curiosité était plus grande que ce que le jeune homme ne l’imaginait. Hors, il était véritablement intrigué bien que tout ici montrait clairement que ce que faisait son interlocuteur n’était assurément pas quelque chose très légal...





_________________

I’ll wait for You
Hold me now, I need to feel You. Show me how to make it new again. There’s no one I can run to and nothing I could ever do.I’m nowhere if I’m here without You. © ΣXODUS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Nakano Hiroki
avatar
Makes love with the staff ~


That's my job : Votre mécano-man vendeur d'herbe du bonheur
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Dim 13 Nov - 23:59

 
The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself
HIROY ♥

Un rictus amusé était apparu sur les traits du mécanicien, alors qu’il relevait son visage vers son vieil ami qui – même amnésique, même totalement déconnecté de leur relation d’antan – trouvait la force de s’insurger contre le refus du japo-chinois de faire connaissance. Combien de fois, même en ayant tous ses souvenirs, Hiro avait-il tenté de lui faire comprendre qu’ils devraient cesser de trainer ensemble, que la tangente criminelle que prenait notre abruti de première était trop risquée pour la famille du cuisinier, qu’il aurait tout à gagner en rompant les ponts, en le laissant dans sa propre merde… sans succès. Roy n’avait jamais rien voulu entendre, de le laisser derrière, même brisé, démoli après la perte de Keira, il ne l’avait pas laissé discuter quant était venu le moment de partir pour l’île, il ne l’avait pas abandonné. Il.ne.l’avait.jamais.abandonner. « Grimpe pas sur tes grands chevaux. Si t’as pas encore remarqué, les gens ne font pas exactement la file pour faire ma connaissance, alors si tu veux poser ta candidature, c’est pas moi qui vais te la refuser!  » À ces mots, il avait ri doucement en tirant l’esquisse d’un sourire à son visiteur. Sacré Roy… aujourd’hui plus que chaque jour des trois dernières années, Hiro prenait conscience qu’il ne pourrait pas vivre sans lui. Jamais. Roy était sa famille, son confident, et probablement la seule personne au monde qui s’était imaginé qu’il valait mieux que le milieu minable dans lequel il évoluait… Et même revenu des morts, même sans savoir qui il était, il s’acharnait encore à le maintenait à flot… Si cet acharnement aurait pu être anodin pour qui que ce soit d’autre, pour notre bridé, c’était un véritable baume au cœur.

Il s’était mis à pianoter sur le clavier, en interrogeant son visiteur sur sa carrière, sur ce qu’il devenait, comme il l’aurait fait avec un inconnu. En réalité, il voulait simplement s’assurer que son ami était heureux. Au fond, c’est tout ce qui important, c’est tout ce qui avait jamais importé. En toute franchise, Hiro aurait sacrifié n’importe qui pour Roy, même sa sœur, à une certaine époque, n’importe quoi pour le voit sourire aussi sincèrement qu’il le faisait avec Keira… mais ça n’était jamais venu. Et maintenant ça… Son esprit embrumé par un abus de substances réussissait encore à se torturer, à se tordre à l’idée qu’il était responsable de l’état du garçon, de tout ce qu’il avait perdu, des mots qu’il semblait avoir oublié… et même utiliser un ordinateur. LUI, Hiro, était responsable de tout ça…. Et de dieu sait quoi d’autre. Au cours des dernières années, il avait beaucoup lu sur les comas prolongé, les risques, les complications, et autant Roy semblait en un seul morceau, il ne pouvait chasser de son esprit l’idée que l’épée de damocles qu’il avait lui-même créée serait pour toujours au-dessus la tête du jeune homme. « Cuisinier. C’est bien. Qui sait, t’auras peut-être ton propre restaurant un jour. T’as une tête de vainqueur… Bon faudra apprendre à utiliser des courriels avant…  » Le charrier, ça aussi, ça revenait naturellement.

Il en venait presque à apprécier ce moment, en sachant que ça ne se produirait plus. Il le refuserait. Alors pourquoi diable avait-il proposé de lui montrer à utiliser l’ordinateur hein? C’était contre toute ses résolutions…certes, mais avoir son ami ici, maintenant… il ne voulait qu’une chose, en profiter, juste un peu. Jusqu’à ce que son monde soit confronté à leur différence, à sa responsabilité dans ses différences… jusqu’à ce qu’on lui demande ce qu’il faisait dans la vie. « Travailler…  » Crétin… t’es mécanicien, c’est honorable, tu paies ton loyer… il aurait pu, mentir, ou du moins, ne dévoiler que la vérité qui lui plaisait, mais, comme s’il était assez con et masochiste pour repousser celui qui aurait vraiment pu le remettre sur le droit chemin, il avait ouvert la bouche, dans un sourire amusé, pour lui dire une vérité qui n’était ni nécessaire, ni délicate. « Disons que dans mon type de boulot, on travaille peu de jour. Et que le titre n’est pas tellement mignon….  » … L’ancien Roy lui aurait passé le savon de sa vie, lui aurait dit qu’il était idiot, qu’il ne devait pas faire ça… et le nouveau? Une partie d’Hiro avait presque besoin d’entendre la voix de sa conscience trop longtemps contrainte au silence par un accident tragique.

Il s’était redressé, s’éloignant un instant de son acheteur. Il pouvait partir s’il le voulait, en fait, il devrait même, ne s’était-il pas montré assez clair? Ne lui avait-il pas fait assez peur? Autant il aurait aimé sauter sur cette nouvelle chance, sur cette opportunité de retrouver son vieux complice, il ne pouvait s’y résigner. Pas quand, il était responsable de tout. D’Absolument non. Et si Roy lui pardonnait, lui en revanche, ne pourrait jamais passer l’éponge. Hiro avait ait quelque pas vers la cuisine, se penchant vers le frigo pour en extirper une bière – il ne voulait surtout pas risquer d’être assez à jeun pour ressentir le vide horrible qui lui compressait les poumons. « Je t’offre un truc à boire? Soda, bière? Je dois avoir du lait passé date depuis quelques semaines….  » un nouveau rire, vraiment, son appartement, sa vie, tout était minable, atrocement minable. Jusqu’au plan de marijuana qui décorait si adorablement son salon… « Je devrais vraiment me trouver une femme de ménage…  » il avait passé une main dans ses cheveux en soupirant, enfonçant un peu plus de couteau dans la plaie en demandant : « C’est ta première fois à Tadanashi?  »


electric bird.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Oikawa Roy
avatar
Admin ♦ Here for you


That's my job : Cuisinier au Owl-ways ~
That's where I live : Dans un petit deux pièces à Uetani
Juste une photo de toi :
.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   Sam 26 Nov - 19:17



Roy ignorait pourquoi il insistait tant auprès de cet homme, pourquoi il lui donnait l’exemple de se lier d’amitié alors que son vis-à-vis ne paraissait pas être une personne fréquentable. Certainement que si ça avait été quelqu’un d’autre, le cuisinier aurait agi autrement, il aurait réglé son ordinateur puis serait parti sans demander plus. Aujourd’hui, il restait là à perdre son temps dans cet appartement en vrac, un endroit dans lequel il détesterait vivre tant il ne savait pas où poser ses pieds et parce qu’il aimait l’ordre. Il n’était pas maniaque au point de vouloir tel objet à côté de la télévision, dans tel sens, encore moins au centimètre près cependant il aimait bien que tout soit rangé, que cela sente bon dans la pièce et qu’en cherchant quelque chose, il sache où la trouver sans avoir besoin de tout soulever pendant des heures. Il n’était pas idiot au point de ne pas remarquer que l’hôte et lui ne venaient pas du même monde, que rien que sans la fortune de ses parents, il était sûrement beaucoup plus riche que lui. Dire que sa vie était meilleure que la sienne, le jeune homme n’en était tout bonnement pas capable puisqu’il ne se souvenait pas de son passé, il ne se souvenait pas quel douleur il avait traversé toutefois, probablement que si on comparait avec la personne qu’il était actuellement, sa vie était mieux. Il avait un travail stable, il ne buvait pas, ne se droguait pas et n’avait pas vraiment à se plaindre. Certes, il était seul mais ce n’était pas très grave parce que malgré tout, il était quelqu’un de sociable et que des amis, il en trouverait tôt ou tard. Il suffisait qu’il y mette du sien. Ce n’était pas facile de vivre sans sa mémoire, de devoir tout reconstruire depuis le début, de n’avoir aucune histoire et de paraître bizarre aux yeux des autres. Il n’aimait pas parler de son accident ou de son amnésie parce que ça le complexait, parce qu’il n’avait pas envie qu’on le plaigne ou qu’on ait pitié de lui. Il souhaitait juste avancer à sa manière seulement, sincèrement, Roy n’était pas triste de son état. Il était soucieux, anxieux parfois et ça lui arrivait d’avoir des baisses de moral comme tout le monde hors lui n’était pas tombé dans l’illégalité, en dehors de ses doutes, des questions qu’il se posait constamment, il était sûr de ne pas avoir touché le fond. Pas comme l’homme face à lui qui vivait dans un quartier délabré, le plus dangereux de la ville apparemment et n’importe qui ne le trouverait pas commode. Le garçon en était un brin impressionné, il avait plus peur qu’il n’y paraissait néanmoins une vague légère dans son coeur le rassurait et l’aidait à se rebeller contre le vendeur qui, s’il le désirait, pourrait le rétamer en quelques secondes à peine. Mais c’était dans son caractère au final de ne pas se laisser démonter, de ne pas afficher ses expressions et de ne pas montrer qu’il ignorait quoi penser de tout ça, qu’il ne savait pas ce que son interlocuteur attendait de lui ni pourquoi il l’interrogeait ainsi sur son existence. Pour quelqu’un qui n’était pas proche, il lui paraissait tout de même assez intrusif seulement le cuisinier mettait ça sur le côté de la curiosité. L’idée qu’ils auraient pu être des meilleurs amis, plus encore, comme des frères ne lui vint pas à l’esprit parce qu’en analysant leurs personnalités, leur style de vie entièrement opposés, ça semblait improbable. Et pourtant... Ce jeune homme était sûrement le plus précieux ami qu’il ait pu avoir autrefois, le seul qu’il avait puis sur qui il était certain de pouvoir compter quoi qu’il arrive. S’il avait la possibilité de se remémorer les quatre cents coups qu’ils avaient effectué tous les deux, de se souvenir de ce lien qu’il les unissait, de ce soir où ils avaient tous les deux trop bu, ce soir qui avait failli causer sa perte, Roy aurait pu enlever un poids qui pesait sur les épaules d’Hiroki. Il aurait pu lui dire qu’il ne lui en voulait pas, qu’il ne lui en voudrait jamais et que le fautif dans l’histoire, c’était lui, non pas son ami. Il était celui qui plutôt que d’avancer s’était laissé sombrer, s’était mis tous ses proches à dos et s’était transformé en un homme au coeur de glace. Il méritait ce qui lui était arrivé. Le jeune homme qu’il était auparavant confirmerait cela. Il méritait d’avoir eu cet accident hors il n’aurait jamais du se réveiller mais probablement que la punition aurait été trop douce si ça avait été le cas...

Avait-il déjà été présent pour quelqu’un à l’époque ? Qu’avait-il fait pour son camarade ? La mort de Keira l’avait anéanti au point où Roy n’était plus en mesure de discerner le reste des personnes qui faisait partie de son existence. S’il avait été plus courageux, qu’il s’en serait soucié et qu’il aurait vu ô combien les gens auprès de lui s’effondraient, il aurait été certainement plus heureux. Hiroki également. Parce qu’il l’aurait aidé, il l’aurait empêché de s’enfoncer un peu plus dans ce monde horrible dans lequel son ami était à présent emprisonné. Ils se seraient soutenus ensemble, l’accident n’aurait pas eu lieu et peut-être qu’il n’aurait pas fait du mal à toutes ses personnes qui au bout du compte n’avait rien demandé... Enfin, songer à cela était inutile. Il ne s’en souvenait pas et même s’il venait, comme par miracle, à s’en rappeler un jour, il n’y avait aucun moyen pour corriger toutes ses erreurs qu’il avait commis auparavant. Le passé était passé, plutôt que de pleurer, de culpabiliser sur ce qui était arrivé, il ne pouvait qu’avancer. Il n’en avait pas réellement le choix de toute manière.

Plutôt que de perdre son temps à répondre, le cuisinier avait haussé les épaules, non pas sans lui adresser un sourire fier. Il ne savait pas vraiment s’il souhaitait faire sa connaissance ou pas, c’était comme s’il ne contrôlait pas ses propres agissements. Sa conscience lui ordonnait de quitter cet endroit rapidement toutefois son corps, pas même son coeur, ne l’écoutait et il restait planté là avec cette hôte qui avait vraisemblablement partagé un bout de vie avec lui par le passé.

« C’est vrai » Avait ri doucement le jeune homme « Mais je ne sais pas si ça arrivera. Pour l’instant, une telle idée ne me tente pas. J’aime bien le Owl-ways. »

Ceux qui l’avaient connu, son vis-à-vis également, seraient très certainement surpris d’entendre de tels propos. Principalement lorsqu’on savait qu’à l’époque, Roy avait des centaines de projets quant au restaurant qu’il pourrait potentiellement ouvrir, quels produits il proposerait, quel genre de clientèle il souhaitait attirer et les activités qu’il aimerait y ajouter. Il avait le crâne emplie d’idées, il n’y avait pas un seul jour, sans que le sourire aux lèvres, il ne mentionne ses futurs rêves. Des rêves qui semblaient envolés désormais puisqu’il ne souhaitait pas se précipiter, qu’il n’avait pas l’humeur à avoir tant de responsabilités et que réfléchir, à ses yeux, était comme être coincé dans une salle pleine de bruit. Le simple fait de pouvoir cuisinier lui suffisait amplement. Peut-être qu’à l’avenir, ses désirs changeraient hors pour le moment, il était bien ainsi.

Instinctivement, son regard se redressa en direction de son interlocuteur qui avait repris la parole puis plutôt que de s’effrayer des paroles de ce dernier, Roy avait froncé les sourcils sans savoir pourquoi cette réflexion le dérangeait plus que de raison. Il l’avait deviné de toute façon que la vie de cet homme n’était pas très glorieuse néanmoins le voir et l’entendre de sa bouche était probablement deux choses différentes.

« Et t'en es fier ? » Avait-il demandé sur un ton de réprimande. Cela aussi, c’était tout à fait naturel sans qu’il ne réussisse à saisir pourquoi il faisait la leçon à un inconnu. « Franchement, y’a pas de quoi. Pourquoi faire ça ? »

Ce n’était pas le nombre de travail qui manquait pourtant. Peut-être que ce que le vendeur faisait était mieux payé, ça rapportait plus mais ce n’était qu’une solution de facilité. La drogue.... Roy ignorait s’il y avait déjà touché un jour - la réponse était oui, bien sûr - néanmoins ça ne lui plaisait pas. Il ne comprenait pas comment on pouvait s’effondrer aussi bas, comment on pouvait choisir ce chemin là alors que si on se donnait la peine, une route plus lumineuse pouvait s’offrir à nous. Hors plus que tout, sûrement que ce qui le dérangeait était que cela soit cet homme là qui soit victime de cette fâcheuse addiction, et qu’il n’aimait pas cette idée au point de penser que s’il était son ami, vraiment, il ne serait pas fier de lui. Secouant son visage, il déclara qu’il n’avait pas très soif avant de rétorquer, toujours sur la même intonation que précédemment, qu’avant de se payer une femme de ménage, il devrait déjà se trouver un travail stable et plus noble parce que non, ce n’était pas en vendant des paquets de poudre qu’il avancerait dans la vie.

- « Tadanashi ? »

Son visage s’inclina sur le côté, ne saisissant pas le sens de ce mot avant de réaliser et d’échapper un « Ah ! Le quartier... » en levant son index au même moment, signe qu’il avait répondu tout seul à sa propre interrogation. Cette fois-ci, Roy hocha la tête dans un sourire discret.

- Ca ne fait pas longtemps que je suis sorti de l’hôpital et honnêtement, je n’avais aucune envie de mettre un pied ici. J’aurais peur de me faire attaquer. Et si toi tu aimes faire ton petit business, moi, tout ça, ça ne me plaît pas du tout.

Encore un pique discret mais assez bien placé pour faire comprendre à son interlocuteur qu’il était strictement contre tout ça et qu’il n’y voyait aucun intérêt. Vraiment.




_________________

I’ll wait for You
Hold me now, I need to feel You. Show me how to make it new again. There’s no one I can run to and nothing I could ever do.I’m nowhere if I’m here without You. © ΣXODUS
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.
.
.
Contenu sponsorisé


.
.
.

MessageSujet: Re: The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro   



Revenir en haut Aller en bas
 

The worst feeling is the moment you realize that you've lost yourself • Ft Hiro

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ANNABETH ¤ Being engaged to a man you don't love is the worst feeling...
» The Best- and Worst-Dressed Characters on TV [Lily Aldrin]
» moment éphémère
» CROWS X WORST - Hideto Bando Glam Ex ( RAH-443 )
» le meilleur réalisateur en ce moment pour vous?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Don't forget to smile :: Welcome to Nikkou :: Tadanashi :: Résidences-