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 Will you be my flashlight? ft. Jun

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Shiroi Akane
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MessageSujet: Will you be my flashlight? ft. Jun   Dim 23 Oct - 3:41

 
Will you be my flashlight?
Jun & Akane

Malgré la carapace d’indépendance et de force qu’elle affichait en permanence – ou du moins, devant témoins – Akane avait une peur, une seule et ni les années, ni le bateau qui l’avait amené à jamais loin de sa ville natale ni même l’absence qu’elle croyait permanente de son paternel n’avait réussi à faire taire cette petite voix angoissée qui se mettait à hurler dans son esprit dès qu’elle se retrouvait toute seule. Ce soir-là ne faisait pas exception. Déjà, il pleuvait à boire debout et, plutôt que de franchir la porte de son immeuble avec son sac remplis de provision fraichement achetées à l’épicerie du coin, elle se tenait devant le bâtiment, parapluie en main, n’osant pas franchir cette maudite porte qui l’aurait pourtant protégé du mauvais temps. Combien de fois dans sa vie avait-elle attendu devant une porte fermée, trop terrorisée pour la franchir, trop idiote pour tourner les talons. Elle était figée là, et se revoyait, à seize ans, suffoquée par cette angoisse constante… Avant, c’était toujours pareil, dès qu’elle rentrait chez elle, dans cette demeure qu’elle partageait à l’époque avec son père, il y avait toujours des types louches, effrayants, et si elle avait le malheur de se retrouver en tête à tête avec l’un d’eux, c’était une lutte sans fin pour conserver un peu de dignité et prier assez fort pour que son paternel se pointe avant que quelque chose de déplacé ne lui arrive. Cette peur chronique de rentrer chez elle, ça ne l’avait jamais quitté, jamais.

Et encore aujourd’hui, par cette soirée pluvieuse, devant ce bloc assez luxueux tout frais payé par son vieillard de défunt petit ami, elle n’osait pas entrer. Entrer, c’était se retrouver toute seule entre quatre murs. Ça impliquait fixer la poignée, les nombreux verrous et retenir son souffle en espérant que personne ne vienne s’Incruster, alors qu’elle savait très bien, que personne ne viendrait. Notre bridée avait soupiré, ses phalanges crispés sur le manche de son parapluie toujours immobile. C’était une peur ridicule, minable, et pourtant, elle n’arrivait pas à en chasser une miette. Mais que pouvait-elle faire d’autre hein? Elle regrettait presque Yosuke, avec son odeur de tabac, ses rides, ses histoires de guerre, elle avait méprisé sa dernière victime mais pourtant, lorsque la crainte lui nouait les entrailles, elle aurait tout donné pour pouvoir s’infiltrer chez lui ce soir, pour endurer son radotage sans fin, tout pour ne pas être seule à anticiper des menaces qui ne viendraient pas.

… Mais que pouvait-elle faire d’autre hein? Yosuke était mort, elle n’habitait pas encore avec son amnésique de ‘’fiancé’’ et autant dire que sur cette ile, elle n’avait pas vraiment d’amis… Il y avait toujours Nana mais, considérant sa relation tout sauf platonique antérieure avec son mari, elle n’allait certainement pas s’infiltrer chez elle sans prévenir. Surtout pas… Il ne restait qu’elle et sa peur……… ou Roy. Pourquoi pensait-elle à ce crétin hein? L’endurer était épuisant, il résistait à toutes ses manigances et il ne cessait de l’énerver par sa simple présence, pouvait voudrait-elle passer du temps avec lui hein? Tout, tout sauf cette appartement et ses anciens démons. Sans vraiment savoir quelle mouche l’avait piqué, Akane avait tourné les talons et s’était mise en route vers le restaurant minable ou ‘’travaillait’’ son prétendu fiancé. Il aurait pu faire tellement plus, avec son argent, mais non, il cuisinait… Franchement… Ok, ses pas l’avaient menés à bon port, malgré la pluie qui se faisait qu’amplifier et la tempête à l’approche…et maintenant?

Il était hors de question qu’elle lui avoue la véritable raison de sa présence, plutôt mourir que de se montrer vulnérable, tout sauf cela… c’était pour les faibles! Alors quoi? Elle trouverait bien. Le bon côté de jouer les fiancée éperdument amoureuse, c’est qu’elle pouvait toujours blâmer sa présence sur des sentiments… Seigneur, est-ce que les gens amoureux étaient aussi stupides? Si c’était le cas, elle bénissait le ciel de ne jamais avoir ressenti ce genre d’émotions abominables. Jamais. Forçant un sourire sur ses lèvres, elle franchit la porte du restaurant Owl-Ways en refermant son parapluie. Trouver Roy…. Plus facile à dire qu’à faire. Avec un temps pareil, le restaurant était vide, absolument vide, elle se demandait même si la cuisine marchait. Dans son champ de vision, les chaises étaient déjà renversées sur les tables, comme si la fermeture était imminente. En même temps, il n’y avait personne sauf……

« Excusez-moi?  » Elle avait fait un pas en avant, un seul, tentant de contenir les battements de son cœur. Il n’y avait qu’un homme ici. Il était grand… il semblait fort. Vieux réflexe, son regard cherchait déjà les issues de secours au cas ou tout tournerait au vinaigre. Pour la peine, elle regrettait presque son appartement… Une nouvelle respiration, un sourire crispé, et voilà qu’elle demandait, en dissimulant de son mieux sa crainte. « Je cherches Roy?  » … Elle allait poursuivre lorsqu’un violent coup de foudre la fit sursauter et, pendant une seconde, on aurait presque pu croire qu’un petit cri effrayé et bref avait franchi ses lèvres.


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Callahan Jun
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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Dim 23 Oct - 20:12


Akane & Jun
will you be my flashlight ?




Il n'aimait pas la pluie. Et encore, c'était bien faible pour décrire ce sentiment de dégoût qu'il avait envers ces gouttes qui tombaient du ciel. Un fort sentiment d’inquiétude le paralysait toujours quand le son de la pluie se faisait entendre. Quand il entendait avec une précision un peu trop sensible, la force de chaque perle qui éclatait sur le sol, ça lui glaçait le sang. Ca torturait ses entrailles trop violemment. Ca lui martelait le crâne avec intensité. Et ça lui faisait revivre une journée qu'il préférerait avoir oublié. La peur, l'inquiétude, la tristesse... chaque sentiment traversait ses veines, lui coupant peu à peu la respiration, et faisant accélérer les battements de son cœur.
Il se souvenait. Il se souvenait que le météorologue avait annoncé du beau temps. Il se souvenait qu'il en avait été ravi, et qu'il avait alors laissé son parapluie chez lui. Il se souvenait avoir souhaité une bonne journée à ses parents, et à son frère, avant qu'il ne parte pour l'école. Il se souvenait de chaque cours. Il revoyait le visage des professeurs, mais aussi de ses camarades. Il se souvenait même des habits qu'il portait. Un jean un peu délavé parce qu'il l'avait mis un peu trop souvent, et un pull en laine qu'il adorait, parce qu'il était doux, confortable en plus de lui porter chaud. Il se souvenait de sa propre grimace, à la fin de la journée, en remarquant qu'il pleuvait tout compte fait. Il se revoyait encore soupirer, parce qu'il allait finir mouillé. Comme s'il s'était jeté de lui-même dans un lac. Il serait trempé jusqu'aux os, et il allait devenir malade. C'était ce qu'il s'était dit en commençant à avancer. Il se souvenait du son, aussi, de ses pas sur le trottoir mouillé. Il se souvenait de l'écho délicat que chacun de ses pieds lui revoyait à l'oreille, cet écho sourd et moite qui lui frôlait les tympans dès qu'il avançait. Il se souvenait avoir été tout près de chez lui. C'était difficile, mais il distinguait sa maison. Elle était là, juste devant lui, à quelques mètres. Il se souvenait n'avoir jamais franchi ces mètres. N'avoir jamais retrouvé sa maison ce jour-là. Il se souvenait avoir été arraché à sa famille, par cet homme qu'il connaissait. Par cet homme qu'il l'avait suivi et lâchement attaqué dans son dos. Par cet homme qu'il l'avait emporté, pour l'amener avec lui à plusieurs kilomètres de sa famille.

C'était debout devant l'une des vitres du restaurant qu'il laissait ces images submerger ses pensées. Il laissait ces vieilles sensations parcourir son corps sans réussir à les contenir. Il se laissait littéralement couler. Son regard se perdait sur le sol de plus en plus inondé par les gouttes. Son visage n'exprimait plus rien, si ce n'était le vide qu'il ressentait à l'intérieur. Son regard ne brillait plus, et cela faisait bien longtemps que ce n'était plus le cas. Son regard était mort, dénué de tous sentiments, de toute envie. De tout.
Ses doigts se crispaient toujours un peu plus sur le balai qu'il tenait alors que son esprit, lui, s'en allait progressivement.

Sursautant légèrement, il cligna rapidement des yeux, tournant la tête derrière lui. Il était pratiquement sûr d'avoir entendu un bruit. Hors il était certain d'avoir fermé la porte de derrière. Il la fermait toujours. Et il avait vérifié. Trois fois. Il observa longuement les tables et les chaises déjà relevées. Pourquoi était-il seul, au juste ? Pourquoi allait-il encore devoir gérer la fermeture ? Il n'aimait pas s'en occuper. Il n'aimait pas rentrer tard. Il n'aimait pas rentrer quand il faisait nuit, et encore moins lorsqu'il pleuvait. Alors pourquoi ? D'accord, il n'y avait pas grand chose à nettoyer et il avait déjà fait la plus grosse partie de ses tâches. D'accord son collègue devait aller récupérer sa fille il ne savait plus trop où, mais était-ce vraiment une excuse pour le laisser seul ? Il n'aimait pas être seul. Pas tout le temps, du moins.

Décortiquant soigneusement chaque ombre qui se trouvait à l'arrière du magasin, il n'entendit pas la porte s'ouvrir. En même temps, il y avait un tel boucan dehors à cause de la pluie que c'était difficile d'entendre autre chose.
Un sursaut plus violent que le précédent fit quelque peu avancer son corps avant qu'il ne se retourne précipitamment, le balai toujours entre ses doigts – attention, il était armé ! Enfin, autant que l'on pouvait l'être avec un balai. Le connaissait il aurait plus tendance à poser l'arme au sol pour partir en courant.

Un long soupir quitta discrètement ses lèvres, lâchant le balai d'une main pour la laisser s'écraser sur son visage tandis que son cœur partait dans une danse endiablée. Son regard se posa sur la jeune femme face à lui, et il se reprit, levant ses épaules pour avoir le dos droit alors qu'une fine esquisse naissait sur ses lèvres. Il inclina la tête sur le côté, l'incitant silencieusement à continuer.
Mais à cause d'elle – oui, à cause d'elle, pas à cause de l'orage non non – il sursauta à nouveau, plaquant fermement sa main sur son cœur. Bordel. Si elle était venue là pour lui faire peur, c'était réussi.

Il y eut un instant de flottement ensuite, durant lequel il n'osa pas parler, sachant que sa propre voix le trahirait. Il se pinça violemment les lèvres alors que son torse se levait à un rythme rapide et irrégulier. Il inspecta rapidement ce qui se trouvait derrière la jeune femme, s'assurant qu'elle était bien seule, avant de fixer un peu trop longuement la pluie.

« Roy, le cuisinier ? », dit-il ensuite en reculant discrètement d'un pas.

Il ne connaissait pas 36 Roy qui travaillaient au Owl-ways, mais autant être certain qu'ils parlaient bien du même non ?

« Il ne travaille pas », et il haussa les épaules dans un air quelque peu désolé.

Et à nouveau, il resta silencieux, se contentant de l'observer et de surveiller le moindre de ses gestes. Ses doigts pianotèrent un instant sur le manche du balai. Son autre bras quant à lui vint longer son corps, laissant ses phalanges se comprimer doucement contre sa paume.

« Je vais bientôt fermer par contre... », et sa main se leva pour aller se poser sur sa nuque.

Ses doigts pincèrent doucement sa peau avant qu'il ne la relâche. Sa paume alla s'égarer dans ses propres cheveux alors qu'il soufflait lentement.

« Vous vous appelez comment ? », la questionna-t-il, « Comme ça je pourrais dire à Roy que vous êtes passée », s'empressa-t-il d'expliquer.

En réalité, il se disait que c'était mieux de connaître le nom de son probable futur agresseur. Elle avait beau être une femme, ce n'était pas pour autant qu'il la sous-estimait, et qu'il ne la craignait pas.

« Vous voulez peut-être... boire quelque chose avant de repartir ? », bonne idée Jun, tu fermeras encore plus tard comme ça, bravo.
luckyred.



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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Dim 23 Oct - 21:13

 
Will you be my flashlight?
Jun & Akane

Qu’est-ce qui lui avait pris de venir ici hein? Était-elle timbrée au point de penser que le mec duquel elle se jouait, celui qu’elle manipulait pour son simple plaisir et pour obtenir une compensation financière avait en prime l’odieux d’apaiser ses démons? C’était dans sa description d’emploi peut-être? Vivre un faux conte de fée, s’amouracher d’une menteuse et en plus, la consoler quand elle déraillait?!  Était-elle lunatique de façon si chronique qu’elle s’imaginait qu’un homme qui n’avait certainement rien de louable vu son passé brumé par l’amnésie – et qui plus est ne se souvenait avec raison, pas d’elle, en aurait quelque chose à faire que ses plans de soirées soient de se recroqueviller en mode fétus dans un placard en attendant que la tempête prenne fin et que les vieilles angoisses quittent son esprit? Probablement pas… Mais le problème demeurait inchangé : elle n’avait personne d’autre. Que ça soit sur cette île ou ailleurs, elle était toujours seule, murée dans sa fierté, butée dans sa force toujours feinte, de toute façon, on ne peut jamais compter sur quiconque, ça, elle le savait.  Alors entre personne et ce type, elle voulait bien au moins, diversifier ses champs d’utilité… De toute façon, elle n’avait pas le force de faire marche arrière, reprendre sa route sous l’orage, sous le tic incessant des goutes de pluie qui semblaient déterminées à la narguer, à lui broyer les entrailles d’angoisse… hors de question. Et puis, il lui avait déjà fallu regrouper tout son courage pour marcher seule jusqu’ici, dans le brouillard humide ambiant, il était hors de question qu’elle reparte. Ne pas voir devant elle avait cette manie de provoquer son esprit.

Comme si, en l’absence d’une image fixe à laquelle s’accrocher, ses pensées vaguaient vers leurs pires souvenirs, ceux qu’elle tentait en vain de refouler, d’oublier, et de nier du plus profond de son âme. Comme maintenant, alors qu’elle entrait dans un restaurant vide, une place pourtant aimable – elle le savait – où elle aurait du se sentir en sureté malgré le faible éclairage pré-fermeture, malgré l’absence de convive et surtout, malgré la présence au fond d’un serveur qui n’avait rien de menaçant outre un vulgaire balais en guise d’arme. Certaines préfèrent les poêles à frire, d’autre les balais… toujours est-il qu’en situation de combat, ça aurait été inutile…mais pour Akane? Elle fixait cette silhouette en tentant de contrôler le rythme effréné de sa pompe à sang, de se concentrer sur son visage qui semble sans menace, de limiter au minimum ses nerfs qui, comme toujours, semblaient gagner la bataille. En toute franchise, son regard s’était attardé une minute de trop sur le manche en bois. Si tous y auraient vu un employé ordonné qui s’occupait du sol elle, avec un goût ferreur d’angoisse dans la bouche, elle revoyait comme une spectatrice les fois où un instrument pareil s’était abattu sur son dos pour soulager son paternel d’une autre journée désastreuse. Elle pouvait presque en sentir la douleur, lorsqu’elle secoua la tête en tentant de reprendre ses pensées, de se reprendre… Roy, qu’il soit stupide ou pas, là, maintenant, elle voulait voir un visage connu, voilà pourquoi elle s’était résignée à parler.

Roy le cuisinier... même son esprit ce rebutait à l’idée, le titre de son emploi était entendu avec un tel dégout, brrr décidément, elle devrait lui trouver une meilleure façon de se présenter, hors de question qu’elle joue le tout pour le tout avec un loser de première. Il avait de l’argent, elle le savait, il suffisait qu’elle brise cette mauvaise habitude de jouer à l’adolescent avec un emploi minable. Ce n’est pas avec un salaire de cuisinier qu’il pourrait lui acheter les robes présélectionnées pour sa garde-robe de future femme! « Oui... ce Roy là… » elle avait forcé un sourire, comme si la mention du jeune homme lui apposait un baume au cœur… il n’en était rien, elle pensait très fort à la chaine en perle qu’elle désirait, tout pour chasser le torrent de plus qu’elle voyait s’abattre et amener avec lui le peu de courage qui lui restait.  Akane du se faire violence pour ne pas jurer en entendant que son ‘’fiancé’’ n’était pas de corvée de cuisine aujourd’hui. Merde. Elle aurait du essayer son appartement aussi… Ne servait-il donc à rien?!? Elle n’eut pas le temps de le maudire bien longtemps, son regard s’était à nouveau accroché au maudit manche à balais. La boule d’angoisse avait fait un regain d’énergie.

Elle suivait les mains de l’inconnu en tentant de chasser cette vague de nausée qui grimpait plus vite que jamais. Elle était seule. Seule avec lui. Coincée ici.  Et si c’était un maniaque hein? Et s’il approchait? Et s’il décidait qu’il en avait marre de tripoter ce manche à balais et qu’elle était une cible plus désirable… tout, tout la ramenait à ce maudit appartement … finalement, elle était peut-être plus brisée qu’il n’y paraissait. Sans le quitter du regard, elle avait fait un pas prudent à l’intérieur, secouant son épaisse chevelure et détachant son manteau du même coup. « Fermer? ……. Ah … oui… j’imagine qu’il est tard… je…. désolée… » son regard avait fait l’allé-retour entre le jeune homme et la fenêtre…. La pluie ou l’inconnu… à tout prendre, elle préférait encore être ici, au moins, elle avait des chaises à lui balancer au visage en cas d’attaque… Enfin, si sa petite taille lui permettait. Merde. Du plus profond d’elle, elle voulait se reprendre, vraiment, mais elle en était incapable.

Elle avait approché, lentement, comme un chat craintif qui observerait le nouvel arrivant avec incertitude. Il demandait son nom… me ne donnait pas le sien? Elle avait forcé un sourire très doux, mais il ne fallait pas avoir la tête bien accrochée pour ne pas remarquer qu’elle n’était que nervosité et terreur… oui, il lui faisait peur, ce géant inconnu, ce type à qui elle souriait en tentant de reprendre le contrôle de cette situation merdique. « Shiroi Akane… mais c’est pas grave pour Roy je… je voulais juste lui faire une surprise... je… enfin, c’est pas grave quoi. » elle parfait beaucoup, quand la nervosité la prenait, probablement trop. Pourquoi diable était-elle si terrorisée hein? Elle avait fait de tel progrès en 10 ans… elle avait pris les choses en main… non? Et pourtant… sa main venait de ses poser sur sa poitrine devant un nouvel éclair, tentant de se calmer en demander, d’une voix candide : « Et vous? À qui ai-je l’honneur? » qu’elle sache qui dénoncer si jamais elle devait prendre la fuite et trouver des flics pour sauver sa peau…

Elle avait sourit à sa proposition, sentant un brin d’anxiété la quitter, sans qu’elle ne daigne s’approcher, un pas à la fois après tout… Elle avait trop de souvenirs mauvais d’avoir rompu la distance entre elle et un mâle. Pas ce soir… « Je prendrais bien un thé…vous vous avez le temps…… » ah, voilà, cette fois qui reprenait un peu d’assurance, ce sourire qu’elle venait de lui adresser en prenant son masque de femme frêle : « Je suis désolée … j’ai juste vraiment…… peur des orages. » … Elle aurait pu se cogner la tête contre la table... T’es conne? Pourquoi avouer ta faiblesse à un parfait inconnu hein? ….. Qui sait, ce type nerveux qui l’effrayant tant… elle ne pouvait chasser cette impression qu’ils n’étaient rien de plus que deux animaux blessés tout aussi terrorisés l’un que l’autre….


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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Lun 24 Oct - 1:15


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C'était horrible de s'occuper de la fermeture. Pour lui, ces longues minutes rimaient étrangement avec torture. D'habitude ils étaient deux. Il y avait quelqu'un pas loin. Ce n'était pas forcément une bonne chose, mais comme il s'agissait d'un collègue, il pouvait gérer. Il savait parfois les lancer sur des sujets de conversation. Sujets qui les occupaient jusqu'à ce qu'ils soient obligés de se séparer. Peut-être qu'à force, ils avaient tous pris l'habitude quand ils étaient de corvée avec lui. Il n'avait pas toujours besoin de les inciter à dire quelque chose, ils le faisaient naturellement. Alors pendant qu'il s'occupait de passer le balai par exemple, il les écoutait parler de leur vie, leurs enfants ou même de leurs plantes vertes. Pendant ce temps-là, il ne se sentait pas seul. Pas totalement en sécurité non plus et il vérifiait souvent que personne ne l'attendait dehors ou que personne ne pouvait entrer. Mais ça lui occupait un peu l'esprit au moins.
Il fallait néanmoins qu'il se retrouve seul ce soir. Et justement ce soir, alors qu'il pleuvait. Il détestait vraiment la pluie, et les souvenirs qu'elle lui rappelait. Il imaginait déjà son trajet du retour et une boule se formait dans son estomac. Il n'y arriverait pas. Il n'arriverait pas jusqu'à chez lui tranquillement. Déjà qu'il ne l'était pas en temps normal, mais alors là, ce serait encore pire. Il allait s'effrayer à cause du moindre bruit. De la moindre ombre. De la moindre lumière qui clignotait. Ca allait être un parcours pour retrouver son appartement. Pour ne pas perdre son souffle, ni sa tête.
Et probablement qu'il rentrerait en courant. C'était idiot, en soit. Ca ne le protégeait pas plus. C'était simplement psychologique. S'il courait, il ne prendrait pas autant de temps à vérifier que personne n'était derrière lui. Il se contenterait de fixer la route, de garder son regard rivé devant lui, de contourner les obstacles. Il ne s'arrêterait pas en entendant du bruit en passant devant cette ruelle et il ne s'arrêterait pas en entendant de pas derrière lui. Il ne se retournerait pas. Et au contraire, il irait encore plus vite.
Il ne serait pas plus à l'abri dans son appartement, cela dit. Là-bas aussi, il se sentait constamment en danger.
De toute manière, il n'était en sécurité en nulle part. Ni ici, au restaurant, ni dehors dans la rue, ni chez lui. Venir sur cette île ne changeait absolument rien. Il ne pouvait pas faire comme certains, et se mettre à voir le bien partout. Il n'avait vu que le mal dans les regards de toutes les personnes qu'il croisait jusque là. Pendant toutes ces années, il n'avait vu que la noirceur de leurs pensées. Il ne pouvait pas soudainement voir la vie en couleurs.
Et un monde parfait, cette terre promise qu'on lui avait vendue, cette île dite tranquille et sans soucis, ce n'était pas vrai. Ca ne pourrait jamais être vrai. Parce qu'il y aurait toujours un homme pour répandre le mal.
Puis le mal, c'était tellement vaste, qu'on ne pourrait jamais l'éradiquer totalement.

Le bruit de la pluie s'écrasant sur le sol rythmait tristement ses pensées. Une goutte, une image. Une goutte, une odeur. Une goutte, une sensation. Une goutte, un sentiment. Ca en devenait épuisant. L'air semblait de plus en plus lourd, et de plus en plus moite. Il était à l'intérieur pourtant, il se sentait tout aussi fragile que s'il était à l'extérieur. Il n'aimerait ne plus subir tout ça. Il n'aimerait ne plus penser à tout ça.
Mais c'était impossible pour quelqu'un comme lui qui vivait dans le passé.

Ce soir, cette crainte qui l'animait était encore plus forte que d'habitude. Et comme à chaque fois, quand il regardait dehors, chaque ombre lui paraissait suspicieuse. Chaque ombre lui semblait même de plus en plus noire au fil du temps qui s'écoulait. S'il les fixait trop longuement, elles se mettaient à danser. S'il ne les fixait pas assez, il pourrait en manquer une, et cela pourrait lui être fatal. Et cette ombre qu'il louperait pourrait abriter un homme. Elle pourrait masquer les pensées malsaines de ce dernier. Et il pourrait l'emmener. L'attaquer. L'isoler. Encore.

Ce fut là qu'il entendit ce bruit, et qu'il reporta son attention ailleurs. Ce fut bien évidemment à ce moment précis que la jeune femme entra dans le restaurant. Et il la regardait, l'écoutait, tenant fermement son balai. Parce qu'il n'y avait rien d'autre près de lui qui pourrait le défendre. Elle paraissait craintive, fragile elle aussi, mais il savait que ce n'était que des apparences. Du moins, il voulait pas vérifier si c'était le cas ou non, et préférait voir en elle un potentiel danger.
Automatiquement, il fit un pas en arrière quand il en fit un avant, gardant la même distance entre eux. Il ne pouvait pas la laisser s'approcher. Elle l'était déjà bien assez.
C'était à se demander comment il faisait face aux clients... Mais la journée, c'était différent. Quand il y avait du monde dans le restaurant, et ses collègues autour, ce n'était pas pareil. Il gardait cette attitude professionnelle, même s'il avait peur, même s'il pensait qu'on lui voulait du mal, il souriait. Il masquait tout. Absolument tout. Mais ce tout débordait quand il se retrouvait seul dans une situation qui lui tétanisait. On le traiterait peut-être d'abruti pour avoir peur d'une personne plus petite que lui, ou d'avoir tout simplement peur pour rien, mais c'était dans sa nature.
Il eut un léger mouvement d'épaules. En soit, il n'était pas spécialement tard. Pour lui, oui. Il faisait déjà trop nuit dehors. Et avec la pluie, cela n'arrangeait rien. Le paysage paraissait encore plus flou, et plus obscure.

Une nouvelle fois, il recula, un peu plus discrètement cette fois alors qu'elle s'avançait. C'était un réflexe, et il n'y arrivait pas à s'en empêcher. Il inclina légèrement sa tête en guise de politesse à la mention de son nom. Au moins maintenant il saurait qui accuser si jamais. Il valait mieux prévoir, pas vrai ?
Sa mâchoire se serra un instant, ses doigts faisant de même sur le manche de ce pauvre balai alors qu'il lui demandait son identité. Pouvait-il lui dire ? Pouvait-il dire son nom sans rien risquer ? Probablement que non.

« Callahan Jun », finit-il tout de même par avouer.

Un fin sourire répondit au sien et il hocha la tête. Un thé. Super. En plus elle voulait boire un truc. Il allait devoir rester avec elle. Pas longtemps il espérait. Il n'était pas spécialement pressé, mais il n'était pas spécialement heureux d'être bloqué ici avec une inconnue.
Il lâcha lentement son balai, le posant doucement contre le mur, avant de s'en décaler lentement. Il veilla tout de même à garder un certain éloignement entre eux tandis que ses prunelles se posaient sur son visage. Un léger « Ah » s'échappa de ses lèvres, son regard déviant immédiatement sur les vitres et la pluie. « Je comprends » On pouvait même dire que c'était un peu son cas aussi. Mais elle n'avait pas besoin de le savoir.

« Je vais vous préparer un thé », lui dit-il en lui montrant une table un peu plus loin, « Installez-vous »

Et il n'attendit pas de savoir si elle était assise ou non qu'il fila rapidement dans la cuisine. Pourquoi lui avait-il proposé de boire quelque chose ? Etait-il stupide à ce point ? Cherchait-il les problèmes ? Il voulait juste rentrer. Mais en même temps, ce serait donner une mauvaise image au restaurant de ne pas proposer de boisson à une cliente. Boisson qu'il commença à préparer.
Parce que oui, elle était une cliente. L'heure de fermeture n'était pas encore dépassée, de ce fait, il ne pouvait pas lui demander de partir. Son sang se glaça soudainement, arrêtant quelques instants les battements de son organe vital. Une minute. Elle était entrée. Il avait donc oublié de fermer la porte de devant à clé avant de commencer à ranger... Il ne réfléchit pas plus longtemps et se précipita vers la porte arrière. Verrouillée. Un faible soupir de soulagement quitta ses lèvres. Au moins celle-ci était close. N'empêche qu'il avait oublié celle de devant. Il fit de son mieux pour ne pas trop y penser – ce serait vraiment bête de se taper une crise d'angoisse maintenant – mais ses pensées étaient focalisées là-dessus. Il fermait toujours les portes. Question de sécurité. Et ce soir, il avait oublié. Il était pratiquement sûr que c'était à cause de la pluie, parce qu'elle l'avait déconcentré. Il était encore plus perturbé que d'habitude depuis qu'elle s'abattait sur la ville.

Versant l'eau dans une tasse, il remarqua que ses mains trembler. Un léger grognement ronronna dans sa gorge pendant qu'il comprimait ses doigts contre ses paumes. Mais rien à faire, elles tremblaient toujours. Il soupira alors, attrapant la tasse et quitta la cuisine, veillant à ne rien renverser. En quelques enjambées, il se retrouva à la table qu'il avait indiqué. Il y posa immédiatement la boisson, avant de se reculer quelque peu, glissant ses mains dans ses poches pour masquer les tremblements qui étaient toujours présents.

« N'hésitez pas, si vous avez encore besoin de quelque chose », se mit-il à dire. Déformation professionnelle. Obligation, surtout. Parce que franchement, il n''avait pas envie qu'elle reste plus longtemps. « Vous feriez mieux de lui demander son emploi du temps d'ailleurs », dit-il ensuite, « A Roy », il n'achetait pas vraiment l'excuse de la surprise. Il n'y voyait qu'un gros mensonge. Mais elle avait au moins le mérite de lui avoir cité une personne travaillait réellement ici. Elle s'était renseignée avant de venir ? Elle avait prévu son cou, alors. C'était encore plus louche qu'il ne l'aurait cru.

Il resta silencieux à nouveau. En plus de ne plus bouger. Il restait là, le regard perdu dans les gouttes de pluie qui frappait le sol, l'air désespéré, et apeuré. Les mêmes images se mirent à défiler devant ses yeux, lui arrachant un souffle court et rapide. L'une de ses mains quitta alors sa poche, se posant nerveusement sur son visage, glissant brièvement dans ses cheveux. Son torse se souleva, et un souffle long s'extirpa bruyamment de sa bouche.

Un coup de tonnerre puissant retentit soudainement le faisant sursauter et reculer alors qu'un son surpris quittait ses lèvres. Et comme une mauvaise surprise ne venait jamais seule, le courant se coupa juste après, les plongeant dans le noir complet.
Son cœur rata un battement, ses poumons manquèrent un souffle et son corps se raidit entièrement.
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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Mer 26 Oct - 20:10

 
Will you be my flashlight?
Jun & Akane

Akane fixait le jeune homme – qui maintenant une distance prudente entre eux, fait pour lequel elle ne pourrait jamais le remercier assez, c’était vraiment agréable, pour une fois, de ne pas se sentir prise au piège. Bon, ça ne calmait pas le rythme infernal de sa pompe à sang ou les flots de vieux souvenirs douloureux… mais ça lui permettait de ne pas sombrer dans la panique et honnêtement, c’était tout un luxe. Elle n’avait pas fait un pas de plus, ne souhaitant pas rompre cette petite magie de sécurité qui était en train de s’opérer entre les deux plus grands paranos de l’île. Elle n’avait d’ailleurs pas fait de commencer moqueur sur le délai qu’il avait pris pour répondre, ou pour sa palpable hésitation à divulguer son identité. Non. Après tout, n’avait-elle pas eu le même réflexe? Ce type… c’était un peu comme avoir passé sa vie à être le dernier membre d’une espèce éteinte pour finalement réaliser que non, il existe des gens aussi barges que vous!  Callahan Jun … elle l’aimait bien – enfin, autant qu’elle pouvait se faire une opinion de lui en quelques minutes… et elle était même allée jusqu’à lui adresser un petit sourire reconnaissant lorsqu’il s’était présenté. Deux possibilités s’ouvraient à elle, soit c’était un chic type membre de la tribu des paranos et, avant longtemps, ils pourraient danser autour d’un feu et sacrifier une chèvre à la lune pour célébrer leur rencontre, ou deux, c’était un manique, un dégénéré de la pire espèce et son air réservé n’était qu’une façon de gagner sa confiance pour mieux l’empoisonner et disposer de son corps dans le hachoir à viande…

Vous devinerez facilement que, craintive comme elle était, et malgré toute sa bonne volonté, notre bridée n’arrivait pas parfaitement à chasser la possibilité du hachoir à viande. Zut. Son esprit passait sans arrêt aux scénarios catastrophes et, c’est en le regardant s’éloigner qu’elle entreprit de se calmer. Une respiration, une autre, il avait beau être grand et avoir un manche à balais, il ne voulait pas forcément la battre avec… non? Elle s’était approchée de la table désignée et s’était mise à observer le restaurant en tentant de se calmer, n’osant pas s’assoir, ça rendrait la fuite plus ardue... Tout irait bien… et en cas de soucis, elle avait posé sa main sur le couteau à beurre, une arme toute désignée en cas d’attaque… Idiote. Certains auraient pu penser que c’était facile, de réaliser qu’on déraille, que la peur vous prend les entrailles et que votre esprit ne pense plus logiquement… mais non. Il lui fallait tout son courage pour ne pas superposer au bienveillant serveur, qui venait de lui offrir un thé, les visages plus redoutés de ses cauchemars de jeunesse. Déterminée à retrouver un semblant de calme, elle s’était mise à déambuler, à retourner vers la porte, l’orage était plus violent que jamais… Combien de films d’horreur avait-elle vu qui commençaient ainsi hein? Elle pesait le pour et le contre d’une fuite sous la pluie, alors que le jeune homme revint vers elle, tasse de thé à la main.

Encore heureux qu’elle l’ait vu approcher, parce qu’elle avait fait un sursaut, un grand, tentant de dissimuler son malaise derrière un sourire. Pourquoi était-ce si difficile hein? Normalement, elle les manipulait les hommes, elle les pliait à sa volonté. Oui…sauf que normalement, elle avait des mois de pratique, pas l’improvisions du moment.  Un nouveau regard vers la fenêtre, décidément, elle pondérait ses chances de survie sous la pluie, lorsque son hôte ouvrit à nouveau la bouche….. pour lui parler de son crétin de fiancé. De peine et de misère, elle retrouva un sourire presque attendri – elle voulait jouer les fiancée éperdument amoureuse après tout – n’était-ce pas ce qu’elle devait être? « Je devrais oui… » oh cet air de chat botté, cette mine repentante, tu nous aurais presque petite fourbe! « J’ai tellement peur de le déranger… on est fiancés mais... on ne reste pas encore ensemble... et je ne veux pas l'envahir... » Pourquoi elle disait ça hein? Oh… bah si elle pouvait se ramasser la sympathie de ce parfait inconnu, ça serait déjà un grand pas… et puis, embêter Roy était de loin un excellent passe-temps pour chasser ses angoisses…

Une brève seconde. Elle venait enfin de prendre place, posant ses mains de chaque côté de la tasse brûlante pour savourer la chaleur diffuse, lorsqu’un bruyant coup de vent la fit sursauter. La pluie, les éclairs, tout la ramenait à des souvenirs terribles, et, comme pour la punir d’avoir innocenté le serveur trop rapidement, voilà qu’en une fraction de seconde, le restaurant était plongé dans le noir le plus béant. Son cœur ne fit qu’un bond, et elle aussi d’ailleurs. En moins de deux, ses réflexes d’animal traqué avaient refaits surface et elle s’était levée, brusquement, heurtant sa tasse qui finit son chemin sur le sol – probablement en mille morceaux. « KYA!. »  Un cri, un seul, celui qui témoignait de la douleur de recevoir du thé brûlant sur elle, après tout, la chute avait éclaboussé. Sa pompe à sang s’était affolée alors que ses yeux cherchaient autour, sans arriver à discerner la moindre chose dans la pénombre. Ça y était, elle allait crever!

« … Monsieur? »  Oh, oui, bonne idée, appeler ton meurtrier, fabuleux! Bah, elle préférait de loin donner son emplacement plutôt que de demeurer là, raide, le cœur à la dérive, sans savoir quoi faire. Akane avait serré ses poing forts, très fort, pour en contrôler le tremblement. Oh comme elle aurait tout donné pour se coltiner Roy en ce moment, même ses répliques cinglantes lui manquaient presque. Ses doigts moites s’étaient resserrés sur le couteau à beure alors qu’elle faisait un pas vers le dernier emplacement connu du jeune homme. « … Callahan Jun? … Si c’est un moyen pour tuer vos victimes, j’vous préviens, je sur armée! » … et nullement dangereuse, mais aucun besoin de lui dire, ça. « Allez, c’est plus drôle! La lumière! » Elle avait fait un pas, puis un autre, dans un silence buté. Elle pouvait sentir son cœur battre, si fort, que le sang lui martelait les tempes. Elle allait crever, ici, maintenant, et elle le méritait, aux vues de toutes les conneries faites dans sa vie… oui, elle allait y rester, morte assassinée par un homme de sous métier. Maudit Roy et sa passion pour les emplois minables! C’est plein de fureur, les mains devant elle pour avancer à tâtons, que son dernier pas la conduit…en pleine collusion avec l’autre occupant des lieux. Si le fait de se retrouver à palper un torse masculin sans l’avoir voulu la raidit d’horreur, le comble de l’humiliation fut le prochain coup de tonnerre qui, contre toute attente, suffit à la faire sursauter assez pour que son premier réflexe fut de nouer ses bras autour de l’inconnu en lâchant un : « AAAAAH. » puis, lorsqu’il ne resta aucun autre son que le sifflement menaçant de la pluie, toujours cramponnée à sa peluche humaine, elle couina un : « Appelles les Ghostbusters! »


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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Dim 30 Oct - 0:06


Akane & Jun
will you be my flashlight ?




Il ne cessait de se dire qu'elle n'avait pas besoin de savoir son nom. Elle n'avait pas besoin de savoir qui il était. Ce qu'il faisait. Elle n'avait pas besoin de connaître son  histoire. Son nom indiquait-il toute son histoire ? Rien que ça lui racontait-il tout ce qu'il avait vécu ? Non, certainement que non. Mais Jun était un idiot. Parano, plutôt. Il ne se rendait pas compte qu'avouer son nom n'était pas quelque chose de grave, en soit. Se présenter était même une chose normale, et polie. Surtout que la jeune femme avait décliné son identité. Etait-ce la vraie, d'ailleurs ? Il était sans doute plus prudent de se méfier. Donner un faux nom était tellement plus facile que de donner le vrai. Il aurait pu faire ça, d'ailleurs. Il aurait pu s'inventer un nom, une identité, une vie. Alors pourquoi ne l'avait-il pas fait ? Pourquoi avoir décliné son identité ?
C'était sans doute pour ça, qu'on s'en était pris à lui par le passé. Parce qu'il était un peu idiot. Parce qu'au fond, il avouait sans trop de résistance de détails comme celui-ci. C'était idiot, car dire son nom ne faisait pas de lui une future victime... pour les personnes normales. Jun ne l'était pas. Il avait peur. Constamment. Tous les jours et toutes les nuits. Il ne pouvait même pas dire qu'il n'avait pas peur lorsqu'il dormait, c'était faux. Même là, ses souvenirs venaient le hanter et l'effrayer. Il ne passait pas un instant sans s'assurer que personne n'était dans son dos, sans vérifier que personne ne menaçait sa vie. Il ne passait une journée sans qu'il ne laisse son passé le rattraper. Sans qu'il ne laisse ses démons le dévorer.
Cela faisait plusieurs années, et pourtant, à chaque fois, il jurerait que tout s'était passé la veille. Parce qu'il se souvenait un peu trop bien de tout. De chaque détail, de chaque odeur, de chaque couleur. Il se souvenait de chaque sensation et de cette peur constante qui grandissait dans le fond de son estomac. De cette solitude glaçante qui secouait son âme. Il était même encore capable de décrire le visage de son agresseur. Ce visage qu'il revoyait souvent. Tout comme ses souvenirs, il venait lui pourrir la vie, que ce soit en pleine journée, ou pleine nuit. Il était là. Il se cachait, dans une ombre, derrière un mur, au bout d'une rue. Mais il était présent. Parfois même derrière lui.
Et c'était à cause de cet homme qu'aujourd'hui ne pouvait plus faire confiance à personne. Il était la raison pour laquelle il se méfiait de tout, et de tous. C'était par sa faute qu'il doutait de ce qu'on lui disait. Qu'il n'arrivait pas à se sortir la tête de l'eau. Qu'il se noyait continuellement dans ce trou sans fin. Qu'il ne voyait que le mal en chaque personne.
La jeune femme devant lui n'y échappait pas. Il voyait en elle un danger. Son air effrayé lui donnait un statut de prédateur encore plus terrifiant. Sans doute qu'elle savait jouer des émotions, qu'elle savait faire apparaître sur son visage tout ce qu'elle voulait, afin d'obtenir tout ce qu'elle désirait. Elle semblait inoffensive, elle semblait être en détresse, tout comme lui, mais il n'arrivait pas à s'enlever cette idée que tout ça n'était peut-être qu'un jeu pour elle. Qu'elle se moquait ouvertement de lui, de ses faiblesses et de ses craintes et qu'elle en jouait. Qu'elle manipulait le tout pour en trouver un avantage.
Car elle était comme les autres, et elle aussi cachait de sombres secrets. Il ne voulait pas être celui qui en pâtirait. Il ne voulait pas être celui qui subirait sa cruauté. Il avait déjà assez donné.

C'était pour cela qu'il souriait généralement. Pour qu'on ne voit pas l'enfant effrayé et blessé au fond de lui. Parce que c'était ce qu'il était encore. Un enfant. Ou plutôt, un adolescent. Sa vie s'était arrêtée ce jour-là. Sa vie s'était arrêtée à ses 14 ans. Plusieurs années s'étaient écoulées, bien sûr, mais lui était toujours coincé à ce moment-là de sa vie. Chaque image pesait toujours un peu plus lourd sur ses épaules au fur et à mesure du temps qu'il passait. Chaque image, chaque peur, chaque illusion, s'ancrait toujours un peu plus dans son esprit. Il ne pourrait jamais s'en défaire.
Si le but de cet avait été de gâcher sa vie, il avait réussi.

« Vous êtes fiancés », répéta-t-il doucement, ses sourcils à peine haussés. Roy ne lui avait rien dit... mais en même temps ce n'était pas quelque chose que l'on racontait à tort et à travers. Non ? Il ne savait pas réellement. Et puis de toute façon, il ne connaissait pas vraiment Roy non plus. Il ne connaissait rien de lui, ni de sa vie. Il était simplement un collègue, ni plus ni moins. Il était aussi ce type bizarre qui jouait avec des louches... Il était totalement inconscient de lui parler, en fait. La description ne faisait pas vraiment envie... C'en était même effrayant. Il semblait gentil, néanmoins – mais encore une fois, Jun se méfiait toujours de l'apparence. Ce n'était pas parce qu'il avait l'air, qu'il l'était.

« Oh. D'accord », qu'il lâcha dans un mouvement d'épaules. « Mais je pense pas que vous l'auriez dérangé », et ça te servait à quoi de la réconforter en lui disant ça, hein ? A rien. « Je suis sûr qu'il aurait été ravi », bien sûr, enfonce-toi, personne dira rien – mais il devait avouer que cette mine qu'elle avait au visage lui faisait presque un peu de peine.

Cela dit, si elle comptait revenir un jour, c'était mieux qu'elle pense ne pas déranger Roy – même si c'était le cas il n'en savait strictement rien. Ca voulait dire qu'il ne serait pas coincé avec elle dans la grande salle principale du restaurant, à quelques minutes de la fermeture. A une heure aussi tardive. Par un temps pluvieux.
Etait-il être réellement malchanceux à ce point ?
Apparemment, le destin décida de lui prouver que sa situation pouvait être pire encore. En les plongeant dans le noir. Super. Il avait peur déjà de mourir avant, mais maintenant, c'était encore pire. Il se voyait déjà rendre son dernier souffle. Et c'était cette femme qui allait le trancher. Bonté divine, la lumière ne pouvait-elle pas revenir !?

Un nouveau sursaut fit reculer son corps en entendant la jeune femme crier. Il déglutit difficilement, tournant le visage vers l'endroit où elle se trouvait quelques secondes plus tôt. Y était-elle encore ? Etait-ce un leurre ? Avait-elle fait exprès d'attirer son attention de ce côté alors qu'elle venait de l'autre ?
Sa respiration se fit de plus en plus rapide et sèche, son cœur tambourinant de plus en plus fortement sous sa peau. Ses prunelles tentaient de trouver une solution mais il ne tombait que sur des ombres, encore et encore. Sa tête commençait à tourner alors qu'il ne voyait que ça et ne semblait pas réussir à s'en défaire. Il cherchait une source de lumière, pour se rassurer et s'y diriger mais c'était peine perdue.
A l'interpellation de la jeune femme, il dévia son regard, se décalant quelque peu alors qu'il secouait vivement la tête de gauche à droite – comment ça non ? T'aurais préféré qu'elle t'appelle Madame ?
Il se mordit violemment la lèvre, serrant les poings et espérait fortement que le courant revienne. Il pourrait profiter de la pénombre pour s'enfuir, pour quitter le restaurant et la laisser se débrouiller seule avec son thé, son Roy et il ne savait plus quoi d'autre. Il pourrait oui, mais il en était incapable. Parce que son corps refusait catégoriquement de bouger. Et de toute façon vers où pouvait-il aller ? Il n'y avait que du noir autour de lui.
Un son surpris ronronna dans sa gorge, ses yeux s'écarquillant alors qu'elle l'appela. Oh bon sang... c'était angoissant. Tellement que les pulsations de son organe vital devenaient douloureuses. Tellement que sa respiration sifflait plus qu'autre chose. Et que... quoi ? Un moyen pour tuer ses victimes ? C'était elle la tueuse, pas lui. Un faible « Pas moi » réussit à s'échapper de ses bouches, son corps tremblant légèrement alors que non, il n'était pas armé. Il ne savait même plus où était le balai.

« Je... », tenta-t-il d'une voix mal assurée, « J'ai rien fait »

Etait-ce lui ou le son de la pluie était encore plus fort maintenant que la lumière était éteinte ? Prestament, son regard se leva vers les vitres, y cherchant une issue de secours alors qu'il tentait de repérer la porte. S'il visait bien... Il n'eut pas vraiment le temps de calculer son trajet que quelqu'un se mit à le toucher. A nouveau, il sursauta, tentant de balayer ses mains loin de son corps pour finalement se retrouver avec un corps contre le sien après un nouveau coup de tonnerre. Il lâcha un « Ne me touchez pas » suppliant alors qu'il tentait de l'écarter du mieux qu'il le pouvait.
Il ne savait pas par quoi il devait être le plus apeuré actuellement. Il y avait tellement de choses qui l'effrayait et le paralysait qu'il commençait à avoir le tournis. Son cœur battait tellement puissamment qu'il créa un puissant mal de tête sous son crâne tandis que son torse se levait avec difficulté à chaque inspiration qu'il prenait. Il allait mourir. Comme ça ? Il avait survécu à plus de deux années enfermé dans une pièce et il allait mourir sur son lieu de travail. Ca résumait bien la tristesse et l'ironie de sa vie.
Il ne comprenait même pas ce qu'elle racontait...

« Lâchez-moi », qu'il lâcha rapidement, gardant les lèvres faiblement entrouvertes pour tenter de récupérer le minimum d'air, « Lâchez-moi », lui demanda-t-il une nouvelle fois, la voix plus faible que précédemment, presque inaudible.

Il avait besoin d'air. Vraiment besoin d'air. Il n'arrivait plus à trouver son souffle. Son torse se levait et s'abaissait de plus en plus vite à un point que ça lui faisait mal. Son cœur ne cessait de cogner avec hargne sous sa peau, lui donnant un peu plus le tournis, et la nausée.
Il n'arrivait même plus à penser. Ses yeux vaquaient partout dans la salle et le noir qu'il y trouvait le faisait de plus en plus paniquer. Le moindre son qui parvenait à ses oreilles le faisait trembler – alors qu'il ne s'agissait probablement que du bruit de sa propre respiration.
Après un long moment d'hésitation, il plaqua doucement ses mains sur les épaules de la jeune femme, l'incitant à reculer et à lâcher son emprise. Et il maintenait ses bras droits devant lui, tentant d'oublier le fait qu'ils tremblaient comme pas possible.
Dans une grimace apeurée, comme un animal pris au piège, il se dégagea, reculant rapidement de quelques pas pour se retrouver dos contre le mur.

« Ne vous approchez plus », lui dit-il en se laissant glisser le long du mur.

Ses mains se posèrent un instant sur son visage, effaçant brutalement quelques larmes qui coulaient. Bon sang... Il avait de plus en plus de mal à reprendre son souffle et à calmer les tremblements de son cœur et de son corps. Dans un élan de lucidité, il attrapa son téléphone du bout des doigts, l'extirpant rapidement de sa poche avant d'éclairer la pièce devant lui. Le rayon de lumière se projetant sur le sol tremblait et il tenait pourtant l'appareil de ses deux mains.

« On va... », commença-t-il, essoufflé, en tentant de se relever mais resta sur le sol en remarquant qu'il ne parvenait pas, « Les plombs » et il tourna son téléphone vers le long couloir sombre qui s'étendait devant eux. Une grimace froissa les traits de son visage, un bruit hésitant et apeuré mourant contre ses lèvres. Il n'avait pas le choix de toute façon. Il devait faire quelque chose.
Mais avant, il devait juste reprendre un semblant de respiration. Parce que de toute façon, pour le moment, il n'arriverait pas à bouger.

Ses mains tournèrent l'appareil, éclairant l'endroit où se tenait la jeune femme. Et c'était plus pour lui qu'il le faisait que pour elle. C'était pour s'assurer qu'elle ne vienne pas vers lui pour l'attaquer.

« On ira remettre le courant », déclara-t-il en une fois d'une voix chancelante. Hors de question qu'il la laisse seule ici et qu'il parte. Parce qu'elle pouvait la suivre et l'attaquer. Hors de question qu'il parte seul, au cas où on l'attaquait.
Il était effrayé et totalement paniqué, mais il n'était pas idiot – presque pas idiot.
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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Dim 30 Oct - 22:55

 
Will you be my flashlight?
Jun & Akane

Et dire qu’elle lui avait presque fait confiance, qu’elle s’était dit qu’avec ses airs d’animal en panique, il ne pouvait pas être bien dangereux… et voilà qu’il volait la lumière et les plongeait dans ne obscurité infâme, brisée par nulle autre que le son de la pluie. Il ne manquait qu’un clown et elle se serait crue en plein cauchemar! Elle aurait dû se méfier, c’est toujours les plus inoffensifs qui vous sautent dessus et font des lampes avec votre peau! Ou pire… des combinaisons en cuir humain… Oui, elle avait passé trop de temps en tête à tête avec Hannibal dernièrement, merci de vous en inquiéter. Son sang s’était littéralement figé dans ses veines, comme s’il lui passait le message de ‘’merci, mais non merci, si tu décides d’aller bêtement te faire tuer, je refuse de coopérer, je refuse même de participer, alors tu vas crever sur place, maintenant, parce que je suis rabat-joie comme ça’’… Maudit flot sanguin! Pétrifiée, elle avait envisagée tous les scénarios possibles dans lesquels il la tuait et disposait de son corps, il était grand, il était surement fort, il ne laisserait aucune trace…Et puis, personne ne la pleurerait de toute façon, elle ne devait pas se faire d’idée. Elle n’avait pas de famille. Nana était vaguement une amie, si elle disparaissait, elle serait trop occupée à tenir à bout de bras les loques de son mariage pour la chercher. Non, elle allait crever, ici, toute seule, dans un restaurant, une mort minable, indigne d’elle! Elle était trop jeune, trop belle pour partir ainsi…

N’écoutant que son courage, elle avait entamé une partie solitaire de Jun Polo, tendant les bras devant elle en quête du jeune serveur. Il fallait le trouver, si elle pouvait deviner ou il était, elle risquait moins d’être surprise. Si elle le gardait à l’œil, elle aurait peut-être une chance de le frapper à coup de couteau à beure et de sauver sa peau! Pour l’amour de dieu pourquoi n’avait-elle pas amené son vaporisateur au poivre hein? Ou sa lampe de poche de police avec laquelle elle pouvait assommer quelqu’un! Elle avait tous ses gadgets à domicile, chez elle, mais bêtement, elle affrontait le vrai monde avec absolument rien! Elle méritait de crever. Akane se revoyait marcher dans son appartement, toute jeune, il faisait toujours sombre, et ça sentait toujours le tabac, c’était horrible… et il semblait toujours y avoir des moments horribles, comme celui-ci, ou elle était morte de peur, ou des inconnus l’approchaient un peu trop et où elle ne pouvait que fermer les yeux pour ne pas voir la suite. Son père arrivait généralement au bon moment, avant que ça déraille… Pour mieux la rouer de coups. Elle avait dégluti. Personne ne viendrait la sauver ce soir, il n’y avait qu’elle et cette furieuse vague d’adrénaline… entre ça et la crise de panique… Elle avait avancé vers le pauvre serveur et, prise de panique, se retrouva cramponnée à lui comme un chat devant un bassin d’eau glacée.

Décidément… Ils étaient deux cons. Réalisant la proximité – qu’elle avait elle-même initiée, elle s’était crispée, sentant ses poumons cesser de coopérer et son souffle se coincer dans sa gorge, elle était terrorisée, tout bonnement, pétrifiée! …. Jusqu’à ce qu’elle sente sa pauvre victime trembler dans son étreinte un peu forcée. Quelque part dans le nuage de terreur qu’était son esprit, elle enregistra cet élément et, sous la supplication, sous sa voix absolument apeurée, elle daigna le relâcher en couinant un  « Désolée…  » alors qu’il apposait ses mains sur ses épaules, à elle, en la repoussant. Ce simple contact lui tira un frisson d’horreur bien distinctif alors qu’elle faisait un pas de plus en arrière, mordant dans sa lèvre inférieure pour ne pas gémir de peur. Elle n’aimait pas qu’on la touche. Jamais, et surtout pas dans prévenir. L’instant l’après, elle serait ses propres épaules en tremblant, tentant de regagner son calmer, tentant de donner à sa respiration un semblant de normal pour ne pas s’évanouir. Il faisait noir, elle était avec un inconnu, il pleuvait… la suite, elle la connaissait par cœur, et il n’y aurait pas assez de distance entre eux pour lui faire oublier ce que d’autres avant lui avait faits en pareilles circonstances. Elle vivait un mauvais rêve… quoi qu’elle fasse, son souffle restait coincé, elle peinait à respirer, alors fuir…

Elle était faible… elle était tellement faible, les larmes lui étaient montées aux yeux, elle se sentait impuissante, comme une gamine, comme une idiote petite loque humaine tout juste bonne à encaisser. Akane avait serré les poings alors qu’enfin, tel un sauveur, il avait trouvé son cellulaire pour faire, ne serait-ce qu’un peu de lumière dans cette obscurité. Ses iris s’étaient posées sur le visage du serveur… qui semblait tout aussi secoué qu’elle. Vraiment. Et en une fraction de seconde, elle l’appréciait à nouveau. Une vague de soulagement venait de la frapper. C’était comme si, en voyant sa tête, elle avait compris qu’ils étaient dans le même camp, qu’il était aussi brisé qu’elle et, surtout, qu’il ne lui ferait pas de mal. Elle dégluti péniblement.

« … Oui… ok… le courant.  »  Sa langue avait visiblement décidé de coopérer, et la distance entre eux aidaient. Suivant son exemple, elle avait extirpé son téléphone et s’était mis à éclairer la pièce, un peu plus. Le vent était encore d’une violence rare, et la pluie… maudite pluie. Mais son compagnon de tourments ne semblait pas si effrayant… Akane avait regardé Jun, puis les fenêtres, et finalement la porte par laquelle elle était entrée et, elle s’en était approchée en s’aidant de son cellulaire, soudainement fonctionnelle. « Bouges pas. Je vais la verrouiller. Manquerais plus qu’un maniaque entre et nous tue tous…  » … T’as le don d’être rassurante… Elle avait fait quelque pas et, en s’aidant de sa piètre source de lumière, elle avait fermé les verrous. Non sans les vérifier une bonne dizaine de fois. Elle le faisait toujours…  « C’est bon…  » elle avait fait quelques pas vers le jeune homme, gardant un bon bras de distance entre eux, en se saisissant d’une fourchette sur la table à sa droite – la majorité des couverts avaient disparu compte tenu de l’heure tardive de son arrivée, elle avait ajouté. « Je te suit. J’assure tes arrières!  » puis, hésitant un moment, elle s’était approché un peu, puis, elle avait fouillé dans sa poche et en avait extirpé le couteau à beurre dont la lame brillant sous la lumière du portable. Elle lui avait tendu par le manche. « Prends le. …. T’es notre seul espoir Callahan Jun.    » . Lui donner l’arme? T’es malade! ………. Ça ou, pour la première fois en dix ans, elle avait décidé de faire confiance à quelqu’un…  


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MessageSujet: Re: Will you be my flashlight? ft. Jun   Sam 5 Nov - 12:28


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will you be my flashlight ?




La vie avait toujours cette drôle de façon de lui faire comprendre qu'il était le plus souvent au mauvais endroit, au mauvais moment. Pourquoi toutes ces choses lui arriveraient sinon hein ? Il devait porter la malchance avec lui en plus de la peur. Ou alors c'était une façon détournée du destin de lui faire savoir qu'il allait mourir jeune. Et certainement tué par cette jeune femme.
S'il survivait, il ferait son nécessaire pour ne plus devoir s'occuper de la fermeture pendant quelques jours. Il commençait très sincèrement à en avoir assez de tout ça. Il était seul dans cette grande salle avec une inconnue et il était pratiquement sûr qu'elle allait le tuer. Maintenant ou plus tard, mais elle le ferait. Elle allait lui faire du mal et il souffrirait. Encore. Il souffrait déjà. Rien que de la savoir là le perturbait et le paniquait. Rien que de la savoir près de lui lui bloquait la respiration et arrêtait les battements de son cœur quelques instants. Et il s'imaginait le pire en sentant ses bras autour de son propre corps. Il n'aimait pas ce genre de contacts trop soudains et qui sortaient de nulle part. Il lui fallait un petit temps d'adaptation, ou il fallait le prévenir au moins une heure à l'avance. Tout ça pour dire qu'il paniquait encore plus ainsi. Les bras d'Akane semblait coincer ses poumons et l'empêchait d'inspirer assez de souffle pour survivre. Il suffoquait, tremblait et n'arrivait pas à se concentrer. Il voulait juste qu'elle s'éloigne, qu'elle s'en aille et qu'elle le laisse tranquille. Pourquoi restait-elle ici hein ? Pourquoi ne s'en allait-elle pas ? Elle le pouvait, maintenant. Elle pouvait sortir, partir et rentrer. Elle pouvait quitter le restaurant et retrouver Roy et le laisser seul. Cette perspective ne le rassurait pas tellement non plus en soit mais il se disait que c'était peut-être plus sûr que de se retrouver coincé ici avec elle. Le son de la pluie ne l'aidait pas non plus à y voir clair et il ne cessait de revoir et ressentir la même chose. Les événements de son passé hantaient tellement son esprit qu'il avait presque l'impression de tout revivre à l'heure actuelle. Akane n'était plus là. Elle avait été remplacée par un homme. Par cet homme qui l'avait emmené loin de chez lui. Par cet homme qui l'avait gardé enfermé. Et qui allait probablement encore l'emmener avec lui ce soir. Qui allait le refaire subir ses idées étranges voir malsaines en le gardant dans une pièce. Allait-on partir à sa recherche cette fois ? Allait-on tenter de le retrouver plus tôt que la première fois ?
Allait-il enfin arrêter de souffrir ? Cet homme allait-il être clément, aujourd'hui, et abréger ses souffrances ?
Il pensait comme s'il était un animal. Une pauvre bête blessée et désemparée, qui rampait sur le sol d'une large forêt pour tenter de trouver un refuge, mais qui devenait la proie de plus en plus de prédateurs au fur et à mesure qu'il avançait.

Et il considérait la jeune femme comme un prédateur. Il ne pouvait pas croire en ses airs apeurés. Elle lui faisait croire tout ça, mais ce n'était pas vrai. C'était pour mieux le piéger.
Ses pensées se mélangeaient tellement vite qu'il ne parvenait plus vraiment à distinguer le faux du vrai. Il savait juste qu'il avait besoin d'air. Air qu'il retrouva quelque peu en réussissant à la faire reculer. Et lui-même recula, pour instaurer une certaine distance entre eux. Son dos heurta le mur et il se laissa glisser sur le sol dans un souffle.
Malgré la panique qui s'insinuait de plus en plus dans ses veines, il eut la brillante idée de sortir son téléphone. Et il aurait dû y penser dès le noir s'était abattu sur eux. Il n'arrivait pas encore à calmer les tremblements de son corps et se pinçait les lèvres pour tenter de les contenir lorsqu'il aperçut la lumière être secouée sur le sol.

Il observait avec attention tout ce qu'elle faisait de son côté, comme s'il se préparait à l'éventualité qu'elle viendrait soudainement pour l'attaquer. Si c'était le cas, il voulait avoir le temps de fuir. Il cligna légèrement des paupières en la voyant s'éloigner vers la porte, suivant du regard la lumière de son téléphone.

« Hein ? », qu'il demanda dans un souffle paniqué. Quelqu'un allait rentrer ? Non. Elle venait de fermer la porte.
Une minute. Pourquoi elle venait de la verrouiller !? C'était pour mieux le coincer. Pour être sûr qu'il ne s'enfuit pas quand elle tenterait de le tuer ? Ô Grand Dieu, il aurait mieux fait d'appeler Tetsuo plutôt que d'éclairer la pièce. Il pourrait encore le faire d'ailleurs. Mais pour lui dire quoi ? Qu'une femme comptait certainement le trancher en pièces. Elle jetterait les restes de son corps dans la mer. Pour les requins. Et les bouts qu'elle avait coupé ? Elle en ferait quoi ? Elle les garderait ? Comme trophée. Les serial killer gardaient toujours des trophées.
C'était un peu triste de se dire qu'il finirait probablement en décoration de salon.

Le souffle toujours court, il parvint néanmoins à se lever en la voyant s'approcher une nouvelle fois. Et voilà, ça allait être la fin. Il allait mourir. Comme ça. Il aurait pas dû lui offrir un thé.
Il plissa les yeux dans un air fragilisé, s'attendant à ce qu'elle le... pique avec cette fourchette. Une fourchette ?

« Avec une fourchette ? », demanda-t-il, peu rassuré. Elle comptait le manger ou quoi ? « … T'es pas cannibale j'espère ? » qu'il ajouta d'une petite voix tremblante – c'était quoi cette question Jun !?

Il contempla d'un air perdu le couteau qu'elle lui tendait, et il déglutit doucement, se collant totalement au mur en avançant l'une de ses mains devant lui. Tué sur son lieu de travail, avec les couverts du restaurant... Ce serait un bien mauvais titre pour les journaux.
Eclairant soudainement le visage d'Akane, il la scruta de longues secondes avant d'avancer encore un peu sa main et d'attraper le couteau. Il le posa directement contre son torse et inspira profondément. Il tourna ensuite le visage et son portable vers le couloir qu'ils allaient devoir emprunter. Et là, une question trottait dans son esprit. La faisait-il passer avant ou après lui ? Le plus rassurant serait de l'avoir devant lui... mais si quelqu'un d'autre était là il serait le premier à se faire attraper – mourir pour un fou furieux ou une femme avec une fourchette son cœur balançait.

« On va y aller ensemble », côte à côte, main dans la main, en chantant une chanson pour se rassurer – ou pas. Il se décala doucement, reposant une nouvelle fois son téléphone vers elle avant de se décoller du mur et de commencer à avancer. La lumière de son portable se posa sur le sol devant lui et il prit un instant appui sur le comptoir en soufflant bruyamment. Il n'allait pas s'en remettre. Cette nuit était assurément la pire. Ses doigts lâchèrent le couteau, le laissant négligemment posé là sans qu'il ne se rende vraiment compte, et il commença à marcher dans le long couloir. « Tout va bien se passer hein ? » et pourquoi tu posais la question à celle qui allait probablement te tuer, hm ?

Poussant la porte, il lâcha un son effrayé tandis qu'elle grinçait un peu trop bruyamment. Il éclaira l'intérieur de la pièce, s'assurant qu'il n'y avait rien ni personne et entra, se dirigeant directement vers le tableau électrique. Pourquoi allaient-ils remettre le courant au juste ? Ils pouvaient très bien partir et tout laisser comme ça. Et alors qu'il ouvrait la petite porte du tableau électrique devant lui, une pensée traversa son esprit. Et si c'était fait exprès ? Si quelqu'un était là, caché, quelque part, et les attendait ? Si quelqu'un avait prévu tout ça ? Si c'était un piège pour les tuer ?

« T'as entendu ? », demanda-t-il soudainement en se tournant, éclairant une nouvelle fois la pièce derrière eux, « Tu crois qu'il y a quelqu'un ? », et sa voix était crispée dans une soudaine panique.

Il se rendit alors compte qu'il avait lui-même posé le couteau sur le comptoir un peu plus tôt. Il ne lui restait plus d'arme de défense – et il en avait accessoirement offert une à leur tueur. Il déposa alors brièvement son regard sur Akane à côté de lui. Elle avait peut-être encore sa fourchette avec elle... Il resta silencieux un instant, son corps tremblant légèrement alors qu'il murmurait un rassurant « C'est sûr, on va mourir »
luckyred.



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Will you be my flashlight? ft. Jun

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