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 I'm not weird, I promise • | ft. Kei

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Tôda Ichiro
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MessageSujet: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Sam 7 Oct - 12:59


"I'm not weird, I promise"
ft. Kei



Lorsqu’il avait fui pour Gensou, Ichiro n’avait jamais oublié les mots de son père ni ce dossier qui lui a glissé entre les mains, lui confiant une mission que seul lui pourrait réaliser. Peu importait ce qu’il avait pu faire, son géniteur avait toujours été de son côté, il ne l’avait jamais abandonné, il avait continué de le soutenir et de l’aimer. Il était chanceux de l’avoir et c’était vrai que ses parents lui manquaient énormément. Tout s’était fait si rapidement, le jeune homme n’avait eu le temps de réaliser qu’une fois les pieds posés sur la terre de Nikko. Soudainement, il s’était retrouvé seul, sans le moindre repère, sur un lieu inconnu. Mais, avec les années, il avait fini par s’y faire, par s’adapter à la vie qu’il menait ici bien que non, il ne pouvait pas non plus oublier son passé. Il en faisait souvent des cauchemars, se réveillant en sursaut avant de regarder ses mains et d’avoir la vision troublé, ne cessant de revoir tout ce sang qui coulait sur ses mains. Il avait tué quelqu’un. Il n’avait pas hésité, pas même un millième de seconde... Et surtout, il avait apprécié d’enclencher son doigt sur la gâchette et d’envoyer ce vaurien tout droit en enfer. C’était comme si à cet instant là, il n’était pas réellement lui-même, comme si quelqu’un d’autre s’était emparé de son être et avait assassiné cet homme. S’en aller l’avait aidé à fuir la prison néanmoins ça ne l’avait pas aidé à oublier. Bien sûr, ce n’était pas cet incident qui le ferait plonger, qui le ferait arrêter d’exercer et de punir tous les hors la loi cependant ça n’empêchait pas qu’à présent, lui aussi faisait partie de cette catégorie. Et non, ce n’était pas parce qu’il avait éteint la vie d’une ordure que ça l’exemptait de toutes représailles. Est-ce qu’il avait bien fait ? Est-ce qu’il avait mal agi ? Une partie de lui clamerait qu’il aurait du le faire bien avant, que s’il n’avait pas appuyé sur la détente, l’homme aurait encore mis à profit son statut pour continuer de violer des pauvres femmes sans défense et que de plus bel, personne ne dirait rien. Il n’avait fait que le punir, ce que la justice n’avait pas été capable de faire... Néanmoins, il y avait aussi ce petit côté de lui qui se disait que ça ne le rendait pas mieux que les criminels, qu’il aurait du se battre d’une autre manière et qu’infliger un tel châtiment à un individu ne faisait pas de lui un héro. Hors, certainement qu’au fond, ce n’était qu’une pensée raisonnable pour ne pas accepter ce qu’il songeait réellement, pour ne pas accepter le fait que peut-être il ne regrettait pas de l’avoir tué. N’était-ce pas cela qui le traumatisait au bout du compte ? Le fait que peu importait l’intensité de ses réflexions, il n’avait jamais éprouvé le moindre regret. Il avait tué quelqu’un sans remord... Donc non, il ne valait pas mieux que cet individu. Et ça, c’était terrifiant.

Donc non, même ici, il ne parvenait pas à oublier et il y avait ces moments où parfois, il se demandait si on viendrait le chercher pour l’enfermer derrière les barreaux. Lorsqu’on sonnait à sa porte par exemple, Ichiro ne comptait plus les fois où il s’était dit que sa vie était fini, que ça y était, on venait lui infliger sa sentence. Finalement, la plupart du temps, ce n’était toujours que le facteur qui lui livrait un coli. Comme quoi en effet, son côté idiot n’était pas que mensonge.
Toutefois, il ne s’arrêtait pas de vivre et respectait ce que son père lui avait demandé. Il y a plusieurs années en arrière, ce dernier avait envoyé un jeune homme sur l’île... Comme pour son propre fils, il lui avait proposé des faux papiers, une nouvelle identité de manière à ce qu’il se reconstruit et surtout qu’il soit en sécurité. Mais, il n’avait jamais cessé de s’en faire pour ce garçon donc si son enfant se rendait là-bas, il désirait que celui-ci continue de faire ce qu’il avait toujours fait : protéger les citoyens. Et principalement s’assurer que « Nishimura Kei », de son nouveau nom, soit en sécurité.

A son arrivée, le trouver n’avait pas été si compliqué et doué comme il était, il ne s’était jamais fait repérer. Sauf que le dicton populaire « ne jamais dire jamais » s’appliquait également pour lui. Il avait suffi d’un moment d’inattention, d’un bruit suspect pour que le garçon qui marchait devant lui se retourne brusquement et ne le dévisage. Lui qui était habituellement si habile, qui trouvait toujours aisément un moyen de se sortir de n’importe quelle situation s’était retrouvé figé. Pris en flagrant délit dans sa filature, qu’aurait-il pu faire ? Il doutait que s’enfuir en courant soit une bonne tactique, ça risquait de lui créer des problèmes.

La raison pour laquelle un sourire d’imbécile s’était formé sur ses lèvres avant qu’il ne lève ses mains en l’air en guise d’innocence.

- Je ne suis pas du tout suspect ! S’exclama aussitôt Ichiro, Et je ne te suivais pas du tout non plus !

Juste un peu... Surtout que révéler ça à haute voix le rendait encore plus suspect qu’il ne l’était déjà. Le pourquoi il se reprit dans un « Bon d’accord, peut-être que je le faisais » avant d’abaisser ses bras et de glisser ses mains dans ses poches, haussant les épaules, sans éteindre l’esquisse étirée sur son visage.

- Mais ce n’est pas de ma faute, Se justifia-t-il ensuite, C’est mon père qui m’a demandé de te surveiller. Faut s’en plaindre à lui.

Rassurant tout ça. Vraiment. Et après cela, ça ose se dire officier de police ?




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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Sam 7 Oct - 16:04


Ichiro & Kei
i'm not weird, i promise
 

Les feuilles mortes jonchaient le sol, craquant bruyamment sous ses pieds alors qu'il marchait lentement. Un léger vent frais venait lui lécher les joues, le faisant frissonner à chaque pas qu'il faisait. Ses mains étaient totalement cachées dans les poches de son blouson et son visage était baissé vers le sol pendant qu'il avançait. Comme pour éviter le vent. Comme pour éviter le froid. Ses prunelles traçaient parfois des formes étranges entre chaque feuille alors qu'il s'amusait à les relier pour ne pas avoir à trop penser.
Son pied écrasa une nouvelle feuille, qui se déchira en silence, et il s'arrêta quelques secondes pour l'observer. Une légère esquisse nostalgique lui frôla les lèvres alors qu'il se souvenait.
Il se souvenait des jours d'automne, et des feuilles éparpillées sur la grande pelouse de leur jardin. Il se souvenait du majordome qui tentait de les rassembler et de son désarroi quand le vent soufflait. Il se souvenait de ces couleurs, de ce jaune, de cet orange et de ce rouge qui décoraient les arbres parsemés sur leur terrain. Il se souvenait de ces mêmes couleurs qui coloraient le vert un peu éteint de l'herbe. Il se souvenait de la chaleur du salon alors qu'il regardait à l'extérieur. Il se souvenait de la fraîcheur de la vitre sous ses doigts alors qu'il s'appuyait contre pour mieux apercevoir le ciel, les nuages, le paysage. Il se souvenait du bruit des ustensiles qui claquaient les uns contre les autres dans la cuisine pendant que sa mère préparait le repas. Il se souvenait de la bonne odeur qui emplissait ses narines au fur et à mesure du temps qui s'écoulait.
Il se souvenait aussi de cette sensation des feuilles qui craquaient sous ses pas alors qu'il courait dans le jardin. Il se souvenait de ce bonheur pur et insouciant qui coulait dans ses veines alors qu'il s'amusait à faire voler les feuilles tout autour de lui. Il se souvenait du froid, qui courait contre sa nuque et qui s'infiltrait sous ses vêtements.
Il se souvenait qu'à l'époque, il en avait rien à faire. Il se souvenait qu'à l'époque, marcher sur les feuilles en automne était quelque chose qu'il appréciait. Il adorait, à l'époque, le bruit qu'elles faisaient lorsqu'il avançait. Il s'en était toujours amusé, et cela faisait toujours rire sa mère.

Un faible soupir, amer et plein de chagrin, brûla douloureusement sa bouche alors qu'il redressait son visage. Il observa lentement les alentours, prenant conscience d'où il se trouvait. Il détailla les bâtiments qui s'élevaient devant lui, avant de reprendre sa marche.
Plus tôt dans la journée, Kei avait quitté son appartement, et avait commencé à marcher. Il n'avait pas cherché à savoir où il arrivera. Il n'avait pas cherché à aller quelque part, précisément. Il voulait juste... s'aérer l'esprit. Il voulait juste marcher, marcher et marcher jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Il voulait juste marcher, marcher et marcher pour chasser ce mauvais rêve qu'il avait fait, comme s'il voulait essayer de le semer en cours de route.

Il était rentré d'une garde de nuit, un peu plus épuisé que d'habitude. Le changement de temps. Il subissait la même chose chaque année à la même période. Il s'était rapidement douché avant de s'allonger et de s'enrouler sous ses couettes, bannissant le froid de son corps. Et il s'était endormi.
Il fut réveillé quelques heures plus tard par des images de son passé qui étaient revenus le hanter. Il fut réveillé par le cri de sa mère qui lui hurlait de courir. Il fut réveillé par la vue du sang, la vue d'un homme de noir vêtu et la vue de sa mère au sol. Il fut réveillé par la peur et la tristesse.
Des gouttes de sueurs perlaient sur son visage et sa nuque alors que son corps tremblait comme s'il venait de passer la nuit dehors. Sa respiration était saccadée, imparfaite et totalement chaotique. Les battements de son cœur étaient rapides, puissants, et douloureux.
Ne voulant plus fermer les yeux par peur d'être envahi par les cauchemars, il s'était levé et s'était habillé.
Et il était parti, emportant avec lui ses tourments et ses pensées sombres. Emportant avec lui ces images qui venaient toujours le réveiller, et qui le terrorisaient toujours autant.

Voilà ce qu'il avait fui. Et voilà pourquoi il marchait. Il ne savait même pas depuis combien de temps il avançait dans la ville. Suffisamment assez longtemps pour arriver là, apparemment.
Il se demandait pourquoi il s'en était sorti ce soir-là. Pourquoi cet homme n'avait pas cherché plus loin. Pourquoi n'était-il pas revenu pour finir le travail. Pourquoi était-il le seul à souffrir autant ?
Passant maladroitement une main sur son visage, un nouveau soupir lui échappa avant que son bras ne retombe mollement le long de son corps. Il devait songer à faire demi-tour, avant qu'il n'ait plus la force de retourner dans son appartement. Il fut néanmoins coupé dans ses pensées par un bruit étrange provenant de derrière lui. Cela ne pouvait être que le vent, et il essayait de s'en convaincre, mais cela pouvait être bien pire encore... Cela pouvait être cet homme en noir, ou pire encore, son oncle. Il pourrait fuir sans se retourner, mais ce fut plus fort que lui. Il voulait savoir. Il devait savoir.
Il se retourna soudainement, laissant son regard tomber sur le visage de... C'était qui ? Un air surpris étira malgré lui ses traits. Il s'était attendu à quelqu'un d'autre et il tombait sur un parfait inconnu.
Et il allait continuer son petit bout de chemin et passer à autre chose, mais les mots de l'inconnu l'arrêtèrent dans cette démarche. Son visage se ferma un instant avant qu'il n'arque un sourcil dans un air perplexe et quelque peu perdu. Ce n'était pas du tout suspect de dire ça, voyons. Que l'inconnu se rassure... Kei le prenait maintenant pour un déséquilibré. Qui le suivait. Et qui l'avouait, en plus. « C'est pas du tout suspect de l'avouer non plus », qu'il répondit, le sourcil toujours levé, avant qu'un nouveau soupir, plus las cette fois, ne quitte ses lèvres. Et d'ailleurs, d'où il le tutoyait ? Il n'en dit rien cependant, continuant de fixer l'inconnu. Il ne se pria pas pour reculer discrètement d'un pas ou deux, au cas où. Prudence était mère de sûreté, après tout.

« Votre père », il vouvoyait les gens qu'il ne connaissait pas lui, « Vous a demandé de me surveiller ? », il plissa un instant les yeux avant de hausser les épaules, « Me voilà soudainement rassuré », ironisa-t-il. Louche. Tout ça était louche. Et peu rassurant. Et vraiment terrifiant. C'était ce type ? Et c'était qui son père ? Et pourquoi il lui demanderait de le suivre ? … Et non mais sérieusement, c'était qui ce type ?
« Vous me suivez depuis longtemps ? », lui demanda-t-il. S'il n'était pas vraiment parano avant il risquait probablement de le devenir, merci monsieur. « Je me surveille très bien tout seul donc... », il jeta de brefs regards autour de lui, voulant savoir vers quelle direction il pourrait fuir si jamais. Surtout que ce n'était pas le meilleur quartier de la ville. Bon sang, qu'est-ce qu'il fichait ici !? « Je vous laisse y aller en premier », qu'il lui dit tout en lui faisant signe de faire demi-tour. Il était idiot mais pas totalement fou, il ne bougerait pas avant d'être sûr que ce type était parti.
Et il rentrerait directement chez lui. Et il s'enfermerait. Et il ne sortirait plus.
Ah si il devait travailler demain.
AVENGEDINCHAINS



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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Dim 8 Oct - 11:53


"I'm not weird, I promise"
ft. Kei



Si sa réaction pouvait faire penser qu’il était déstabiliser par la situation, il n’en était rien en vérité. Oui, il s’était fait prendre en flagrant délit et alors ? Ce n’était pas comme s’il agissait avec de mauvaises intentions puis son père ne lui avait jamais demandé de le faire dans la discrétion, Ichiro avait pris cette décision de lui-même. Il aurait pu l’approcher depuis longtemps déjà, tenter de se lier d’amitié avec lui, lui expliquer qu’il le connaissait et qu’il n’avait pas à s’inquiéter, qu’il ferait en sorte que plus jamais rien ne lui arrive cependant il avait agi autrement. Parce qu’il s’agissait d’une mission, qu’il n’avait pas envie de s’investir trop dans l’histoire de ce garçon et se retrouver à nouveau affecter si quelque chose se passait. La peur ne l’avait jamais quitté non plus et il se connaissait assez pour savoir que s’il s’attachait, il pouvait déraper à tout moment. Ne l’avait-il pas déjà fait une fois ? Qui est-ce qui disait qu’il ne pouvait pas le faire une seconde fois ? Ce jeune homme face à lui avait vécu des choses atroces et rien que sans le connaître, lorsque son géniteur lui avait expliqué, il avait senti toute cette haine l’accaparait, tout ce dégoût qu’il éprouvait et à ce moment là aussi, il l’avait pensé... Que de telles ordures ne méritaient pas de vivre. Et c’était effrayant d’avoir de telles pensées. Encore plus lorsqu’on les avait déjà transformé en acte. Tout le monde avait déjà eu ce genre de réflexion au moins dans sa vie mais à la différence de l’officier, il ne les avait jamais mis à exécution. Le pourquoi à présent du mieux qu’il le pouvait, il mettait des distances avec chacune de ses enquêtes, il tentait de ne pas trop s’y investir sentimentalement parlant et aussi l’une des raisons pour laquelle il n’était pas directement allé parler au jeune Nishimura lorsqu’il l’avait trouvé. De plus, est-ce que ça n’aurait pas fait souffrir ce dernier que de lui balancer son passé en pleine face et lui rappeler chacun de ses mauvais souvenirs qu’il avait pu vivre ? Même si, Ichiro en était certain, son vis-à-vis ne pourrait jamais complètement oublié ce qu’il avait vécu ce jour-là...

Et si lui était resté dans le secret jusqu’à maintenant, il avait conscience qu’il ne pourrait pas lui mentir non plus. Kei se méfierait constamment s’il ne s’expliquait pas bien que ses explications étaient laissées à désirer. Pour sûr qu’il risquait de l’embrouiller plus que de raisons et que non ses remarques ne le rassureraient pas. Néanmoins il était un idiot, ce n’était pas aujourd’hui que ça allait changer... Un idiot un peu trop franc d’ailleurs. Sans la moindre hésitation, il avait hoché la tête pour confirmer ses dires. Oui, son père lui avait demandé de le surveiller, de le protéger et de faire en sorte que rien ni personne ne vienne chambouler son existence. Celle-ci avait déjà été tellement dur à surmonter, Kei n’avait pas besoin de plus.

« Quelques années, je suppose... » Avait-il déclaré avec toujours autant d’honnêteté, penchant ainsi sa tête sur le côté puisqu’il réfléchissait. Il n’aurait pu dire le nombre exacte, il ne s’en rappelait plus.

Une rétorque qui n’était probablement pas aussi rassurante que son comportement jusqu’à maintenant et s’il ne se justifiait pas, en plus d’inquiéter son interlocuteur, il risquait de se créer des problèmes. Donc non, il n’avait aucunement l’intention de faire demi-tour et de le laisser seul. Pas maintenant que l’autre connaissait son existence. Dans un soupir, les sourcils froncés, son expression se fit plus sérieuse alors qu’il sortait son badge de sa poche (là on pense au petit gif de kame #meurs) il l’ouvrit devant le visage du garçon.

- Je suis officier de police, je m’appelle Tôda Ichiro, Se présenta alors ce dernier, refermant aussitôt le badge pour le remettre à sa place, Je suis le fils de Tôda Masaki.

Ce n’était pas possible que son vis-à-vis ait oublié ce nom. Il était la personne qui l’avait sauvé, qui l’avait tiré de ce calvaire dans lequel le jeune homme vivait et qui l’avait soutenu jusqu’au bout. Pas besoin de donner plus détails pour faire le rapprochement et comprendre pourquoi Ichiro avait toujours veillé sur lui.  




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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Dim 8 Oct - 15:10


Ichiro & Kei
i'm not weird, i promise
 

Tout était fini. Il le savait. Et cette vérité avait un goût un peu trop amer.
Tout était terminé. Les souvenirs de ces automnes passés n'étaient plus que des images lointaines.
Combien de feuilles mortes allait-il devoir encore écraser, alors ? Combien de feuilles allait-il devoir encore piétiner ? C'était comme s'il avait besoin de le faire pour se souvenir. A chaque fois que le son retentissait à ses oreilles, une nouvelle image venait envahir son esprit. Une nouvelle émotion secouait son corps. Et un autre coup douloureux était porté à son cœur. A chaque fois que le son résonnait autour de lui, il avait l'étrange sensation qu'il écrasait son propre cœur, et non une simple feuille tombée là. Il avait l'impression d'entendre son propre organe se déchirer à chaque pas qu'il faisait. Combien de feuilles allait-il encore aujourd'hui ? Combien de souvenirs viendraient hanter son esprit ? Combien d'images de ses parents allaient exploser dans ses pensées ? Combien ?
Et pourquoi s'infliger tout cela ? Pourquoi continuer à avancer au lieu d'arrêter ? Pourquoi ne pas revenir sur ses pas, et rentrer ? Parce qu'il voulait se souvenir. Il voulait revoir ses parents. Parce qu'il pensait que le temps qu'ils vivaient encore dans son esprit, ils étaient encore vivants. Parce qu'il pensait que le temps qu'il pensait encore à eux, ils étaient toujours là, avec lui. Parce qu'il pensait que le temps qu'il se souvenait d'eux, il se souvenait de lui, aussi. Qu'il se souvenait de qui il était, et d'où il venait. Qu'il se souvenait de ses propres pensées et envies à l'époque. De ses propres bêtises et rêves. Parce qu'il s'était oublié, avec le temps. Il s'oubliait et se perdait, à force de devoir être quelqu'un qu'il n'était plus. Que lorsqu'on lui demandait de parler de lui, il ne savait pas quoi dire.
Parce qu'il n'y avait rien à dire sur Nishimura Kei, et qu'en même temps, il y en avait peut-être trop à raconter.
Parce qu'il n'était pas celui qu'il prétendait être, et qu'en même temps, il ne savait pas réellement qui il était.
Il était Kei, mais il était aussi Kousuke. Il était vivant, mais il était aussi mort.
Il était là, et en même temps, il ne voulait pas l'être.

En même temps, il ne savait pas réellement où il voudrait être actuellement.
Enfin, une partie de lui savait. Il voulait retourner dans sa maison. Pas comme elle l'était actuellement, non. Comme elle l'était avant. Comme elle l'était dans ses souvenirs. Il voulait retourner dans cette maison qui dégageait une aura douce et sécurisante. Une aura chaleureuse, et tranquille. Il voulait retourner là-bas, dans cette maison, qui se noyait dans les rires de sa mère et de son père. Il voulait retourner dans cette maison dont les murs étaient habités par tout cet amour et cette tendresse qu'il avait reçus.
Il voulait retourner dans cette maison-là. Celle du passé.
Il savait cependant que s'il la revoyait aujourd'hui, elle ne serait plus ainsi. Elle devait être même tout le contraire de ce qu'elle était avant, actuellement. Elle devait être comme la dernière fois qu'il l'avait vue. Elle devait être entourée de cette aura destructrice, terrifiante et froide. Elle devait baigner dans cette odeur nauséabonde de peur et de souffrance. Les murs devaient être imprégnés des horreurs qui s'y étaient passés. Elle devait paraître bien fade et triste, maintenant.

Le fil de ses pensées fut perturbé par l'arrivée d'un personnage étrange. Plus qu'étrange même, il était suspect. Et dérangeant. Il disait d'abord ne pas le suivre avant d'avouer que oui, c'était ce qu'il faisait. Il le suivait. Mais pourquoi, au juste ? Le connaissait-il ? Savait-il qui il était réellement ? Et comment le savait-il ? Pourquoi était-il au courant ? Qui lui avait ?
Il était terrifié à l'idée que cet homme était là, envoyé par son oncle. Il était tétanisé à l'idée que son oncle sache qu'il était encore en vie et qu'il vienne le retrouver. Il était apeuré qu'il ne termine ce qu'il avait commencé. Et cet homme ne l'aidait pas à contenir ce genre d'idées.
Il était perdu, ne sachant plus quoi penser. Peut-être se montait-il la tête tout seul. Peut-être que cet homme n'avait rien à voir avec son oncle. Mais pourquoi le suivrait-il, sinon ? C'était illogique, et en même temps, tellement probable.
Il avait peur. Plus que ce qu'il ne voulait bien montrer. Sans doute que sa gestuelle le trahissait, ou que ses prunelles brillaient un peu trop d’inquiétude. Mais il essayait de se contenir. De retenir cette crainte qui coulait de plus en plus violemment dans ses veines. Ses sourcils se haussèrent subitement à la réponse de l'homme devant lui, et il ne put retenir le flux d'affolement qui rongea brusquement son sang. Il le suivait depuis quelques années. Parfait. Génial. Il n'avait jamais rien vu. Il sentit sa respiration s'accélérer quelque peu, tandis que son cœur commençait à battre un peu plus rapidement contre son torse. Il garda les lèvres scellées dans un trait fin, ne souhaitant pas montrer à son vis-à-vis qu'elles tremblaient probablement. Etait-ce un mensonge ? Pour lui faire peur, pour le tétaniser encore un peu plus ? Ou était-ce la vérité ? Le suivait-il réellement depuis plusieurs années ?
Sa tête commençait à tourner, ses muscles le brûlaient, se tendant un peu au fil des secondes tandis qu'il essayait de combattre une nausée qui lui retournait l'estomac.

L'inconnu sortit soudainement un badge de sa poche et Kei observa l'objet d'un air décontenancé, et perplexe. Il était encore plus perdu qu'avant maintenant. C'était quoi ce cirque, bon sang !?
Ses prunelles se redressèrent subitement à la mention du nom du policier qui l'avait aidé, Tôda Masaki. Et il resta là, immobile, le souffle légèrement coupé, le regard vague et l'air totalement ailleurs.
Il n'avait plus entendu ce nom depuis un moment, maintenant. Mais ce n'était pas pour autant qu'il l'avait oublié. Comment pourrait-il ? Cet homme était celui qui lui avait sauvé la vie. Il était celui qui l'avait retrouvé dans les buissons. Il était celui qui avait veillé sur lui, d'une certaine façon. Il était celui qui s'était inquiété pour lui au point de fournir les efforts nécessaires pour le faire quitter le pays. Au point de mentir et d'inventer la mort de Hoshikawa Kousuke. Il était celui qui lui avait parlé de l'île, et qui lui avait donné une nouvelle identité. Une nouvelle vie. Sans doute qu'à l'époque, il espérait pour le garçon de prendre cela comme une nouvelle chance. Comme un nouveau départ. Que dirait-il s'il savait ? S'il savait que Kei n'en voulait pas, de ce nouveau départ. Que la seule chose qu'il voulait il ne pouvait que l'imaginer ?
En silence, il observa l'officier devant lui. Etait-il réellement son fils ? Etait-il réellement un officier de police ? Etait-il réellement celui qu'il disait être ? N'était-ce pas trop facile ? N'était-ce pas... étrange ?
« Je ne le connais pas », souffla-t-il après quelques minutes. Il pensait quoi ? Qu'en balançant le nom de son père Kei trouverait cela totalement normal ? Qu'il balayerait d'un signe de main le fait qu'il l'ait suivi ? Le fait que cela n'expliquait toujours pas sa présence ici ? Et puis il ne savait même pas s'il était vraiment son fils. Comment pourrait-il croire un homme qui le suivait depuis quelques années, apparemment ? « Vous devez vous tromper de personne », ajouta-t-il, expirant plus fortement qu'il ne l'aurait voulu, la voix quelque peu perturbée. « Je ne sais pas qui vous êtes », il était le premier à savoir qu'un nom ne voulait rien dire. Qu'un nom pouvait en être un faux. « Je ne sais pas ce que vous me voulez », parce qu'il le suivait, d'accord, mais dans quel but ? « Mais je vous propose qu'on arrête tout ça et qu'on reparte chacun de notre côté », comment pouvait-il être sûr qu'il dise la vérité, au juste ?
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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Lun 9 Oct - 11:54


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Peut-être aurait-il s’y prendre autrement cependant en toute honnêteté, Ichiro n’avait pas réfléchi. Et non, son but n’avait pas été d’effrayé son vis-à-vis mais avec ce que ce dernier avait vécu, ce n’était pas étonnant d’être angoissé à l’idée d’avoir été suivi pendant des années. Pourquoi l’officier ne lui avait rien dit depuis le temps ? Parce que c’était sa mission, parce que Kei n’aurait jamais du le découvrir néanmoins c’était trop tard à présent. Sauf que ce n’était pas une raison de le terrifier encore plus et il s’en voudrait presque d’être trop franc. Qu’aurait-il du faire ? Mentir et déclarer qu’il l’avait juste suivi aujourd’hui parce qu’il essayait vainement de lire la marque de sa veste, souhaitant s’acheter la même ? Pas sûr que ça n’aurait plus rassuré le garçon... Cela aurait été même plus étrange. Evidemment que la franchise n’était pas suffisante, qu’il y avait de quoi douter, principalement dans le monde au sein duquel tous deux vivaient. Et Ichiro n’avait pas l’intention d’abandonner ni de le laisser filer... Il avait suivi sa mission à la lettre depuis des années, hors de question de baisser les bras à présent sous prétexte que le jeune homme avait découvert sa présence. Des cas comme le sien, il avait déjà eu l’occasion d’en traiter plusieurs. Certains pires que d’autres. Et c’était atroce. Non, il ne pouvait pas comprendre ni se mettre à leur place puisqu’il n’avait jamais eu à vivre de tels horreurs dans sa famille. Néanmoins, il pouvait compatir, il pouvait être touché et haïr de plus en plus ses criminels, ses fous, qui eux n’éprouvaient aucun scrupule à l’idée de faire souffrir leurs victimes. Ce garçon face à lui n’avait vraiment pas eu de chance et bien qu’il ne le connaissait pas, Ichiro aurait souhaité qu’il ait une vie meilleure. Une vie comme la sienne n’était à souhaiter à personne et sincèrement, il admirait sa force. Il n’était pas en mesure de lire les pensées de son interlocuteur ni de savoir à quel point celles-ci pouvaient être sombres toutefois ça n’empêchait pas le fait qu’il était debout aujourd’hui, qu’il était vivant et qu’il continuait d’avancer malgré les obstacles que la vie avait mis sur sa route. C’était admirable. Lui ignorait si à sa place, il aurait été en mesure de surmonter tout ça... Il avait une force de caractère immense, il avait aussitôt été plongé dans le monde de la police et des enquêtes criminelles, ses réflexions n’étaient pas toujours très droites, elles en étaient même très obscures cependant aurait-ce été pareil s’il avait été placé dans une famille comme celle de Kei, qui ne s’appelait pas vraiment Kei d’ailleurs. Ichiro n’en savait rien. Aujourd’hui, il était le premier à se jeter dans la gueule du loup... Il était le premier à provoquer si on essayait de l’attaquer et peu importait les péripéties qu’il avait du subir au sein de ses enquêtes, il ne les avait jamais laissé l’affecter. Pourtant son corps était marqué, un peu par ici, et un peu par là, des cicatrices plus grosses que d’autres et qu’on n’aimerait pas forcément avoir toutefois s’il se souvenait de chacune d’entre elles, il n’en était pas effrayé. C’était son métier. Il y avait des risques à prendre et parfois, lorsqu’il partait en mission, lui-même ne savait pas s’il en reviendrait vivant mais il ne reculait pas. Cela faisait longtemps que le danger avait cessé de le terrifier.

Les mains de nouveau dans ses poches, il n’avait cessé de l’observer, notant chacune de ses réactions alors que c’était plus fort que lui, il ne pouvait s’empêcher de l’analyser. Une chose qu’il n’avait jamais arrêté de faire ces dernières années. La psychologie était un domaine incroyable, un domaine plus fou et plus profond que ce que grand nombre d’individus ne pouvaient imaginer... Un geste, un mot, un rien suffisait pour commencer à créer le profil d’une personne, pour définir ses peurs les folles, ses désirs enfouies, ses peines ainsi que ses joies.

- Je ne repartirais pas de mon côté, Déclara-t-il posément, Et je continuerais de te surveiller que tu ne le veuilles ou non. Je doute que tu ais vraiment oublié et je sais que je ne me suis pas trompé de personne, Nishimura Kei.

La lueur au creux de ses pupilles ne reflétait aucune plaisanterie, pas même une once de provocation, c’était simplement tout le sérieux dont Ichiro pouvait faire preuve. Sur ses dires, il finit par s’emparer de son portefeuille et en sortir une photographie de son père et lui. Une image qui datait d’il y a quand même plusieurs années en arrière, un cliché où tous deux étaient encore heureux, ou rien n’était venu entaché la vie de l’officier. Après, tout était arrivé si vite, il n’avait rien pu contrôler et sans qu’il n’ait eu le temps de réaliser, il était déjà dans ce bateau en direction de Gensou. Dans un léger soupir, il s’approcha afin de lui glisser l’image entre les mains et de river ses iris en sa direction.

- Ca peut paraître complètement fou mais c’est la vérité. Je ne te veux aucun mal, juste m’assurer de ta sécurité. Alors si quoi que ce soit d’anormal se passe, n’hésite pas à me contacter.


Il lui sourit tendrement, tentant vainement de détendre le jeune homme et lui faire comprendre qu’il n’était pas quelqu’un de mauvais - même si à ce propos, Ichiro lui-même en doutait. Ensuite, après avoir rétorqué ses mots, il lui avait donné sa carte où se trouvait son numéro de téléphone, son nom ainsi que le commissariat dans lequel il travaillait. Peut-être que le garçon ne le croirait toujours pas et au bout du compte, l’officier n’attendait pas de lui à ce qu’il lui fasse confiance de suite mais il espérait que petit à petit, il puisse apprendre à compter sur lui.
 




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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Lun 9 Oct - 15:35


Ichiro & Kei
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Il aurait dû fuir. Il n'aurait pas dû se retourner en entendre ce bruit derrière lui. Il aurait dû partir. Continuer d'avancer sous se retourner. Continuer d'écraser les feuilles sous ses pieds. Et continuer de se perdre dans ses souvenirs. Il aurait dû avancer, hausser les épaules et continuer comme s'il n'en avait rien à faire. Il n'aurait pas dû prêter attention à cet inconnu. Et même en se retournant, même en le regardant, même en l'écoutant, il aurait dû partir. Il n'aurait pas dû rester planté sur ce bout de trottoir à attendre... Il ne savait même pas ce qu'il attendait, au juste. Il n'aurait pas dû permettre à cet individu de le surprendre autant et encore moins de le faire paniquer à ce point. Il ne pouvait oublier ce qu'il venait de lui dire. Il ne pouvait oublier son aveu, cette affirmation qui disait qu'il le suivait depuis quelques années.
Quelques années, bon sang ! Pas juste quelques jours ou quelques semaines. Des années. Peut-être même depuis qu'il était ici. Peut-être même depuis avant. Ca lui donnait le tournis et la nausée.
C'était dans ces moments-là qu'il se disait qu'il aurait préféré ignorer la vérité. Qu'il aurait préféré ne pas la connaître parce qu'elle n'était pas rassurante du tout. Elle n'était pas rose ni toute tendre non plus. Elle était juste une succession de mots qui le faisait trembler de la tête aux pieds. Elle n'était juste que des affirmations lourdes de sens et dévastatrices. Elle n'était que des questions sans réponses. Des fantômes sans apparitions. Des coups de feu sans armes.
Il aurait préféré ne rien savoir et rester dans l'ignorance. Tout comme le mensonge, Kei se disait qu'il valait parfois mieux vivre dans l'ignorance et la banalité, que dans la vérité et l'obscurité.

Non. Il n'était pas sûr que cela la vérité. Il n'était pas sûr que cet homme ne s'amuse pas de ses tourments. Il n'était pas sûr qu'il ne lui voulait que du bien. Il n'était pas sûr de ce qu'il disait. Et même si le nom de ce policier lui était plus que familier, il ne pouvait pas croire qu'il s'agissait de son fils. Il ne pouvait pas en être sûr. Peut-être même qu'il n'en serait jamais sûr. Comment pouvait-il croire quelqu'un qui le suivait depuis des années ? Comment pouvait-il avaler les paroles d'un inconnu ? Peut-être aurait-il dû faire sembler. Le saluer comme s'il était heureux de découvrir qui il était. Jouer la carte de l'ignorance et de la naïveté. Peut-être que cet homme l'aurait laissé en paix. Peut-être qu'il serait parti. Peut-être même qu'il aurait arrêté de le suivre.
Mais encore une fois, il n'en était pas sûr. Il n'était plus sûr de grand chose en cet instant. A part qu'il avait peur et qu'il souhaitait fuir.
Il n'était pas de nature paranoïaque – alors qu'il aurait probablement de quoi. Il avait peur comme tout le monde. Il se retournait parfois dans la rue comme tout le monde. Pas plus que la normale. Du moins c'était ce que Kei pensait. Il ne savait pas si c'était normal. Mais à cause de lui. A cause d'Ichiro, il était persuadé qu'il finirait parano. Il était persuadé qu'il se retournerait plus que d'habitude maintenant juste parce qu'à présent, il savait que ce soit-disant policier pourrait être derrière lui.
C'était le métier d'un policier, d'effrayer les gens ? De les mettre sur leurs gardes face à eux ? De leur faire perdre la tête ? Si oui, il était doué dans son métier.

A la réponse de l'officier, Kei fronça quelque peu les sourcils. Comment ça, qu'il le veuille ou non ? Et sa liberté, alors ? Son droit de s'exprimer sur le sujet ? Il se mettait tout ça derrière l'oreille ou quoi ? Sa respiration repartit dans une petite course folle, entraînant son organe vital avec elle – c'était beaucoup plus drôle à deux apparemment. Ses lèvres se pincèrent férocement à la mention de ce nom qui n'était pas le sien, mais qu'il se voyait obligé de porter. « Vous arrêtez de me suivre », dit-il, un peu trop sèchement peut-être, « Vous arrêtez ça tout de suite », et sa voix trembla quelque peu sous la peur qui coulait dans ses veines.
Ses prunelles suivirent alors le moindre de ses mouvements, ne lâchant pas ses mains du regard. Il s'attendait à tout. Il était prêt à fuir s'il le devait. Il n'était pas un coureur très agile et rapide en temps normal, mais pour sûr qu'il battrait son propre record sous le coup de la frayeur.
Surpris en le voyant s'approcher, il recula quelque peu, redressant son visage vers le sien. Il le fixa un moment avant de baisser son regard sur la photo qu'il lui avait mise entre les mains. Il haussa quelque peu les sourcils. Ah bon ? Cela paraissait complètement fou ? Il n'avait pas remarqué. Mais alors, Pas. Du. Tout.
Il reconnut cependant l'homme sur la photo et ses dents mordirent brièvement sa lèvre inférieure. Il se souvenait de ce visage. C'était lui, le policier qui l'avait secouru. Il n'avait aucun doute là-dessus. Et le revoir sur cette photo le renvoyait plusieurs années en arrière. Son cœur en rata un battement. Cette image le revoyait à ce moment-là, mais aussi bien avant. Elle le revoyait dans des souvenirs un peu trop douloureux et des visions effrayantes et amers. Elle le renvoyait là où lui résidait encore : dans le passé. Une fine grimace plissa les traits fins de son visage. Cela faisait peut-être trop d'un coup. Ou plutôt, cela faisait trop avec ses pensées déjà tournées vers le passé. Si en plus on lui agitait devant le nez... Il accepta la carte, décortiquant rapidement les informations utiles.
« Si quoi que ce soit d'anormal se passe... », chuchota-t-il, un événement particulièrement anormal lui revenant en mémoire. « Il y a ce type », dit-il, en redressant son visage, ne cherchant même pas à cacher toutes les émotions qui se bousculaient dans ses pupilles ainsi que la panique qui grimpait de plus en plus en lui, « Qui me suit depuis des années apparemment », il lui rendit la photo, « Il est brun, ma taille. Et très bizarre », il plongea son regard dans le sien, et le laissa là quelques secondes avant de le détourner vers la rue. La carte qu'il avait en main termina dans sa poche, pendant qu'il portait ses doigts à sa nuque, effleurant maladroitement la cicatrice qui trônait là. « C'est complètement fou », qu'il lui avoua en reprenant ses mots, « C'est complètement fou et ça paraît trop fou pour être vrai », ses lèvres s'écartèrent à nouveau ensuite, mais aucun son n'en sortit. Ses épaules s'abaissèrent et soudainement, il ne savait plus. Il ne savait plus s'il était toujours Kei ou s'il était soudainement redevenu Kousuke. « Arrêtez », articula-t-il avec un peu de difficulté, « C'est vraiment pas drôle », qu'il chuchota, son torse se soulevant de plus en plus rapidement, « Je ne vous connais pas. Je ne connais pas cet officier dont vous me parlez » Et il repensa à la photo, au policier, à l'hôpital, aux blessures, à son oncle, à ses parents. « Je ne sais pas comment vous connaissez mon nom », et cela le fit grimacer. Non. Ce n'était pas son nom. « C'est totalement fou », qu'il ajouta, « Il n'aurait pas laissé n'importe qui me suivre sans tenter de me prévenir ! », qu'il finit par lâcher en le regardant. Il n'aurait surtout pas permis que Kei l'apprenne de cette façon. Puis il aurait prévenu, non ? Ce jour-là, à l'hôpital, qu'il enverrait quelqu'un pour s'assurer de sa sécurité ? Hors il n'avait rien dit. Du moins lui n'en avait aucun souvenir...
Et il réalisa. Il réalisa qu'il venait de confirmer l'inverse de ce tout qu'il niait depuis avant – à part qu'il ne connaissait pas l'homme devant lui, bien sûr.
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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Jeu 12 Oct - 13:07


"I'm not weird, I promise"
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Peu importait ô combien il essaierait de lui expliquer que s’il le suivait, c’était pour son travail, son vis-à-vis ne l’écouterait pas. Avec ce que ce dernier avait vécu, ce n’était pas étonnant et on ne pouvait guère lui en vouloir néanmoins ce n’était pas si anodin de la part de la police de surveiller certains hommes et dans la discrétion. Le fait était qu’aujourd’hui, Ichiro n’avait pas été assez discret. Pas du tout. Et en toute sincérité, il aurait préféré éviter ce coup de stress au garçon qui lui faisait face. Cela n’avait jamais été son objectif que de l’effrayer, il était censé le protéger, s’assurer à ce que tout aille bien pour celui-ci mais en quelques minutes à peine, il l’avait forcé à replonger dans un passé qui devait le troubler depuis des années. Il avait beau être officier de police, il n’était pas tout le temps doué dans les explications... Il n’avait jamais appris à le faire dans la douceur, à prendre des pincettes afin de rassurer les autres. Il était souvent bien trop directe dans ses mots et oui, il s’excusait de ne pas réfléchir avant de parler. Il fallait dire qu’Ichiro n’était pas quelqu’un qu’on vexait facile, il avait toujours eu une manière de penser différente des autres, parfois même très étrange au point que lui-même, aujourd’hui, il en venait à se demander s’il était réellement quelqu’un de normal. Il n’y avait pas grand chose qui lui faisait peur et ce n’était pas les mots d’une personne qui irait le faire reculer. Donc non, il ne réfléchissait pas, il s’exprimait sans songer que ça pourrait blesser ou pire, faire paniquer son interlocuteur. Certainement qu’il aurait du s’y prendre autrement, ne pas agir aussi stupidement et tenter de le rassurer doucement cependant pour sa défense, il s’excusait, ça n’avait jamais été dans ses habitudes.

A présent, oui, il regrettait de ne pas avoir essayé de se mettre à la place de Kei avant de lui balancer tout cet amas d’informations soudainement. Parce qu’à cause de ça, le garçon était complètement en train de s’enfoncer sous l’angoisse et lui ignorait comment il était censé l’aider à se calmer. La raison pour laquelle tout d’abord, l’officier avait préféré ne pas relever une énième fois quand le jeune homme lui ordonna d’arrêter de le suivre. Comment lui dire qu’il ne pouvait pas, que c’était son travail de faire ça, sans que ça ne le trouble davantage ? Cependant, de plus bel, Ichiro n’avait sûrement pas employé la bonne manière de réagir... Faire demi-tour aurait été plus judicieux, tenter de s’adresser à lui dans d’autres circonstances, dans un endroit plus chaleureux aurait été plus efficace. Mais, il lui avait glissé une photographie dans les mains, pensant que ça le réconforterait sauf que vraisemblablement, ça n’avait pas été une bonne tactique non plus. Un soupir s’échappa de ses lèvres avant qu’il n’hoche vivement la tête aux nouveaux propos de son vis-à-vis.

« C’est vrai que c’est bizarre » Avait conclu le policier, ses doigts contre son menton tandis qu’il semblait réfléchir « Il faut toujours se méfier des stalkers ! »

Tu sais qu’on parle de toi, abruti ?! Evidemment qu’il le savait cependant Ichiro préférait le prendre sur le ton de l’humour plutôt que retourner dans de longues explications sans but... Kei était déjà assez traumatisé pour qu’il en rajoute une couche. Il s’y était mal pris et il s’en excusait. Sincèrement, il aurait préféré que celui-ci ne découvre jamais la vérité...
Et ses prunelles se redressèrent aussitôt lorsque le jeune homme, maladroitement, dans sa panique, venait de lui déclarer qu’en effet, il connaissait son père. Le policier aurait pu le charrier, le taquiner et lui déclarer en se moquant qu’il le savait depuis le début toutefois il n’en avait rien fait. L’esquisse sur ses lèvres s’était élargi dans une expression plus tendre, plus réconfortante aussi tandis qu’il croisait ses bras à son torse, s’adossant ensuite contre un mur derrière lui.

- Je ne suis pas n’importe qui. Je suis son fils, Répéta-t-il doucement, C’est un service qu’il m’a demandé quand je suis parti sur l’île. Et tu n’étais pas censé le découvrir non plus sauf que c’est arrivé.

Sur ses dires, le jeune homme se décala à nouveau, avant de s’incliner légèrement, les bras longés le long du corps.

- Je suis désolé de t’avoir effrayé. Vraiment.






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MessageSujet: Re: I'm not weird, I promise • | ft. Kei    Dim 5 Nov - 21:05


Ichiro & Kei
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Détestait-il le froid ? Ce vent qui venait lui lécher la peau et qui éveillait plusieurs frissons. Cette brise qui s'infiltrait sous ses vêtements et qui le faisait trembler. Ces températures basses qui ne lui donnaient jamais envie de sortir. Ces faibles souffles qui lui chatouillaient les joues et qui faisaient danser ses mèches brunes, l'obligeant à se cacher derrière le col de sa veste. La réponse était oui.
Détestait-il sa vie ? Là aussi, la réponse était oui.
Détestait-il toute son existence ? Probablement que là encore, la réponse était affirmative.
Il détestait sa vie. Il détestait le poids qu'elle avait sur ses épaules. Pouvait-on le blâmer ? Pas réellement. Il n'était pas coupable de ne pas aimer la vie, car la vie ne l'aimait pas non plus. Il n'était pas coupable d'un amour à sens unique – leur relation était vouée à l'échec. Pas depuis le début, non, mais depuis un moment déjà.
Il détestait son passé. Parfois une partie. Parfois l'ensemble.
Il détestait cette partie qui avait fait de son présent un véritable Enfer. Cette partie qui l'avait amené plus bas que Terre. Cette partie qui lui avait fait prendre consciences que les monstres existaient, et que contrairement à la croyance populaire, ils n'avaient pas de cornes. Cette partie dont il n'arrivait plus à se détacher. Peu importait ce qu'il pouvait faire ou essayer, tout le ramenait toujours à ces instants tragiques. Celui où sa mère tomba dans l'inconscience total sous son regard apeuré. Et celui où son oncle crut bon de le chasser – littéralement.
Et puis, à l'occasion, il détestait tout. Il détestait la globalité de son passé. Parce qu'il avait connu de bons moments, avec ses parents. Parce qu'il avait connu une bonne enfance. Parce qu'il avait connu l'amour, et la tendresse. Parce qu'il avait connu la chaleur d'une famille et la sécurité qu'elle apportait.
Parce qu'il savait qu'il ne connaîtrait plus jamais tout ça.
Détestait-il sa vie ? Oui. Souvent. Mais seulement ce qui le concernait par rapport à ce qu'il avait vécu.
Il adorait son métier. Il adorait aider les gens, et les soigner. Il adorait être en contact avec eux pour tenter de les apaiser et de les calmer. Il adorait ça, dans le fond.
Il adorait ses ami(e)s, aussi. Il n'était pas seul, ils étaient là. Et il adorait leur présence dans sa vie. Même si ce n'était pas celle qu'il voulait vivre. Il les adorait.
Donc ce n'était pas juste, de dire qu'il détestait sa vie. Mais en même temps, ce n'était pas faux, non plus.

Devrait-il demander à cet officier s'il savait ? Il avait l'air d'en savoir beaucoup. Peut-être savait-il ? Peut-être avait-il compris avant lui ? Pouvait-il lui dire qui avait tué ses parents, et pourquoi ? Pouvait-il lui dire pourquoi son oncle ne voyait plus que l'argent ? Pourquoi il dérapa aussi soudainement ? Pouvait-il lui dire pourquoi personne n'était venu le sauver ? Pourquoi personne n'avait jugé bon de le sortir de là ?
Peut-être qu'il aurait dû mourir, ce jour-là. Tout serait fini. Et il n'aurait plus à s'inquiéter de rien. Il pourrait être avec ses parents, à l'heure qu'il est.
Il ne répondit pas à l'agent de police. Il ne comprenait presque plus le sens de ses paroles. Il lui parlait de se méfier des stalkers, soit. Qu'était-il lui, alors ? Il s'en rapprochait pas mal. Et comme avant, cela n'était en rien rassurant. Les mots qu'il prononçait n'arrivaient pas à calmer Kei.
Et ce fut à cause de cela, à cause de la peur, qu'il parla trop vite. Qu'il donna un renseignement capital. Qu'il confirma ce qu'Ichiro venait de dire plus tôt.
Ses prunelles détaillèrent chacun de ses gestes tandis qu'il tentait de reprendre le contrôle sur sa respiration. Son cœur continuait de tambouriner fortement sous son torse, à tel point que c'en devenait douloureux. « Pourquoi me l'avoir dit alors ? », il aurait très bien pu mentir. Il aurait très bien pu faire comme s'il se baladait par ici. Il était policier, apparemment, il devait être bon en improvisation non ? Alors pourquoi tout révéler ? Pourquoi maintenant, et pas avant ? « Hum... » que ses lèvres se contentèrent de lâcher alors qu'il l'observait s'incliner face à lui.
Il ne voulait même plus qu'il lui explique. Il voulait même plus qu'il se justifie. Il voulait juste qu'il le laisse tranquille. Tout ça était trop... perturbant. Il y avait trop de choses à se remémorer. Et trop de choses à accepter.
Un souffle tremblant brûla contre sa bouche et il observa rapidement les alentours. L'une de ses mains se fraya un chemin jusqu'à ses cheveux, qu'il ébouriffa dans un geste maladroit et mal assuré.
« Je vais... », commença-t-il, la voix faible à cause de toutes ces émotions. Ses doigts glissèrent entre quelques mèches avant qu'il ne les replonge dans sa poche, où il serra fortement le poing comme pour tenter de contrôler à nouveau son corps. Ce fut peine perdue, malheureusement. « Ne me suivez plus », ajouta-t-il, « Ca ira », qu'il articula rapidement en lui lançant un bref regard.
Etait-ce vraiment le fils de ce policier ? Il paraissait sincère, mais en même temps, pouvait-il réellement le croire ? Pouvait-il baisser sa garde ? Bien qu'il l'ait déjà fait, d'une certaine façon. Voulait-il vraiment son bien ?
Trop de questions. Pas assez de réponses. Pas envie de réponses.
Il voulait juste rentrer chez lui.

Il s'inclina rapidement, peu sûr de ce qu'il devait dire ou faire, avant de tourner les talons. Il reprit sa marche, se concentrant sur ses pas, les feuilles mortes, les sons, les souvenirs. Il ne tentait cependant plus de faire comme s'il n'était pas perturbé par tout cela. Comme s'il n'avait pas peur. Il jeta de brefs regards en arrière, pour s'assurer qu'Ichiro ne le suive plus. Comme pour s'assurer qu'il ne soit pas là, juste derrière lui. Rien que de penser qu'il l'avait suivi pendant des années lui collait des frissons d'épouvante dans le dos. Parce qu'il n'avait rien remarqué...
Le cœur lourd, et la respiration chaotique, il continuait d'avancer. Il ne savait pas s'il prenait le bon chemin mais il s'en fichait. Il voulait juste s'éloigner. Du policier, et du reste. Il allait tout droit sans faire attention à ce qu'il l'entourait. Il était sûr que c'était la bonne route. Il était sûr que, bientôt, il serait dans son appartement.
Il tourna à gauche, empruntant une petite ruelle, marchant rapidement, laissant le bruit de ses pas pressés résonner dans l'air. Jusqu'à ce qu'ils ne sonnent plus.
Il s'arrêta brusquement, mettant une halte à sa course. Il cligna lentement des yeux, tentant de comprendre la scène qui se déroulait devant lui. Un homme était à terre, recroquevillé sur lui-même, alors que deux autres semblaient s'y donner à cœur joie pour le marteler de coups. Il déglutit, et fit un pas en arrière. Un léger son de panique ronronna dans sa gorge alors que les deux hommes l'observaient en silence. La panique ne l'avait pas quitté, au contraire. Elle le frappa en plein cœur, lui donnant assez de force pour prononcer un rapide « Je suppose que les toilettes ne sont pas ici ? »

Il se saisit soudainement de son téléphone et de la carte qu'Ichiro lui avait précédemment donné. Sans réfléchir, il pianota le numéro sur l'appareil et le colla à son oreille tout en reculant brusquement. Un nouveau son apeuré mourut contre ses lèvres quand l'un des deux fit un pas dans sa direction. Il ne réfléchit pas plus longtemps, et se mit à courir. Et quand enfin il entendit la voix de l'officier à l'autre bout du fil, il ne perdit pas de temps. « J'ai un souci », qu'il prononça rapidement, le souffle court, « Deux même » il observa rapidement par dessus son épaule, « Deux plutôt costauds », et il accéléra ses pas. Il n'était pas sportif. Pas du tout même. Mais il était plutôt rapide lorsqu'il s'agissait de fuir. Il ne tiendrait pas sur la distance, cependant, n'ayant aucune endurance. Le cœur battant, la respiration saccadée et l'appareil toujours collé à son oreille, il poursuivit, « Vous », commença-t-il, « Vous êtes où ? », l'interrogea-t-il, paniqué.
S'il était vraiment policier, il saurait quoi faire.
S'il était vraiment policier, il pourrait dissuader les deux hommes de lui faire du mal.
S'il devait vraiment le protéger, il le ferait. Non ?
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