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 Don't say anything ▬ Nobuhee

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Seo Yoon hee

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That's my job : faussement fiancée par contrat à un énergumène stéréotypé et sous quoté "si c'est un métier" et vendeuse en librairie.
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MessageSujet: Don't say anything ▬ Nobuhee   Ven 6 Oct - 21:14



Don't say anything ▬ Nobuhee
Le mépris et le dédain colorent ton regard mais ce sont pourtant ces lèvres qui hantent déjà ta mémoire. Tu aimerais pouvoir affirmer et clamer que cet homme n'est qu'un pion dans une histoire qui te tient à cœur, qu'il n'est qu'une nuisance pour quelques heures, jours, semaines. Mais, quoique tu en dises, quoique tu combattes, il ne te laisse pas indifférente. Quelque chose te trouble, une lueur dans ses pupilles, un souvenir titillé, une aura qui te dépasse. Quelque chose que tu n'admettras jamais et que tu préfères fouler du pied.


Je m'adossai à la porte dès qu'elle eut claquée et relevai la tête pour la plaquer contre le bois. Qu'avais-je fait ? Mortifiée, je plongeai les mains dans mes cheveux sombres et les secouai avait de planter les ongles dans mon crâne douloureux. De longues mèches éparses retombèrent souplement de part et d'autre d'un visage contracté aux lèvres serrées. Le goût des siennes s'y était attardé … Je les essuyai d'un geste prompt du dos de la main, puis les frottai sourdement. Ma colère était une malédiction. Quel besoin avais-je eu de vouloir le provoquer en l'embrassant ? « Pourquoi ? Pourquoi suis-je aussi stupide ? » me lamentai-je en laissant retomber mes bras. « Qu'est-ce que tu as encore fait ? » Je relevai la tête et croisai le regard familier de Jin-Ho, chez qui je venais de faire irruption. Je laissai tomber mon sac puis m'appuyai sur le mur pour retirer mes chaussures. « J'ai embrassé une espèce de richard prétentieux et arrogant. » admis-je démoralisée. Une émotion obscurcie par une pensée inattendue. Et tu as aimé ça. Une voile de carmin se répandit dans mes joues crémeuses. « C'est faux. » rétorquai-je en levant le menton. « Archi faux ! » accentuai-je en passant devant Jin-Ho pour aller m'asseoir sur son canapé. « Mais de quoi tu parles ? Quel type ? Et surtout pourquoi tu es habillée comme si tu t'apprêtais à remonter un tapis rouge ? » Il s'assit sur la table basse, comme pour me faire comprendre qu'il n'abandonnerait pas sans réponse concrète. Je soupirai faiblement en me laissant aller contre les coussins. « Tu sais que tu n'es pas mon frère ? » « Tu sais que tu es chez moi ? » répliqua t-il en posant ses coudes sur ses cuisses. « C'est petit. » lui fis-je remarquer. « Mais il n'y a rien à expliquer. Tu sais qu'une de mes amies se marie? Elle m'a prêté une de ses robes pour sa soirée d'enterrement de jeune fille. Et … comme dire, ce riche coq imbu de sa personne était persuadé que toutes les femmes présentes en voulaient à sa fortune. Et tu sais combien je déteste ces pingouins débraillés ou tirés à quatre épingles qui regardent les gens normaux de haut ? » Il opina de la tête. « Je lui ai un peu rentré dedans et ça a dégénéré jusqu'à ce que je l'embrasse à pleine bouche pour qu'il se la ferme. » Je regrettais de mentir ainsi à celui que je considérais, avec Jun, comme ma famille. Mais je n'avais pas le courage de lui avouer que j'avais mis en gage mon âme au diable pour retrouver ma sœur jumelle. Il soupira longuement, les mains croisées. « Tu sais que tu ne pourras pas toujours t'en tirer aussi bien ? Et si ce type te faisait du mal ? » Un rictus fit tressaillir ma lèvre inférieure. « Il ne me fera rien du tout. Il ne me connaît pas. » le rassurai-je. Au fond de son regard luisit une flamme que je reconnu pour la voir souvent dans ses pupilles sombres. L'inquiétude. Mais il ne dit rien. Il se contenta de sourire et de serrer ma main dans la sienne, comme pour m'assurer que je n'étais pas seule.  « N'embrasse plus n'importe qui. Il en valait la peine au moins ? » Je retroussai le nez et fis une grimace. « Pas le moins du monde ! »

TENUE Je me figeai sur le trottoir, retenant ainsi consciemment une amie qui tirait sur mon bras avec empressement. « Pourquoi cette boutique ? On peut noter d'ici que les prix sont exorbitants.» m'entêtai-je, peu désireuse à l'idée d'entrer à nouveau dans un monde qui ne me plaisait pas plus que ceux qui y vivaient. « Pour rêver ! » insista t-elle. «Je ne te demande que cinq minutes. S'il te plaît ? » Je plissai les lèvres et reportai mon attention sur la vitrine, dans laquelle trônait une dizaine de robe de mariée toutes plus sublimes les unes que les autres. Un soupir effleura mon inférieure mais je finis par céder aux yeux de chat potté d'une amie sur le point d'épouser l'homme de ses rêves. Si l'accompagner dans cet endroit suffisait à la rendre heureuse … « Cinq minutes. » acceptai-je finalement en me décidant à bouger. Je pénétrai la boutique à sa suite et parcourus la pièce du regard. Des sièges, au cuir crémeux, en habillaient le cœur et faisaient face aux portants recouverts de robes majestueuses. Un frisson glacé me parcourut l'échine tandis que je songeais à la mascarade dont j'étais l'objet. Allait-on me forcer à essayer certaines d'entre elles à cause de ces fausses fiançailles ? Je grimaçai faiblement et appuyai sur la casquette dont je m'étais coiffée avant de partir. Hantée par mon mensonge et plus encore par l'homme au cœur de celui ci, je me renfrognai derrière ma visière en laissant Ah Na regarder autour d'elle avec une mimique à l'opposée de la mienne. « Oh mon dieu, il est canon. » chuchota t-elle brusquement en attrapant un pan de ma chemise. « Je te rappelle que tu vas te marier. » commentai-je en tournant spontanément la tête. Pour me figer. Ce ne pouvait qu'être une mauvaise blague. Pourquoi ce connard prétentieux était-il dans cette boutique après avoir hurlé et tempêté qu'il ne voulait pas de mariage ? « On va lui parler ? Ce sera peut-être la seule chance de notre vie d'approcher un type pareil .» « Sans façon, on s'en va. » répliquai-je dans un murmure en la tirant vers la sortie. « Attends, il regarde par ici ! » J'appuyai instinctivement sur ma casquette puis reculai pour me dissimuler derrière une des colonnes autour desquelles étaient placés les sièges. Mes mollets en frôlèrent le tissu froid, ce qui m'arracha un frisson que l'angoisse contamina. Je n'avais aucune envie que ce type me voit ici. « S'il vous plaît. » murmurai-je silencieusement en baissant la tête. « Je peux avoir une photo s'il vous plaît ? » Que … ? « Yoon Hee ! Viens prendre une photo s'il te plaît ! » L'estomac dans les talons, je maudis en silence celle qui était supposée être mon amie et m'approchai du duo en veillant à ce que la visière recouvre mon visage. « Elle est un peu sauvage, je suis désolée. » plaisanta t-elle en me tendant son portable. Elle allait me le payer. Plus tard. Je pris la photo en me mordant la lèvre. Si je n'avais vu jusqu'ici que ses jambes, sur l'écran il était … Je tendis l'appareil à Ah Na. « On y va maintenant ? » sifflai-je entre mes dents le plus doucement possible. « Tu veux pas une photo ? » « Certainement pas ! » m'énervai-je en relevant brusquement la tête pour lui faire face. Je compris trop tard que je venais de me dévoiler et l'écarlate frappa de plein fouet mes joues tandis que je coulai un regard vers le jeune homme.Trop tard. Je me raidis et, l'ignorant superbement, reportai mon attention sur elle. « Tu avais dit cinq minutes. » lui rappelai-je. « Allons y. » « Je suis désolée. » s'excusa t-elle à l'intention de Nobu qui nous observait. Elle appuya sur ma tête pour me forcer à m'incliner. Mes cheveux volèrent autour de mon visage mais je m'efforçai de lâcher un bref bonjour pour jouer le rôle de celle qui ne l'avait jamais vu ni rencontré. Vu son comportement de la dernière fois, il allait probablement faire pareil. Aussi lui jetais-je un regard aussi clair que discret. On ne se connaît pas alors passe ton chemin et retourne dans ton monde pourri et ostentatoire.


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Kudo Shinobu

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MessageSujet: Re: Don't say anything ▬ Nobuhee   Sam 7 Oct - 16:57



Don't say anything ▬ Nobuhee
Quelques secondes avaient suffit à laisser une sensation brûlante sur une peau trop sensible. Un toucher abrutissant l'homme, asservissant des pensées qui auraient dû retrouver un calme implacable, mais qui restaient obstinément suspendues à cet instant, et tu t'es emparé de cette sensibilité que je gardais cachée. 


« Je peux savoir ce qu’il s’est passé en notre absence ? » Je tentais d’ignorer son ton accusateur et le paradoxe de la colère et de la satisfaction qui luisaient dans ses prunelles, mais il m’était impossible de lui échapper alors qu’il entrait dans ma chambre. « Tu n’avais qu’à être présent ! » Les bras croisés, il me sondait du regard, cherchant sans doute à ce que je lui fasse part de mon enthousiasme au sujet de ce mariage ridicule. Il ne trouverait pas ce qu’il désirait. Je lui tournais le dos, allongé sur mon lit en espérant qu’il se contente d’une phrase, de quelques mots lancés abruptement. « Tu lui as dit que tu l’aimais ? Ai-je bien compris ? » Ses paroles eurent l’effet d’un coup de poing, et je me redressais d’un bond avant de lui offrir un regard aussi noir que la nuit. L’aveu n’avait été qu’un leurre, destiné à me faire remporter une bataille que je pensais gagner d’avance. Je lui avais servi un héritier riche et arrogant. Je m’étais couvert de l’apparat de l’homme stupide et détestable, provoquant sa fierté, la gratifiant d’insultes qui auraient fait fuir n’importe quelle personne censée. Alors pourquoi ? La question tournait en boucle dans un esprit encore marqué de ce rictus satisfait qu’elle avait affiché avant de repartir la tête haute. Plutôt que de prendre ses jambes à son cou, elle était restée, campant sur ses positions et bravant même mes attaques. « Shinobu, j’aimerais que l’on discute. » « Discuter de quoi ? Que veux-tu ajouter ? » Furieux, mes pas me guidèrent vers ce père qui semblait vouloir comprendre. Il attendait d’en savoir plus sur nos échanges alors qu’il avait décidé de m’abandonner à ses griffes en toute conscience. « Si je te dis que je ne veux pas de ce mariage, est-ce que tu reconsidéreras tes projets ? » « Shinobu… » D’un geste de la main, je lui demandais le silence. « Non. Tu es trop borné pour ça. Tu es obnubilé par l’envie de me marier, et comme tu n’as pas réussi avec Akira, tu te venges sur moi ! » J’échappais un soupir avant de le contraindre à mon tour. « Laisse-moi. Tu m’as piégé aujourd’hui, je te demande donc de bien vouloir me laisser seul. » Sans même lui permettre de me répondre, je l’accompagnais à la porte en la refermant sans hésitation. M’appuyant contre le battant, j’y cognais l’arrière de mon crâne en espérant me réveiller de ce cauchemar. Mais j’avais beau fermer les yeux pour les rouvrir sur une chambre impeccable, je savais que jamais il ne reculerait. Mais plus que l’acharnement de mon père, j’avais encore la sensation de ses lèvres sur les miennes et de cette main qu’elle avait apposé sur mon torse. Comme marqué au fer rouge, je pressais le pouce sur la chair affectée par ce baiser volé. Il vrillait mes sens, et le frisson me secoua, abrutissant une peau presque à vif anéantie par ce touché qu’elle m’avait imposé. Je décidais de fuir ce ressenti bien trop réel en laissant mes paupières assombrir ma vue, mais une fois encore, elle me hantait. M’infligeant le souvenir de ce visage doux, de ce masque qui cachait le démon. Il faut que je me débarrasse d’elle !  

La seule chose que je pouvais apprécier dans cet endroit était le moelleux du fauteuil dans lequel j’étais confortablement installé. L’attente était presque agréable, presque. Mais je n’étais pas dupe, je me doutais que le rendez-vous donné par mon père cachait à peine son enthousiasme pour un mariage dans lequel il était bien décidé à s’investir. Les robes s’étalaient d’un côté alors que les costumes s’alignaient devant mes yeux, et le rire effleura mes lèvres. Sans humour, il masquait la nervosité et l’agacement d’avoir été encore une fois leurré trop facilement. D’un geste souple, j’abandonnais le confort du fauteuil pour m’avancer vers les tenues extravagantes portées par des mannequins à l’expression faussement enjouée. Si c’est à ça que ressemble le mariage… non merci ! Glissant les mains dans les poches de mon pantalon, je coulais un regard sur la pièce, sans même prêter attention aux quelques personnes présentent. Néanmoins l’une d’elles retint mon attention. Vêtue d’un simple short et d’une chemise bien trop large, elle cachait son visage sous une casquette qui tranchait avec la décoration épurée et les tenues bien trop cher d’une boutique de luxe dans laquelle elle n’aurait sans doute pas dû se trouver. Elle ne semblait pas à sa place, et la gêne qu’elle exhalait trouvait un écho dans ma volonté à me défaire de tout ce qui faisait de moi l’héritier de la Kudo. Puis elle disparut derrière l’une des colonnes alors que je reportais mon attention sur les pièces de tissus toutes plus onéreuses les unes que les autres. Mon répit fut cependant de courte durée. « Pardon ? » L’intérêt de la seconde ne fut pas surprenant, quelque peu déplacé certainement, mais depuis leur plus jeune âge, les jumeaux Kudo avaient attiré les regards. Je n’avais pas pour habitude de répondre à ces visages ébahis, mais je lui accordais tout de même cette faveur qu’elle me demandait, de cette lueur qui brillait dans ses pupilles au point de me faire accepter de jouer les modèles. Pas par prétention, mais tout simplement parce que j’étais intrigué par cette fille qui tentait d’échapper à mon regard inquisiteur. « Avec plaisir ! » Je lui offrais un sourire entendu avant de l’approcher d’elle. Yoon Hee ? Le nom me paraissait familier et pourtant, j’étais persuadé de ne l’avoir jamais entendu. Le rire m’échappa face à sa réflexion. « Sauvage ? Tant qu’elle ne me mord pas ! » arguai-je avec humour. L’hilarité fut de courte durée face au refus de cette fameuse Yoon Hee, cherchant à s’échapper par tous les moyens jusqu’à ce qu’elle ne dévoile enfin ce visage que j’attendais de découvrir. La surprise éclaboussait mes traits avant que la colère ne s’éveille face au souvenir amer de notre rencontre. « Toi ! » Elle ne ressemblait en rien à cette jeune femme sûre d’elle et prétentieuse avec qui j’avais passé un moment, du moins jusqu’à ce qu’elle détourne les yeux pour m’ignorer avec aplomb. Je n’avais qu’une envie : lui sauter à la gorge comme elle l’avait fait, lui faire regretter ce qu’elle m’avait fait subir, mais je n’eus pas le temps de l’acculer de reproches que son amie la forçait déjà à s’incliner pour me saluer dans les règles de l’art. Je jubilais de la voir plier face à l’hériter qu’elle méprisait, et je ne cherchais même pas à retenir le sourire qui étira mes lèvres. Si tu comptais fuir aussi facilement, tu te trompes lourdement ! La rancune n’était pourtant pas un trait de caractère que j’éprouvais d’ordinaire, mais pour elle, je faisais une exception. Sa présence dans la boutique fut un nouveau coup de poignard, et alors que je refusais le mariage, elle semblait au contraire disposée à mener ce projet à son terme. Et pourtant, son regard fuyant, ses gestes hésitants trahissaient sa gêne et indiquaient qu’elle n’était pas à l’aise dans cette boutique de luxe. Le paradoxe était saisissant, m’offrant par la même occasion une raison de me jouer d’elle à mon tour. « Ainsi donc, tu as appris les bonnes manières ! » Je m’approchais, ignorant cette sensibilité qui me criait de l’éviter, de ne pas réitérer cet instant et ne pas lui offrir à nouveau la possibilité de m’asservir comme elle l’avait fait ignorant tout de cette peau encore marquée par son toucher. « Je ne pensais pas te trouver dans ce genre d’endroit. As-tu trouvé la robe de tes rêves ? » Poussé par l’envie de me venger, je réduisais à nouveau la distance en me glissant à son côté. « Je suis un homme difficile, j’espère que tu sauras choisir une robe qui…» Les mots moururent avant même de franchir mes lèvres. Je l’avais sans doute provoqué plus que ce à quoi elle s’attendait puisqu’elle me poussa dans la pièce voisine, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. D’un geste, je me défis de son emprise, refusant de me laisser une nouvelle fois anéantir par cette facilité qu’elle avait à me contraindre. « Je peux savoir ce qui te prends ? » Je reculais d’un pas, heurtant l’une des cabines qui s’alignaient derrière moi, échappant ainsi à la proximité que je lui avais imposé et qu’elle me rendait gracieusement.


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MessageSujet: Re: Don't say anything ▬ Nobuhee   Sam 7 Oct - 21:06



Don't say anything ▬ Nobuhee
Le mépris et le dédain colorent ton regard mais ce sont pourtant ces lèvres qui hantent déjà ta mémoire. Tu aimerais pouvoir affirmer et clamer que cet homme n'est qu'un pion dans une histoire qui te tient à cœur, qu'il n'est qu'une nuisance pour quelques heures, jours, semaines. Mais, quoique tu en dises, quoique tu combattes, il ne te laisse pas indifférente. Quelque chose te trouble, une lueur dans ses pupilles, un souvenir titillé, une aura qui te dépasse. Quelque chose que tu n'admettras jamais et que tu préfères fouler du pied.


Je retins l'insulte qui mordait mon inférieure plissée alors même que je fixais l'homme dont l'exclamation ahurie résonnait encore dans la pièce. Mais quel … crétin ! Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi imprévisible ? Je serrai les dents et, pressée de fuir aussi bien l'endroit que sa bêtise, me tournai vers une amie aussi surprise que traître. Car plutôt que de m'aider à fuir un enfer dans lequel elle m'avait traîné naïvement, elle plaqua sa paume contre ma tête pour me forcer à témoigner du respect à un homme que j'aurais méprisé ouvertement si elle n'avait pas été présente. Mon premier réflexe fut de vouloir lui échapper mais je finis par me laisser faire afin d'éviter toutes questions indiscrètes. Même si Ah Na n'ignorait rien de mon désamour pour les gens de la haute société et leur monde superficiel, elle me connaissait suffisamment pour savoir que je n'insultais pas le premier venu. « Monsieur. » murmurai-je pincée avant de me redresser pour lui faire face. La haine souilla néanmoins mon regard lorsque j’entraperçus un sourire sur ses lèvres pleines. Et je sus, à l'instant où ce dessin s'épanouissait dans ses deux pierres de jais, qu'il ne me laisserait pas partir sans chercher à m'humilier. Aussi ne fus-je donc pas surprise quand il reprit la parole en employant un vocabulaire familier. « Tu le connais ? » s'étonna une Ah Na médusée. Sourde à son interrogation, j'observais Shinobu qui s'approchait d'un pas félin en évoquant un mariage que nul ne devait connaître puisqu'il n'aurait jamais lieu. Abruti. Réfléchissant à toute allure, d'autant plus qu'Ah Na n'était pas la mieux placée pour garder un secret, je plongeai tête la première dans la première idée qui m'effleura l'esprit. « Je le connais. » affirmai-je d'une voix claire.  « Cet homme est déséquilibré et imbu de sa personne. »  « Yoon Hee ... » « Je l'ai rencontré plusieurs fois à la librairie. Il tient absolument à vouloir me faire passer pour sa fausse fiancée aux yeux de ses parents afin de pouvoir profiter comme il l'entend de son petit ami. » L'information jaillit comme une grenade et explosa dans la salle dont le brusque silence fut finalement brisée par l'exclamation surprise et aussitôt étouffée de mon amie. « N'est-ce pas, Kudo Shinobu ? » Utilisant son nom de manière intentionnelle puisqu'il était désormais connu sur le campus comme étant un homosexuel refoulé, je relevai le menton et plantai mes yeux dans ceux de mon Némésis . « Tu n'as pas entendu la rumeur selon laquelle Kudo Shinobu était gay ? Elle faisait suite à celle qui affirmait que je lui étais fiancée, simplement parce que son père a eu le malheur de surprendre un mauvais baiser. Tu devrais savoir qu'on embrasse pas une femme et un homme de la même façon. »  « Yoon Hee ! » s'exclama Ah Na, mortifiée et blafarde. Je savais ce qu'elle craignait. L'argent de cet homme au physique tapageur. Ce connard avait tout. La beauté, le succès, le nom et la richesse. Tout excepté la morale et la bienséance. Ignorant superbement les réactions de celui que je cherchais à détruire pour le simple fait d'avoir osé remettre sur le tapis des histoires de fiançailles que j'avais passé quinze jours à démentir, je pris son bras d'une poigne ferme et l'entraînai vers la porte de derrière. «Attends moi dehors, je vais régler cette histoire une bonne fois pour toute ! » Les ongles plantés dans son bras, je le poussai dans une pièce attenante et heureusement vide. Je le lâchai aussitôt que la porte claqua et lui fis face, blême. « Ce qui me prend à moi ? Qu'est-ce qui te prend à toi, espèce de petit richard prétentieux, pour soudainement parler de fiançailles à mon amie alors que tu y étais farouchement opposé ! » La colère maculait mon cœur compressé et la frustration éprouvée depuis une dizaine de jour rejaillissait brutalement. Je ne me contrôlais plus. Je n'étais plus qu'un pantin articulé par sa propre fureur teintée d'une angoisse qu'il m'avait forcé à ressentir en évoquant ce qui n'existait pas devant une personne qui m'était chère. « Alors quoi ? Papa a publié la grande nouvelle dans les journaux donc tu as décidé de ne plus être un crétin mais un gentil fils à papa ?» l'accusai-je avec férocité, sans même m'attarder sur un comportement qu'il ne pouvait pas comprendre. Néanmoins … je ne le comprenais pas plus. Sa remarque, ce sourire qu'il avait esquissé, cette familiarité qu'il s'échinait à maintenir entre nous et dont j'usais également à outrance .. Et merde, je ne comprenais pas pourquoi je fixais inconsciemment ses lèvres dès que mon souffle retombait et que mon cœur cessait de cogner ardemment mes tempes brûlantes.  « Qu'est-ce qui s'est passé ? Ton père a découvert ta liaison avec Lynn et t'a menacé pour que tu files droit ? Ou pire, il t'a découvert avec ton amant, puisque apparemment, tu n'es pas foutu d'assumer que tu préfères les hommes ! » Un pincement mordit la chaire d'un cœur conscient d'être allé trop loin, mais j'étais incapable d'endiguer les nombreuses émotions que je refoulais depuis plusieurs jours. Et je m'en voulais, terriblement, violemment d'avoir éprouvé quelque chose pour cet homme au moment d'un baiser qui n'avait rien signifié. J'avais voulu lui faire mal alors que toucher une femme le laissait de marbre. La vérité me mettait en position de faiblesse puisque j'avais été la plus atteinte des deux physiquement et ce simple fait me rendait malade. « Tu l'auras ton mariage. » sifflai-je entre mes dents. « Je peux te jurer que tu l'auras mais je te préviens, si tu me touches une seule fois pour faire style devant ton père, je t'arrache le cœur à la petite cuillère ! » Si j'avais souvent rêvé déclamer la réplique du héros de mon enfance, je ne m'étais jusqu'ici jamais imaginée la balancer à un homme supposé devenir mon mari. « Je me moque comme d'une guigne que tu sois gay mais si tu te mêles une nouvelle fois des relations qui comptent pour moi, je me chargerais de faire de ta réputation un cauchemar. Je pensais avoir été suffisamment claire la dernière fois. Ne me provoque pas et fou moi la paix ! Je ne suis pas une des potiches que tu as l'habitude de côtoyer, je ne me laisserais pas faire ! » Je repris mon souffle, stupéfaite de m'être ainsi emportée contre lui. Les poings crispés, je sentis le sang éclabousser de nouveau mes joues pâles alors que le mal être s'entremêlait à la colère qui ruisselait toujours dans mes veines. Le cœur battant, je reculais d'un pas puis m'immobilisai par orgueil, les ongles plantés dans les paumes de mes mains repliées. Seul mon souffle caressait à présent mes lèvres pincées, comme si je redoutais de cracher à nouveau des insultes qui pourraient se retourner contre moi. Et si on m'avait entendu ? Et si Ah Na avait été témoin de toutes les phrases que je venais d'éructer ? L'angoisse colora deux amandes brusquement tourmentées, en une faiblesse que je masquais aussitôt en relevant le menton et en lui faisant face, sous la casquette noire et baissée qui voilait mon visage tendu.  


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Kudo Shinobu

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MessageSujet: Re: Don't say anything ▬ Nobuhee   Dim 8 Oct - 8:46



Don't say anything ▬ Nobuhee
Quelques secondes avaient suffit à laisser une sensation brûlante sur une peau trop sensible. Un toucher abrutissant l'homme, asservissant des pensées qui auraient dû retrouver un calme implacable, mais qui restaient obstinément suspendues à cet instant, et tu t'es emparé de cette sensibilité que je gardais cachée. 



Monsieur… Un simple mot qui résonnait comme une douce mélodie à mes oreilles, et d’autant plus lorsque celle qui le prononça s’avérait être la femme que l’on m’imposait. Je ne m’attendais pas à la recroiser aussi vite, et certainement pas dans un endroit pareil mais je jubilais à l’idée de pouvoir me venger. J’attaquais le premier, appuyant sur une rencontre qui relevait difficilement de la coïncidence. Elle avait accepté le mariage, elle avait donné son accord alors la retrouver dans une telle boutique m'étonnait sans pour autant relevé de la surprise. Sa tenue en revanche… elle tranchait avec le décor et les tissus luxueux sur lesquels les prix exorbitant pendaient paresseusement. Elle n'avait plus rien de cette jeune femme hautaine perchée sur ses talons haut, de cette femme fière et sûre d'elle, à tel point que je n’avais pas su la reconnaître. Je m'attendais à tout, le déni, la colère, la provocation, mais certainement pas à ce qu'elle contre-attaque de cette manière et visiblement, même son amie n'avait pas vu venir les mensonges qu'elle crachait, mais il en fallait plus à la coréenne pour s'arrêter alors qu’elle semblait avoir tant de choses à dire. Elle faisait preuve d'une imagination sans limite, m'affublant d'un rôle qui m'aurait sans doute fait rire aux éclats s'il n'était pas aussi ridicule. Gay ? Était-ce vraiment tout ce qu'elle avait trouvé pour me contrer ? Me donner l'étiquette d'un homme à la sexualité refoulée, d'un lâche qui ne saurait s'affirmer alors que c'était elle qui fuyait honteusement une situation qu'elle avait voulue. Mon nom résonna entre ses lèvres, celles qu'elle m'avait imposées lors de notre rencontre et qui me laissait encore le goût amer d'une liberté soufflée. J'avais beau trouvé l'idée absurde, elle ne s'affichait pas plus sur mes traits, et je retenais le rictus en l'écoutant avec attention accumuler les inepties. Mais une fois de plus, elle me surprit en ignorant l'air stupéfait de son amie et pour m’entraîner à l'écart, d'une main agressive et intrusive sur mon bras. De cette nouvelle décharge qui m'empêcha de riposter jusqu'à ce qu'elle ne se décide à me défaire de son emprise. Je la détestais pour réussir à m'abrutir sans même en avoir conscience, pour ne faire de moi qu'une marionnette alors qu'elle tirait les ficelles inconsciemment, annihilant la détermination et la fureur qui bouillonnaient pourtant dans mes veines. « Petit richard prétentieux ? Après le gay refoulé, je suis donc le richard prétentieux ? Je dois t'accorder une chose : tu ne manques pas de vocabulaire ! » Pourquoi ? Pourquoi avait-elle ce pouvoir ? Celui de me rendre dingue avec juste quelques mots, quelques  phrases balancées dans le seul but de me faire plier. Mais n'avait-elle pas compris ? Que plus elle s'acharnerait, plus je résisterais, et si pour cela il me fallait braver une nouvelle fois une intimité forcée, alors je décidais d'oublier la sensibilité, de me débarrasser de ce qui me freinait pour asseoir à nouveau ma volonté. Elle ne méritait pas de découvrir cette faiblesse, et en la lui cachant à nouveau, j'espérais bien qu'elle ne trouve pas les armes qui pouvaient m'atteindre. Manifestement... j'avais l'avantage. Les traits tirés par la colère et les yeux arrondis par la fureur, elle s'acharnait sur cette image que je lui avais laissée, cette première impression à la fois fausse et réaliste. Celle d'un homme fier et imbu, riche et bourré de préjugés... Un gentil fils à papa ? Vraiment ? l'envie de la faire taire enflait à mesure qu'elle m'accablait et pourtant, j'attendais patiemment qu'elle n’arrive à la fin de son discours pour à mon tour lui faire connaitre les joies d'une joute verbale agrémentée de noms d'oiseaux qu'elle n'aurait pas volé. Mais ma patience vola en éclat avant même que je ne puisse la retenir. « Ma liaison avec Lynn ? » J'échappais un soupir brûlant en repensant à celle qui avait été à mes côtés, elle ne méritait pas cette colère, et Yoon Hee n'avait certainement pas le droit de prononcer son nom. Je refusais qu'elle puisse la réduire à un statut d'objet. « Tu es bien renseignée dis-moi ! C’est plutôt étonnant pour quelqu’un qui compte se marier mais qui refuse pourtant d’approcher son futur époux ! » Je voulais lui rabattre le caquet, lui faire comprendre qu’elle n’aurait jamais la moindre place à mes côtés, mais valait-elle la peine que je le lui explique ? « Je vois aussi que l’université n’a d’autre centre d’intérêt que tes amours ! Je dois te manquer cruellement pour que tu en viennes à parler de moi constamment ! » J’omettais Lynn volontairement, orientant la conversation sur un sujet plus épineux. « Ainsi donc, je préfère les hommes ? Est-ce que tu répands cette rumeur pour être sûre de ne pas avoir de concurrence ? » L’humour avait laissé place à la rage, guidant les mots et les gestes pour finalement faire un pas en sa direction. Une nouvelle fois, je m’approchais du mon bourreau, une proie qui se jette dans la gueule du loup sans autre pensée que de se faire justice. « Mon mariage ? Te toucher ? » Les poings serrés, la mâchoire crispée, je me laissais happer par l’agressivité qu’elle m’infligeait, et à laquelle il m’était impossible de conserver mon calme. Je ne parvenais plus à canaliser cette impulsivité qui m’était d’ordinaire inconnue. « Il me semblait pourtant que tu avais choisi, que tu voulais te marier. N’est-ce pas pour cette raison que tu m’as embrassé ? » Je revivais, à sa simple évocation, cet échange auquel je n’avais pas répondu, mais dont je ne m’étais pas échappé non plus. Absurde, je n’ai jamais voulu de ce baiser…. « Et que vas-tu me faire si je te touche ? » Je jouais avec le feu. J’en avais pleinement conscience, je savais que j’entrais sur un terrain miné et que je tentais le diable et joignant le geste à la parole et en pinçant sa joue sans aucune douceur. « Tu as une petite cuillère sur toi pour m’arracher le cœur ? Mais d’ailleurs… es-tu sûre que j’ai un cœur ? » Il n’y avait aucun humour dans mes paroles, simplement ce désir de lui rendre au centuple ce qu’elle m’avait fait subir sans même en avoir conscience. « Je ne te comprends pas ! » Son discours manquait cruellement de cohérence. « Tu te moques que je sois gay, mais à la première occasion qui se présente tu te sers de cette rumeur puérile ? » Je voulais rire, je voulais pouvoir exprimer autre chose que la frustration de subir une image aussi absurde et la colère qui luisait dans mes pupilles alors qu’elle s’en servait comme d’une arme. Mais il m’était impossible d’y voir une quelconque plaisanterie. « Une potiche ? Premièrement, ce serait t’accorder bien trop de crédit que de te comparer à ces demoiselles qui ont fait partie de ma vie, et ensuite… dois-je à nouveau te rappeler qui a provoqué l’autre ? » Je savais pertinemment que mes précédentes conquêtes étaient loin d’être des modèles d’intelligence, et je ne le niais pas. Elles n’avaient été que de simples passades destinées à me distraire et m’aider à comprendre et gérer la malédiction d’une sensibilité incontrôlable. Et même si j’avais lancé le coup d’envoi lors de notre rencontre, elle n’avait pas manqué de répondant en prononçant ma sentence en face même de l’homme qui m’avait condamné. « Tu as fini ? Tu es à court d’arguments ? » La furie semblait muselée, mais je savais qu’elle n’était pas endormie, et je profitais de la fureur qu’elle affichait derrière un visage fermé et une mâchoire crispée pour la délester de son couvre-chef d’un geste souple et rapide. « N’as-tu jamais appris la politesse et le respect ? Enlever sa casquette me semble la moindre des choses ! » J’aurais pu l’abandonner dans cette boutique avec sa colère, la laisser ruminer ce qu’elle s’entêtait à réclamer au travers de ce mariage bancal, mais la fierté écrasa la raison. Ses mots se répercutèrent en écho dans mon esprit peu enclin à lui accorder ne serait-ce qu’un moment de répit. « Alors comme ça je suis gay ? Je me répète un peu, mais je trouve ça plutôt… drôle que ce genre de rumeur circule à mon sujet si effectivement tu clames haut et fort être ma fiancée ! Ce statut te plait tant que ça ? As-tu besoin de reconnaissance en tant que future belle-fille de la famille Kudo ? » Je rythmais chaque mot d’un pas en avant, jusqu’à finalement avoir cette impression de déjà-vu alors qu’elle se trouvait dos au mur. Je ne comprenais pas moi-même pourquoi je m’acharnais à me justifier, mais la laisser jouer avec ce mensonge m’exaspérait. Je réfléchissais à toute allure, cherchant le moyen de me venger et de stopper cette hémorragie. Et le simple fait qu’elle ne fuit pas était une invitation à le lui prouver. Mes yeux chutèrent sur ses longues jambes dénudées avant de remonter jusqu’à ce qu’elle m’avait offert sans restriction lors de notre précédente rencontre : ses lèvres. L’idée qui germait dans mon esprit me fit frémir, étais-je suffisamment fou pour lui rendre la pareille ? Tu penses vraiment que mon intérêt se tourne vers les hommes ? La réplique se joua uniquement dans mon esprit déjà happé par cette bouche qui ne savait cracher que des insultes. Sans prévenir, sans même comprendre ce qui m’animait, mes doigts glissèrent sur sa nuque pour se perdre dans ses longues mèches brunes en même temps que mes lèvres rencontrèrent les siennes. Je jubilais de la faire taire, mais je fus rattrapé par mes démons, ceux qui s’insinuèrent vicieusement dans mes veines pour me faire brûler de l’intérieur. Je sentais mes muscles vibrer en réponse à ce geste qui ne me ressemblait pas, se liquéfier pour me donner l’impression de fondre. Je n’avais qu’une chose à faire : m’éloigner, et pourtant. Je campais obstinément sur mes positions, dévorant cette bouche qui se plaisait à m’affliger en y pressant presque avidement la mienne. Si j’avais voulu lui démontrer qu’elle se trompait, si j’avais voulu riposter en lui imposant ce baiser, mes certitudes volèrent en éclat, et l’hésitation fut soufflée par une sensation encore inconnue. Je bravais ce fléau en mordant doucement son inférieure. Je goûtais ce qu’elle m’avait fait entrevoir en épousant sa langue de la mienne. Les décharges familières me traversaient de part en part, abrutissant la volonté, annihilant mes sens avant de les décupler, et si je m’enivrais en resserrant mon étreinte, si ma main se perdait dans le creux de ses reins, pour que sa chaleur se répande sur ma paume, la question tournait en boucle : que fais-tu, abruti ?


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MessageSujet: Re: Don't say anything ▬ Nobuhee   Dim 8 Oct - 14:49



Don't say anything ▬ Nobuhee
Le mépris et le dédain colorent ton regard mais ce sont pourtant ces lèvres qui hantent déjà ta mémoire. Tu aimerais pouvoir affirmer et clamer que cet homme n'est qu'un pion dans une histoire qui te tient à cœur, qu'il n'est qu'une nuisance pour quelques heures, jours, semaines. Mais, quoique tu en dises, quoique tu combattes, il ne te laisse pas indifférente. Quelque chose te trouble, une lueur dans ses pupilles, un souvenir titillé, une aura qui te dépasse. Quelque chose que tu n'admettras jamais et que tu préfères fouler du pied.



Emportée par un tourbillon que je ne savais plus arrêter, j'ignorais chacune des phrases qu'il siffla durant mon explosion, de même que son regard noir, le pli énervé de ses lèvres et la crispation de ses poings serrés. Je ne me concentrais que sur la colère qui enflammait mes veines et obscurcissait mes prunelles. La chaleur embrasait mes joues, le venin mordait ma langue et la rage habillait de velours écarlate un regard transcendé par une myriade d'émotions contradictoires. Je le haïssais. Pire, je le méprisais. Il représentait tout ce que je pouvais exécrer chez l'homme et mésestimer dans la société. « Me manquer ? » m'étranglai-je, incapable de passer outre une contre vérité écœurante. « Tu me fais pitié ! » crachai-je sans chercher à défendre une illusion délirante. « Vivre à ce point dans l'orgueil et la désillusion pour échapper à ses propres travers … wow. » Je n'avais jamais rencontré quelqu'un d'aussi imbu et prétentieux que ce Shinobu. En vérité, aucun homme n'atteignait de tels degrés de suffisance et de lâcheté si ce n'est dans les dramas. Et dire que j'avais embrassé ce type et même apprécié ces quelques secondes d'inattentions … Ecoeurée, je portai ma paume à mes lèvres, le visage pâle et le corps tremblant. Mais ce n'était ni la faiblesse ni la honte qui vrillait mes os et mes muscles raides. La fureur les tailladait. « Il est vrai que je n'ai que ça à foutre que de répandre des rumeurs sur les petits cons dans ton genre. Excuse moi d'avoir jamais pensé autrement. » ironisai-je en serrant les poings. Mes ongles râpèrent la chaire tendre de mes mains tandis qu'il avançait dans ma direction. « Et maintenant quoi ? Tu vas chercher à m'intimider ? Tu penses me faire peur avec tes petits muscles et ton expression de chien enragé ? » Approche que je te défigure. Je le bravais des yeux et d'un corps sur la défensive, à l'image d'un félin au poil hérissé et aux griffes échappées. «Parce qu'en plus d'être un abruti, tu as une mémoire sélective ? Et dire que tu es populaire  …. comment peut-on s'enticher d'un guignol pareil ? » Je versais dans la méchanceté, usant de la langue pour frapper de toutes mes forces l'homme qui avançait. Je sentais que seules ses pulsions le guidaient vers moi, comme s'il rêvait d'étrangler l'impertinente qui osait lui rabattre le caquet. Le menton levé, je m'efforçais de ne pas reculer face à l'avancée d'un homme à la masse impressionnante, et ce malgré sa finesse apparente. Son aura était écrasante et je ne parvenais pas à définir s'il s'agissait de charisme ou de ce qu'il dégageait malgré lui. « Touche moi et je me ferais un plaisir de le montrer. » grinçai-je, consciente de jouer avec un feu de plus en plus brûlant. Feu qui asséchait mes lèvres, ébouillantait mon sang et irritait mes tempes battues par un cœur aux frappes violentes. « Quelle spiritualité dans ta phrase ! Dieu que tu dois être fier de ta finesse d'esprit ! » Un rire effleura mes lèvres et quelques notes amères se perdirent dans une salle étouffée par une ambiance lourde et pesante. Il usait du cliché vu et revu du bad boy au cœur inexistant. Il ne manquait à son tableau que la jeune fille naïve à la personnalité inexistante. « Et moi je ne comprends pas comment on peut refuser un mariage pour en autoriser quelques jours plus tard la publication nationale ! » A sa décharge, il ne pouvait saisir les motivations intérieures qui me poussaient à rester dans cette pièce, et pire à accepter ce simulacre de fiançailles. Je ne tenais que pour ma sœur jumelle. Je supportais la colère, la honte et l'abattement que dans l'espoir de pouvoir la revoir et la serrer dans mes bras. L'émotion tissa sa toile dans une gorge serrée et humidifia deux amandes aux cils recourbés. « Tu as commencé. » répondis-je en plantant mon regard dans le sien, sans faillir, sans me détourner, sans échapper à l'étreinte sombre de deux onyx dardées sur moi. « Tu as attaqué sans aucune raison en m'affublant des pires clichés existants. Tu as ouvert la bouche pour insulter et humilier une inconnue, sans te préoccuper de ce qu'elle ressentait vis à vis d'un mariage dont tu pensais être le seul à souffrir. Ne viens pas te plaindre aujourd'hui d'avoir ouvert la boîte de Pandore en te posant comme une victime Kudo Shinobu. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même pour avoir pensé une demi seconde pouvoir écraser une femme sans en subir les conséquences. As tu jamais imaginé une demi seconde pouvoir tomber sur une fille fragile psychologiquement ? Une fille prisonnière des contraintes familiales ? Alors, la prochaine fois que tu voudras faire gratuitement du mal pour ton propre confort, je te conseille de la fermer, de réfléchir et de voir si ton désir de liberté est partagé ou non ! » Bravant le danger qu'il représentait, j'avançais d'un pas vers lui et levai légèrement la tête. « Mais penser à ce que peuvent ressentir les autres … tu n'en as aucune idée n'est-ce pas ? » Ma voix ne fut plus qu'un souffle, un murmure, un battement d'aile dans une pièce brusquement silencieuse. Et je compris avoir entrouvert des portes qu'il aurait fallut laisser fermées. Atterrée, tourmentée par les conséquences d'une explosion que je n'avais su contrôler, je reculai pour échapper à la chaleur d'un homme que je voulais désormais seulement fuir. Qu'il s'étouffe dans sa prétention, je ne tenais qu'à sortir de la pièce et m'assurer que personne n'avait rien entendu de cette bagarre verbale. Mais le diable ne laisse jamais s'échapper une proie. Ma casquette fut soudainement retirée et libéra les quelques mèches jusqu'ici emprisonnées. Elles retombèrent souplement de part et d'autres d'un visage voilé de carmin. « Je ne respecte pas les minables. » sifflai-je entre mes dents serrées en tentant de récupérer mon bien. S'il pensait une demi seconde que j'allais lui laisser mon couvre chef, il allait se mettre le doigt dans l’œil et profondément. « Rends moi ça ! » explosai-je en tentant vainement d'attraper ce qu'il tenait à la main. « Tu tiens vraiment à ajouter voleur à ta liste de sobriquets ? Donne ou je te jure que je te le fais regretter ! » Mais Nobu ne restait coincé que sur la rumeur qui le concernait, à savoir celle qui parlait de son homosexualité. Reculant pour rester à hauteur d'un bras qui avançait, je finis par me retrouver dos au mur. Mais la sensation d'être écrouée par mon Némésis s'effaça face au nouveau mensonge qu'il proférait inconsciemment. « Ce genre de rumeur circule parce que tout le monde croit au mensonge. » fulminai-je en le fixant. « J'ai démentit les rumeurs de fiançailles parce que je ne me retrouve certainement pas enchaînée à toi par plaisir ! Alors cesse de travestir la réalité, pour ton propre bien si ce n'est celui des autres ! » Je n'avais aucune idée de l'endroit tortueux et déficient dans lequel il allait chercher toutes ses informations. Avait-il déjà oublié ma tentative fumeuse pour repousser les doutes d'Ah Na ? Ou se plaisait-il seulement à jouer avec mes nerfs pour me faire rebrousser chemin ? Eun Ha …. Je me répétais le nom de ma jumelle comme une litanie, une formule secrète pour puiser dans le courage qui pulsait dans mes veines. Mais le prénom se cassa dans un esprit prit par surprise. Je ne m'étais attendu ni à ses gestes ni à l'attaque. Les doigts qui glissent sur la nuque chaude, les lèvres qui frôlent des jumelles serrées. Les yeux agrandis par la stupéfaction, je sentis la pression chaude de sa bouche au parfum et à la saveur gravée dans une tête bourdonnante. Son souffle rebondit sur ma langue, ses dents s'enlisèrent dans mon inférieure immobile. Je ne pouvais pas l'embrasser. J'aurais préféré vomir, frapper, m'écorcher vive plutôt que de céder à l'assaut d'un homme que je haïssais. Mais mon corps jouait une musique différente, happée et interpellée par la chaleur de son Némésis. Je craquais. La digue céda, brisée par les flots d'une passion qui ronflait et échauffait mes sens. Mes cils chutèrent, l'ombre tissa son voile et mes mains s'enfoncèrent dans les muscles bandés de ses avant bras tendus. Son pull était doux sous la pulpe, de même que les lèvres auxquelles je répondais, enflammée et impatiente. Humant la fragrance épicée qu'il dégageait, je me laissai porter et entraîner. Par le ballet de sa langue, le mouvement de sa bouche, les notes jouées de ses doigts sur ma gorge. Et ce fut pas l’écœurement qui prit d'assaut les veines de la femme envoûtée, mais le désir. Il souffla sur les braises encore chaudes du souvenir, embrasa un sang jusqu'ici colérique et prit d'assaut un corps qui se tendit instinctivement vers celui d'un homme que je voulais haïr mais qui m'attirait plus que je ne voulais l'admettre. J'aimais son odeur, la soie tendue sur ses lèvres, la pression ferme de ses grandes mains, la chaleur de sa peau. J'aimais sentir les battements de son cœur sous mes doigts serrés et sur la pulpe humide de sa langue entrelacée à la mienne. Qu'est-ce que tu fais? Les mots déchirèrent le drap rubis de la luxure et se plantèrent durement sous mes paupières fermées. Ses dents, elle, ne firent qu'effleurer une inférieure gonflée, qui glissa paresseusement sur sa supérieure dès que sa prison d'ivoire se fut enfuie. Qu'est-ce que tu fais? L'animal effarouché jaillit, poussé par un démon aux visages contradictoires. Érotisme et vengeance. Je plantais durement les dents dans sa lèvre pour le faire reculer et le forcer à éclater la bulle dans laquelle nous nous trouvions. Sa peau se déchira sous l'attaque et le sang chaud éclaboussa mes lèvres. La douleur lui fit reculer la tête et je jetais la mienne en arrière, les amandes habillées d'un velours carmin et embrasé.  Le souffle court, je goûtais l'air frais tandis que le manque hurlait à l'agonie dans un corps frustré et désireux de se jeter à la tête de celui qui me faisait face. Jamais! Les muscles contractés et le cœur serré, je fis glisser ma langue sur mes lèvres. Un goût métallique envahit ma bouche alors que je récupérais d'un geste la casquette que j'enfonçais à l'envers sur ma tête. « Ne ... » Les notes rauques et sensuelles d'une voix aggravées par le désir s'évanouirent, soufflées par le grincement d'une poignée qui s'ouvrait. Je réagis promptement, poussée par la peur qu'on nous voit aussi proche. Attrapant le poignée de Nobu, je le tirai fermement dans la cabine qui s'ouvrait juste à côté de nous et tirai le rideau sur nous deux. La cabine, qui ressemblait davantage à un placard minuscule vide voilée d'un rideau, était étroite, si bien que je le sentais collé contre moi. « Chut ! » lui intimai-je en écartant légèrement le rideau pour voir à l'extérieur. Deux femmes venaient d'entrer, suivie d'une Ah Na curieuse. « Si elle nous voit … » chuchotai-je, « je te mets la honte. » Au même moment, elle se tourna vers nous et je rabattis vivement le rideau sur nous, nous plongeant dans une obscurité tamisée par la lumière qui filtrait par le rideau rouge. La tension enfla brusquement. L'épaule collée contre son buste, nous étions plus proches que je ne l'avais imaginé au préalable. Je levai légèrement les yeux et ressentis une bouffée d'excitation qui me fit honte. Avalant ma salive, je détournai les yeux et repérai une ouverture vers le haut. « Oh … baisse toi. » lui enjoignis-je avant de passer dans son dos, non sans frôler son torse des seins. Puis, dans une tentative hasardeuse et stupide d'assassiner ce qui flambait entre nous, j'enroulai les bras autour de sa gorge et bondis sur son dos. « Je veux voir au dessus, aide moi. » murmurai-je à son oreille. Ses cheveux frôlèrent l'arrête de mon nez, et mes bras croisés la peau chaude et tendue sur sa gorge.
 


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MessageSujet: Re: Don't say anything ▬ Nobuhee   Dim 8 Oct - 18:34



Don't say anything ▬ Nobuhee
Quelques secondes avaient suffit à laisser une sensation brûlante sur une peau trop sensible. Un toucher abrutissant l'homme, asservissant des pensées qui auraient dû retrouver un calme implacable, mais qui restaient obstinément suspendues à cet instant, et tu t'es emparé de cette sensibilité que je gardais cachée. 



L’orgueil, la désillusion, elle peignait le tableau d’un homme qui ne me ressemblait pas et pourtant. J’étais satisfait qu’elle puisse me gratifier de cette image peu reluisante dans laquelle elle pouvait tirer la haine nécessaire à me détester. Et plus la rage luisait dans ses yeux sombres, plus elle enflait et enflammait mes pensées pour encore et toujours trouver à y répondre. Elle exhalait plus que ce qu’elle m’offrait, et c’était sans doute cette tension qui me poussait m’enfoncer davantage. Je l’exécrais, pour accorder du crédit à des paroles et des actes si loin de l’homme malade, et je jubilais de la voir repousser avec autant d’ardeur la possibilité de faire un mariage confortable. « Je me fiche comme d’une guigne de ce que tu penses, en revanche, si de telles rumeurs circulent je ne connais personne d’autre que toi pour cracher ta colère et ton venin à qui veut l’entendre ! » À chaque pas que je faisais, je sentais les frissons familiers piquer ma peau, suivie de ce brasier qui finirait par être tari par le glacier que les flammes lècheraient pour mourir avant de me laisser l’impression d’étouffer dans un physique qui n’arrivait pas à suivre un mental d’acier. « Chercher à t’intimider ? Dois-je en conclure que je te fais peur ? » Sa tentative d’insulte provoqua un rictus qui étira à peine mes lèvres. Si elle se satisfaisait de ces quelques invectives sans profondeur, je la laissais se complaire dans la rage qui déformait ses traits. Elle pouvait même passer une nuit entière à me gratifier de ses douces paroles qu’elles n’auraient toujours aucun impact. Mais elle n’était pas la seule à éprouver cette fureur qui ravageait les sens, à tel point que je lâchais sans même m’en rendre compte une vérité pourtant gardé cachée, de cette incapacité à m’éprendre et de cet ennui latent qui finissait par me mordre pour me détourner d’une quelconque compagne. Le rire fut sa réponse, alimentant davantage le feu qui se distillait dans mes veines, alors que les reproches pleuvaient de nouveaux. « Parce que tu penses que la publication de ce foutu mariage… » Les mots moururent sans même que je ne puisse trouver la manière de lui asséner à mon tour quelques attaques verbales méritées. J’avais suffisamment hurlé et insulté mon père pour avoir de nouveau pris une décision sans même m’en parler, pour avoir rendu officiel une relation qui était loin de l’être et basée sur quoi ? Quelques paroles prononcées par la coréenne avant de partir tête haute. Elle m’avait jeté dans la gueule du loup en toute conscience avant de laisser dans son sillage un homme d’affaire déjà persuadé de pouvoir signer un contrat qu’il estimait profitable. Elle avait cependant raison sur un point, j’avais commencé. Je n’avais pas attendu qu’elle puisse desserrer ses lèvres pour l’affubler de l’image de croqueuse de diamant, de femme vénale et superficielle sans même lui avoir laissé le temps de se présenter. J’en avais presque des remords. Si seulement elle se montrait plus intelligente, si seulement elle avait été différente des autres. Mais elle est différente ! Je fis taire la petite voix qui me rappelait que jamais, jusqu’à présent, on ne m’avait tenu tête à ce point. Bien au contraire, elles étaient toutes dociles et polies, éduquées pour être la femme parfaite, celle qui saurait tenir une maison, répondre aux besoins de son homme et se plier en quatre pour simplement le satisfaire au profit d’un compte en banque bien rempli. Elles s’alignaient toutes parfaitement pour espérer avoir une chance de conquérir un cœur de pierre et intégrer une bonne famille. « Une fille fragile psychologiquement ? Prisonnière des contraintes familiales ? Parce que c’est ton cas ? Ton père t’a forcé la main pour épouser l’héritier d’une entreprise florissante, et en rebelle que tu es tu as évidemment accepté ! » L’incohérence enrobait ses mots, habillait son regard teinté d’une méfiance qu’elle avait raison d’éprouver. Je n’étais pas de ceux qui répondaient sous l’impulsion du moment et pourtant j’avançais vers elle instinctivement. Je ne contrôlais plus mes muscles qui se mirent en mouvement comme s’ils avaient leur propre volonté. « Je m’en fiche complètement si c’est ce que tu demandes. Mais n’est-ce pas aussi parce que je suis un richard prétentieux et imbu de lui-même ? » J’utilisais ses propres termes comme une arme qui se retournait contre elle avant de la délester d’une casquette qui faisait tâche dans le décor épuré de la boutique de luxe. Un bien qu’elle tenta vainement de récupérer et qui restait obstinément dans ma main. Je sentais le tissu rêche sous mes doigts, je pouvais même sentir les effluves de son shampoing s’attarder sur ma peau. « Si allonger la liste de mes surnoms te fait plaisir… » Il y avait cependant une rumeur qui m’intéressait bien plus que quelques insultes, une renommée que je ne devais qu’aux étudiants dont l’imagination débordante n’avait apparemment trouver d’autre victime que l’héritier de la Kudo et actuel fiancé de l’une des leur. « Tu démens les rumeurs de fiançailles ? Après les avoir officiellement accepté… Je ne te comprends vraiment pas ! » Elle soufflait le chaud et le froid, s’attardait une rumeur pour finalement la délaisser au profit de répliques qui ne faisaient aucun sens. Travestir la réalité ? Si elle ne m’agaçait pas tant, j’aurais pu rire de sa vision exiguë d’une situation qu’elle avait accepté, pour finalement la nier. Ma conscience s'éteignait disparaissait à mesure que les secondes s'étiraient, me donnant l'impression que le temps s'était arrêté, et je fus le premier surpris d'abaisser toutes les barrières qui me retenaient d'ordinaire. Je ne maîtrisais et ne contrôlais plus rien alors que ma main vint emprisonner sa nuque avant que je n'écrase mes lèvres sur les siennes retrouvant la sensation familière qu'elles avaient laissées la première fois. Mais elles avaient un goût différent. Peut-être était-ce parce que j'étais l'instigateur de ce contact qui m'avait pourtant rebuté lors de notre première rencontre. Et alors que j'étais resté impassible à ce moment, je prenais désormais d'assaut cette bouche insolente. Je ne cherchais plus à me contenir, lâchant la rage et la frustration dans cette étreinte. Je sentais la douceur de ses longues mèches sous mes doigts, je goûtais une nouvelle fois au parfum sucré de ces lèvres sur lesquelles je m'étais jeté sans retenue. Avide de ce qui m'avait manqué et que je refusais pourtant d'admettre, je mordais son inférieur pour caresser cette langue au venin inexistant, celui qu'elle prenait plaisir à m'inoculer au travers de mots abrupts. Mais j'y trouvais à la place une chaleur et une douceur qui tranchait avec la furie brune. Je m'attendais à tout et rien à la fois. Je ne cherchais pas la gifle et pourtant, j'attendais qu'elle ne vienne heurter ma joue lorsqu'une nouvelle fois j'emprisonnais cette moue fière qu'elle affichait. Je la dévorais espérant contenter un appétit naissant en glissant une main dans son dos. Que fais-tu abruti ? La question résonnait en écho sans même que je ne l'entende, et elle disparut lorsque Yoon Hee s'agrippa à mes bras. D'une poigne sans réelle force, je sentais néanmoins la brûlure de son toucher au travers du tissu. Il n'était qu'un rempart ridicule face à la douleur familière des tisonniers sur ma peau qui aurait pu me faire réagir pour rompre ce baiser sans aucun sens, mais étonnamment, elle me poussait à affronter un peu plus mon fléau. Si jusque maintenant l'épreuve qui constituait à lutter contre toute proximité était un réel combat, il alimentait à désormais une autre sensation que je savais reconnaître et que je refusais pourtant d'identifier. Pas avec elle, pas alors que je lui vouais une fureur sans nom, une rage qu'elle ne semblait pas avoir oublié non plus puisqu’elle m'infligea la même morsure que je lui avais imposée. Si l'adrénaline avait déferlée dans mes veines, elle fut noyée par la douleur soudaine d'une lèvre qui céda sous l'agression de l'ivoire qui l'avait effleuré. La caresse de sa langue sur la mienne ne fut plus qu’un souvenir et la douleur de la blessure s’ajouta à celle d’une sensibilité entaillée pour que je m’éloigne brusquement de mon agresseur. Touchant du bout des doigts à la plaie, cueillant le sang du pouce, je lui lançais un regard noir. Des iris teintés de désirs quelques minutes avant de laisser place à la hargne à laquelle j’avais cru échapper. « Tu es complètement folle ! » Je tentais de garder mon calme et de ne pas hurler face à son regard meurtrier, mais je ne tenais pas non plus à affoler les employés de la boutique qui ignoraient tout de la lutte qui se déroulait à quelques mètres seulement. J’essuyais d’un revers de main le sang qui perlait sur mes lèvres encore affectées, de ce baiser que je lui avais volé ou de l’attaque avec laquelle elle m’avait fait reculer ? Je repoussais la première option pour me mentir et me voiler la face. Mais une fois le choc passé, le froid succéda à la chaleur et laissa sur mon épiderme les contours brûlants de son toucher, un muscle battant irrégulièrement, une respiration saccadée et des sens exacerbés. Pourquoi en ressortais-je autant affligé ? Elle est folle ! me répétai-je. C’était la seule explication possible à une attirance que j’estimais vicieuse et déplacée. Et comme si ce n’était pas suffisant, elle attrapa mon poignet pour m’attirer dans une cabine à l’espace plus que restreint lorsque que des voix se firent entendre. Sans même chercher à me défaire de son emprise, je me glissais avec elle dans la cabine aux allures de placards alors qu’elle tirait le rideau pour nous rendre invisible aux yeux des visiteurs impromptus. « Si elle nous voit ? » murmurai-je à mon tour. « Tu as encore des ressources après l’image du gay refoulé peut être ?! » Et une nouvelle fois, je fus frappé par cette proximité, celle qui me rendait fou, d’une épaule pressée contre mon torse, de nos souffles se mêlant attisant cette tension envoutante pour laquelle je mettais un point d’honneur à ne pas succomber. Je doutais qu’une nouvelle morsure nous permette d’y échapper et si je pouvais afficher une impassibilité factice, elle y mit fin en m’imposant sa volonté comme si elle était investie d’une mission importante. Je soupirais au moment où elle levait ses yeux vers moi, comme invoquant une nouvelle fois le démon endormi qui n’avait qu’une envie : reprendre possession de ces lèvres encore gonflées d’un échange quelque peu fougueux. « Quoi ? Attends… » Je n’eus pas le temps de riposter qu’elle forçait le passage jusqu’à mon dos, m’infligeant un autre contact que je voulais ignorer, de ses seins qui caressèrent un torse dont les muscles se contractaient instantanément. Fichue sensibilité. Concentres-toi Nobu… ne penses pas à… Le souffle court, je refusais qu’elle puisse provoquer une libido habituellement sourde aux assauts féminins. Je ne comprenais plus ce corps qui semblait vouloir prendre le pouvoir, celui contre lequel je me battais pour réussir à braver la douleur et le supplice d’un toucher que je devais bien souvent interrompre. Je ne comprenais pas qu'il se tende et se contracte, qu’il s’ajuste avec le cauchemar qu’elle représentait. Incapable de lui manifester mon agacement, elle grimpa sans attendre sur mon dos, enroulant ses bras autour de mon cou. Ses lèvres effleurèrent mon oreille, et je sentis une nouvelle décharge me transpercer. J’abdiquais. Incapable d’avoir le dessus, abruti par ces sensations, cette affliction qui soufflait comme une tempête sur ma conscience, je tentais de fermer les yeux, une échappatoire qui s’avérait inutile puisque la vision de ses lèvres s’imposa en une image pour laquelle j’aurais préféré me crever les yeux. Les mots restèrent bloqués dans ma gorge nouée alors que je la hissais sur mon dos. « Dépêches-toi ! » Mes doigts glissèrent sur ses cuisses pour la soulever alors que la douceur et la chaleur de sa peau hébétaient des sens déjà affolés. « Tu vois quelque chose ? » Je ressentais tout, son ventre et sa poitrine allongés sur ma colonne et appuyant sur mes omoplates, ses jambes enroulées autour de ma taille, ses bras accrochés à mon cou et ma peau fourmillait là où elle me touchait, écorchant et annihilant la détermination. La cabine me semblait soudain trop petite. J’étouffais alors qu’elle tentait de jeter un œil de l’autre côté du rideau. « Ça suffit ! » Après ce qui m’avait semblé durer une éternité, je la reposais sans ménagement. Je pointais un doigt accusateur sur celle qui venait, sans en avoir conscience, de me faire vivre une véritable torture. « D’abord tu peux me dire pourquoi on se cache ? »  Je n’avais honte de rien, si ce n’est d’avoir suivi une impulsion et d’en avoir apprécié chaque secondes. « Ne recommence jamais ça ! » sifflai-je. Les dents serrées, la mâchoire crispée, je contrôlais à peine mon souffle que j’échappais à intervalles irréguliers et les frissons qui m’enflammaient. D’un geste, j’écartais le rideau pour retrouver une pièce désertée par les deux curieuses qui y était entrées. « Quel tapage pour si peu… De quoi avais-tu peur ? » Je pressais le pouce sur ma lèvre encore gonflée, mais la douleur de son attaque ne supplantait en rien le calvaire d’un corps meurtri par son toucher. « Qu’elles remarquent ta folie ? Et maintenant ? Tu comptes camper ici juste pour l’éviter ? En tout cas ce n’est pas mon intention. » Je rejoignis la porte qui me permettrait de retrouver ma liberté, mais j’eus à peine le temps de l’entrouvrir que la tornade brune vint rattraper le battant qui s’ouvrait sur une amie bien trop curieuse et insistante, pour le rabattre le plus silencieusement du monde. « Elle n’a pas l’air pressée de quitter les lieux… aussi folle que toi en somme ! »


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