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 on your mark | ft Tetsuya

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Nishimura Kei
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MessageSujet: on your mark | ft Tetsuya   Mer 27 Sep - 0:01


 Tetsuya & Kei
on your mark
 
 
Les mains enfouies dans ses poches, Kei avançait tranquillement le long de la barrière qui entourait le stade. De temps en temps, son regard se levait et un léger sourire venait orner ses lèvres alors qu'il voyait l'équipe se démener dans son entraînement. Il se rappelait les premières fois qu'il avait assisté à un entraînement de baseball. Il se rappelait aussi les journées au parc avec son père. Ils n'y jouaient pas spécialement – il n'avait jamais été très sportif comme garçon – mais ils regardaient les autres y jouer, ensemble. Assis tranquillement sur un banc à commenter le jeu et les passes de chacun. Son père avait toujours eu un faible pour les sports d'équipe. Et d'une certaine façon, il pouvait le comprendre. C'était quelque chose d'assez agréable et fascinant à voir. C'était apaisant, aussi.
Sans doute pour ça que dès qu'il était arrivé sur l'île, il s'était aventuré de ce côté-là. Il s'asseyait souvent sur les gradins pour observer les différents entraînements. Pas seulement de baseball, mais d'un peu tout. Cela l'avait aidé à se concentrer, à l'époque. Et puis, il avait aussi cette envie de toujours se rappeler de son passé. De son père. Être ici lui avait toujours procuré la sensation que son paternel était près de lui. C'était idiot, car il ne l'était pas. Pas du tout même. Mais ça lui avait fait du bien. Et ça en lui faisait toujours un peu, d'ailleurs.

Puis il fallait aussi dire que c'était ainsi qu'il avait rencontré Tetsuya. Cet imbécile heureux qui avait réussi à lui envoyer une balle de baseball en plein visage. Et qui l'avait blessé. A l'arcade – quand Kei y pensait, il se disait souvent qu'il n'était pas à une cicatrice près. Même si celle-ci était beaucoup moins visible que les autres. A tel point que souvent, il en oubliait son existence.
S'arrêtant un moment, Kei laissa traîner ses prunelles sur l'équipe devant lui, à la recherche de son meilleur ami. Il lui adressa un bref signe de tête en l'apercevant, peu sûr si Tetsuya l'avait vu ou non. Un léger sourire se plaça malgré lui sur ses lèvres et il continua d'avancer, s'asseyant sur le gradin. Il étira doucement ses jambes devant lui, avant de les replier quelque peu, le regard naviguant sur les différents joueurs. Un faible rire vint mourir sur ses lèvres sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Probablement à cause des souvenirs de leur première rencontre, ou bien de tous les autres souvenirs qu'il avait avec son meilleur ami. Il ne savait pas. Une esquisse se dessina sur ses lèvres – il était heureux de l'avoir.
Avec lui, Kei se sentait bien. Il était à l'aise, et surtout, il se sentait lui-même. Ce qui était rare pour lui. La sensation d'être un autre coulait toujours sur sa peau, bien évidemment, il ne pourrait jamais oublier qu'il ne vivait plus sa vie. Mais il se sentait un peu plus « Kousuke » que « Kei » quand il était avec Tetsuya. Il ne saurait l'expliquer – c'était juste ainsi. Il se sentait plus... lui.

Malgré tout, la réalité venait toujours le rattraper. Et c'était toujours avec un goût amer qu'il se disait que le meilleur ami de Tetsuya, c'était Kei.
C'en était à la limite de la folie, que de vivre la vie d'un autre. Que d'avoir la sensation que la vie que l'on vivait n'était pas la nôtre. Kei vivait ça au quotidien. Tout ce qu'il avait, tout ce qu'il faisait, ce n'était pas lui. Ce n'était pas sa vie. Cela ne le sera jamais. Et c'était pour cette raison qu'il n'arrivait jamais à s'imaginer un avenir.
Tout simplement parce qu'il n'en avait plus. Kousuke n'en avait plus. Il était mort dans cet hôpital ce jour-là.
Ce n'était pas lui qui était venu sur l'île, mais un certain Nishimura Kei. Ils avaient le même visage, presque la même personnalité, mais ce n'était pas lui.
Abandonner son nom avait été douloureux. Plus que ça même. Il n'avait jamais su trouver les mots à mettre sur ce qu'il avait ressenti. C'était juste... ignoble. Il avait eu la sensation de tout délaisser. De tout abandonner. De tout renier. Et même s'il n'oubliait pas le sourire de sa mère et l'odeur de l'eau de Cologne de son père, il ne pouvait pas en parler. Il était enfermé dans son passé, à devoir vivre et raconter l'histoire d'un autre.
Les parents de Kei ? Il n'avait aucune idée de qui ils auraient pu être. Quand on lui demandait, il ne faisait que raconter ce qu'il avait appris par cœur. Il ne faisait que conter le récit de la vie de Monsieur et Madame Nishimura et de leurs fils. Il racontait l'histoire d'un autre, d'une neutralité absolument terrifiante.

Un autre soupir s'écrasa contre sa bouche alors qu'il se levait pour s'approcher de la barrière. Il s'y accouda lentement, captant le regard de son meilleur ami. Il lui sourit et leva sa main qui tenait le sachet. Il le secoua un instant et patienta jusqu'à ce que son ami le rejoigne. « Je t'ai apporté quelque chose à manger et à boire », parce qu'il était adorable, serviable et le meilleur ami du monde – oui oui tout ça et bien plus encore, « Tu vas bien ? », le questionna-t-il en le regardant, « Je suis pas spécialiste », et il se pinça les lèvres un instant avant de hausser les épaules, « Mais la balle, faut pas la taper normalement ? », et un sourire malicieux traça ses lèvres. Il adorait taquiner Tetsuya. « Je plaisante. Je ferai pas mieux », soupira-t-il, les épaules basses, « Je ferai même pire », et un léger rire se brisa sur sa bouche.  
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Dim 1 Oct - 14:59


 Tetsuya & Kei
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La batte entre les mains, le jeune homme l'élança brusquement sans que cette dernière ne touche la balle. De plus bel, ses coéquipiers le grondèrent encore, lui répétant que ce n'était pas possible d'être aussi nul, qu'il ne servait à rien et que le concernant, s'entraîner n'était pas nécessaire. Et plutôt que de se vexer, Tetsuya se montrait toujours plus idiot, clamant qu'il y arriverait un jour mais que personne n'était capable de reconnaître son talent. La vérité était qu'il n'en avait rien à faire de ce qu'on lui racontait parce qu'il ne cherchait pas à être cet homme excellent que tout le monde attendait. Il n'avait pas envie de retourner à cette époque qui avait retiré brutalement la vie de son ami, qui lui avait volé chacun de ses rêves sans jamais lui accorder la moindre chance. Il ne voulait plus être le premier ni celui qui créait des rivalités avec les autres... Le base-ball avait perdu de sa valeur à ses yeux, il ne savait plus comment l'apprécier, comment ressentir la terre qui frémissait sous ses pieds à chaque fois qu'il devait se presser vers la prochaine base. Il continuait à le faire parce que ça faisait plaisir à son père et qu'il ne souhaitait pas avoir de nouvelles réflexions de la part de ce dernier cependant oui, il aurait voulu arrêter. Chaque fois qu'il était sur le terrain, il repensait à ce dernier tournoi auquel il avait participé, à chaque acclamation reçu, à chaque encouragement que Jun lui lançait et la manière dont il avait eu de le féliciter. Il revoyait constamment ses heures folles d'entraînement qu'ils avaient partagé à deux et qui n'avaient probablement jamais aidé son camarade à aller mieux. Ils s'amusaient pourtant, ils se charriaient, s'embêtaient, se soutenaient aussi et chacun de ces moments étaient précieux. Tetsuya ne les oublierai sûrement jamais cependant il n'était pas en mesure de retourner fièrement sur le terrain. Pas avec ces images de cette journée qui avait plongé son ami dans l'obscurité pour toujours... Même si une partie de lui n'avait certainement pas envie d'abandonner ce sport, il n'était malgré tout pas en mesure d'éprouver une quelconque joie en se tenant sur le terrain avec ses coéquipiers actuels. Ce n'était pas de leur faute... C'était lui qui n'en avait pas envie. Il aimerait juste oublier le base-ball pendant un temps, réapprendre à éprouver du plaisir en jouant et non pas ce sentiment d'obligation et d'oppression qui le gagnait à chaque fois qu'il était là. Même sur le banc des remplacements, la sensation était la même. L'une des raisons sûrement pour laquelle il séchait souvent les entraînements et on avait arrêté de lui faire des remarques puisque dans le fond, tout le monde était bien plus tranquille lorsqu'il n'était pas là.

La question était alors pourquoi le gardait-on dans l'équipe si sa présence était aussi inutile ? Peut-être que le coach aimait bien cet idiot, qu'à sa manière, indirectement, il avait le don d'établir un atmosphère de détente avec ses bêtises mais aussi parce qu'il portait le nom de son père. Forcément que ça avait un impact sur l'image qu'il donnait néanmoins ça ne serait certainement pas tout le temps le cas... Puisque à jouer comment il le faisait, Tetsuya risquait de salir le nom de sa famille et en toute honnêteté, il en avait strictement rien à faire. Il avait tenté de lui faire comprendre qu'il voulait arrêter ce sport, qu'il avait besoin d'une pause psychologiquement et physiquement aussi mais son géniteur ne l'avait jamais écouté, le poussant d'une pression mental énorme. Il ne paierait que ce qu'il avait cherché, voilà tout.

Hors, parce qu'il ne pouvait pas rester là à ne rien faire non plus, le garçon continuait de s'échauffer, se faisant réprimander à chaque faute. Il n'avait pu s'en empêcher que dés que son camarade lui avait tourné le dos, il lui avait aussitôt tiré la langue avant de l'imiter en marmonnant dans sa barbe. Qu'est-ce qu'il y connaissait au base-ball de toute façon ?! Toutefois, son sourire revint très vite sur ses lèvres à la vue de son meilleur ami qui était venu le voir. Son esquisse s'était aussitôt élargi, vraiment ravi de le voir, alors qu'après avoir rangé sa batte à sa place, il s'était avancé en sa direction.

« Tu ferais réellement une femme parfaite, on te l'a déjà dit ? » Avait plaisanté le joueur en observant les sacs que son camarade lui avait apporté. Celui-ci tombait à pic, il mourrait de faim. « Ça va et toi ? »

Ce que Kei lui balança juste après l'avait obligé à mimer une expression faussement offusquée avant qu'il ne se mette gentiment à rire, laissant son vis-à-vis finir.

- Tu sais très bien que je préfère frapper quand il faut l'envoyer dans la tête des gens ! J'aime quand il y a un véritable challenge.

Il s'agissait là, en fait, d'une référence qu'il s'amusait souvent à faire en rapport à leur rencontre. Qui aurait pu prédire qu'une amitié naîtrait entre ses deux-là et pourtant... Ce jour-là, la balle, il l'avait touché mais en plus d'avoir été faute, elle avait directement atterri sur l'arcade de son ami. Qu'est-ce que Tetsuya avait pu paniquer en voyant tout ce sang qui s'écoulait du visage du jeune homme ?! Heureusement, il y avait eu plus de peur que de mal et pour se faire pardonner, il lui avait offert un verre, n'oubliant jamais de s'excuser puis ce n'était que plus tard qu'il avait remarqué que ce garçon venait souvent les voir jouer. Plusieurs fois ça lui était arrivé de se demander pourquoi il restait les observer alors que leur jeu n'était pas fantastique, principalement le sien certes, cependant il n'avait jamais posé la question. Moins il parlait de ce sport, mieux il se tenait.

- Ce n'est pas plus mal si tu ne sais pas jouer, t'inquiète pas !

Kei ne devait jamais essayer, pas même se surmener pour arriver à un haut niveau et prendre le risque de se détruire la santé.
Pour compléter ses mots, Tetsuya leva son pouce derrière lui afin de désigner ses coéquipiers qui s'entraînaient encore.

- Ils sont tous idiots, ils n'en valent pas la peine !

Peut-être qu'ils étaient sympathiques en réalité, il n'en savait trop rien, il n'avait jamais cherché à se lier avec ces derniers. Cela lui faisait peur et en même temps, paradoxalement, il les enviait d'avoir gardé cette passion pour leur sport favoris, de se battre autant pour être plus fort et d'apprécier chaque instant sur le terrain. Lui ne savait plus comment faire et parfois c'était plus frustrant que ça n'en avait l'air.

 
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Mar 3 Oct - 13:06


Tetsuya & Kei
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Etait-ce étrange s'il disait un jour qu'il n'était pas vraiment lui ? Sans doute que oui. S'il en venait à le dire à voix haute, personne ne comprendrait, parce que personne ne savait. Personne n'était au courant de son histoire. Personne ne savait pour ses parents, son oncle et son changement d'identité. Personne, pas même Tetsuya. Il songeait parfois à lui annoncer. Tout comme il se disait qu'il pouvait en parler à Emi. Mais il avait toujours cette crainte au fond de lui, celle d'attirer l'attention. Kousuke était mort. Kousuke n'était plus. Il ne pouvait pas gâcher les efforts de ce policier en avouant tout à tort et à travers. Il ne pouvait pas non plus gâcher ses propres efforts. Il avait tenu jusque là, il pourrait encore tenir. Tant pis si ça lui détruisait l'âme. Tant pis si cela lui torturait l'esprit. Tant pis s'il souffrait et s'il avait mal. Mal parce que sa famille lui manquait. Le sourire de sa mère n'était plus qu'un vague souvenir. La chaleur des mains de son père sur ses épaules pour l'encourager n'était plus qu'une sensation fantôme. Leur présence à ses côtés était un rêve à présent et leur absence un vrai cauchemar. Il aurait voulu leur dire au revoir, au moins. Il ne se souvenait même plus des derniers mots qu'il avait échangés avec son père. Il se souvenait juste du visage horrifié de sa mère et de son propre désespoir en la voyant s'effondrer.
Tout s'était passé si vite ce soir-là, et s'il pouvait, il retournerait dans le passé pour tout changer. Sa vie actuelle ne lui convenait pas. Comment pourrait-elle lui convenir ? A qui une vie pareille conviendrait, sérieusement ? Qui serait d'accord pour vivre sous l'identité d'un autre ? Peut-être que s'il cherchait, il trouverait. Il trouverait quelqu'un qui serait d'accord, qui prendrait un nouveau départ avec ce nom. Quelqu'un qui envisagerait un avenir. Quelqu'un au total opposé de lui. Cela n'était-il pas une question de caractère ? De valeurs ? D'attachement ? Peut-être bien que si. Peut-être bien que non.
S'il en parlait, certains le lui diraient, d'en profiter pour se créer une nouvelle vie. Mais ils n'étaient pas à sa place. Ils n'étaient pas dans sa tête et ils ne ressentaient pas la douleur de son cœur à chaque fois que l'on appelait « Kei ». Ce n'était pas comme cela que sa mère prononçait son prénom dans ses rêves, et dans ses cauchemars. Ce n'était pas comme ça qu'il s'imaginait son père l'appeler. Ce n'était pas son prénom. Ce n'était pas sa vie. Ce n'était pas lui.
Et une certaine amertume le prenait quand il se rendait compte qu'il ne serait probablement plus jamais lui.

Ce serait pourtant facile. Ce serait pourtant évident de dire qui il était, et pourquoi il était là. Pourquoi il avait changé d'identité. Pourquoi il se faisait passer pour un autre. Ce serait si simple. Et certainement qu'il s'en sentirait mieux. Il s'en sentirait plus vivant, et plus léger. Ce ne serait même pas compliqué. Il ne saurait pas qui aller voir mais il trouverait. Il pourrait tout expliquer – à quelques détails près. Il pourrait absolument tout dire sans se retenir. Il pourrait laisser parler ses émotions pour une fois.
Mais il ne s'en sentait pas capable. Au fond, il y avait toujours cette peur. Cette peur que son oncle apprenne qu'il soit encore en vie. Il était supposé être mort et devait s'y tenir. Ce serait mieux pour tout le monde, surtout pour lui. Si son oncle ne savait rien, il le penserait toujours dans l'autre monde. Il ne viendrait pas le chercher ici.
Et c'était idiot de se dire ça. Personne, de l'extérieur, ne savait qui vivait ici. Personne ne pourrait dire que Hoshikawa Kousuke était encore vivant. Alors c'était stupide de craindre tout ceci. C'était stupide de se mettre à paniquer en pensant que son oncle pourrait venir pour finir ce qu'il avait commencé.
Où était-il, d'ailleurs ? Etait-il mort ? Au fond, Kei l'espérait. Il espérait que son oncle soit mort. Il espérait qu'il ne soit plus de ce monde. Mais il ne pourrait jamais savoir. Et il ne pouvait pas prendre de risques inutiles en dévoilant son identité.
Il continuerait à vivre dans le secret, alors. Il continuerait à vivre dans le mensonge. Puisque c'était ce qu'il faisait. Il mentait. A tout le monde. A Tetsuya et tous ses autres ami(e)s. A ses patients. A ses supérieurs. Et surtout, à lui-même.

« Une femme parfaite ? », demanda-t-il, un sourcil levé, « Sérieusement ? Une femme parfaite ? J'ai l'air d'une femme parfaite ? », il cligna un instant des yeux, « Tu seras pas mon mari en tout cas », qu'il ajouta directement de manière ferme. De toute façon, le célibat lui allait bien pour l'instant. C'était un compagnon fidèle, lui au moins, et pas très compliqué à vivre. Cela dit, il n'était pas une femme – il en complexerait presque maintenant. « Ca va bien », qu'il répondit simplement dans un sourire.
Un léger rire roula dans sa gorge à la remarque de son ami et il hocha quelque peu la tête, appuyant ses paroles. Tetsuya était nul au baseball, ce n'était même plus un secret, mais il était plutôt doué pour blesser physiquement les gens avec une balle. Il pourrait en faire sa spécialité. « C'est vrai que t'es doué pour ça », commenta-t-il, un air amusé collé au visage. Il n'arriverait sans doute jamais à oublier leur rencontre. Pas parce qu'il s'agissait d'un moment tout en finesse et en poésie. Pas parce qu'ils avaient parlé pendant des heures autour d'un café. Parce que ça avait été douloureux. Et parce qu'il avait fini à l'hôpital, l'arcade en sang. Quel tendre souvenir !

Il arqua faiblement un sourcil mais n'en demanda pas plus. Ce n'était sans doute pas plus mal, oui. Certainement. De toute façon, cela ne l'intéressait pas. Il préférait regarder, c'était plus apaisant – et moins épuisant. Puis, son père n'était pas pour l'encourager, alors le sport n'avait plus la même valeur. Il n'avait plus de valeur du tout. « Roh », soupira-t-il doucement, « Ils ont l'air plutôt gentils en plus », il haussa brièvement les épaules. Il se rendit compte qu'il ne leur avait jamais adressé la parole alors qu'il venait régulièrement ici. Qu'il assistait souvent à leurs entraînements, et ce depuis un bon moment maintenant. Peut-être qu'il devrait essayer ? Ou peut-être pas.

« Allez, viens manger un peu maintenant », dit-il en mimant à Tetsuya de le rejoindre avant de repartir s'asseoir dans les gradins. « C'est pas grand chose mais bon », ses épaules bougèrent rapidement et il déposa le sachet à côté de lui, cachant de nouveau ses mains dans ses poches, « T'as pas froid ? », qu'il demanda à son ami, « Je trouve qu'il fait froid », il souffla quelque peu et laissa son regard traîner sur les joueurs. C'était pour ça qu'il ne pouvait pas faire de sport : impossible pour lui de s'entraîner en extérieur en hiver. Et en automne. En été il ne voulait pas non plus, il faisait trop chaud. Il ne restait plus que le printemps. En gros il serait un joueur à tiers temps. « Pourquoi vous faîtes pas vos entraînements à l'intérieur ? », qu'il demanda en regardant son ami, « Enfin non. Mauvaise idée. Tu casserais bien trop de vitres... », Kei, un ami formidable qui ne vous veut que du bien !
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Ven 6 Oct - 3:30


 Tetsuya & Kei
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C'était vrai, d'une certaine façon, Tetsuya pensait sérieusement ce qu'il déclarait. Kei ferait une femme parfaite parce que d'aussi loin que remontait ses souvenirs, ce jeune homme s'était toujours bien occupé de lui. La preuve, de temps en temps, il lui amenait des bentos à l'entraînement – plus que ce sa propre épouse ne le faisait – il écoutait chacune de ses bêtises puis lui tenait compagnie. Assurément que s'il venait à sortir avec quelqu'un, ce dernier aurait de la chance d'avoir un tel garçon à ses côtés. Il était admirable, plus que ce que le joueur ne le lui avait déjà dit mais c'était la vérité. Il était attentionné, fidèle – pas comme certains – et il s'agissait d'une personne sur qui on pouvait compter. Tetsuya espérait qu'un jour son ami trouverait ce bonheur là parce qu'il le méritait. Kei était une personne précieuse à ses yeux, même s'il lui mentait à l'heure actuelle, qu'il lui avait toujours caché une certaine partie de son existence, ça n'empêchait pas qu'il a toujours été ses sincères à son égard. Il aimerait lui révéler la vérité, lui avouer qu'en réalité il était doué dans ce sport, qu'au lycée, il était parvenu à emmener son équipe jusqu'à la finale du Kôshien. Néanmoins, ce n'était pas qu'il ne faisait pas assez confiance à son camarade pour lui confier chacune de ses peines ou cette pression que son géniteur lui mettait sur les épaules... C'était simplement quelque chose dont il n'était pas capable d'en parler. Peu importait le temps qui s'était écoulé depuis la mort de Jun, Tetsuya n'avait jamais prononcé un mot sur ce sujet. Probablement parce qu'en parler signifiait accepter la dure fatalité et le fait que non, plus rien ne serait jamais comme avant mais également accepter la mort de son ami. Une chose qui après toutes ces années, le jeune homme n'avait pas été en mesure d'y faire face. Il vivait dans un certain déni, il se voilait la face puis restait plongé dans ce passé qui l'avait meurtri. Une raison peut-être aussi du pourquoi il ne parvenait pas jouer correctement à ce sport. Oui, il ne voulait pas revivre ce qu'il avait vécu, il ne voulait pas voir ses collègues se démenaient jusqu'à se détruire la santé mais pas seulement... Il n'arrivait pas à jouer sur un terrain où son camarade n'était plus. Plus rien n'était pareil sans lui et à chaque fois qu'il se trouvait obliger à tenir une batte entre ses mains, c'était à ce garçon que Tetsuya pensait, à tout ce bonheur qu'il lui avait volé, à tout ce qu'il n'avait pas vu mais aussi à ce manque horrible qui l'accaparait de ne plus l'avoir à ses côtés. Alors non, peu importait ô combien il le désirait, il n'était toujours pas en mesure d'en parler à son meilleur ami... Faire semblant à ce propos était l'unique chose qu'il réussissait à faire cependant Kei n'était certainement pas idiot. Il devait bien se rendre compte que son camarade n'avait pas l'attitude d'un garçon passionné... Il fuyait toujours les conversations qui mentionnaient ce sport, il les évitait et s'il n'avait pas d'autres choix que s'exprimer sur le sujet, il restait bref et concis.

Le sourire aux lèvres, ravi malgré tout d'avoir son meilleur ami avec lui, le joueur avait hoché la tête afin de confirmer ses dires. Ses prunelles s'étaient toutefois égarées vers le ciel à la remarque suivante de son interlocuteur et il ne put effacer cette esquisse idiote qui peignait son visage.

« Je t'ai déjà dit que si c'était pour toi, je te serais toujours fidèle ! » Déclara-t-il aussitôt, ayant compris le sous-entendu derrière les paroles de l'autre garçon.

Il fallait dire qu'à force, ils en venaient toujours à cette discussion ces deux-là donc Tetsuya avait du le lui répéter un nombre incalculable de fois. Mais apparemment pas assez pour que son ami puisse croire en lui. Ce qui en soit, on ne pouvait guère le lui reprocher, était plus que compréhensible. Lui-même ne devait pas croire à cent pourcents ses paroles de toute façon... Il était si faible que ça le surprenait encore à l'heure actuelle.

« Je t'apprendrais comment on fait si tu veux ! »

Pour envoyer la balle directement dans la tête des gens. Bien que le jour de leur rencontre, il ne l'avait sincèrement pas fait exprès mais il aurait pu... A l'origine, le joueur était toujours très précis dans chacun de ses lancées, les envoyant sans arrêt à la limite de la zone afin de troubler son adversaire. Ce qui n'avait certes pas suffit à les faire gagner toutefois sûrement qu'avec son niveau actuel, ce que tous ignoraient, ça serait différent.

« Gentils ? Ils passent leur temps à critiquer, je suis certains que c'est ce qu'ils font maintenant aussi. »

Un détail pour lequel il s'en fichait puisque dans le fond, il les avait cherché les moqueries et ça faisait bien longtemps que Tetsuya avait arrêté de s'inquiéter de ce qu'on pensait de lui. Ils ne connaissaient rien... Pas même qui il était réellement donc il n'en avait que faire.
L'éclat sur ses lèvres s'élargit un peu plus à la mention de nourriture puis alors qu'il s'apprêtait à rejoindre son camarade, il s'arrêta aussitôt dans son élan. Non, lui n'avait pas spécialement froid... Il n'avait jamais été un grand frileux après tout.

- Il ne fait pas assez froid pour qu'on s'entraîne à l'intérieur, on aurait trop chaud, Expliqua le jeune homme en riant doucement, faussement offensé de la nouvelle rétorque de son vis-à-vis, Ça doit être cool aussi ceci dit !

De casser les vitres ? Abruti. Hors, dans les dômes, les fenêtres étaient bien trop hautes pour qu'elles puissent être atteinte. Même un grand joueur, avec un home run pourrait les toucher et c'était la raison pour laquelle chaque stade intérieur était toujours très profond... Et en plus, il n'y avait pas tant de vitres que ça. Mais il ne s'agissait là que de détails. Sans éteindre son sourire, le garçon expliqua qu'il revenait puis se précipita vers le banc près duquel certains de ses coéquipiers discutaient. Si on s'adressait à lui, il les ignorait et se contentait de répondre d'un haussement d'épaules avant de s'emparer de ses affaires puis faire demi-tour. Deux par deux, il escalada les marches des gradins, s'installant ensuite près de son camarade, non pas sans sortir une veste de son sac de sport.

- Ce serait dommage que tu tombes malade, Déclara-t-il gentiment, la déposant aussitôt sur les épaules du garçon dans une douceur incomparable et un sourire dont seul lui avait le secret.

Ce n'était qu'après cela qu'il attrapa le sac en plastique pour prendre son repas, non pas sans s'exclamer et avoue que ça avait l'air trop bon. Kei n'était pas son ami pour rien, il savait parfaitement ce que Tetsuya adorait et assurément qu'il raffolait un peu de trop de viandes. En plus d'être excellent et riche, ça lui donnait des forces et c'était vrai que lorsqu'il y réfléchissait, lui ne tombait pas souvent malade.

- C'est triste, même ma femme ne me fait jamais de repas aussi bons !

Elle n'avait pas le temps pour ça. Elle n'avait pas le temps pour de nombreuses choses avec son travail qui l'accaparait beaucoup. En règle général, c'était plus lui qui prenait soin d'elle que le contraire. Il était celui qui lui préparait des bentos au matin, qui lui préparait les repas les soirs où elle n'était pas de garde puis lui faisait couler un bon bain chaud. Difficile de dire que c'était le même homme qui la trompait dés qu'elle avait le dos tourné, et pourtant...


 
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Ven 6 Oct - 15:10


Tetsuya & Kei
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Peut-être que si son paternel était toujours en vie, ils seraient là, tous les deux, à regarder Tetsuya et son équipe s'entraîner. Peut-être même que sa mère serait avec eux, et peut-être qu'elle discuterait joyeusement. Ce serait sans doute même elle qui aurait eu l'idée de venir encourager les joueurs et d'apporter un repas à Tetsuya.
Elle aurait adoré ce dernier, Kei en était certain. Elle adorerait rire avec lui et plaisanter. Elle adorerait l'entendre dire n'importe quoi. Elle était plutôt bon public, du moins avec son père. Elle riait toujours à ses blagues, même celles qui n'étaient pas drôles. Elle était souriante de nature. Elle avait toujours une fine esquisse aux lèvres, douce et tendre. Les seules fois où il se souvenait l'avoir vue perdre cet éclat, c'était à cause de son oncle. C'était souvent à cause de lui que ses parents se disputaient, à l'époque. Il aimerait tellement revoir ce sourire. Rien qu'une fois...
La dernière image qu'il avait d'elle était la plus cruelle. Il y avait des jours où il n'arrivait même plus à savoir à quoi ressemblait son sourire. A chaque fois, l'image de sa douce esquisse était rapidement remplacée par cette vision de sa mère qui tombait dans un bruit sourd mais tellement bruyant. Il voudrait revoir son sourire. Il voudrait entendre sa voix, aussi, autrement que pour lui dire de courir et de ne pas se retourner. Autrement qu'enveloppée dans un brouillard d'horreur et de peur. Il voudrait l'entendre l'appeler, une dernière fois, de sa voix basse et harmonieuse. Il voudrait l'entendre prononcer son prénom. Ce prénom qu'il aimait tant mais qu'il devait oublier. Cette identité qui était la sienne, et en même temps, qui ne l'était plus.
Il voudrait partager un instant avec son père, aussi. Il voudrait venir ici avec lui et observer les joueurs. Ou même le terrain vide. Il voudrait discuter avec lui, chercher des conseils, des réponses. Il voudrait le revoir lui dire qu'il était fier de lui. Il voudrait le revoir sourire adorablement en pensant à sa mère.
Il voudrait les revoir et leur dire à quel point ils lui manquaient. A quel point tout était devenu triste et sombre quand ils quittèrent ce monde. Il voudrait les revoir, et leur dire que lui aussi, il était mort avec eux ce soir-là.

Un sourcil arqué, les lèvres finement pincées en une ligne droite, l'air perplexe. Voilà sa réponse à l'affirmation de Tetsuya. Il le fixait en silence, son visage ne bougeant pas d'un pouce, gardant cette même expression. Étrangement, lui n'en était pas si sûr. Pas qu'il ne croyait pas en Tetsuya, loin de lui cette idée, mais plutôt qu'il ne croyait pas ce qu'il venait de dire. Ce n'était pas pareil, n'est-ce pas ? Il ne le croyait pas quand il se disait ce genre de choses. Kei savait qu'il trompait sa femme – combien de fois lui avait-il parlé de ses aventures ? Kei en savait tellement qu'il pourrait en écrire un livre. Il savait qu'il enchaînait les conquêtes. Il savait tout cela. Et en toute honnêteté, ça ne donnait pas envie. Qui serait assez fou pour passer outre ce fait et tenter une relation ? Oh pour sûr qu'il y avait des personnes capable de tenter l'aventure. Mais pas lui. Lui était plutôt de ceux qui reculaient en sachant cela. Il ne voudrait pas tenter, de peur de finir par être blessé.
A bien y penser, on pourrait presque croire qu'il ne lui faisait pas réellement confiance. Hors Kei séparait le comportement de son ami de la confiance qu'il lui portait. Il était son meilleur ami, et Kei supposait qu'il était fidèle en amitié – bien plus qu'il ne l'était en amour. « Et la marmotte... », commenta-t-il enfin dans un léger sourire amusé. Il ne disait pas cela méchamment, il posait juste les faits. Il les posait comme lui les voyait, et Tetsuya ne pouvait pas vraiment contredire, il n'avait aucun argument pour lui prouver que ce qu'il disait était vrai.
Une fine grimace peint rapidement son visage alors qu'il articulait maladroitement un « Je crois que ça ira c'est gentil », en réponse à la proposition du joueur. Le sport, ce n'était vraiment pas son truc, alors il préférait passer. De toute façon, actuellement, il faisait trop froid pour qu'il puisse jouer. Et bientôt il ferait trop chaud. Il ne pouvait donc pas essayer – zut alors.

La rétorque de son ami le fit quelque peu pencher la tête sur le côté, ses yeux naviguant entre Tetsuya et les autres joueurs. Ses lèvres se pincèrent une nouvelle fois et ses prunelles se détournèrent entièrement vers les coéquipiers de son interlocuteur. Ils passaient leur temps à critiquer ? Vraiment ? Ils n'avaient rien d'autre à faire ? C'en était désespérant. « Tu crois ? », demanda-t-il en jetant un bref regard à Tetsuya, gardant son attention focalisé sur les joueurs, « Et qu'est-ce qu'ils peuvent bien raconter ? », le questionna-t-il, un sourcil levé, perplexe. Que pouvaient-ils raconter ? A part qu'il faisait froid.

Parce qu'il faisait froid, peu importait ce que Tetsuya disait – l'avantage de ne pas être frileux, apparemment. Il aimerait connaître ça, lui aussi. Pouvoir dire que non, il ne faisait pas froid en souriant parce qu'il ne ressentait pas le froid. Sauf que Kei était du genre à claquer des dents au moindre courant d'air, et c'était un miracle qu'il ne tombe pas souvent plus malade. Heureusement pour lui, il faisait toujours bon à l'hôpital. En même temps, ils ne pouvaient pas prendre le risque de frigorifier leurs patients. « Il ferait pas trop chaud en salle », dit-il en secouant quelque peu la tête, « Il ferait juste bon ». Juste bon pour lui, oui. Pour les joueurs, effectivement, il ferait chaud. C'était les risques du jeu, voilà tout. Lui était un spectateur, il ne bougeait pas comme eux sur le terrain, alors en salle, ce serait mieux.

Clignant quelque peu des paupières, il haussa faiblement un sourcil en voyant Tetsuya s'en aller. Il haussa les épaules, déviant son regard sur le terrain et patienta. Il agita quelque peu ses doigts à l'intérieur de ses poches et souffla fortement comme si cela l'aiderait à se réchauffer. Son attention fut ensuite attirée par Tetsuya qui revenait et son sourcil se haussa une nouvelle fois en le voyant avec toutes ses affaires. Alors quoi, il déménageait ? « Ce serait dommage oui », répondit-il d'une voix basse, en observant son ami lui poser sa veste sur les épaules. Son regard tomba sur celle-ci, l'observant silencieusement comme si le vêtement détenait les réponses à toutes les questions qu'il se posait. Un simple « Merci » écarta finalement ses lèvres tandis qu'il redressait son regard vers son ami. Un léger sourire se posa sur ses lèvres et il plia ses jambes contre son torse, posant son menton sur ses genoux, enfouissant un peu plus ses mains dans le fond de ses poches. Voilà, maintenant il ne bougerait plus.

Sur le coup, Kei préféra ne rien dire. C'était plutôt qu'il ne savait pas quoi dire.
Il aurait pu commenter et dire que oui, en effet, c'était triste. Mais en même temps, Tetsuya méritait-il vraiment que sa femme lui prépare de bons repas ? Il ne pensait pas cela en mal. Il se posait juste la question. Avec tout ce que son ami faisait dans le dos de sa belle, méritait-il qu'elle lui prépare quelque chose ? Méritait-il qu'elle reste plusieurs heures en cuisine pour pouvoir assouvir sa faim ? Des questions qu'il ne poserait jamais à voix haute. Son souhait n'était pas de blesser Tetsuya en le questionnant là-dessus. Il se contenta alors de légèrement hausser les épaules dans une mine quelque peu désolée. Malgré tout, il l'était, désolé pour son ami. Désolé que sa vie sentimentale ne soit pas aussi géniale qu'il ne le voudrait. Désolé que son couple semble battre de l'aile ainsi.
Il ne voulait pas rester sur ce sujet néanmoins, car il ne trouvait rien à y dire ou redire. Il ne savait pas quels étaient les bons mots si bons mots il y avait. C'était peut-être la faute à pas de chance, le destin, la vie ? Qu'est-ce qu'il en savait, vraiment, après tout ?
Son regard voyagea un instant, ne trouvant aucun point sur lequel se concentrer. Le coin de ses lèvres se haussa subitement, une mine amusée se dessinant subtilement sur son visage alors que son visage tombait légèrement sur le côté. Sans réellement le vouloir, il s'était souvenu qu'un jour son père avait dit quelque chose de similaire à propos de sa mère. Il ne l'avait pas dit méchamment, mais pour la taquiner, à ce moment-là. Car c'était son fils qui lui avait préparé son repas. Et ça avait été ce qu'il avait dit pour le complimenter.
Une douce esquisse toujours présente sur ses lèvres, il redressa son visage et se tourna vers son ami. « Ca me fait penser à m... ». Et tout aussi rapidement que le souvenir était venu, il s'en alla. L'amour, la tendresse et le bonheur qu'il avait ressenti en repensant à cet instant s'évaporèrent aussi rapidement qu'ils étaient venus, laissant place à la solitude, à la peine, au deuil, et au froid. Sa gorge se serra, ses lèvres effaçant toute trace de sourire tandis que ses sourcils se froncèrent brièvement. Il cligna des yeux, gardant son regard posé sur le visage de son meilleur ami.
Son expression marqua un nouveau changement, un léger rire ronronna dans sa gorge et il haussa les épaules. « J'ai oublié », qu'il donna simplement comme explications pour ne pas avoir continué ce qu'il voulait dire. « C'était pas important de toute façon », et il détourna ses prunelles vers le terrain une nouvelle fois. Un soupir discret vint s'accrocher à ses lèvres alors que ses doigts se comprimaient entre eux dans ses poches.
Il était tellement « lui » avec Tetsuya que parfois, il oubliait qu'il ne pouvait plus l'être. « C'est bon ? », lui demanda-t-il en désignant la nourriture d'un signe de tête, « Ca te suffit ou j'aurais dû en faire plus ? », il se pinça les lèvres, « J'ai oublié de te ramener un fruit », parce qu'il fallait manger cinq fruits et légumes par jour, évidemment. Et puis aussi parce que ça donnait des forces. Et que c'était sain. Et qu'il fallait surtout qu'il tourne la conversation vers quelque chose d'autre que le silence.
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Sam 7 Oct - 12:01


 Tetsuya & Kei
on your mark
 
 
L’infidélité, Tetsuya en était le roi en la matière et il en avait parfaitement conscience. Tout comme il savait que ce qu’il faisait n’était pas correcte, que c’était mal et qu’il se devait d’être honnête avec sa femme comme il l’était avec ses amantes. Hors, c’était plus facile à dire qu’à faire... Il ne voulait pas la perdre, il tenait à elle sincèrement bien qu’au vue de son attitude, on pourrait en douter. N’était-ce simplement pas possible d’aimer plus personnes à la fois ? Lui-même ne se comprenait pas et aurait envie de se mettre des milliers de claques parfois. Il souhaiterait se reprendre, arrêter de tomber sous les charmes de chaque demoiselle puis de succomber bêtement sous prétexte qu’il avait un besoin immense d’affection. Seulement aussitôt il y songeait, aussitôt ses réflexions s’effaçaient et sa culpabilité s’envolait. Il n’était pas stupide, il se doutait que ça ne plaisait pas à son entourage, pas même à son ami avec qui il se tenait à présent cependant personne n’était dans son esprit pour le comprendre. Puis si déjà lui-même n’était pas capable de deviner la raison de ses agissements, ce n’étaient pas les autres qui pourraient y faire quelque chose. Il était ainsi, il n’était pas en mesure de contrôler ses sentiments et ce n’était pas parce qu’il allait voir ailleurs qu’il ne l’appréciait pas. Certes, ça ne pardonnait pas ses actes cependant il aimerait qu’on ne doute pas de sa sincérité même si avec son comportement, il y avait de quoi. Pourtant, il se démènerait réellement pour le bonheur de ses proches, il se sacrifierait si ça signifiait les protéger d’un malheur imminent, il continuerait de les couver de douceur et de tendresse, d’être présent pour chacun d’entre eux même si pour cela, il devait se lever à quatre heures du matin et qu’il travaillait le jour suivant... Cette vie qu’il avait finirait par se briser un jour, le jeune homme le réalisait. Il n’était pas idiot. Il ne pourrait pas mentir à Hanae constamment, puis un mensonge finissait toujours par être découvert et probablement qu’à cet instant là, il serait terriblement seul. Il s’était préparé à cette idée, il s’était préparé au fait qu’il ne pourrait pas vivre dans sa bulle jusqu’à sa mort qu’arriverait un jour où il paierait le prix de ses mauvais actes. S’il n’en disait rien, ça le terrifiait. Plus que tout, la solitude était ce qui l’effrayait le plus. Le regard que sa femme aurait sur lui en se rendant compte qu’il n’était finalement pas ce mari parfait qu’elle s’imaginait et toute la haine qui se refléterait dans ses prunelles. Hanae ne lui pardonnerait jamais et malgré son attitude égoïste, il n’avait jamais souhaité volontairement la faire souffrir. Il aurait voulu qu’elle soit heureuse et c’était vrai qu’elle méritait bien mieux qu’un imbécile comme lui. Quelqu’un qui l’aimerait pour ce qu’elle était, qui à cause de tout l’amour qu’il éprouverait pour elle ne penserait pas, ne serait-ce qu’une seconde, à aller se réfugier dans les bras d’une autre.

Le pourquoi le joueur n’avait pas cherché à contredire les mots de son camarade, ayant parfaitement conscience de qui il était et du fait que la fidélité n’avait jamais été son fort. Non, il n’avait vraiment aucune excuse.
Un doux rire s’était néanmoins échappé de ses lèvres lorsque Kei expliqua qu’il se passerait bien de ses cours et ça aussi, ça ne l’avait pas grandement étonné. Qui voudrait apprendre à frapper dans la tête des gens ? Ce n’était pas très gentil.

« Que si je n’étais pas marié, il me penserait sûrement gay ? » Avait aussitôt déclaré Tetsuya dans un sourire amusé, haussant les épaules.

Pas besoin de donner de détails pour faire comprendre qu’il parlait bien évidemment de leur relation à tous les deux. Kei était constamment à ses petits soins et il venait le voir assez souvent, plus que sa femme ne l’aurait fait même si elle avait du temps libre.
Sur ses propos, le jeune homme avait fait demi-tour, se saisissant de ses affaires afin, qu’une fois de retour, il puisse déposer chaleureusement sa veste sur les épaules de son ami.

Et oui, certainement qu’il ne méritait pas à ce que sa femme lui prépare de bons repas. Mais dans ce cas, qu’est-ce que ce garçon méritait si on analysait toutes les erreurs qu’il avait pu commettre dans sa jeunesse ? Si Hanae s’était montrée plus présente, si elle lui avait donné toute l’attention dont il avait besoin, l’aurait-il trompé ? Non, jamais il ne se permettrait de lui reprocher son absence puisqu’il s’était engagé en connaissance de cause toutefois son corps, son coeur aussi, avait réagi autrement. La pression était trop lourde à porter, le manque s’était fait de plus en plus fréquent et naturellement, il avait trouvé du réconfort là où il ne pouvait pas en trouver à la maison. Peut-être que oui, en réalité, ils étaient un peu tous les deux en torts dans leurs agissements... Peut-être que Hanae aurait du faire l’effort de revenir plus souvent, de s’occuper de lui comme lui s’occuper d’elle, de lui accorder un peu plus de l’attention et ne pas attendre que Tetsuya soit celui à en donner en premier. Et peut-être que lui aurait du lui faire part du manque qu’il éprouvait de ne pas l’avoir auprès de lui, de la pression qu’il éprouvait chaque jour et du besoin incessant de se tenir à ses côtés. Est-ce que s’ils avaient communiqué dés le départ, s’ils ne s’étaient pas autant précipités, cela n’aurait pas pu sauver leur mariage ? Parfois, oui, il se le demandait mais dés qu’il y réfléchissait, il se disait que c’était de sa faute, c’était à cause de sa personnalité qu’il n’était pas en mesure de modifier. Lui-même ne se voyait pas en mesure de n’aimer qu’une seule femme sauf qu’en vérité, tout ce qu’il avait certainement besoin était quelqu’un de capable de remplir le rôle de plusieurs. Quelqu’un qui aurait tant d’amour à donner que jamais le garçon ne ressentirait l’envie d’aller voir ailleurs. C’était probablement ce qui était arrivé avec Hanae... Au début, elle était comme ça. Elle lui montrait ô combien il était important à ses yeux, elle lui accordait énormément d’importance puis son travail avait fini par dominer tout le reste. C’était compliqué. Et ce n’était sûrement pas maintenant que Tetsuya parviendrait à se déchiffrer.

Son regard s’était automatiquement posé sur son interlocuteur qui n’avait pas terminé la phrase qu’il venait de commencer. Le joueur en avait arqué un sourcil, quelque peu perplexe de sa réaction et encore plus de ce que son ami avait prononcé ensuite. Ce n’était pas la première fois qu’il songeait que ce dernier adoptait un comportement étrange parfois mais parce qu’il le respectait, parce qu’il n’avait jamais souhaité le brusquer et parce que lui-même avait ses petits secrets, il ne l’avait jamais interrogé sur le sujet. Il n’avait jamais joué les curieux non plus, il s’était dit qu’en tant qu’ami, tout ce qu’il pouvait faire était de rester fidèle à lui-même puis d’attendre que Kei vienne de son propre gré s’il avait quelque chose de lourd qu’il souhaitait partager. Voilà pourquoi, Tetsuya s’était contenté de répondre d’un « d’accord » en souriant alors qu’il haussait les épaules de plus bel.

- Délichieux ! S’exclama-t-il alors qu’il avait encore la bouche pleine. Hors, ce n’était qu’après s’être essuyé les lèvres qu’il reprit, Tu sais très bien que je n’en ai jamais assez ~

Malgré ce petit corps, il avait un appétit d’ogre et pourrait avaler tout et n’importe quoi, constamment. Surtout lorsqu’il y avait beaucoup de viandes parce que la viande représentait la vie. Plus que les fruits et les légumes. Ca, il n’en avait jamais été très friands cependant s’il souhaitait manger équilibré, il n’avait pas malheureusement pas le choix que de se forcer la plupart du temps.

- Tu en as assez fait, ne t’inquiète pas.

Réellement, bien qu’il plaisantait, c’était à se demander si ce n’était pas Kei sa femme au vue de comment il prenait soin de lui, encore plus qu’il ne le faisait lui-même. La preuve étant que bien qu’il adorait manger, Tetsuya prenait rarement le temps de déjeuner le midi... Parce qu’il était occupé mais aussi simplement parce qu’il n’avait pas spécialement envie de se préparer quelque chose ou perdre son temps dans un restaurant.

- Qu’est-ce que tu racontes alors ? L’interrogea calmement le garçon tandis qu’il finissait de manger, Ca va le travail ? Ce n’est pas trop dur ? N’oublie pas de te reposer.

Son ami lui paraissait souvent fatigué et non, il n’avait pas envie que ce dernier ne force trop... Il comprenait l’importance de la médecine, ce besoin de vouloir faire le bien toutefois ce n’était pas une raison de négliger sa propre personne.


 
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Sam 7 Oct - 16:07


Tetsuya & Kei
on your mark
 

Il voulait parler de ses parents. Il voulait raconter à quel point il les aimait et à quel point ils étaient des personnes formidables. Les meilleures personnes qu'il n'ait jamais vues. Les meilleurs parents qu'il aurait pu espérer. Les meilleurs humains que la Terre ait probablement connu. Il voulait conter ses aventures étant plus jeune. Il voulait décrire la beauté et le talent de sa mère. Il voulait détailler la passion de son père pour son travail et la chaleur de ses sourires. Il voulait décrire sa maison, sa chambre, son jardin. Il voulait dire qu'à l'époque il aurait toujours voulu avoir un chien, un labrador. Il voulait raconter que son père et lui avaient envisagé à une époque de construire une petite cabane dans le fond du jardin. Il voulait dire à quel point il était proche de sa mère. Qu'elle avait toujours été là pour lui et qu'il voudrait qu'elle le soit encore aujourd'hui.
Il voulait raconter, dire, décrire et détailler chaque souvenir. Chaque pensée. Chaque geste. Chaque parole. Il voulait tout dire, tout laisser sortir. Il voulait se plongeait dans ces souvenirs-là et ne plus en sortir. Il voulait partager mais aussi ressentir les émotions qu'il avait ressenties à cette époque-là. Il voulait ressentir la chaleur, l'amour, le soutien. Il voulait retrouver sa famille, son bonheur, sa maison. Sa vie.
Et ce n'était pas comme s'il ne pouvait pas en parler, en soit.
Il pouvait très bien raconter quelques anecdotes amusantes sur son père ou sa mère. Il pouvait raconter quelques bêtises qu'il avait faites étant enfant. Il pouvait raconter tout ce qu'il souhaitait. Ce fameux dîner qu'il avait préparé pour son père. Ces match qu'ils étaient allés voir ensemble. Ces après-midis qu'il passait avec sa mère dans le jardin. Ces livres qu'elle lui conseillait. Il le pouvait. Rien ne l'en empêchait. Il n'y avait aucune vraie barrière entre lui et ces souvenirs-là. Il le pouvait, donc, mais ne le voulait pas.
Il ne voulait pas parce que ce n'était plus sa vie.
Il ne voulait pas qu'on lui pose trop de questions sur ses parents. Il ne voulait pas qu'on devine qui il a pu être un jour et qui il voudrait toujours être actuellement. Il ne voulait pas trop se replonger là-dedans et y être coincé – alors qu'il y était déjà. Il ne voulait pas s'enfermer dans les émotions d'une époque révolue. La réalité le rattraperait et cela ferait bien plus mal qu'actuellement. Cela serait bien plus douloureux. Et cela rouvrirait une blessure même pas encore guérie. Trop tôt ? Non. Il ne serait jamais trop tôt pour qu'il perpétue le souvenir de ses parents. Il était juste trop tôt pour comprendre. Comprendre que le passé était le passé, et qu'il ne pourrait jamais y revenir. Comprendre qu'il ne pourrait plus jamais revivre ça.
Même si, au fond, il le savait déjà.
Puis il y avait aussi parfois cette envie étrange et égoïste de garder le souvenir de ses parents que pour lui. Cela lui arrivait rarement néanmoins, ça lui arrivait. Ca lui arrivait de ne rien vouloir laisser passer. De tout garder dans son cœur et dans sa tête sans que personne ne le sache. Comme si dévoiler cette partie de lui lui ferait oublier, ou la ferait disparaître à tout jamais. Hors il ne voulait pas. Il voulait vivre dans ces souvenirs éternellement. Il voulait baigner dans cet amour et cette chaleur pour le reste de ses jours, même si ce n'était que par des flash ou des pensées sur son passé. Il voulait être le seul capable de le faire.
Que de sentiments contradictoires en son être... Entre sa nouvelle vie et son ancienne. Son passé et son présent. Celui qu'il était, et celui qu'il croyait être.

« Tu serais gay juste parce que ton meilleur ami t'apporte à manger ? », qu'il demanda avant de hausser les épaules. Il leva rapidement les yeux au ciel dans un bref soupir à peine audible. Ce serait tiré des conclusions hâtives que de dire cela. Évidemment, ce n'était pas tout le monde qui apportait à manger à son meilleur ami régulièrement et qui assistait à ses entraînements. Ce n'était pas non plus tout le monde qui avait un souci d'identité et qui appréciait se sentir à nouveau « lui » en compagnie d'une seule personne. Ce n'était pas non plus tout le monde qui essayait de s'occuper l'esprit en les regardant jouer, ou qui adorait ça pour pouvoir tranquillement penser à son défunt père.
Personne ne pouvait comprendre, de toute manière.
Il n'ajouta rien de plus néanmoins. Il était un peu du genre à en avoir rien à faire de ce que les gens pensaient de lui. Puisqu'il n'était pas réellement celui qu'il laissait paraître.

Se calant un peu mieux, les jambes toujours ramenées contre son torse, il laissait la veste de son meilleur ami lui réchauffer les épaules – et à bien y réfléchir c'était peut-être aussi ce genre de choses qui leur ferait penser que Tetsuya était gay. Enfin, ce n'était pas comme si cela avait une grande importance en soit. Ils pouvaient bien penser ce qu'ils voulaient, tout comme lui pensait ce qu'il voulait d'eux.
Il se sentait bien là. Il avait un peu trop froid, certes, mais il se sentait bien. La présence de Tetsuya avait toujours quelque chose d'apaisant sur lui. Et surtout, c'était avec lui qu'il se sentait un peu plus Kousuke que Kei. Et c'était agréable. Plus que ça même. C'était une bouffée d'air frais à chaque fois.
Sauf que c'était souvent dans ces moments-là qu'il ne faisait plus attention. Il devenait parfois un peu trop Kousuke et en oubliait que Kei existait. Qu'il était là, contre son gré, mais qu'il était bien là. Et qu'il n'avait pas d'autres choix que de vivre avec lui.
Il voulut parler de son père. Il avait en tête ce souvenir qu'il avait voulu partager avant de se rendre compte de sa propre erreur. Il ne voulait pas en parler. Il ne pouvait pas. Ce n'était pas grand chose, un souvenir de rien du tout. Un instant qui dura quelques minutes, juste assez pour le marquer pour toujours. C'était quelque chose qui aurait pu arriver à Kei, avec son père. Mais ce serait tellement étrange pour lui de parler de ses vrais parents comme s'il parlait de ceux de Kei. Ce serait étrange, et perturbant, que de confondre leurs existences juste parce que lui en avait envie.
Alors il s'arrêta, préférant dire qu'il avait oublié ce qu'il voulait dire. Préférant garder ce souvenir pour lui. Préférant cacher cette tristesse qui lui remplissait le cœur et qui coulait sur sa peau. Préférant s'enfuir.
« Tant mieux », articula-t-il lentement dans un léger sourire, « On ne parle pas la bouche pleine par contre », qu'il réprimanda son ami dans un rire, « Et oui je sais. Je te ramène une marmite la prochaine fois » et un autre rire gronda dans sa gorge. Il connaissait l'appétit de Tetsuya et il n'était même pas sûr qu'une marmite pleine soit suffisante.

Posant sa joue sur ses genoux, une légère moue boudeuse au visage, il observa Tetsuya en silence pendant de longues secondes. Qu'est-ce qu'il racontait ? Eh bien rien. Il n'y avait pas grand chose à dire sur le travail. Il faisait la même chose au quotidien sans réellement faire la même chose. Il aidait les gens, les soignait, les conseillait. Il les soutenait quand il le pouvait aussi et faisait de son maximum pour qu'ils se sentent bien. « J'ai jamais grand chose à raconter tu devrais le savoir à force », rit-il faiblement, « Le travail ça va. C'est toujours pareil, sans vraiment l'être », il haussa les épaules, reposant son menton sur ses genoux pour fixer l'air devant lui, « Il y a des jours où c'est plus dur que d'autres. Mais j'aime ça », et un doux sourire vint se poser contre ses lèvres, « C'est dur, mais positivement dur tu vois ? », son sourire devint quelque peu amusé ensuite, « Je me repose t'en fais pas »
Et ce n'était pas bien de mentir.
Hors il ne se voyait pas dire à Tetsuya qu'il dormait peu. Il dormait peu à cause de cauchemars qui venaient polluer sa nuit. Il dormait peu à cause d'images qui incendiaient son esprit dès qu'il fermait les yeux un peu trop longtemps. Il dormait peu parce qu'il se souvenait de tout, mais surtout du pire. Et que s'en souvenir la nuit était encore pire que c'en souvenir en pleine journée. Car dans son lit il était seul. Seul avec lui-même et son passé, et il n'y avait rien ni personne pour le ramener dans la réalité. Il n'y avait rien ni personne qui pouvait empêcher ses idées sombres de courir dans sa tête. Il n'y avait rien ni personne qui lui faisait penser à autre chose l'espace de quelques secondes.

« Et toi alors, qu'est-ce que tu racontes ? », le questionna-t-il en retour, « Le travail se passe toujours aussi bien ? », il sortit un instant les mains de ses poches pour replacer la veste sur ses épaules. Un léger frisson le parcourut et il se pinça les lèvres, se dépêchant de remettre ses mains là où elles étaient. « Le chat a 32 muscles dans chaque oreille », pardon ? « Les requins sont immunisés contre le cancer », il jeta un bref regard vers son meilleur ami, « Tu le savais ? », qu'il lui demanda.
Vive les documentaires animaliers qui passaient à la télé très tôt le matin. Et vive Kei, qui retenait des informations qui ne lui serviraient absolument à rien dans la vie.
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Dim 8 Oct - 11:44


 Tetsuya & Kei
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Comment lui dire ? Non, ce n’était pas uniquement parce que Kei lui apportait à manger que leur relation pouvait semblait bizarre. Mais à cause de leur complicité, à cause de leurs actes à l’un comme à l’autre et probablement aussi au fait que physiquement parlant, Tetsuya n’était pas un exemple virilité #pardonkame. Surtout pas lorsqu’il jouait aux imbéciles constamment, qu’il n’était pas capable de toucher une balle correctement et qu’il se plaignait dés qu’il avait une misérable ampoule à la main sous prétexte qu’il s’entraînait trop. Certainement qu’on aurait songé différemment si on l’avait vu il y a des années en arrière avec une telle aisance sur le terrain, avec une expression dans les yeux qui en avait impressionné plus d’un et une classe inouïe lorsqu’il lançait la balle à plus de cent trente kilomètres heures, l’envoyant directement dans le gant du receveur. A cette époque là, bien qu’il soit plus jeune, il n’était pas le même homme. On ne le voyait pas comme un petit être fragile mais comme une personne forte à qui on aimerait ressembler. Un rôle qu’il n’avait plus aujourd’hui et dont il ne cherchait pas réobtenir non plus. Lui aussi n’avait que faire de ce que pouvait en dire ses coéquipiers, qu’ils le considèrent comme un garçon fragile, stupide et gay s’ils le désiraient. Il s’en fichait. Premièrement parce qu’il ne voyait pas ça comme une honte, on aime qui on veut, et certaines personnes homosexuelles sont d’ailleurs bien plus heureuses que celles hétérosexuelles... Et ensuite, deuxièmement, parce que lui savait ce qu’il valait, il savait qui il était réellement donc le reste n’avait pas d’importance. Du moment que ses proches eux croyaient en lui, il n’avait pas besoin de la compassion des autres.

Kei était un ami très précieux à ses yeux, le plus précieux même et Tetsuya savait que lui ne le jugerait jamais, qu’il accepterait toujours tel qu’il était. Peut-être éprouvait-il une trop grande confiance en ce garçon néanmoins oui, il savait que quoi qu’il arrive, son ami serait là. Il connaissait ses défauts autant que ses qualités et malgré tout, il n’avait toujours pas pris la fuite. Il continuait d’écouter chacune de ses bêtises que le joueur lui racontait, il continuait de supporter chacun de ses mauvais actes sans le lui reprocher... Il continuait de le respecter. Ce n’était pas tout le monde qui avait la chance d’avoir un ami comme Kei auprès d’eux, d’avoir un ami qui assistait à vos entraînements pratiquement tous les jours puis qui vous apportait à manger. Tetsuya avait beau être un très grand demandeur d’attention, il n’en demandait pas tant cependant son camarade le faisait quand même. Il ne le remercierait jamais assez pour tout ça.

« Non. » Avait-il alors répliqué dans un léger rire « Je serais gay parce que je suis tout le temps collé à mon meilleur ami et que, la virilité ce n’est sûrement pas mon fort ? »

C’était bien si déjà, il le reconnaissait. Pourtant, il n’était pas maigre, il était même un peu musclé et ce n’était pas la force dans les bras qui lui manquait. Parce que s’il était nul ici, ça ne l’empêchait pas de s’entraîner à côté et de prendre soin de son corps en faisant du sport. Mais la vérité était que sans parler de son visage fin, son attitude ne l’aidait pas à paraître plus « homme ». Ce qui ne signifiait pas qu’il ne l’était pas dans le fond et le plus important de toute manière était que lui avait conscience de ce qu’il valait.

Et s’il avait été intrigué par la réaction de son vis-à-vis, qu’il avait envie de lui poser tout un tas de question, le jeune homme était resté silencieux sur le sujet. Ca l’inquiétait, ça le tracassait même plus que ce qu’il ne le montrait parce que si Kei se comportait de la sorte, c’était qu’il cachait quelque chose... Il ne lui en voulait pas pour ça, lui aussi avait ses propres secrets néanmoins c’était justement la raison pour laquelle Tetsuya se tourmentait. Il espérait que son camarade ne souffrait pas trop et qu’il ne s’embêtait pas à porter tout seul un trop lourd fardeau sur ses épaules.

« C’est pas de ma faute si c’est trop bon ! » S’était mis à rigoler gentiment le joueur, une fois qu’il eut finit de manger ce qu’il avait dans la bouche. « Et je ne dis pas non pour la marmite ~ »

Certainement que le concernant, manger était sa deuxième passion. Il pourrait avaler tout et n’importe quoi du moment que ce n’était pas trop sucré. Il n’avait jamais été très fanatique des pâtisseries en tout genre même si ça ne l’empêchait pas de se régaler avec une bonne glace. Ca, par contre, il adorait et autant que son amour qu’il avait pour la viande d’ailleurs. Les glaces et la crème fouettée, c’étaient si bon.    
Lorsqu’il eut terminé, il rangea soigneusement le tout dans un « Merci pour le repas » avant de tout remettre dans le sac puis de porter son attention sur son camarade assis à ses côtés.

Un sourire naquit sur ses lèvres tandis qu’il l’écoutait, heureux d’entendre que malgré les difficultés de son métier, Kei aimait ce qu’il faisait. Toutefois, son expression chaleureuse se changea rapidement en quelque chose de plus sévère, ses sourcils se fronçant automatiquement alors que son camarade osait lui avouer qu’il se reposait. Si c’était vrai, alors qu’est-ce que c’était que ses cernes sur sa figure, hm ? N’était-il pas en train de se moquer de lui ?

« Est-ce que je dois aussi parler de la marmotte ? »

A croire que l’un comme l’autre n’étaient pas mieux. Si on pensait qu’Ichiro était bizarre, il fallait peut-être également remettre en question ces deux là. Quel genre de réprimande lui sortait-il là ? Pour sa défense, Kei était celui qui avait commencé quelques minutes plus tôt afin de lui faire comprendre qu’il ne le croyait pas. C’était la même chose pour Tetsuya. Il ne le croyait pas. Pas même une seconde.

« Toujours. C’est assez fun, même si c’est intense » Lui avait-il répondu en rapport à son travail.

S’il devait choisir, il souhaiterait faire autre chose que de servir des gens et avoir un métier bien plus stable cependant il n’avait pas eu la chance de pouvoir faire des études. Et ça lui arrivait parfois d’y songer, ne pouvait-il simplement pas retourner à l’université ? Ou ne serait-ce que prendre des cours par correspondance. Hors, il n’avait pas le temps pour ça, ni les moyens d’ailleurs et il refusait de compter sur l’argent de son père pour s’en sortir.
Tandis qu’il comptait replacer le sujet sur la fatigue de son meilleur ami, il fut pris de court par les propos de ce dernier, l’obligeant à papillonner des paupières sous la surprise. Qu’est-ce que... Un faible rire sortit de sa bouche avant qu’il ne lui déclare que non, il ne le savait pas et qu’il dormirait moins bête ce soir.

Cependant, ça n’avait pas été suffisant pour lui faire oublier la conversation d’avant et il s’était machinalement rapproché de l’infirmier, ses doigts lui pinçant doucement la joue.

- Tu sais que normalement on punit les menteurs ? Est-ce que tu as vu ta tête ?

Evidemment que lui s’inquiétait et il n’avait nullement l’intention de le lui cacher.

- Tu devrais venir passer quelques jours à la maison.

Ainsi Tetsuya pourrait avoir un oeil sur lui, le surveiller et s’assurer que son ami se repose correctement. Hanae ne dirait pas non puis de toute façon, ce n’était pas comme si elle était souvent là ces derniers temps. A croire qu’elle préférait dormir à l’hôpital plutôt que rentrer à la maison... Et ça s’étonnait encore que le jeune homme ne soit pas raisonnable ? Bien sûr il la comprenait, sa femme était passionnée et son travail était plus qu’important pour elle cependant elle en oubliait parfois le reste.


 
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Dim 8 Oct - 15:04


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Mentir.
Petit, on lui avait dit que ce n'était pas bien. Petit, sa mère avait mis un point d'honneur à ce que son fils dise toujours la vérité. Bien évidemment, comme tous les enfants, il n'avouait pas à chaque fois qu'il avait fait une bêtise. Il inventait parfois des histoires folles pour espérer s'en sortir. Il inventait d'autres histoires, d'autres péripéties. Il en inventait parfois auprès de ses ami(e)s à l'école. Et parfois le soir quand il rentrait à la maison.
Son père lui avait toujours fait remarquer qu'il n'y avait pas de « petits » mensonges. Parce qu'un mensonge restait quelque chose de faux, et que l'on ne pouvait se cacher derrière celui-ci. Un mensonge restait une manière de faire disparaître la réalité pour l’accommoder à notre vision, à notre façon de pensée, à notre bon vouloir. Un mensonge, même petit, pouvait blesser. Il pouvait briser quelqu'un. Trahir sa confiance.
Un mensonge était formé de mots. Et les mots plus que les coups étaient plus douloureux à supporter. Plus douloureux à porter tout au long de sa vie.
Ses parents avaient toujours mis un point d'honneur là-dessus. Et lui avait toujours essayé d'y tenir. Il était jeune, innocent, et il ne comprenait pas encore le monde à ce moment-là, mais il essayait.
En grandissant, il tenta de s'y accrocher. Il ne devait pas mentir. Les mensonges ne menaient à rien. Et tout finissait toujours par se savoir. La vérité finissait toujours par éclater, qu'on le veuille ou non.
Et Kei avait cette sensation horrible de trahir ses propres convictions. Il n'aimait pas le mensonge. Il avait appris à détester cela grâce à ses parents. Il avait appris à bannir les fausses vérités de sa manière de penser, et de vivre. Hors, le voilà aujourd'hui, à 26 ans, en train de mentir continuellement. N'était-ce pas ironique, au final, cette façon que la vie avait de tout retourner contre nous ? Il s'était juré de mentir le moins possible, avec l'idée farfelue que le monde serait meilleur ainsi, sous les regards fiers de ses parents.
Et le voilà, vivant dans le plus gros mensonge qu'il n'ait jamais connu.
Et le voilà, en étant ce plus gros mensonge là.
Car c'était ce qu'il était, pas vrai ? Il était un mensonge. Une supercherie. Il était un autre, tout en voulant être lui-même. Il était lui-même, tout en devant devenir quelqu'un d'autre.

« C'est cliché », répondit-il, « C'est pas parce que t'es pas viril que t'es gay », il haussa les épaules, « Et puis, avant de dire ça, il faudrait définir la norme de virilité. C'est absurde ». Les clichés. Eux aussi n'étaient que mensonges, dans un absolu un peu flou. Même définir la norme comme il venait de le dire ne servait à rien. Un homme pouvait être viril, et gay. Tout comme un  homme pouvait être peu viril et hétéro. L'un n'allait pas forcément avec l'autre. L'un n'était pas lié à l'autre. C'était idiot de vouloir à tout prix les mettre ensemble. Une femme pouvait être très féminine et aimer les autres femmes. Une femme pouvait avoir les cheveux courts et s'habiller comme un garçon et aimer les hommes. Un homme pouvait aimer le rose et les choses mignonnes et aimer les femmes. Qui avait un jour décidé que ces clichés étaient des vérités saines et réelles ? Qui avait un jour décrété que les hommes non virils étaient gay tandis que les autres étaient des purs hétéros ? C'était complètement stupide. Les clichés s'arrêtaient à peu de choses et n'allaient pas plus loin. Ils s'arrêtaient à ce qu'il y avait en surface et ne cherchaient pas en profondeur. Kei détestait cela, les clichés. Dans l'absolu, il était aussi un cliché d'un homme gay. Il avait tout le temps froid, il n'était pas très doué en sport, il n'était pas spécialement un exemple de virilité pure. Alors on devrait le ranger dans ce sac-là aussi à cause de ses critères précis ? Personne n'avait songé qu'il s'agissait juste de sa personnalité et que cela n'avait rien à voir avec son attirance sexuelle ? Eh bien non. Personne n'y pensait. Tout le monde se contentait de savoir cela pour le placer dans un certain groupe.
Idiot. C'était tellement idiot.  

« Je te ferai une marmite alors la prochaine fois », et Kei était capable de le prendre aux mots – mais bon une marmite c'était lourd, fallait pas déconner. Il était un peu idiot parfois, mais totalement fou – quoi que.
Heureux que le repas ait plu à son ami, les lèvres s'étirèrent en une fine esquisse. Un air satisfait étira lentement les traits de son visage. Il ne savait pas comment Tetsuya faisait pour manger autant. Lui se contentait de trois fois rien. Par exemple, ce qu'il avait emmené aujourd'hui, il n'aurait même pas réussi à manger la moitié. Et encore, ce n'était pas grand chose. Il n'était pas quelqu'un qui avait besoin de manger énormément. Il n'avait jamais eu un grand appétit de toute façon, et cela ne l'avait jamais empêché de vivre. Même si cela avait souvent inquiété les parents de ses ami(e)s à l'époque, et sans doute que cela inquiétait ses proches aujourd'hui aussi. Hors il ne pouvait pas changer cela.
Cela faisait au moins une chose sur laquelle il ne mentait pas – yay.

« Me parler de la marmotte ? », il cligna des paupières un instant, ne comprenant pas pourquoi Tetsuya lui parlait soudainement de la marmotte. Avait-il un fait intéressant à raconter sur l'animal ? Tiens. Oui. Il ne connaissait pas grand chose sur les marmottes. A part qu'elles emballaient le chocolat dans le papier d'alu. Ha. Il fronça quelque peu les sourcils, n'ajoutant rien de plus et hochant la tête à la réponse de son ami. Il ne s'imaginait pas serveur. Cela devait être épuisant. Chaque métier l'était, cependant, et tout dépendait toujours du point de vue n'est-ce pas ?

Les documentaires étaient un peu une passion cachée. Enfin, pas si cachée que ça puisqu'il lui arrivait de déballer des informations comme si de rien n'était. Tout comme il venait de le faire. En général, il les regardait pour passer le temps. Parce qu'il était réveillé tôt le matin et qu'il fallait bien s'occuper en rangeant. Ou qu'il fallait bien s'occuper tout court. Le pire dans tout ça était qu'évidemment, il retenait des informations totalement inutiles pour son propre bien. Mais bon, cela faisait un sujet de conversation...
Un « Mais » de protestation un peu mou lui brûla les lèvres alors qu'il reculait son visage. Il se massa mollement la joue que Tetsuya venait de pincer, lançant un regard perdu à son meilleur ami. C'était pour quoi, ça ? C'était quoi cette attaque gratuite et totalement non méritée, hein ? Il pouvait porter plainte, pour pinçage de joues excessif, oui monsieur !
Punir les menteurs, hein. Un léger rire amer résonna maladroitement dans le fond de sa gorge. S'il savait... Sa main repartit directement dans sa poche et un faible soupir écarta ses lèvres. « Je l'ai vue dans le miroir ce matin oui. Elle était encore là, heureusement » et une esquisse amusée brûla sa bouche. « Passer quelques jours à la maison ? », demanda-t-il, les sourcils quelque peu levés dans un air surpris, « Pourquoi ? »

Pas que cela le dérangeait réellement de passer quelques jours en sa compagnie. Il ne comprenait juste pas d'où cela sortait, ni la raison derrière cette proposition. Et puis, il y avait aussi ses cauchemars. Une nuit ou deux, il arrivait à supporter, à feinter, à masquer. Plus de deux nuits, cela commençait à devenir compliqué, surtout les mauvais rêves ne venaient pas toquer à sa porte avant de s'installer. Dernièrement ils semblaient être plus fréquents que d'habitude et il ne voulait pas prendre le risque d'en faire alors qu'il était chez son meilleur ami. Bien qu'il se doutait que ce dernier ne lui poserait pas de questions s'il en faisait un, mais il ne voulait pas perturber son sommeil ou celui de sa femme. Kei avait aussi l'habitude d'être seul après un cauchemar. L'habitude et l'envie d'être seul.
Et si Tetsuya savait qu'il faisait des cauchemars, il s'inquiéterait probablement encore plus. Il n'avait pas besoin de ça.
« C'est vrai qu'être chez toi serait plus pratique pour te préparer cette marmite », dit-il en riant quelque peu. « Ca m'éviterait de la porter partout », ça lui soulageait déjà les épaules. Même si en réalité il ne se serait jamais amusé à se trimbaler avec une marmite partout. « Une prochaine fois peut-être ? », tenta-t-il en jetant de brefs regards vers son meilleur ami. Il n'allait tout de même pas à le forcer, si ? Un soupir quitta bruyamment ses lèvres et il tourna son visage vers lui, marmonnant un « Je suppose que j'ai pas le choix, c'est ça ? »
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Lun 9 Oct - 10:23


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En effet, c’était cliché. Mais les gens vivaient de stéréotypes, ça avait toujours été ainsi et ce n’était pas maintenant que ça risquait de changer. Kei avait raison... La carrure d’un homme ne définissait pas son orientation sexuelle, ni ses goûts ni ses couleurs cependant l’être humain se fichait pas mal de ces détails. Il jugeait sur ce qu’il voyait, sur ce qu’il pensait et le reste, il n’en avait strictement rien à faire. La preuve étant que la plupart de ses coéquipiers étaient encore aujourd’hui choqués qu’un garçon comme Tetsuya puisse être marié. Ils en doutaient même parfois car ils n’avaient jamais vu sa femme, juste quelques photos et cette alliance qui entourait son doigt. Ils n’avaient pas d’autres choix que de le croire cependant en observant chacune de ses attitudes, son idiotie à toute épreuve, sa nullité... Il était certainement difficile de croire qu’un homme aussi stupide que lui puisse avoir quelqu’un dans sa vie. Ce n’était pas question que de son orientation sexuelle, c’était juste invraisemblable. Sauf qu’aucun d’entre eux ne le connaissait réellement, ils ignoraient chacune de ses qualités et chacun de ses défauts. Ils ignoraient qu’il n’avait pas qu’une femme mais qu’il avait également plusieurs amantes parce que toutes appréciaient sa compagnie, sa douceur et l’attention qu’il leur accordait. Il n’était pas qu’un garçon idiot qui n’était pas en mesure de frapper une balle de baseball et qui racontait des bêtises à tout bout de champs. Il était bien plus que ça. Donc qu’on le pense gay si ça les enchantait, qu’on l’imagine avec Kei si ça leur faisait plaisir, Tetsuya n’avait pas l’intention de changer pour autant. Il était qui il était et il n’avait pas envie de devenir quelqu’un d’autre juste pour leurs beaux yeux. S’il avait envie d’être proche de son meilleur ami, c’était son problème. S’il ne voyait pas souvent son épouse et qu’il la trompait à plusieurs reprises, ça ne concernait que lui également. Eux là-bas, ils n’avaient rien à redire.

Plutôt que s’entêter à répondre, le garçon s’était contenté de rire légèrement et d’acquiescer les dires de son camarade. Il n’avait pas tort dans ce qu’il disait mais Tetsuya ne souhaitait pas non plus se lancer dans un débat philosophique sinon pour sûr qu’ils auraient pour toute la soirée, si ce n’était pas toute la nuit.

« Je te prends aux mots » Avait-il rigolé à la mention de la marmite « Je vais avoir des grandes attentes la prochaine fois, je te préviens ! »

Kei devait forcément savoir que son ami plaisantait. Il ne lui en demanderait jamais autant... Il était déjà tellement content d’avoir quelqu’un pour lui tenir compagnie puis être à ses petits soins comme ça que non, jamais il ne se permettrait d’en demander plus.
Et oui, lui parler de la marmotte. La fameuse qui met son chocolat dans le papier d’alu. Parce que son camarade était littéralement en train de se moquer de lui et c’était la même raison pour laquelle Tetsuya, après lui avoir parlé brièvement de son travail, n’avait pas hésité à lui pincer la joue. Il n’en donnait sûrement pas l’air toutefois il se faisait du souci. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait son vis-à-vis dans de telles conditions et il doutait que ce dernier se repose autant que ce qu’il déclarait.

« Ca aurait été bizarre qu’elle soit partie de toute façon. Je m'inquiéterais si ta tête se détachait aussi facilement. »

Il pourrait le rebaptiser « Robot Nishimura ». Cela lui irait bien. Mais non, ce n’était pas le sujet ni le moment de partir dans des réflexions étranges.

« Est-ce que tu demandes vraiment pourquoi ? » Avait rétorqué sévèrement Tetsuya en fronçant ses sourcils « Je pense que ton miroir doit être cassé. »

Autant l’un que l’autre, ne pouvaient-ils pas dire les choses clairement plutôt que raconter des bêtises pour exprimer ce qu’ils pensaient ?! Heureusement qu’ils se comprenaient sinon ça serait quelque peu embêtant.
A la nouvelle mention de la marmite, le joueur hocha la tête, c’était vrai que ça serait plus pratique s’il était directement chez lui... Cependant son expression changea aussi rapidement qu’elle était arrivée lorsque Kei tenta de décliner son invitation et que ses sourcils se froissèrent de plus bel dans un air des plus strictes.

- Non. Tu n’as pas le choix. Je pourrais te surveiller de plus près comme ça, et je prendrais soin de toi, tu verras ~

C’était à se demander qui, entre les deux, était la femme au foyer... Pas un pour rattraper l’autre.

 
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Lun 9 Oct - 14:27


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Y avait-il un bon moment pour annoncer la vérité ? Existait-il un timing frôlant la perfection pour déballer la vérité ? Peu importait combien elle était difficile et lourde. Peu importait combien elle était dure à affirmer. Peu importait combien elle était dure à entendre. Y avait-il un bon moment ? Kei entendait souvent parler de cela. Il les entendait parler de ce « bon moment ». Il en avait entendu des couples se disputer à l'hôpital, l'un reprochant à l'autre que des « bons moments » pour en parler, il y en avait eu des tas. Tout cela ne dépendait-il pas de la personne ? De celle qui allait tout avouer ? De celle qui allait se mettre à nu ? De celle qui allait devoir affronter regards et questions ? Tout dépendait d'elle. Et le temps que cette personne-là ne se sentait pas assez bien pour tout dire, il n'y avait pas de bons moments. Il n'y en aurait probablement jamais. Car il y avait des vérités qu'il valait mieux cacher. Des vérités qui étaient beaucoup mieux quand elles ne se savaient pas.
Même s'il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas mentir. Il n'avait pas été éduqué de cette façon.
Et plusieurs fois il s'était surpris à vouloir déclarer la vérité. Plusieurs fois il avait écarté les lèvres, près à révéler qui il était, pourquoi il était là et qui il fuyait. Mais dans ces moments-là, sa gorge se serrait au point que sa respiration devenait chaotique. Son cœur tambourinait tellement fort qu'il était sûr qu'il allait sortir de son torse. Et ses pensées tournaient dans les sens au point de lui donner la nausée.
S'il ne disait rien c'était pour se couvrir. Pour se protéger de son oncle. Pour que personne ne sache qu'il était encore en vie. Et c'était idiot. Il se disait parfois qu'il n'en avait rien à faire que son oncle ne le retrouve, et qu'il achève ce qu'il avait commencé. Il ne lui restait plus rien, alors pourquoi ne pas en finir directement ? Pourquoi ne pas laisser cette joie à son oncle ?
Hors, au fond, il était tétanisé à l'idée de se retrouver à nouveau face à cet homme. Il en avait le souffle coupé rien que d'imaginer. Il était apeuré de le revoir. Il était apeuré de revivre la même chose.
Lui en voudrait-on, un jour, si l'on apprenait la vérité ? Lui en voudrait-on d'avoir cherché à sa cacher ? D'avoir menti ? Lui en voudrait-on de s'être dissimulé derrière une autre identité ? Lui en voudrait-on de s'être protégé ? D'avoir eu peur ? D'avoir été lâché au point de ne rien pouvoir avouer ? Lui en voudrait-on ?
Il espérait que non. Mais il savait très bien que oui, on lui en voudrait.

Il voulait tout dire à Tetsuya, et en même temps, il voulait rester silencieux.
Il voulait pouvoir affirmer à Emi que oui, il était bien ce Kousuke dont elle parlait, mais en même temps non, il voulait rester caché.
Il voulait raconter son histoire mais en même temps, il avait peur d'en parler à voix haute.
Et il avait surtout peur de son oncle, et des conséquences qui se joueraient s'il en venait à tout dévoiler.

Riant doucement aux propres de Tetsuya, il hocha lentement la tête, approuvant ce qu'il disait dans le plus silence le plus total. Il se doutait bien qu'il ne dirait pas non à une marmite pleine de nourriture. Et il se doutait aussi qu'il aurait de grandes attentes.
Heureusement pour lui, et pour Tetsuya, il n'était pas mauvais cuisinier. Il n'était pas le meilleur, loin de là, il avait pas mal de lacunes dans le domaine. Mais il s'en sortait plutôt bien. Il avait à concocter de bons plats suffisamment équilibrés.
Et c'était à en perdre la tête avec cette marmite et cette marmotte. Il espérait que son ami n'insiste pas trop sur le fait qu'il mentait. Il se sentait déjà assez mal à l'aise comme ça.... Parce que si son meilleur ami savait, pour sûr qu'il ne le regarderait plus de la même manière. Peut-être même qu'il le fuirait ? Peut-être même qu'il ne voudrait plus jamais lui adresser la parole ? Trop de risques. Pas assez de chances.
Il y avait des fois où le silence était la réponse la plus intelligente, et surtout la plus logique.

« Ouais t'as raison », souffla-t-il, « Ce serait trop bizarre » et il haussa quelque peu les sourcils en s'imaginant pouvoir retirer sa tête de son corps. Si cela arrivait il n'y aurait clairement plus grand chose à faire pour lui. A moins qu'il ne soit un androit venant d'une autre planète. Là c'était possible. Mais il n'était pas un android alors... « Oui je demande vraiment pourquoi », déclara-t-il d'une voix posée. Car il voulait savoir. Il voulait comprendre. Même s'il se doutait des raisons qui poussaient Tetsuya à lui proposer cela. Il n'avait pas besoin qu'on veille sur lui. Du moins, il pensait ne pas en avoir besoin. Dans le fond, il lui fallait probablement – mais ce n'était pas comme s'il allait l'avouer. « Mon miroir va très bien, merci pour lui », un petit sourire se posa sur sa bouche. « Il te passe le bonjour d'ailleurs »
Il voyait bien l'inquiétude dans les mots de Tetsuya. Il la sentait, aussi. Mais il était persuadé que si Tetsuya avait vent de ses cauchemars, il le serait encore plus. Son ami avait déjà ses propres soucis, il n'avait pas besoin que Kei lui en rajoute. Il avait vécu jusque là de cette façon. Il pouvait continuer. Il était habitué et son corps aussi. Et pour sûr qu'il n'arriverait jamais à changer ce fait-là.

Un faible rire passa la barrière de ses lèvres alors qu'il levait les yeux au ciel, amusé. Il observa quelque peu son meilleur ami et secoua brièvement son visage dans le vide. « T'as pas besoin de me surveiller tu sais », répondit-il, « Je suis assez grand pour le faire tout seul », et il ponctua ses mots d'un doux sourire.
Il n'avait pas besoin que son meilleur ami perde son temps avec lui. Il n'avait pas besoin que Tetsuya sache qu'il ne dormait pas beaucoup, il devait déjà le savoir. Il n'avait pas besoin qu'il le voit en pleine panique à cause d'un mauvais rêve. Il n'avait pas besoin de comprendre que quelque chose hantait ses souvenirs.
Il ne voulait pas qu'il sache la vérité. Car jusque là, tout s'était bien passé ainsi. Et cette routine le réconfortait plus qu'il ne le disait.
« On verra », dit-il, le regard perdu au loin droit devant lui, comme pour conclure le sujet. Comme pour faire basculer la conversation vers autre chose. Son sommeil était perturbé et Tetsuya ne pouvait rien y faire, peu importait la volonté qu'il y mettait. Il n'y avait rien à faire. Et il ne voulait pas, non plus.
C'était une sorte de punition qu'il s'infligeait pour avoir abandonné son nom. Une sorte de punition qu'il subissait de lui-même parce qu'en empruntant le nom de Nishimura Kei, il avait eu la sensation de renier ses origines, et de renier ses parents. Les images étaient là pour lui rappeler que non, il était toujours le même. Qu'il se mentait à lui-même et qu'il mentait aux autres, mais que la vérité était toujours là, dans le fond de ses souvenirs et de ses pensées.
Mais ça, il ne pourrait pas l'expliquer. Il ne pourrait pas faire comprendre à Tetsuya que c'était ainsi, que ça ne changerait pas et que d'un côté il ne voudrait pas que ça change. « Tu vas faire quoi après ton entraînement ? », lui demanda-t-il pour passer à un autre sujet que sa fatigue apparemment voyante, « Faudrait que j'aille faire des courses demain », dit-il, « Après ma garde », qu'il ajouta dans un mouvement d'épaules, « J'ai plus de produits pour les vitres », précisa-t-il, comme si ça allait changer quelque chose à la vie de Tetsuya de le savoir, « J'en ai plus beaucoup pour le sol non plus », et remplir ton frigo non ? « Et il me faut des fruits », ah enfin. Il ne pensait pas qu'à remplir son placard pour produits de nettoyage... « Et des légumes », et tu voulais pas lui faire la liste complète de tes courses encore non !?
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MessageSujet: Re: on your mark | ft Tetsuya   Jeu 12 Oct - 12:53


 Tetsuya & Kei
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Il y avait ces jours où oui, Tetsuya aimerait secouer son ami. Et le taper, gentiment bien sûr, afin qu’il arrête de dire des âneries. Etait-il n’importe qui à ses yeux pour que Kei essaie de lui faire croire que tout allait bien et que non, il n’était pas fatigué. Bien qu’on pouvait s’en poser la question parfois, le joueur n’était pas aussi idiot que ce qu’il montrait. C’était vrai qu’il ne disait jamais rien, qu’il n’interrogeait jamais son camarade sur son comportement étrange parfois, sur cette fatigue qui marquait incontestablement ses traits, ni même sur son passé d’ailleurs. Evidemment qu’il s’y intéressait, qu’il y avait des tas de choses que Tetsuya aurait aimé savoir afin d’être plus en mesure de soutenir son ami cependant si celui-ci ne souhaitait pas en parler, il n’avait pas à le forcer. Hors, à la place il lui répétait souvent de compter sur lui s’il avait besoin d’une oreille pour l’écouter, de bras pour le réconforter ou ne serait-ce qu’un peu de compagnie pour lui changer les idées. Est-ce qu’il avait tort de ne s’être jamais montré plus curieux ? Le jeune homme n’en avait pas la réponse néanmoins c’était parce qu’il le respectait, parce qu’il ne voulait pas le brusquer et surtout, parce qu’il ne souhaitait pas le tourmentait qu’il restait silencieux. A sa manière, il le soutenait... Ce n’était pas simple puisqu’il ignorait quelles choses troublaient l’esprit de son camarade, à quels degrés celles-ci étaient fortes ou non, alors tout ce qu’il pouvait faire, c’était d’être présent, de continuer de sourire tel l’idiot qu’il était et de ne jamais le laisser tomber. Il avait déjà perdu quelqu’un de précieux par le passé, il ne le supporterait pas une seconde fois... Alors oui, observer son ami dans cet état à l’heure actuelle ne lui convenait pas et si son expression avait été sévère, dans le fond, en plus de l’inquiétude, c’était aussi une certaine colère qui l’accaparait. Il détestait cette idée qu’on tente de le mettre à l’écart sous prétexte que ça irait, qu’on n’avait pas envie de le tracasser... Hors, c’était à cause de ce genre de réflexion stupide qu’il n’avait rien pu faire pour Jun à l’époque, qu’il n’avait rien vu et que la culpabilité n’avait cessé de défiler dans ses veines. Kei ne pouvait-il pas comprendre cela ? Ne pouvait-il pas comprendre qu’en amitié, on ne se soutient pas uniquement dans les bons moments mais dans les mauvais aussi ? Donc, il pouvait bien tenter de détourner le sujet s’il le désirait, raconter des bêtises, en espérant que Tetsuya ne reviendrait pas à l’attaque dessus seulement ce serait mal le connaître.

« Quand je vois ta tête, j’en doute un peu. » Avait-il rétorqué avant de croiser ses bras à son torse, un geste comme un autre qui exprimait extérieurement le mécontentement qu’il éprouvait au fond de lui.

L’infirmier déclarait être assez grand pour le faire tout seul et lui, il n’y croyait pas un mot. Il ne s’agissait là que des paroles en l’air, que des mots qui étaient censés le rassurer mais qui en réalité ne le touchaient pas le moins du monde. Puisque lui ce qu’il notait, ce n’étaient pas les dires de son meilleur ami mais bel et bien le teint de sa figure ainsi que ses cernes qui bordaient ses yeux. Tetsuya n’avait pas relevé son « on verra » non plus, songeant simplement que non, il n’y avait pas de « on verra » qui tenait, que son camarade n’avait pas le choix et le fait qu’il essaie vainement de parler d’autres choses l’agaça plus que de raison. Le pourquoi d’ailleurs plutôt que lui répondre, tandis que ses sourcils s’étaient froncés afin de le dévisager, ses doigts attrapèrent sa joue sans la relâcher pour autant. Si c’était ce qu’il fallait à son ami pour se réveiller alors il continuerait de lui pincer le visage. Non mais.

- Je crois que tu n’as pas bien compris. Mais tu viens à la maison et ce, dés ce soir. Donc tes courses attendront encore un peu.

Sur ses dires, ses phalanges lui tirèrent la peau un peu plus fort avant de finalement se détacher pour aller tapoter gentiment le haut de sa tête.

- Après mon entraînement, on va passer chez toi prendre quelques affaires et on rentrera, Expliqua alors le joueur, n’éteignant pas une seule seconde cet air sérieux qui bordait son visage.

Kei le connaissait et il devait aussi savoir que lorsque Tetsuya arborait une telle expression, il était préférable de ne pas se montrer trop borné. Surtout que non, il ne changerait pas d’avis.

 
AVENGEDINCHAINS
 



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Above the clouds
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