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 i don't know me anymore | ft Emi

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Nishimura Kei
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MessageSujet: i don't know me anymore | ft Emi   Mar 26 Sep - 16:06


  Emi & Kei
i don't know me anymore
 
 
Kei n'était pas quelqu'un qui dormait énormément. Depuis le meurtre de ses parents, il avait du mal à trouver un sommeil doux et léger. Il n'aimait plus ça, dormir. Dès qu'il fermait, les mêmes images défilaient inlassablement derrière ses paupières closes. Parfois plus violemment que d'autres. Parfois plus lentement que d'autres. Il revoyait le corps de sa mère qui tombait sur le sol et il se sentait pétrifié. Son subconscient travaillait tellement bien que parfois, il lui montrait son père. Et quand ce n'était pas ses parents qu'il voyait, c'était son oncle. Son oncle qui le pourchassait dans toute la maison, un couteau à la maison. Dans les deux cas, il se réveillait toujours le cœur battant, le corps alourdi par la peur et la respiration coupée. Alors, pour ne pas devoir subir cela trop souvent, il dormait le moins longtemps possible. Certaines nuits, ça fonctionnait. Certaines nuits, il ne cauchemardait de rien. Et quand il n'avait pas de visions horribles sur les événements marquants de sa vie, Kei ne rêvait pas.
Et s'il rêvait, il ne s'en souvenait pas au réveil.

Aujourd'hui, et comme souvent, il était réveillé avant que le son de son réveil ne résonne dans sa chambre. Il fixait le plafond d'un air las tentant de savoir pourquoi il faisait exactement tout ça. Pourquoi il se levait. Pourquoi il allait travailler. Pourquoi il se faisait des ami(e)s, et des ennemi(e)s. Pourquoi forçait-il souvent un sourire sur ses lèvres. Pourquoi ne criait-il pas son malaise.
Puis il se souvenait. Ce n'était plus sa vie. Depuis longtemps. C'était celle d'un autre. Et il avait dû s'y habituer. Il s'était forgé une image, une personnalité. Il était devenu quelqu'un d'autre. Nishimurai Kei avait des obligations. Il devait se lever, et travailler. Il devait sourire pour réconforter et apaiser les patients.
Dans le fond, c'était étrange. Même pour lui. On pourrait croire qu'il s'était habitué à ce nom, et cette vie. Mais c'en était tout autre. Ce n'était pas la sienne. Tout ce qu'il vivait, ce n'était pas à lui. Tout ceci n'appartenait pas à Hoshikawa Kousuke tout simplement car ce dernier était mort en mars 2011 sur un lit d'hôpital suite aux blessures infligées par son oncle. Une personne normale aurait prit cela comme un renouveau, un moyen de vivre une autre vie, une meilleure. Mais Kei ne pouvait pas. Il n'arrivait pas à s'y faire.
Sa vie, elle était dans le passé et aucune dans l'avenir.

Après quelques minutes à peser le pour et le contre, il se leva finalement. Il replia les draps sur son matelas de manière à ce qu'il soit parfaitement droits et traversa le petit couloir de son appartement pour se rendre dans la salle de bain. Quand il y songeait vraiment, il se disait qu'il aurait pu s'offrir un appartement plus grand, plus spacieux. Il aurait pu s'offrir quelque chose de beaucoup plus lumineux. Mais il n'avait pas voulu attirer l'attention. S'il s'était installé dans le quartier riche de la capitale, on lui aurait certainement posé des questions. Et il n'avait aucunement envie d'y répondre.
Il se doucha donc et après avoir veillé à ce que la pièce soit bien rangée il alla s'habiller dans sa chambre, en silence. Il se mangea rapidement un petit quelque chose et rangea directement la cuisine avant d'en sortir.
Puis il quitta son domicile et se dirigea vers l'hôpital, pas vraiment prêt mais presque à affronter une nouvelle journée de la vie d'un autre.

Journée qui se passa plutôt bien, dans l'ensemble. Les patients avaient été agréables aujourd'hui. Et il n'y avait pas eu grand de chose de particulier. Tout avait été calme. Peut-être trop. Et Kei ne savait pas réellement s'il préférait les journées où tout s'enchaînait à 100 à l'heure ou s'il préférait les journées comme aujourd'hui. Néanmoins, comme beaucoup l'avait dit, cela annonçait peut-être le calme avant la tempête. Demain risquait d'être beaucoup plus mouvementé, alors. Il ferait avec.

En sortant de l'hôpital, et comme à son habitude depuis quelques temps, Kei se rendit directement au Kaizoku Paradise. Emi travaillait là-bas. Elle ne cessait de l'appeler par son prénom – le vrai – et c'était comme si l'entendre à chaque fois lui donnait un second souffle. Sauf qu'à chaque fois, il niait être ce « Kousuke ». Il ne l'était plus, du moins, et ça lui fendait le cœur. A chaque fois.
Alors on pourrait se demander pourquoi il se faisait du mal en allant à la rencontre de la jeune femme de lui-même. Et il répondrait qu'il avait simplement envie de la voir. Pas forcément lui parler, juste l'apercevoir lui suffisait. Il voulait s'assurer qu'elle allait bien.
Et aussi, parce que la voir lui rappelait sa vie d'avant. Avant que tout ne dérape. Avant que tout ne se brise.

Entrant dans la bâtisse, on l'installa à une table un peu plus éloigné de la porte. Ses doigts s'attachèrent au menu qu'on lui donna pendant que son regard voyageait doucement dans la pièce. C'était étrange. Etrange, et triste d'une certaine façon. Il ne voulait pas mentir à Emi... mais en même temps, il ne se voyait pas tout lui dire.
Et tout dire reviendrait à révéler sa véritable identité. Hors, il ne pouvait se le permettre. Son oncle était encore là, dehors, quelque part, et hors de question qu'il entende parler de lui, ou de cette île. Hors de question qu'il ne le retrouve.

Il avait envie de rester, mais aussi cette envie irrésistible de partir. De se lever et de s'en aller, comme s'il s'était souvenu de quelque chose. Comme s'il avait une urgence, quelque part.
Mais il n'en fit rien, se contentant de relever de temps en temps son regard vers la pièce pour le laisser retomber sur les mots devant lui. Un faible soupir écarta ses lèvres fines et il secoua faiblement la tête. Emi ne travaillait peut-être pas aujourd'hui. Et même si elle travaillait, au fond, qu'est-ce que cela changeait ? Il ne pourrait pas aller la voir et lui parler. Puisqu'il n'était plus Kousuke. Il était Kei.
Et Kei ne connaissait pas Emi – c'était à en devenir fou.
Fou, et idiot. Il ferait mieux de rentrer. Il n'avait pas très faim de toute façon.
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Murakami Emi

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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Ven 29 Sep - 11:27


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Nishimura Kei & Murakami Emi
Comme à mon habitude, je me laissais vivre. Le matin, je me levais, je mangeais et j’allais travailler. Ma vie ne se résume principalement cas ça et aux soirées de débauche auxquelles je participe après mon travail. Oui, je suis minable, oui, j’ai un gros problème avec l’alcool, mais sérieusement à quoi bon faire des efforts ? Je n’ai plus de frères, plus de famille et ma jambe ne se remettra jamais de cet accident. Impossible de me défouler dans la danse puisque ce soir-là, le docteur m’a clairement annoncé que je ne pourrais plus jamais re-danser. Alors oui, je me laisse vivre, mais qui sens préoccupe réellement ? Cela ne dérange personne que je n’ai plus d’espoir en l’avenir. À partir du moment où je fais correctement mon travail cela ne dérange personne. Et puis la clientèle ne va pas s’en plaindre puisque quand ils s’amusent à me faire un reproche, même injustifié, je préfère encaisser sans rien dire plutôt que de me défendre. Et puis de toute manière ce n’est pas non plus comme si la dépression peut se lire sur mon visage. Je sais parfaitement dissimuler mes états d’âme, du moins quand je suis sobre. Quoique certaine personne plus attentive que la moyenne arriverait probablement à déceler dans mon regard une profonde tristesse constamment présente en moi.

Comme tous les jours donc, je m’affère à faire mon travail du mieux que je peux. Au moins pendant ce temps-là, j’arrive à penser à autre chose. D’autant plus que depuis quelque jour, une personne a complètement changé la routine de mon quotidien. Honnêtement, au début, je pensais vraiment avoir complètement perdu la tête. Entre voir le fantôme de mon frère et avoir l’impression qu’un ancien ami d’enfance avait fait surface à nouveau dans ma vie, il y avait de quoi en même temps.

La première fois que je l’ai vue, il a nié complètement en bloc que l’on se connaissait. Je me suis alors dit que je devais certainement me tromper. Mais alors pourquoi revenait-il constamment ici ? Pour l’ambiance ? Pour la nourriture ? Pour moi ? Il y avait vraiment de quoi devenir folle. D’autant plus que plus je l’observais, plus je revoyais littéralement dans ses gestes et ses mimiques mon ancien ami. Avec le temps, j’ai même carrément fini par être certaine que c’était bien lui. Mais malgré cela, il a continué à essayer de me faire croire que je me trompais. Qu’il ne s’appelait pas Kousuke, mais bien Kei. Je sais très bien que j’aurais dû lâcher l’affaire, mais il était la seule personne sur qui je pouvais me raccrocher au niveau de mon passé. Et puis, je ne comprenais toujours pas pourquoi il s’obstinait à faire comme s’il on ne se connaissait pas. Était-il fâché ? Aucun moyen de le savoir à priori. Mais cela ne voulait pas dire pour autant que j’avais perdu espoir. J’étais bien décidé à lui faire cracher le morceau coûte que coûte.

Alors comme tous les soirs, j’attends sa venue. Je scrute les allées et venues dans le restaurant jusqu’à ce que sa tête m’apparaisse enfin. Préalablement, j’avais déjà averti mes collègues qu’à l’avenir, je voulais m’occuper de sa table. Voilà pourquoi quand il arriva enfin, je fus assez rapidement prévenue de la table à laquelle il avait été installé. Je ne savais pas encore comme j’allais procéder, mais nous avions passé tellement de temps à l’époque que j’allais bien trouver une idée.

M’emparant de mon carnet et d’un bic, je me dirige donc d’un pas assuré vers sa table. Son regard plongé sur la carte, il ne me voit pas arrivé. Je prends soin d’être le plus discret possible. Hors de question qu’il pense à partir avant d’avoir mangée.

-« Alors Kousuke!! Tu dois aimer notre nourriture pour revenir ici aussi souvent. Lâchais-je sans avertissement, scrutant la moindre de ses réactions. Ah non, pardon, c’est vrai, on ne se connaît pas… Donc… vous avez choisi ce que vous voulez manger ? »

En y réfléchissant, je devrais remercier le ciel de l’avoir mis sur ma route. Depuis des années, je n’avais plus eu aucune bute dans ma vie, mais le voir me mentir comme ça avait changé les choses. Certes, cela ne changeait pas ma vision de la vie, mais au moins cela me permettait de m’amuser un peu avant de retomber dans le désespoir de ma triste vie.

-« Je sais que je suis extrêmement lourde, mais …. Vous êtes vraiment sûr que l’on ne se connaît pas ? Non parce que vous avez la même façon de sursauter que mon ami alors …. »

Oui, un sursaut est un sursaut, mais tous les moyens sont bons pour le déstabiliser. Et si je n’y arrive pas aujourd’hui et bien cela se fera demain ou les jours d’après. J’ai tout le temps devant moi de toute façon.
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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Mar 3 Oct - 13:05


 Emi & Kei
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Kousuke était mort. Il n'était plus. Tout ce qu'il aimait, tout ce qu'il adorait, tout ce qu'il admirait, n'était plus. Tout ce qu'il était n'existait plus. Comme rayé de la surface de la Terre à tout jamais.
Officiellement, si l'on essayait de chercher, l'on trouverait que Kousuke avait succombé à ses blessures. Son oncle devait être au courant, depuis. Sans doute pensait-il avoir réussi. Il n'avait pas eu ce qu'il voulait cependant, à savoir l'argent. Donc en soit, c'était comme s'il avait manqué sa cible.
Officieusement, Kousuke était toujours en vie. La preuve, il était installé à cette table dans ce restaurant actuellement. I était toujours là. Il était toujours vivant. Malgré tout, au fond de lui, il était mort ce jour-là.
Il était mort, Kousuke. Certains auraient peut-être déjà accepté leur propre mort pour foncer vers l'avenir. Mais pas lui. Lui refusait d'avancer, car sa vie d'avant lui manquait terriblement. Plus que sa vie, c'était son nom qui lui manquait.
Car son nom, c'était tout son identité. Ses origines. Ses valeurs. Son histoire, aussi. Et en changeant, il avait rangé tout cela. Il avait mis tout ça de côté. Et Kei était né.
Il n'arriverait probablement jamais à se faire à sa propre mort. Il n'arriverait probablement jamais à accepter son nouveau nom.
Deux identités dans un même corps. Cela sonnait étrangement faux. Et proche de la folie. Mais quelque part, Kei n'en était parfois pas loin. Il avait parfois du mal à démêler la vie de Kousuke de celle de Kei. Et d'autres fois où il le faisait à la perfection, surtout quand il devait parler de ses parents. Sans doute que son regard trahissait ses paroles. Et son visage fermé mentait sur l'amour qu'il ressentait pour ses géniteurs. Mais ceux dont il parlait à chaque fois, cette mère et ce père qu'il décrivait n'étaient pas ses parents. Lui n'était pas à la tête d'une grande entreprise pharmaceutique et elle n'était pas une grande danseuse étoile.
Kei voulait retrouver tout cela. Il voulait pouvoir parler de ses parents. Parler de sa vie. Car à chaque fois qu'on lui demandait, au travail ou même entre ami(e)s, il répondait toujours la même chose : une histoire ? Mais quelle histoire ? Il n'avait pas d'histoire. S'il se mettait à leur dire qu'il était né lors d'une journée sombre à l'hôpital en 2011 on le prendrait pour un fou. Lui-même se prendrait pour un fou à dire une telle chose.
Lui-même se voyait déjà être fou.

Malgré cette envie croissante de retrouver sa vraie identité, il ne laissait rien passer. Il ne pouvait pas se permettre. Kousuke était mort et il devait s'y tenir. Non seulement parce que sinon ce serait gâché les efforts du policier qui l'avait aidé. Mais en plus, ce serait gâché ses propres efforts de rester loin de son oncle. Ce dernier devait encore être au Japon, à boire et à dépenser le peu qu'il trouvait – à condition qu'il ne trouve quelque chose. Il devait être au bout du rouleau, mais ça ne l'attristait pas. Peut-être était-il même mort ? Il ne le saurait jamais cependant. Et il allait devoir continuer à vivre en portant le nom de Nishimura Kei.

En quête de son passé, il ne refusait jamais un objet ou même une personne qui lui rappelait cette époque. Emi en faisait partie. Elle lui rappelait son histoire, son vécu. Elle lui rappelait ces longs dîners auxquels il devait participer. Elle lui rappelait ses quelques rires et sourires qu'ils partageaient. Elle lui laissait un goût amer au fond de la gorge à chaque fois qu'il la croisait. Elle le laissait se plonger dans une nostalgie sans fin.
Mais quelque part, il ne pouvait s'empêcher de venir ici. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder, de la fixer, et de graver son visage dans sa mémoire. A chaque fois. Il ne pouvait pas s'arrêter de franchir cette porte, sachant pertinemment qu'elle lui poserait des questions. Il ne pouvait pas s'arrêter et faire demi-tour.
Ce serait renoncé à son passé. Et il ne pouvait pas. Il y était encore bien trop accroché. Alors il se permettait, l'espace d'un repas, d'y retourner. De retourner là-bas, à cette époque. De retourner auprès de ses parents. De retourner en enfance. De retourner loin d'ici.

Trop concentré sur ses pensées, il n'entendit pas la serveuse s'approcher. Sursautant légèrement lorsqu'elle commença à parler, il releva directement son regard vers elle, les yeux quelque peu écarquillés. Il n'aimait pas spécialement être pris au dépourvu. Car il avait toujours peur de faire une erreur, un faux pas. De dire ce qu'il ne fallait pas. De répondre comme si de rien n'était quand elle l'appelait Kousuke. Ce serait idiot de se tirer une balle dans le pied aussi rapidement tout de même.
Un léger « Pardon ? » fit soudainement irruption sur ses lèvres alors que ses paupières clignaient doucement. Il devait feinter, et la persuader qu'elle se trompait – chose difficile quand lui-même se trompait sur sa propre identité. « On commence tout de même à se connaître, à force », répondit-il dans un léger sourire. Ses yeux se baissèrent sur le menu et il prononça le nom du plat qu'il avait choisi. « Avec une bouteille d'eau, s'il vous plaît », qu'il précisa en redressant son visage.

Il la dévisagea un instant, ses prunelles traçant le contour de son visage dans un air mélancolique, un fin sourire attristé aux lèvres. Ce serait tellement plus évident s'il pouvait tout lui dire. Mais il avait bien trop peur. Peur que son oncle apprenne qu'il soit encore en vie. Et c'était stupide. Puisqu'il se doutait bien que s'il disait à Emi de garder le secret, elle le garderait.
Mais la peur était bien trop grande, malgré ce qu'il pouvait en penser ou en dire. Il était terrorisé par son oncle, et par ce qu'il serait capable de faire juste par simple folie ou vengeance. Les images de jour-là tournaient encore en boucle dans sa tête. Durant la journée, ou le soir, quand il essayait de dormir. C'était là qu'elles étaient les plus violentes. Quand il était dans son lit, à moitié endormi. « La même façon de sursauter ? », répéta-t-il, un sourcil arqué, « Parce qu'il y a une façon spéciale de sursauter ? », et son visage se crispa dans un air dubitatif, « On sursaute tous de la même façon, désolé », prononça-t-il sur le ton de la confidence, son regard plongé dans le sien, « Donc non. Désolé. On ne se connaît toujours pas » et sa gorge se serra, le forçant à détourner le regard. Regard qu'il laissa traîner sur la salle, les lèvres quelque peu pincées, avant que ses dents ne viennent torturer sa lèvre inférieure. Ca lui faisait du bien de la voir, oui, mais en même temps, c'était une telle torture.
Car, oui, elle lui rappelait une partie de son existence. Mais elle lui rappelait aussi la dure réalité que cette existence n'était plus. Et qu'elle ne sera plus jamais.
« Kousuke, hm ? », qu'il demanda en tournant son visage vers elle, « Il doit vous manquer pour que vous le confondiez avec moi », un faible rire plana un instant sur sa bouche. Il devint silencieux ensuite, ses prunelles se perdant sur un point imaginaire au-dessus de l'épaule de la jeune femme. Un faible soupir las lui échappa et un air triste vint doucement assombrir son visage. « Vous lui manquez aussi », articula-t-il lentement, « Enfin, je suppose », termina-t-il en la regardant à nouveau, souriant quelque peu.
Elle lui manquait, elle aussi. Enormément. Il se posait tellement de questions à son sujet. Mais ce serait se trahir que de lui demander maintenant. Ce serait avouer qui il était. Et il n'en avait toujours pas la force.
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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Mar 10 Oct - 12:42


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Nishimura Kei & Murakami Emi
Bien que je suis arrivée à prendre mon ami par surprise, je ne suis pas pour autant arrivée à le déstabiliser au point de lui faire perdre ses moyens. Est-ce que j’ai espéré qu’il réponde à l’appellation de son vrai prénom ? Bien sûr que oui, après tout, il est difficile de se débarrasser de nos habitudes. Même quand on essaye de changer de vie. J’ai bien moi-même, encore tendance à me rendre dans une salle de danse alors que je ne le peux plus. Il aurait donc tout aussi bien pu répondre à l’affirmative en entendant le prénom Kousuke.

Seulement, pas, de chance pour moi, mon ancien ami semble aujourd’hui, bien déterminé à ternir bon face à mes attaques. Résigné, je prends donc à contre cœur note de sa commande, mais ne m’en vais pas pour autant tout de suite. Déjà, parce que cela serait lui rendre la vie bien trop facile et ensuite parce qu’il serait malpolie d’aller vaquer à mes occupations alors qu’il est occupé à se questionner sur sa façon de sursauter.

Bien sûr que non il n’y a pas de façon spéciale de sursauter. Mais le fait qu’il se questionne réellement à ce sujet, me fait doucement sourire. Cette histoire de sursaut ne le préoccuperait pas autant s’il n’avait réellement rien à me cacher. Comme sa véritable identité par exemple. Cependant, je ne relève pas ce détail. Préférant le laisser se noyer momentanément dans ses mensonges et sa panique.
D’autant plus que sans le vouloir, il vient de me lancer une perche pour l’attaquer sur un nouveau front. Certes, je suis touchée par ses mots. Mais je ne vais pas le lâcher aussi facilement. Bien que le fait que je lui manque malgré la distance qu’il impose entre nous, me fasse douter l’espace d’une seconde des mots que je m’apprête à prononcer.

-« Bien sûr qu’il me manque …. Ma famille entière est morte à Tokyo… Il est la seule personne qu’il me reste de ma vie là-bas… »

Et voilà, le plan B consistant à lui faire avoir des remords est lancé. Je ne suis pas fière de l’attaquer de cette façon. Je n’aime d’ailleurs pas parler de cet évènement entant normal, mais sur le coup je n’ai rien trouvé de mieux …

-« Enfin peu importe …. Vous n’êtes pas lui donc je ne vais pas vous ennuyer avec mes histoires. » D’autant plus qu’en vérité, je ne tiens pas réellement à m’éterniser sur le sujet, de peur qu’il en vienne à me poser des questions un peu trop indiscret.

-« Sur ce veuillez m’excuser, je vais aller annoncer votre commande en cuisine. » M’inclinant légèrement, je prends donc rapidement congé et le laisse finalement seul avec ses pensées. Peut-être que quand je reviendrais finalement avec son plat, il se sera décidé à m’avouer la vérité.

Plusieurs minutes s’écoulent donc sans que je n'aille le déranger. Vacant à mes occupations de serveuse, je jette toute de même de bref regard de tant à autre, m’assurant par la même occasion qu'il ait bien reçu sa boisson.Juste histoire de s'assurer qu'il ne s'en aille pas. Bien qu'à première vue il ne soit pas décidé à quitter l'établissement.
Finalement après quinze bonne minutes, je rejoins finalement sa table accompagné dans mes mains de son plat. La posa délicatement devant lui, je lui gratifie de l'un de mes plus beaux sourire de serveuse.

-" Bon appétit, j'espère que ce plat sera à votre convenance."
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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Dim 5 Nov - 21:01


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Ce prénom qui était le sien et qui lui manquait tant lui paraissait presque étranger. Cela faisait bien trop d'années qu'on ne l'avait plus appelé ainsi.
Et pourtant, il en rêvait. Il rêvait que quelqu'un arrive et se souvienne. Il rêvait que quelqu'un prononce son prénom. Il rêvait qu'on se rappelle de ce qui il était réellement. Il rêvait qu'on se remémore cet adolescent qu'il fut autrefois. Il rêvait que par cela, l'on se rappelle de ses parents, et qu'ainsi, leur souvenir ne meure jamais.
Il avait espérait. Longtemps. Il espérait encore aujourd'hui. Et Emi lui donnait l'envie d'espérer un peu plus.
Hors il ne pouvait pas laisser ses rêves se réaliser. Que se passerait-il ? Il risquait gros. Trop gros. Il craignait toujours autant son oncle. Alors que parfois, il se disait qu'il pouvait se dépêcher de le retrouver pour finir le travail... Il n'aurait plus à souffrir, au moins. Il n'aurait plus à se rappeler du passé. Il n'aurait plus à y vivre.
Il voulait tout dire. Et en même temps, il ne voulait pas. Il voulait tout raconter, tout expliquer, tout décrire à cette amie qui appartenait au passé dans lequel il était coincé. Il voulait se prendre le temps et tout dévoiler à cette amie d'une autre vie qu'il appréciait tant.
L'apprécierait-elle, si elle savait ? Comprendrait-elle, si elle savait ? Serait-il pardonné pour avoir menti, si elle savait ? Il ne doutait pas des qualités d'Emi. Il ne doutait pas d'elle. Jamais. Il doutait simplement de la vie, car la vie lui avait donné de quoi douter. La vie nourrissait ses craintes. La vie déclenchait ses peurs. C'était elle, qui les faisait naître. C'était elle, qui les contrôlait et les manipulait. Tout comme elle le manipulait lui. Tout comme elle manipulait son destin avec un acharnement certain.

Au fond de lui, il voulait retrouver cette complicité avec Emi. Il voulait retrouver quelqu'un qui le connaissait. Qui connaissait qui il était. Qui savait ce qu'il était. Il voulait retrouver cette amitié. Il voulait retrouver son amie.
Son amie qui l'avait connu, avant le changement. Une amie avec qui il pourrait se souvenir. Une amie avec qui il pourrait partager des images partagées. Une amie de l'époque. Une amie d'enfance. Une amie d'avant.
Il pourrait se retrouver, avec elle. Il pourrait retrouver qui il était. Il pourrait dévoiler cette part de « Kousuke » qu'il cachait aux yeux de tous, au quotidien. Il pourrait être lui-même. Il ne demandait que ça. Être lui-même. Avoir le contrôle sur sa vie. Retrouver son identité. Ses origines. Ses racines.
Personne ne savait à quel point c'était horrible de devoir mettre sa vraie identité de côté. Personne ne savait à quel point c'était poignant. Il y avait ce sentiment de trahison, et aussi de perte. Il avait tout perdu, jusqu'à son nom.

« Hein ? » fut la seule parole capable de sortir de sa bouche à ce moment-là. Son cœur s'arrêta une seconde avant de reprendre dans un rythme brutal. Ses prunelles tentèrent de chercher, de comprendre, de savoir. Son visage exprimait la surprise mais aussi la stupeur, et une certaine tristesse. Son torse se souleva brutalement mais ce ne fut qu'un souffle court qui lui échappa. Il déglutit avec difficulté, le visage s'abaissant doucement. Comment ça, sa famille entière était morte à Tokyo ? Lentement, ses poings se fermèrent. Ses jointures blanchissaient à vue d’œil alors qu'il se pinçait les lèvres. Il ne comprenait pas, mais il saisissait le poids de ces mots. Le poids de cette douleur et de ses conséquences. Il comprenait, sans vraiment comprendre.
Il redressa son visage, le regard perdu sur celui de la serveuse. Ses lèvres tremblèrent faiblement alors qu'il tentait de s'exprimer mais aucun son ne sortit. Son visage restait crispé dans cet air de tristesse et d'incompréhension. Il voulait lui dire tant de choses, et pourtant, il n'arrivait plus à parler. Trop choqué par la nouvelle. Un faible son d'amertume passa la barrière de ses lèvres, qu'il s'humecta rapidement. Et il l'observa s'en aller. Sans rien dire.

Il se sentait encore plus abattu que jamais. Emi avait perdu toute sa famille. Emi avait tout perdu. Et elle était là, toujours debout, alors que lui se cachait derrière le nom d'un autre. Pathétique.
Le regard à présent posé sur la table devant lui il peinait à le relever. Les mots d'Emi pesaient toujours dans son esprit et leur poids se faisait ressentir sur ses épaules, maintenant basses. Ses lèvres ne formaient plus aucun sourire, et traçaient simplement une ligne droite. Ses yeux étaient perdus dans la vide et en même temps, plein de tout. Chaque émotion qu'il ressentait prenait vie dans ses pupilles.
Il ne savait plus. Il ne savait pas. Devrait-il partir ? Devrait-il rester ? Devrait-il lui dire ? Devrait-il se taire ?

Il porta directement toute son attention sur Emi lorsqu'elle revint. Il lança un bref regard au plat, une fine grimace au visage. Il n'avait déjà pas très faim avant, il avait encore moins faim maintenant. Son estomac était noué, tout comme sa gorge. Ses prunelles se levèrent, détaillant le sourire que la serveuse lui offrait, avant de glisser jusqu'à son regard pour s'y plonger. Il resta ainsi pendant plusieurs secondes, ne faisant que la regarder sans rien dire, un air plus que désolé accroché au visage. « Je suis désolé », qu'il dit lentement, la voix pleine d'émotions, « Vraiment désolé », lui confia-t-il, sincèrement. Sa vue se brouilla soudainement et il détourna immédiatement le regard. Il se pinça une nouvelle fois les lèvres. « Qu'est-ce que... », il fronça quelque peu les sourcils, comme s'il cherchait ses mots. Il déglutit. Une fois. Puis deux. Il passa sa main sur sa joue, puis sur sa nuque, dans un geste maladroit et quelque peu hésitant. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? », osa-t-il demander en la regardant à nouveau, « Tu peux... », il s'arrêta, la tête légèrement penchée, « Vous pouvez m'en parler, vous ne m'ennuyez pas », et l'inquiétude envahissait sa voix. « Comment c'est arrivé ? », il laissa son regard plongé dans le sien, ne cherchant même pas à dissimuler cette tristesse et cette compassion qu'il ressentait à son égard. Ne cherchant même pas à cacher sa vraie nature. « Je suis vraiment désolé Emi... », qu'il répéta, l'étant sincèrement. Il était désolé qu'elle ait subi ça. Il était désolé qu'une chose aussi atroce lui soit arrivée. Il était désolé. Comme s'il était coupable. Comme s'il était celui qui avait tout détruit. Il était désolé. Pour elle. Pour sa famille.
Et pour lui.
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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Lun 6 Nov - 11:13


I don't know me anymore
Nishimura Kei & Murakami Emi
Posant son plat devant lui, je peux immédiatement sentir que mes mots ont fait mouche. Je peux lire dans son regard que la perte de ma famille, le touche plus qu’il n’aurait dû. Il n’est pas un inconnu, j’en suis certaine, je peux parfaitement le lire dans son regard. Il n’a pas besoin de le dire à haute voix, je le connais par cœur après tout il a été l’un de mes plus proches amis à l’époque de mon ancienne vie. Seulement, maintenant que je le vois ainsi je me sens horriblement mal d’avoir joué avec sa corde sensible pour le faire craquer. Je suis une personne insensible et sans cœur, tout le monde le sait ici seulement Kousuke ou Kei, peut importer comme il se nomme aujourd’hui, reste mon ami.

-«  C’est une longue histoire …. »

Si seulement j’avais pu le rencontrer plutôt, si seulement j’avais pu me raccrocher à lui à mon arrivée sur cette île peut-être que les choses se serraient passé différemment pour lui comme pour moi. Je suis incapable de comprendre pourquoi il essaye d’être une autre personne, mais pour renier ainsi notre amitié, il a dû inévitablement vivre des évènements tragiques. Si seulement j’avais été là pour lui et lui pour moi, peut-être serions-nous heureux aujourd’hui.

-«  Ne sois pas désolé …. Tu n’y es pour rien …. » Prononçais-je à voix basse, tout en passant subtilement une main dans le haut de son dos.

Le jeu est fini, malgré lui, en montrant si ouvertement ses sentiments il m’a finalement dévoilé que je ne me suis pas trompé. Je ne chercherais pas à comprendre le pourquoi, ni le comment de la situation. S’il désire être une autre personne à mes yeux et bien soit, il sera donc cette personne. J’avais simplement besoin de savoir que c’était lui, besoin de savoir que finalement je ne suis pas seule dans ce monde.

-«  Ne fais pas cette tête Kei, on a tous vécu des moments difficiles. »

Je sais parfaitement qu’il veut des réponses à ses questions, voilà pourquoi je prends finalement la décision de m’accorder une courte pause. Après tous, c’est moi qui l’aie mis dans cet état, il serait par conséquent cruel de ma part de partir en le laissant ainsi. Jetant donc un regard à l’une de mes collègues, je lui fais un rapide signe de la main avant de m’asseoir face à mon ami.

-«  Je suis désolé, je n’aurais jamais du te … vous dire ce genre de chose, c’était déplacé. »

Malgré mon sourire et mon air décontracté, je souffre horriblement intérieure, de le voir ainsi mais également de m’imaginer les choses horribles qu’il a pu vivre en mon absence. Ce monde est cruel, nous avions tous une si belle vie …. Pourquoi à t-il fallu que tout ça nous arrives …. Je n’ai jamais été une petite fille modèle, mais Kousuke …. Il n’a jamais rien demandé à personne. La vie n’aurait pas dû se venger sur lui, peut importer ce qu’il lui est arrivé.

-«  Tout ça, c’est du passé …. Et vous vivez dans le présent non ? Alors ne vous tracassez pas pour moi. Et puis, si vous continuez à faire cette tête, je vais me faire virer alors faites-moi plutôt un joli sourire.»

C'est plutôt étrange, en y pensant c'est la première fois depuis mon arrivée sur cette île que je me montre si gentille et empathique avec une autre personne. Peut-être que Kei est finalement la personne qu'il manquait à ma vie. Rien ne changera pour moi, je le sais bien. Seulement, savoir qu'une personne qui à énormément compté pour moi à réussi à survivre, me soulage d'un poids au cœur.

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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Mar 7 Nov - 16:12


Emi & Kei
i don't know me anymore
 

Lâche. Idiot. Égoïste.
Des mots parmi tant d'autres qui circulaient librement dans son esprit. Des mots parmi tant d'autres avec lesquels il se définissait.
Lâche, parce qu'il fuyait. Il fuyait absolument tout, et tout le monde. Il fuyait la vérité elle-même, et peut-être un peu la réalité, aussi. Il fuyait son passé. Il fuyait ces images qui torturaient son âme. Il fuyait la vision de sa mère sur le sol ou encore de son oncle qui le pourchassait. Il fuyait la peur qui résidait au fond de son cœur, celle qui lui entortillait les tripes dans des milliers de nœud. Il fuyait. Il fuyait sa vie, son nom, son vécu. Ce même vécu dans lequel il était perdu. Ironique, n'est-ce pas ? De vouloir fuir la chose à laquelle on se raccroche. Ironique, et stupide.
Il fuyait. Et il se rendait compte qu'il fuyait aussi ses ami(e)s, indirectement. S'il s'éloignait de son passé, il s'éloignait d'eux. Il n'arrivait pas à rester près d'eux tout en voulant se détacher de son histoire – ou plutôt tout en faisant comme s'il n'avait rien vécu.
Idiot, parce qu'il l'était. Ce n'était pas plus compliqué que cela. Il était stupide de croire qu'il pouvait y arriver, et de croire que personne ne chercherait à comprendre. De croire que fuir son passé était une bonne excuse pour ne pas vivre le présent, et pour en oublier tout le reste. C'était faux. Il s'était trompé.
Égoïste, parce qu'il n'avait tout simplement pas réfléchi aux autres. Il n'avait songé à rien, à dire vrai. Il n'avait pensé qu'à sa petite personne, qu'à ses propres intérêts.
Et toutes ces années, toutes ces erreurs qu'il avait commises, tous ces sacrifices, ces pensées noires, incertaines et tournées que vers lui-même, toutes cette vie qu'il s'inventait, cette identité derrière laquelle il se cachait dans un espoir éteint depuis longtemps. Tout cela, absolument tout, lui retombait dessus en cet instant.
Il n'avait pas pensé à ses ami(e)s de l'époque. Il n'avait pas pensé à Emi. Il n'avait pas pensé à ce qu'elle était devenue avant qu'il ne la revoit. Il n'avait pas cherché à savoir si elle allait bien. Si elle était en sécurité. Si elle s'en sortait. Il n'avait pas cherché à prendre contact avec elle après tout ce qu'il s'était passé. Il n'avait pas cherché. Il n'avait pas essayé. Et surtout, il n'avait pas trouvé.

Il se sentait idiot de s'être enfermé dans sa propre histoire, et d'en délaisser complètement celle des autres. Emi était là, oui, mais à quel prix ? Qu'avait-elle vécu ? Peu importait ce que c'était, elle ne l'avait pas mérité. Encore moins face à quelqu'un comme lui qui ne s'inquiétait que pour sa petite personne. Qui ne s'inquiétait que d'être retrouvé par son oncle, et son passé. Elle méritait plus. Tellement plus.
Mais voilà qu'elle lui apprenait l'impensable. Elle avait tout perdu. Elle avait perdu sa famille. Une pointe de douleur frappa son organe vital à cette pensée. Parce qu'il savait ce que c'était. Il savait à quel point cela faisait mal. Il savait à quel point cela pouvait détruire une vie entière, en plus de celles déjà consumées. Il savait, et pourtant...
Il était tellement désolé. Il s'en voulait, sans doute un peu trop parce qu'il n'était responsable de rien. Du moins, pas de ce qu'il s'était passé. Mais il s'en voulait de ne pas avoir été là pour elle. De ne pas avoir su l'épauler. De pas avoir su l'aider quand elle en avait le plus besoin. Et les mots d'Emi n'arrivaient pas à le rassurer. Ils n'arrivaient pas à lui faire comprendre que non, il n'y pouvait rien. Ce n'était pas lui le coupable mais pourtant il se pointait du doigt. Imbécile jusqu'au bout.
Il fit un léger mouvement de tête. Bien sûr, tout le monde avait vécu des moments difficiles. Tout le monde avait connu des événements difficiles à supporter. Mais personne ne le méritait. Surtout pas elle. Pas Emi.
Si elle savait ô combien il aurait voulu être à ses côtés pour surmonter tout ça...

Ses lèvres se pincèrent, ses prunelles se relevant et s'abaissant, ne sachant sur quoi s'arrêter. Elles se décidèrent finalement, se posant paisiblement sur le visage de la jeune femme face à elle. Il la détailla, en silence, incrustant les traits de son visage dans ses pensées. La détaillant comme s'il la redécouvrait en cet instant. Il secoua la tête, lentement, les sourcils quelque peu froncés dans une moue pensive. « Non. Tu avais le droit », dit-il faiblement, « Ce n'était pas déplacé », il la regarda un instant. Et le masque tombait. Il s'en fichait. En cet instant, à part Emi, plus rien ne comptait vraiment. Il arrivait à garder une attitude et une manière de faire devant les autres. Il arrivait à ne pas lâcher et à tenir bon face à Tetsuya, par exemple, ou ses patients. Il parvenait à garder ce masque qu'il s'était fabriqué. Mais là, avec Emi, ce n'était plus possible. Pas en sachant qu'il lui était arrivé quelque chose d'horrible. Il ne pouvait pas faire comme s'il s'en fichait, comme s'il ne la connaissait pas.

Un léger bruit ronronna dans sa gorge. Trop rapide pour être un rire. Il leva rapidement les yeux au ciel, passant rapidement sa main sur son visage. Vivre dans le présent ? Lui ? Il ne savait même pas ce que c'était. Il ne savait même pas ce que cela faisait, de vivre le moment présent. De savourer l'instant. Il survivait. Il ne vivait pas. « Pas vraiment », se contenta-t-il de commenter. Une fine esquisse accablée leva le coin de ses lèvres, et il bascula rapidement la tête sur le côté dans un souffle long, mais discret. Comme s'il tentait de ravaler toutes ces émotions qui polluaient son âme.
Ses doigts se posèrent sur sa nuque, et sa tête toujours penchée sur le côté, il mit de côté tout ce qu'il ressentait. Il essayait du moins, afin de pouvoir offrir un fin sourire à Emi.
Sourire qu'il perdit au bout de quelques secondes à la regarder.

« Je savais pas », déclara-t-il, « Je pensais que... », que quoi ? Qu'elle vivait la belle vie sur la plage sous un cocotier ? « Désolé », ses yeux tombèrent à nouveau sur la table. Il savait que s'excuser ne changerait rien, et pourtant, il continuait. Parce qu'il était sincèrement désolé. « Je crois qu'on a dépassé le stade du « vous », hein », déclara-t-il d'une voix légère. Il ne pouvait plus vraiment se cacher d'elle à présent. Il avait tenu bon jusque là. Durant toutes ces années, rien ni personne n'avait réussi à le faire flancher. A part Emi. Il s'assurerait néanmoins que ce serait la seule fois. « Désolé pour hum... », que ses lèvres articulèrent naïvement. Il fit un rapide geste de la main, se désignant sans vraiment le faire, s'excusant de lui avoir fait croire qu'ils ne se connaissaient pas. « C'est... euh... voilà », qu'il finit dans un chuchotement, ses yeux se détachant des siens quelques secondes. Il lui expliquerait. Un jour. Peut-être. Il n'en dit rien, cependant, ne sachant pas s'il arriverait à tenir cette promesse.
Celle, en revanche, qu'il se donnerait du mal à accomplir maintenant était d'être présent pour elle. « Et n'hésite pas », reprit-il, « S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire, n'hésite surtout pas » et il plongea ses prunelles dans les siennes afin de sceller cet engagement. Il ferait de son mieux. Il essayerait. Il ne voulait plus la laisser tomber. Il ne voulait plus la laisser affronter les cauchemars de la vie toute seule. Il voulait être là. Il voulait se faire pardonner son absence, à cette époque. Si elle voulait bien de lui... « Ca fait longtemps ? », demanda-t-il soudainement, « Que tu es sur l'île je veux dire », rajouta-t-il, en se rendant compte que sa première question n'avait aucun sens.
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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Dim 12 Nov - 14:29


I don't know me anymore
Nishimura Kei & Murakami Emi
Mon regard plongé dans celui de mon ami d’enfance, je ne peux m’empêcher de voir en lui une âme écorché vive. Il le cache bien mieux que moi, mais je peux lire dans ses gestes et son regard qu’il a vécu, lui aussi, un évènement traumatisant. Sans pour autant que je ne sache ce qui lui est arrivée, je ne peux pas m’empêcher de me projeter en lui. Peut-être que c’est pour cela que j’arrive plus facilement à m’ouvrir à lui. À moins que ce qu’il reste d’amitié entre nous, a fait revivre en moi le peu de compassion qu’il me reste.
Quoi qu’il en soit, bien que je ne disse rien à cet instant, je note dans un coin de ma tête le fait qu’il m’avoue ne pas vivre le moment présent. Sans doute qu’une personne normal n’aurait pas fait attention à ce genre de chose. Cependant, moi, je ne sais que trop bien ce que ce genre de chose veut dire. Renforçant mon sentiment que Kei a du très probablement vivre un évènement semblable aux miens. Quand on y pense, l’ironie du sort est cruelle. Qui aurait pu prédire que deux anciens amis comme nous, qui avions une belle vie à porter de main, se retrouveraient dans le même état tant d’année après.

-«  Arrête de t’excuser Kei, tu l’as dit toi-même, tu ne le savais pas. Tu n’y es pour rien alors cesse de t’excuser. » Finis-je par lui répondre faiblement alors que silencieusement, j’accepte sa proposition de laisser tomber le vouvoiement. Après tous, même si cela reste un secret, cela fait une éternité que lui et moi nous nous connaissons. Il serait donc étrange de continuer à se vouvoyer alors que mon ami a finalement laissé tomber son masque. Bien qu’il est terrible de se dire qu’il a fini par flancher uniquement parce que j’ai voulu lui faire mal psychologiquement volontairement. Pour le coup, s’est plutôt réussi. A-t-elle point que je m’en veux finalement de lui avoir révélé une partie de mon passé. Sans cela, il n’aurait pas perdu son doux sourire et ne serait pas autant meurtri par le fait de ne pas avoir été là pour moi à l’époque.

-« c’est gentil, mais tu sais, tu ne peux plus rien pour moi aujourd’hui » Comme, il n’aurait d’ailleurs rien pu faire pour moi à l’époque. Sa présence à mes côtés n’aurait en rien changé la mort de mon père, de ma mère et encore moins celle de Key. Ni même mon accident d’ailleurs. Alors oui, il est vrai que je n’aurais peut-être pas fini au fond du trou. Que j’aurais peut-être osé renouer le contact avec la danse. Mais ce qui est fait est fait, il n’était pas là et il ne doit pas s’en vouloir pour cela. Après tout, moi non plus je n’ai pas été là pour lui quand il en a eu besoin.

-«  Mais surtout, ne t’en veux pas pour ça. Dis-je dans un sourire avant de lui attraper tendrement les mains que je viens encercler des miennes. Ma vie est loin d’être parfaite, je ne vais pas te le cacher mais tu ne pourras rien y changer. La vie à fait de moi ce que je suis aujourd’hui c’est comme cela. Alors ne te préoccupe pas de moi, tout ce que je te demande, c’est de retrouver ton doux sourire.»

Malgré ces mots, je sais pertinemment que Kei ne va pas pouvoir s’empêcher de s’inquiéter pour moi. Après tous c’est dans sa nature et dans un sens, je suis heureuse de savoir que son tragique destin ne lui a pas enlevé cette partie si attachante de lui. En revanche, tout ce qui concerne l’ancienne Emi est resté à Tokyo dans les flammes qui ont emporté toute ma famille. Je ne veux pas qu’ils s’aperçoivent à quel point sa meilleure amie est devenue pitoyable. Parce que si ça arrive, je suis certaine qu’il s’en voudra encore plus. Et je refuse de le voir malheureux par ma faute, sous prétexte qu’il aurait dû être à mes côtés à cette époque.

-«  ça doit faire environ 7 ans que je suis ici, sept ans de pur enfer songeais-je secrètement tout en répondant à sa question, quand la crise a commencé ma famille n’a pas tenue très longtemps ….  Inutile de le nier, Kei est assez intelligent que pour faire le calcul entre le début de la crise et la date actuelle. Et toi ? Ça fait longtemps que tu es ici ? »Tentais-je comme question, pour éviter que la discutions ne s'éternise trop longtemps sur moi.

Bien que je meure d’envie de savoir ce qui est arrivé à sa famille, je ne lui pose pas la question. Je ne sais que trop bien à quel point parler du passé peut-être douloureux. Moi-même je déteste en parler. Je garde donc silencieuse mes interrogations, préférant lui laisser le loisir de choisir quand il voudra me parler de ce genre de chose.

-«  Tu arrives à vivre ici ? Enfin …. Je veux dire financièrement, tu n’as pas de problème ? » Voilà encore un sujet délicat à abordé mais il est important pour moi de savoir que tout va bien pour lui. Personnellement, j'ai eu d'autre préoccupation que de penser au fait que j'avais plus rien pour vivre. Même si je ne cache pas que de passé d'une vie ultra luxueuse à celui d'un pauvre petite serveuse passant sa vie dans une boite de strip-teases accrochée à un homme peut fréquentable n'est pas tous les jours facile à supporter.
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MessageSujet: Re: i don't know me anymore | ft Emi   Mer 22 Nov - 20:18


Emi & Kei
i don't know me anymore
 

Pourquoi n'était-il pas mort de froid cette nuit-là ? Toutes pensées logiques convergeaient vers cette conclusion, non ? Il était seul, terrifié, caché par quelques branches en milieu de buissons entourant la maison, à même le sol, sans rien pour se couvrir ou s'abriter. Comment avait-il tenu, alors ? Pourquoi son corps n'avait-il pas cédé ? Comment son corps avait-il fait ? Il ne saurait même plus dire s'il était resté éveillé toute la nuit ou s'il s'était endormi. Peut-être s'était-il endormi ? Il n'en savait rien. Il se rappelait seulement du froid, de la peur, de la solitude et de la chaleur de ses parents qui lui manquait. Il se rappelait l'horreur et la tristesse. Il se souvenait que le temps paraissait plus long que d'habitude.
Et, souvent, il se demandait pourquoi la mort l'avait évité. L'avait-elle fait ouvertement ou avait-elle eu pitié de lui ? Pourquoi le destin avait-il décidé qu'il serait le survivant ? Ce n'était pas comme s'il pouvait perpétuer son nom de famille – il ne le portait même plus. Il ne comptait pas vraiment avoir d'enfants, non plus. Alors pourquoi ? Pour pouvoir se jouer de lui ? Parce que la mort aurait été une sanction bien trop tendre avec lui ? Qu'avait-il fait pour métier un tel châtiment ? Il aimerait qu'on lui dise. Qu'on lui avoue ce qui était si mauvais en lui pour qu'on lui ait infligé un tel passé. Il aimerait qu'on lui explique. Pourquoi ses parents ? Avaient-ils fait quelque chose de mal, eux aussi ? Ou était-ce à cause de lui ? Et pourquoi pas quelqu'un d'autre ?
Cette pensée le torturait souvent. Il n'était pas égoïste au point de souhaiter cela à quelqu'un d'autre. C'était trop douloureux, trop lourd à porter et trop intense à supporter. Personne d'autre ne devait vivre cela... hors il ne s'empêchait pas de se poser la question. Pourquoi eux ?
Le fait qu'il n'aurait jamais d'explications était sans doute le plus frustrant. En soit, il ne savait même pas s'il voulait savoir... Parfois, l'ignorance était moins dure à entendre que la vérité.

La vérité, pour Emi, qu'était-ce ? Que s'était-il donc passé pour qu'elle en arrive à perdre ses proches ? La question lui brûlait les lèvres et lui tiraillait les entrailles. Les réponses possibles, quant à elles, lui compressaient le cœur. Là aussi, était-ce mieux qu'il sache la vérité ou qu'il resta dans l'ignorance ? Les deux étaient de bonnes choses. Il n'avait rien su jusque là, il pouvait continuer ainsi. Mais en même temps, il voulait savoir. Il voulait comprendre. Il voulait tenter. D'être là pour Emi et de trouver des solutions pour elle. De rendre sa vie meilleure. Chose impossible, dans un sens. Il n'y arriverait et peu importait la volonté qu'il avait. Il ne pourrait pas changer ce qu'il s'était passé. Il ne pourrait pas rendre les choses moins cruelles ou moins douloureuses pour Emi. « Hum », se contenta-t-il de lâcher dans un faible hochement de tête. Evidemment, qu'il ne savait pas. Ca ne l'empêchait pas de vouloir s'excuser.
Ses prunelles l'observèrent alors qu'il analysait paisiblement les paroles qu'elle venait de prononcer. Son cœur s'alourdit, dans un bruit inaudible, et ses lèvres se pincèrent. Ne pouvait-il plus rien pour elle aujourd'hui ? Etait-ce vrai ? Enfin, probablement que lui non. Il ne pouvait rien pour elle parce qu'il était au même point. Mais quelqu'un pouvait le faire à sa place. Et il était presque sûr qu'il y a, en ce moment, une personne capable d'aider et de soutenir Emi comme lui aimerait le faire. « Je peux essayer », tenta-t-il dans une faible esquisse alors qu'il haussait à peine les épaules. « Et même si j'y arrive pas », ce dont il était sûr malgré ce qu'il pouvait bien raconter, « Je veux être là maintenant », et il en arrivait au point où il la suppliait presque du regard. Il ne voulait pas s'imposer, bien sûr. Si Emi ne voulait pas de lui, il n'insisterait pas. Si elle voulait bien l'accepter dans sa vie, il ferait de son mieux pour être là le plus souvent possible. Pour l'écouter ou pour simplement passer du temps avec elle.

Ses doigts serrèrent délicatement les mains de la jeune femme, répondant avec douceur au geste. « Je vais essayer aussi », dit-il, un rire à peine audible accroché aux lèvres. Il ne pouvait pas lui promettre qu'il y arriverait. Tout d'abord parce qu'il ne voulait pas, mais surtout parce qu'il ne pouvait pas. Quelque chose le retenait. « Je peux pas te promettre de pas m'inquiéter par contre », susurra-t-il, une doux sourire levant le coin de sa bouche. Ce serait mentir que de dire qu'il tenterait.
Ses mains s'agrippèrent un peu plus à celles de sa camarade. Sept longues années qu'elle était ici... Cela avait dû lui sembler bien long. Il lui offrit un léger sourire désolé, ne relâchant pas ses mains, les gardant appuyées contre ses paumes. « Ca fait 6 ans », répondit-il doucement. Il se souvenait de son premier jour sur l'île comme si c'était hier. Il se souvenait surtout de son dernier jour au Japon. « Étrange que l'on se soit pas croisés avant », sans doute parce qu'il n'avait pas cherché. Parce qu'il ne s'était pas demandé s'il reconnaissait un visage dans la foule. « Attends-toi à me croiser souvent à partir de maintenant », et il se mit à rire discrètement.

Une fine esquisse se dessina sur ses lèvres, et lui-même ne saurait si elle était ironique ou si elle était de nostalgie. De l'argent, il en avait. « Non, tout va bien de ce côté-là », lâcha-t-il lentement. Il avait encore son héritage. Il n'avait pas beaucoup dépenser. Il ne comptait pas le dépenser. C'était idiot, de le garder... mais c'était la seule chose qu'il lui restait de ses parents. Ca, et les souvenirs. « Je suis infirmier », ajouta-t-il après quelques secondes, « Ce n'est pas le métier qui rapporte le plus, mais ce n'est pas non plus celui qui rapporte le moins », il sourit, « Je suis bien situé », et un faible rire ronronna dans le fond de sa gorge. « Et toi ? Tu t'en sors bien ? », il la fixa un instant, plongeant ses prunelles dans les siennes, ses doigts relâchant un peu la pression sans pour autant laisser filer les mains de la jeune femme. « Tu travailles ici depuis que tu es arrivée ? », il observa un instant la salle autour d'eux, reportant bien rapidement son attention sur Emi. « Ca te plaît ? ». Le métier de serveuse n'était pas quelque chose d'évident. Il ne savait pas s'il aurait la force de le faire. « Il n'y a pas trop de clients difficiles ? », il arqua un sourcil, la tête quelque penchée sur le côté.
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