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 Keep calm and go bowling • | Ft. Jun

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Oikawa Roy
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MessageSujet: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Ven 11 Nov - 23:33


Jun & Roy
Keep calm and go bowling




Depuis ce jour à l’hôpital, Roy avait repris ses nouvelles habitudes. Comme promis, il laissait tranquille son collègue et ne s’adressait à lui quant qu’à de nécessité. En somme, rien que pour le travail et rien d’autre. Il aurait pu lui demander comment se portait son frère, si ce dernier allait mieux, cependant bien que ce n’était pas l’envie qui manquait, le garçon n’en avait rien. Il préférait ne plus trop s’immiscer dans sa vie et s’ils s’étaient recroisés cette fois là, il ne s’agissait que d’un pur hasard. C’était dommage de voir comment tout à coup, ça avait changé parce que même sans être proche, Roy trouvait la situation plutôt amusante. Qui est-ce qui le reprendrait maintenant s’il faisait l’idiot avec une louche dans la cuisine hein ? Certes, probablement que Jun ne se gênerait pas de lui faire la remarque mais ce n’était pas pareil. Il avait été imbécile, c’était tant pis pour lui. Certainement que c’était même mieux ainsi, il était moins stressé, moins oppressé et ses cauchemars qui hantaient ses nuits paraissaient s’être dissipés peu à peu. Il en avait encore quelques uns toutefois ceux-ci étaient sûrement identiques à ceux que faisaient tout le monde... Principalement après avoir regardé un film d’horreur d’ailleurs, hors, au moins, dans de telles circonstances, le jeune homme comprenait pourquoi il avait rêvé de ça. Lorsqu’il réfléchissait puis qu’il se ressassait cette histoire avec le serveur, il ne parvenait toujours pas à saisir pourquoi il l’avait imaginé mort ni comment il avait pu se permettre d’avoir une telle vision dans son esprit. Il avait choisi de ne plus se prendre la tête, de ne plus songer à cela puisque de toute manière c’était passé puis de se consacrer à son présent, à son futur. De quoi se plaignait-il ? Il avait un travail raisonnable, un travail qui se joignait à sa passion, il était vivant alors qu’il aurait pu mourir tragiquement de cet accident de voiture, il avait une belle fiancée - il pouvait au moins lui accorder ça de positif - et il avait encore toute une vie devant lui pour profiter. C’était vrai, il n’avait plus sa mémoire, il était plutôt seul parce qu’il avait du mal à faire confiance aux personnes qui l’entouraient, parce qu’il ignorait qui était ses amis et comment s’en faisait-on. Etait-ce idiot de se poser ce genre de question ? Mais à ses yeux, ce n’était pas stupide, il l’ignorait. Il avait essayé une fois, il avait merveilleusement échoué donc sûrement était-ce juste lui qui ne s’y prenait pas comme il le fallait. Il devait s’ouvrir au monde, tenter de s’intégrer auprès des autres, participer à des soirées, rencontrer de nouvelles personnes... Des tas de choses que le jeune homme faisait néanmoins au bout du compte, ça ne convenait jamais. Parce que même s’il était sociable, même s’il s’entendait avec ces inconnus près de lui, il y avait cette barrière qu’il installait sans savoir pourquoi il le faisait. Inconsciemment, il se protégeait et rares étaient ceux à avoir réussi à briser cet obstacle.

Réellement, lorsqu’il avait prévenu son collègue ce jour-là, qu’il lui avait dit pour l’incident qui avait touché son ainé, pas une seconde il n’avait pensé qu’il aurait pu se lier avec ce dernier. Il avait pensé que les seuls fois où il le croiserait serait sûrement au Owl-ways lorsqu’il venait chercher le serveur mais de plus bel, le cuisinier s’était apparemment trompé. Puisque ce n’était pas au restaurant qu’il l’avait revu mais encore une fois à l’hôpital. A l’entrée de la clinique tandis que le médecin sortait et que lui s’apprêtait à pénétrer à l’intérieur pour se rendre à son rendez-vous habituelle. Ils avaient discuté quelques minutes et n’avait su quoi répondre lorsque le jeune homme l’invita à nouveau à se faire un bowling. Apparemment, il semblait motivé puis lui répétait encore qu’il était certain que Roy était doué. Ce dernier étrangement n’était pas convaincu, il ne connaissait rien à cette activité cependant il avait fini par accepter. Puisqu’il s’était dit que c’était une sortie comme une autre, que ça lui permettrait peut-être de faire la connaissance de nouvelles personnes et naïf, il n’avait pas pensé que son collègue serait là. Cela aurait dû lui paraître évident, pourtant, ça ne l’avait pas été et comme excuse, le cuisinier mettrait la faute sur son mal de crâne de cet après-midi là. Mal de crâne totalement inexistant, autant le préciser mais puisqu’il fallait obligatoirement trouver une excuse, celle-ci était la plus crédible que le jeune homme avait pu trouver.

Et le voilà désormais qui marchait tranquillement jusqu’à cette grande bâtisse dans laquelle ils pourraient pratiquer le bowling. A cause de sa mauvaise vision, Roy n’avait pas reconnu de suite le docteur, encore moins la personne qui se tenait à ses côtés, puisqu’ils étaient trop loin pour les voir. Mais une fois à leur hauteur, la surprise se refléta dans ses prunelles en constatant la présence de Jun, il ne le releva pas toutefois, se contentant de les saluer avant que des étoiles n’apparaissent dans ses pupilles. Il avait hâte de découvrir ce qu’il se cachait derrière cette porte. Et il n’en fit pas du tout déçu, sa bouche s’ouvrant dans un grand « o » alors que ses yeux scintillaient encore plus fort. Il était comme un enfant devant une montagne de cadeau. Il n’avait jamais vu ça auparavant, pas depuis son réveil et ça lui semblait fantastique. Il y avait un grand bar au milieu, des pistes un peu de partout autour d’eux, des boules qui brillaient rangées sur des étagères et il pouvait entendre le bruit des quilles qui s’écrasaient à cause des autres clients qui s’amusaient. La musique était plutôt forte également, ça lui donnait légèrement quelques douleurs à la tête toutefois il était trop excité pour y songer. Il s’en rappelait à présent, il avait vu des personnages y jouer dans un film cependant il ne connaissait rien des règles et encore moins du fonctionnement. La raison pour laquelle, toujours avec cet air ébahi et ses yeux qui vaquaient un peu partout dans la salle, il arqua un sourcil en arrivant au comptoir.

- Hein ? Pourquoi je dois enlever mes chaussures ? Demanda-t-il au médecin qui se tenait à ses côtés, penaud.

C’était vrai que lorsqu’on n’avait jamais joué, c’était plutôt surprenant de se faire tirer ses souliers avant de commencer le jeu. Au final, Roy ne chipota pas, s’exécutant pour donner sa taille puis enfiler une nouvelle paire qui lui donnait l’air d’un clown mais étrangement, il trouvait ça plutôt drôle.

Ainsi, on leur attribua une piste et le médecin lui expliqua qu’ils devaient à présent choisir des boules, que chacune avait un poids et que le mieux était de choisir en fonction desquelles on se sentait le plus à l’aise. Il en essaya quelques unes avant de trouver celles qui semblaient correspondre. Il en prit deux parce que vraisemblablement, c’étaient deux tours par personne. Une fois installé, le plus vieux lui donna le but du jeu, celle d’enlever toutes les quilles. Il lui donna d’autres noms aussi, strike, spare et d’autres qu’il n’avait pas réellement retenu. Cela s’était sûrement remarqué à la mine confuse qu’il lui avait affiché d’ailleurs. Le plus important à retenir était que s’il arrivait à faire tomber toutes les quilles, il aurait le plus de points. Certes... Qu’il essaie déjà en enlever une, ça sera pas mal.

Surtout que pour combler le tout, on l’avait mis en premier sur la liste. Ce n’était pas juste pour quelqu’un qui n’avait jamais joué... Son regard fixa la piste d’à côté, celle où un enfant venait de lancer sa boule qui rebondissait contre des rails. Il plissa des yeux à cette constatation. Ce n’était pas juste ! Pourquoi lui avait-le droit à un soutien ? Sous prétexte que c’était un gamin, il avait des privilèges ? Injuste. Vraiment.

Le cuisinier inspira alors profondément, attrapant sa boule dans laquelle il plaça ses doigts correctement à l’intérieur, et ce, dés le début. Il aimait bien l’ambiance ici puis ça avait l’air intéressant comme jeu. Il se concentra un instant puis prenant un faible élan, il marcha jusqu’à la limite avant d’élancer sa boule le plus fortement possible. Pas un seul instant, il ne la quitta du regard, la fixant rouler à une vitesse folle, adoptant un bref effet pour détourner de sa droite puis se diriger vers le milieu. Une quille tomba avant que les autres ne suivent rapidement et que plus aucune ne se trouve sur la piste. Ses paupières papillonnèrent de stupéfaction, observant du mieux qu’il le pouvait ce vide au loin d’un air complètement abasourdi. Est-ce qu’il... Avait tout enlevé ? Et du premier coup en plus. Il se tourna dans un mouvement ralenti, ses lèvres à nouveau ouvertes dans un « o » comme s’il n’en revenait pas lui-même. Tellement qu’il peinait à s’en remettre, le garçon n’arrêtait pas de cligner des yeux avant d’afficher un immense sourire de « gosse » puis de sautiller légèrement.

- J’ai réussi ! S’était-il exclamé en même temps qu’il fêtait sa propre victoire.

Certes, il ne s’agissait là que du premier tour et rien n’était encore terminé.

- C’était sûrement un coup de chance mais je suis content !

Un faible rire s’enfuit de sa bouche alors qu’il songeait que c’était différent du golf. Peut-être que finalement, il n’avait jamais été golfeur par le passé mais joueur de bowling professionnel. Et sinon ça va les chevilles ?


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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Sam 12 Nov - 1:08


Roy & Jun
Keep calm and go bowling




Tetsuo avait quitté l'hôpital dans la journée, au plus grand soulagement de Jun qui commençait à en avoir marre de faire semblant de dormir pour que le temps passe. Evidemment, il le suivit jusque chez lui, refusant de le laisser seul. Cette fois-ci, ce serait lui qu'il s'occuperait de lui. Du moins, autant qu'il le pouvait. Il ne voulait pas laisser Tetsuo seul, pas après sa chute.  
Il se fit réprimander plusieurs fois sur le chemin, parce qu'il n'avait pas de veste. Tetsuo lui prêta la sienne et il se sentait un peu idiot de laisser le blessé sans rien sur le dos – il n'avait pas froid, mais question de principe. Il garda les mains profondément plongées dans les poches de la veste un peu trop grande pour lui et marcha lentement aux côtés de son frère jusqu'à son appartement. Comme d'habitude, il regarda plusieurs fois par-dessus son épaule. A chaque fois qu'il le faisait, Tetsuo regardait avec lui, discrètement, et se mettait à lui parler d'autre chose et à lui poser des questions. Histoire de concentrer son attention sur ses réponses et non sur le monde qui l'entourait.
Et après quelques minutes d'interrogations étranges et de réponses brèves et parfois tout aussi étranges, ils arrivèrent à l'appartement. Jun ne quitta pas son frère d'une semelle. Littéralement. Il se mit à le suivre. Partout.  Quand son aîné partait vers la cuisine, il patientait quelques instants au salon avant de finalement le rejoindre. Tetsuo savait pourquoi et ça l'amusait plus qu'autre chose, au final. Et, par exemple, dès que son aîné se massait la nuque ou qu'il plongeait sa main dans ses cheveux, Jun était déjà prêt à sortir son portable pour appeler les secours.
Il resta la nuit chez lui, dormant encore moins tranquillement que chez lui. Les bruits qu'il entendait ici étaient les mêmes... mais ils étaient différents. Les bruits de couloir à son appartement lui faisaient peur, mais il savait à quoi il ressemblait. Il y était habitué, en quelque sorte. Ici tout était différent et chaque son résonnait faussement à ses oreilles. Ce fut pour cette raison qu'il décida de dormir au salon. Parce qu'il savait qu'il passerait une nuit agitée. Tetsuo devait se reposer et il n'avait pas besoin de se faire réveiller parce que Jun bougeait trop ou se réveillait pour le moindre bourdonnement. Autant dire qu'il avait passé le plus clair de son temps devant la fenêtre à observer l'extérieur et à attendre que les minutes ne s'écoulent.
Il revint le lendemain, aussi. Juste pour être sûr. Par simple précaution. Parce qu'il préférait vérifier, en somme. Il avait lu que parfois des complications pouvaient survenir au bout de vingt-quatre heures. Il s'assurait juste que la théorie était fausse, que son frère n'avait rien.

Il retourna chez lui le jour suivant, retrouvant son appartement comme il l'avait quitté. Retrouvant la solitude qui y régnait, ainsi que le froid qui errait dans chaque pièce. Chez Tetsuo, il faisait chaud – il avait eu froid aussi, certes. Mais l'ambiance était chaleureuse. Parce que l'hôte arrivait à allumer ce petit quelque chose entre les murs. Il arrivait à faire du lieu quelque chose de reposant, et de réconfortant. Chez Jun, malgré le fait que le chauffage était allumé, il faisait froid. Les meubles étaient froids, la décoration était froide, l'air était froid... Et lui aussi. Ses lèvres ne dessinaient que ce trait fin qu'il connaissait que trop bien quand il arrivait chez lui, et ses pensées s'égaraient là où elles ne le devraient pas. Mais ce n'était pas grave. Il avait l'habitude. Il se couchait en vérifiant que tout était fermé. Il se réveillait en vérifiant que rien ne s'était ouvert dans la nuit. Il se couchait en s'emmitouflant dans des couvertures épaisses. Il se réveillait toujours englouti par les nombreux draps qu'il avait sur son lit. Il se couchait paniqué, apeuré à l'idée quelque chose arrive. Il se réveillait en sueur, la respiration haletante, et surtout, fatigué.
C'était dans cet état qu'il allait au travail. C'était dans cet état qu'il forçait un sourire sur ses lèvres dès qu'il passait la porte du restaurant. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas l'habitude. Au contraire. Tout ceci était tristement entré dans sa routine. Il ne réfléchissait avant d'agir de la sorte. Il le faisait. Personne ne lui disait jamais rien de toute façon. Personne ne cherchait à savoir si son sourire était vrai, ou s'il cachait un lourd secret. Et ça tombait bien, car c'était pile poil ce qu'il voulait.
Quant à Roy... eh bien, tout était redevenu comme avant. Ils ne se parlaient pas, voir très peu. Simplement pour le travail, et rien d'autre. Il profita néanmoins d'un moment où ils furent dans la cuisine pour le remercier. Le remercier de l'avoir prévenu, pour Tetsuo ce jour-là. Son collègue lui répondit que c'était normal et qu'il n'avait pas à le remercier. Lui pensait que si. C'était important. Peut-être qu'il n'aurait pas su pour Tetsuo. Son frère ne lui aurait pas dit, pour ne pas l'inquiéter. Hors Jun préférait savoir. Il ne chercha pas à savoir ce que Roy faisait là-bas. Ca ne le regardait pas, et il ne voulait pas spécialement savoir non plus. Il se contenta de le remercier et retourna travailler ensuite.
Cela lui paraissait toujours étrange que Roy l'ait prévenu sans rien attendre. Et il se disait que tôt ou tard quelque chose finirait par venir. Parce que ça venait toujours. Selon lui, non. Ce n'était pas normal d'agir ainsi. Ce n'était pas normal de leur apporter de la nourriture. Ce n'était pas normal de dire qu'il n'avait pas à le remercier. Il ne cessait de chercher ce que cela pouvait signifier, dans le fond. Ce que cela cachait. Mais comme toujours, avec Roy, il n'y parvenait pas. Le mystère qui entourait ce garçon lui laissait un goût amer dans la bouche. Parce qu'il ne savait pas à quoi s'attendre. Ni quand. Et encore moins pourquoi.

Il ne savait plus quand exactement, mais Tetsuo lui proposa une sortie. Au bowling. S'il avait été tenté de dire à la proposition de sortie avec son frère se balader en ville il hésita à répondre à celle-ci. Avait-il la tête d'un joueur de bowling, sérieusement ? Il n'avait déjà pas celle d'un joueur de golf mais alors de bowling... Tetsuo savait, qu'il n'aimait pas le sport. Il savait qu'il n'aimait pas non plus ce genre d'endroits. Il le savait, et pourtant, il l'invitait au bowling. Il lui répondit d'abord par la négative – hors de question qu'il mette un pied là-bas. Mais son frère insista à plusieurs reprises pour qu'il l'accompagne, soit disant que c'était amusant et que ça le défoulerait. Pour se défouler, il avait la batterie, merci bien. Cela faisait un moment qu'il n'en avait pas fait d'ailleurs...
Tout ça pour dire qu'il finit par accepter l'invitation de son frère. Ils se mirent d'accord sur une date.

Après s'être douché et s'être habillé il quitta son appartement emmitouflé dans sa veste et caché derrière une écharpe en compagnie de Tetsuo. Ils se dirigèrent tous les deux vers le lieu où ils allaient retrouver Roy.
Il ne l'apprit que dans l'après-midi. Son frère avait trouvé cela intéressant d'inviter son collègue à venir jouer, aussi. Il s'en doutait un peu cela dit, se disant bien que l'idée du bowling ne tombait pas du ciel. Il en avait parlé en plus, à l'hôpital. Et il avait parlé d'inviter Roy. Mais entre le dire et le faire, il y avait un monde. Il décida malgré tout de ne pas se rétracter et d'aller avec Tetsuo – et le cuisinier – jouer au bowling.
Si sa motivation ne cassait pas la baraque avant, elle la cassait encore moins maintenant qu'ils étaient devant l'entrée et qu'ils attendaient. Ses doigts s'agitaient dans ses poches tandis qu'il ne cessait de marmonner qu'il faisait froid. Bien trop froid pour rester dehors et attendre. Pourquoi ils attendaient dehors au juste ? Ils pouvaient rentrer... chez eux – comment ça, non ?

Le cuisinier arriva enfin et il souffla faiblement, serrant les poings pour espérer récupérer un peu de chaleur. Il aperçut la surprise sur son visage mais ne releva pas. Evidemment qu'il ne pensait pas qu'il serait là. Evidemment que Tetsuo avait volontairement négligé ce détail. Il ne dit rien et les suivit silencieusement à l'intérieur du bâtiment, fronçant les sourcils parce qu'il faisait aussi froid dedans que dehors. Il garda sa veste sur le dos et son regard rivé sur le dos de son frère. La musique était assourdissante et bourdonnait déjà trop fort à ses oreilles. Les voix des différentes personnes faisaient naître une boule dans son estomac et il tenta de ne pas trop y faire attention. Il ne put empêcher son regard se perdre dans la foule alors qu'ils arrivaient au comptoir pour changer leurs chaussures. Il se plaça automatiquement près de son frère, tentant de garder un œil sur chaque individu près de lui. Ce n'était pas évident. Il y avait trop de monde.

« Pour ne pas abîmer le sol », répondit Tetsuo dans un sourire.

Il s'occupa de demander une chaussure à la taille de Jun, remarquant bien que ce dernier était trop occupé à fixer les gens autour de lui. Il lui envoya un sourire rassurant avant qu'il ne se change, incitant Jun à faire de même dans un signe de main.
Ce qu'il fit. Avec un peu de mal. Parce que c'était compliqué de surveiller le monde autour de lui, de s'assurer que personne ne venait vers lui, de s'assurer que personne ne le fixait étrangement tout en mettant ses chaussures.
Il inspira longuement, se pinçant les lèvres ensuite alors qu'il les suivait une nouvelle fois. Vers la piste cette fois-ci.
Il s'assit sur l'un des sièges, collant son dos à ce dernier, continuant d'observer les alentours. Comme une proie qui savait qu'elle serait bientôt attaquée.
Tetsuo garda un œil sur lui et expliqua les bases du bowling à Roy, n'hésitant pas à utiliser le vocabulaire adéquat, souriant en remarquant l'air perdu sur le visage de son vis-à-vis. Il aurait tout le temps d'apprendre ces mots de toute façon. Et puis ce n'était pas important de les savoir pour jouer.

Jun décida de se concentrer sur la voix de Tetsuo, se forçant à diriger son regard vers lui. Tetsuo paraissait heureux. Enfin, c'était évident qu'il l'était. Il adorait ce genre d'endroits. Il adorait s'amuser comme ça avec ses amis. Tout le contraire de ce que lui appréciait, à dire vrai. Il n'aimait pas cet endroit. Il y avait trop de monde et trop de bruit. Il ne savait pas vraiment où poser son regard. Il ne répondit pas au nouveau sourire que Tetsuo lui envoya et dévia son regard.

« C'est pas un coup de chance ! T'es doué j'te dis ! », rétorqua-t-il, un large sourire aux lèvres, applaudissant Roy suite à sa performance.
« J'suis étonné qu'il ait tué personne... », commenta Jun en se souvenant du vol plané du club de golf – paix à son âme.

Tetsuo leva les yeux au ciel, un brin amusé, avant d'expliquer qu'il avait peut-être trouvé un joueur à sa taille. D'habitude il battait tout le monde et ce n'était plus intéressant, à force.
Il les observa, gardant son regard fixé sur le visage de son frère. En lui montait la profonde envie de rentrer alors qu'il était à peine arrivé. Il n'avait pas sa place ici, de toute façon. Il n'était pas à l'aise, et c'était un miracle qu'il arrive à respirer convenablement. Il se sentait étouffé malgré tout et il jeta de brefs regards autour de lui. Non, vraiment, il n'avait pas sa place ici.
Il ne savait même pas pourquoi Tetsuo l'avait invité, au final. Il aurait très bien venir ici sans lui et juste s'amuser avec Roy.

« Jun c'est à toi »

Il regarda son frère, hésitant, avant de se lever. Il grimaça légèrement à cause de tout ce bruit et de tout ce monde. Tetsuo l'encouragea, ébouriffant ses cheveux alors qu'il passait près de lui, lui soufflant qu'il y arriverait.

Il n'y arriva pas. Il ne pouvait pas se concentrer, il y avait trop de bruit. Trop de sons qu'il devait analyser et sur lesquels il devait se pencher. Il regarda plusieurs fois derrière lui avant de lancer, Tetsuo le rassurant toujours avec un sourire, le montrant qu'il était là, qu'il n'avait rien à craindre.
La boule roula doucement dans la gouttière et il n'en était même pas étonné. Il retourna directement s'asseoir ensuite, encerclant son corps de ses bras alors que son regard se perdait autour de lui.

« Tu feras mieux au prochain coup », il haussa les sourcils à cela, peu convaincu.

Ce fut alors au tour de Tetsuo. Qui copia le geste de Roy en faisant un strike.

« Je sens que la partie va être intéressante ~ », qu'il déclara en se tournant vers Roy.

Jun souffla faiblement. Lui sentait surtout que la partie allait être longue... Trop longue.

«Je sens que la partie ne va jamais se finir...»
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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Sam 12 Nov - 17:48


Jun & Roy
Keep calm and go bowling




Pour ne pas abîmer le sol, sérieusement ? Ils inventaient un stratagème aussi compliqué juste pour le bien du sol. Les hommes peuvent réellement être étrange néanmoins si c’était nécessaire, Roy n’allait pas s’en plaindre. Il respectait. Chaque sport avait sa particularité après tout, dans certains on devait porter des combinaisons et bien dans d’autres, on devait changer de chaussures. Ce n’était pas dramatique, juste bizarre. A moins que cela ne soit lui qui ne réfléchisse trop puis se prendre la tête à propos de détails complètement inutiles. Pourquoi ne pas tout simplement écouter ce qu’on lui disait de faire, s’exécuter en silence plutôt que de se poser un nombre interminable de question. Cela ne le fatiguait-il pas à longueur de journée ? Et pourquoi ci, et pourquoi ça... Ca devait réellement devenir vite épuisant, le garçon lui-même s’en rendait compte cependant il ne pouvait s’empêcher de s’interroger constamment sur tout et rien. Il avait besoin de savoir, de comprendre puisque tout ce qu’il découvrait était nouveau à ses yeux, c’était comme s’il voyait cet endroit, cette chose, pour la première fois alors que certainement, il avait du y venir plein de fois par le passé. Peut-être même qu’il était celui qui rétamait tous ses camarades puis qui connaissait tous les termes techniques par coeur. Aujourd’hui, il avait déjà oublié ce que lui avait expliqué le garçon, il avait oublié chacun des mots et s’il avait quelques idées dans la tête, il préférait ne pas les mentionner à haute voix parce qu’il était certain que ce n’était pas lui. Dés que c’était nouveau, dés que c’était un peu compliqué ou de ce qu’il avait peu l’habitude d’entendre, il se trompait souvent ou les confondait avec d’autre. Sûrement qu’il aurait du demander au plus vieux de les lui noter avec de brèves explications à chaque fois. C’était sa manière de se repérer, dans n’importe quelle activité qu’il faisait, Roy notait tout... Chez lui, il avait encore ses post-it accrochés à certains endroits, sur certains étaient écrits des noms avec les descriptions des personnes puis il y avait ce carnet dans lequel il inscrivait, la plupart des tâches à faire, la majorité des chiffres qu’il devait retenir, des dates importantes, en bref, le moindre détail qu’il savait nécessaire à se rappeler, il l’écrivait. Il le faisait aussi pour les mots qu’il apprenait, s’il s’en souvenait, il cherchait leur définition dans un dictionnaire puis le notait à côté et quant il avait un moment à lui seul, il relisait. A sa façon, il avait plusieurs manières de faire travailler sa mémoire dont certaines étaient grâce à des conseils de son docteur. Il le fallait bien... C’était déjà handicapant de ne plus avoir aucun souvenir donc si déjà il parvenait à améliorer ses problèmes de mémorisations, ce serait un grand pas en avant.

Le fait était qu’en ce jour, il était au bowling, une activité qu’il n’avait jamais pratiqué depuis son réveil et tout juste entendu parlé, en compagnie de son collègue et son frère. L’atmosphère était étrange, un brin pesante et déstabilisante néanmoins la « magie » des lieux semblaient suffire pour le plonger dans son propre monde puis se délecter de chaque chose qui se déroulait ici. Il ne s’imaginait pas doué, il ne s’imaginait pas réussir à enlever ne serait-ce qu’une quille et c’était la raison pour laquelle, il avait été agréablement surpris de voir qu’il avait tout fait tomber. Un vrai gamin... Il n’avait pas résisté à sautiller de partout, peut-être un peu trop fier de son exploit mais il n’y croyait tellement pas alors...

« Eh ! » Avait râlé instinctivement le cuisinier à la remarque du serveur « Je ne l’avais pas fait exprès ! »

Il ne demandait pas à ce que Jun le félicite seulement il pourrait éviter de critiquer à chaque fois certains de ses actes. Okay, il n’était pas normal à s’amuser avec une louche dans sa cuisine mais où était le problème si ça lui faisait plaisir à lui ? Est-ce que c’était mieux qu’il pleure ou tire la tête à longueur de journée ? Okay, il n’était pas doué au golf et avait fait une grosse bourde ce jour-là seulement pourquoi fallait-il toujours ramener cette histoire sur le tapis ? Fronçant les sourcils, le jeune homme n’ajouta rien de plus puis parti s’assoir, les bras croisés contre son torse alors qu’il commençait à bouder. Heureusement, il n’était pas trop rancunier et si ça l’agaçait sur l’instant, cela disparaissait aussitôt celui d’après.

Son regard suivit le serveur qui se levait, guettant le moindre de ses gestes tandis qu’il se massait discrètement les tempes. C’était vrai que la musique était un peu forte, sans parler du bruit autour néanmoins le jeu était intéressant, ça compensait. Une esquisse moqueuse étira ses lèvres en le voyant échouer toutefois Roy ne releva pas pour autant.

- Personnellement, je n’en sais rien, Leur rétorqua-t-il avant de se lever puis de s’emparer d’une de ses boules. C’était de nouveau à son tour.

Sans réfléchir, plaçant ses doigts au milieu, il s’élança avant de faire rouler l’objet tout aussi rapidement que son coup précédent. Il y eut de plus bel un effet qui modifia sa rotation et la dirigea vers le milieu. Les quilles s’écroulaient une à une, il les observait avec autant d’ébahissement que quelques minutes plus tôt cependant une moue contrarié s’afficha sur son visage. Une. Il en restait une. Hors, de ce fait, cela lui donnait le droit à un second tour.

Ses yeux se rivèrent sur l’écran au-dessus de sa tête, tentant d’assimiler les explications écrit dessus. Ensuite, il se saisit de sa deuxième boule et prit un peu plus de temps avant de s’élancer. Il devait penser à une stratégie puis essayer de capter correctement la quille qui était tellement trouble, qu’il avait l’impression d’en voir deux. Par réflexe encore, il frotta ses iris de ses doigts pour reprendre sa position initiale.

Après plusieurs pas vers la piste, voilà que la boule se retrouvait déjà au bout et renverser la dernière quille qui restait. Incontrôlable, Roy avait sautillé de plus bel dans un « Yes ! » ainsi que ses bras levés.

- Peut-être que je m’en sors finalement !

Un rire cristallin se libéra de sa bouche tandis qu’il s’asseyait à sa place et tapotait légèrement des pieds, très enthousiasmé par ce jeu.

- C’est vraiment bien ! Déclara le garçon dans un sourire, détournant ensuite son attention sur le bar derrière lui avant de se lever, Vous voulez boire quelque chose ? Je vais commander.

Dés qu’il eut obtenu la réponse, se saisissant de son portefeuille pour régler, il les laissa ainsi tous les deux, attendant sagement au comptoir. Il y avait un peu de monde mais ça allait... Ses doigts tapotaient sur la table, jusqu’à ce qu’en il puisse passer sa commande puis rejoindre les autres. Gentiment, dans un sourire, il posa chaque boisson sur la petite table entre les sièges dans un « voilà » sans se douter qu’il avait confondu et ne leur avait pas pris ce qu’ils avaient demandé. Roy aurait du l’écrire certes, sauf que sans papier et sans stylo, cela aurait été un brin compliqué.

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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Sam 12 Nov - 22:04


Roy & Jun
Keep calm and go bowling




Il y avait trop de monde. Il se perdait pendant plusieurs instants sur les visages de chaque personne qui l'entourait, histoire de relever un détail, même le plus petit, pour se souvenir d'eux. Hors ce n'était pas une chose facile à faire. Les personnes autour d'eux bougeaient tout le temps et affichaient une expression différente pratiquement toutes les secondes. Ils s'aventuraient partout dans la salle et disparaissaient parfois derrière un mur ou derrière une autre personne. Cela allait tellement vite qu'il n'avait pas le temps de bien l'observer. De plus certaines d'entre elles se ressemblaient étrangement, ou d'autres encore n'avaient aucun signe distinctifs. Ils se mêlaient aisément dans la masse et ça l'angoissait. Parce qu'ils pouvaient s'évaporer aussi vite, cela voulait dire qu'ils pouvaient rapidement apparaître. Surtout là où on il ne les attendait pas – derrière lui, par exemple.
Et en plus du monde, il y avait trop de bruit. La musique était trop forte. Elle semblait rythmer le jeu de certains qui se levaient et jouaient au son de la musique. Elle bourdonnait à ses oreilles dans ce bruit sourd et désagréable, sifflant de plus en plus fort au fil des secondes. Et à la musique s'ajoutaient les voix de toutes les personnes présentes. Il tentait de toutes les écouter, d'assimiler tout ce qui se racontait autour, mais les mots s'emmêlaient les uns avec les autres. Suivre la conversation de leurs voisins était un combat. En règle générale, il aimait bien écouter ce qu'il se disait. Ca lui permettait de savoir ce que les gens faisaient mais aussi de reconnaître leurs voix. Cela lui permettait de les situer dans l'espace derrière lui pendant qu'il observait la salle de l'autre côté. En plus de ça, habituellement, il retenait. Il se souvenait de ce que chaque personne avait raconté pendant une journée ou deux. Parfois plus. Il se souvenait de l'intonation de leurs voix et des mots qu'ils avaient employé.
Aujourd'hui, ici, il ne pouvait rien retenir. Il n'avait à rien entendre. Il avait le début des conversations, pas les fins. Ou l'inverse. Il essayait de porter un intérêt aux bruits de pas sur le sol ou aux autres bruits – les rires, les verres, les quilles – mais les gens qui discutaient et la musique qui grondait masquaient absolument tout. Il n'entendait même pas ses propres pas sur le seul. Il n'arriverait même pas à distinguer ceux de son frère dans tout cela.
Et tout ce mélange lui donnait un léger mal de tête. Mal de tête qui allait s'intensifier, il le savait. Les lumières aveuglantes au-dessus de leurs têtes n'arrangeaient pas le situation.
Et naissant en lui une panique sourde. Celle de ne pas entendre quelqu'un arriver. Celle de ne pas pouvoir se préparer. Celle de ne pas pouvoir se protéger.
Les gens, la musique, l'air... Il se sentait oppressé. Oppressé et pas du tout à sa place. Ce n'était pas son genre, ce style de sorties. Il préférait se balader dans un parc, par exemple. Ou passer une heure ou deux dans un petit café pas trop bondé. Il aurait même préféré faire ça avec Tetsuo. Simplement être assis autour d'un café et discuter.
Il ne se sentait pas bien, pas du tout dans son élément. Il avait l'impression d'être épié et jugé. Pourtant, à chaque fois qu'il tournait la tête, son regard ne croisait celui de personne, car tout le monde était bien trop occupé à s'amuser pour lui prêter un peu d'attention. Mais il le sentait, ce regard sur lui, et ça le perturbait. Il ne faisait que l'imaginer, mais il n'en juste pas conscience.
Il aimerait pouvoir se lever et déclarer qu'il rentrait. Il aimerait demander à Tetsuo s'ils pouvaient retourner à l'appartement et remettre cela à plus tard – voir jamais. Ce n'était pas son truc. C'était plus celui de son frère. Ce dernier était dans son élément, Jun le voyait. Et le jeu n'avait pas entièrement commencé qu'il voyait déjà à quel point il s'amusait.

L'envie de rentrer était grande. Pourtant, il ne bougeait pas. Il ne disait rien, non plus. Il ne se plaignait pas alors qu'il souhaitait libérer les mots qui naissaient dans sa gorge. Il souhaitait dire que la musique était trop fort, que les gens parlaient trop, et qu'ils étaient trop nombreux. Il souhaitait dire qu'il ne se sentait pas à l'aise. Il souhaitait dire que ça ne lui plaisait pas et qu'il aurait préféré ne pas venir, finalement. Mais il n'en dit, ravalant chaque mot avec difficulté, le cœur lourd. Il ne pouvait pas se permettre de gâcher cette soirée. Il ne pouvait pas se permettre de gâcher ce moment à Tetsuo. Déjà qu'il lui gâchait très certainement la vie...
Il souhaiterait pouvoir offrir ce genre de soirées plus souvent à Tetsuo. Pouvoir se permettre de passer sa soirée ici avec lui. Il se rendait compte qu'il le faisait rarement.

Un souffle court s'échappa de ses lèvres et son regard se perdit maladroitement devant lui. Il observa Roy faire son deuxième lancé, déviant ses prunelles vers Tetsuo un instant. Ce dernier souriait. Ce n'était pas comme d'habitude. Il ne souriait pas pour le rassurer ou pour le réconforter. Il souriait parce qu'il était réellement heureux d'être là, et parce qu'il s'amusait. Il semblait passer un bon moment alors que la soirée venait à peine de commencer. Il semblait aussi être plus à fond dans le jeu de Roy que son propre jeu.
Et il l'applaudit une nouvelle fois.

« Je te l'ai dit, t'es doué ! », lui répondit-il, « Pourquoi on me croit pas quand je dis un truc ? »

Et une mine faussement attristée, une.
Un large sourire étira bien vite ses lèvres en entendant Roy s'esclaffer. Jun jeta un bref regard vers ce dernier – lui aussi semblait s'amuser. Il le dévisagea rapidement avant de détourner son attention sur son frère, scrutant l'expression dessinée sur son visage. Il ne pourrait certainement jamais lui offrir ce genre de moments. Ce genre d'instants où seul le jeu comptait. Où s'amusait était primordial. Où l'on laissait ses soucis à la porte d'entrée pour être insouciant et heureux l'espace de quelques heures.
Pourquoi ne pouvait-il pas offrir ce genre de repos à son frère ? Pourquoi avait-il l'impression d'être un poids dans son existence ? Il le ressentait habituellement, mais il le ressentait encore plus en cet instant. Il ne pourrait jamais lui offrir ce genre de mots. Il ne pourrait jamais rire joyeusement parce qu'il renversait toutes les quilles ou parce que Tetsuo le faisait. Il ne pourrait jamais faire ça. Il ne pourrait jamais être comme ça.
Il se l'était toujours dit. Il l'avait toujours pensé mais n'en était jamais vraiment sûr. Il était un mauvais frère. Il n'était qu'un poids presque mort accroché au dos de Tetsuo. Et il le ralentissait. Il l'empêchait de respirer, de vivre pleinement.

Ses prunelles bougèrent doucement, se posant sur son collègue qui venait de parler. Ses lèvres restèrent scellées tandis qu'il le fixait. Il ferait sans doute un meilleur frère que lui. Il profitait du moment, il était curieux sur tout, il riait. Il le suivit du regard alors qu'il partait. Tetsuo parla brièvement du talent apparent de Roy pour le bowling. Jun ne répondit rien, s'enfonçant un peu plus sur son siège.
Il se plongea un peu plus dans ses pensées, et sa respiration s'accéléra un instant. Il grimaça quelque peu sous la douleur qu'il s'infligeait à lui-même.
Tetsuo s'amuserait plus s'il n'était qu'avec Roy. Il s'amuserait plus s'il n'était pas là. Il vivrait mieux, s'il n'était pas là.

Son collègue revint avec les boissons et Tetsuo le remercia dans un large sourire portant directement le verre à ses lèvres. Il redressa ensuite son visage dans un air confus.

« Ils avaient déjà plus de soda ? », demanda-t-il, avant de rire légèrement, « Ils ont dû avoir du monde durant la journée alors »

Il haussa les épaules et avala encore quelques gorgées de sa boisson. Il se tourna vers Jun, un fin sourire aux lèvres.

Et là, soudainement, son corps entier se crispa. Ses muscles se contractèrent à une telle rapidité qu'ils brûlaient à présent et le faisaient quelque peu grimacer. Il serra la mâchoire, baissant son regard sur le verre devant lui, le fixant sans vraiment le regarder alors qu'il se rendait compte de ce qu'il en était vraiment.
Alors qu'il comprenait que ce n'était pas l'endroit le problème. Que ce n'était pas la foule ni le bruit. Le problème, c'était lui.
Il était de trop.
Il écarta quelque peu ses lèvres, les refermant rapidement alors qu'aucun son n'en sortait. Il secoua simplement la tête avant de cacher la partie basse de son visage derrière son écharpe. « Je passe », qu'il marmonna doucement, « J'y arrive pas de toute façon » et ses épaules roulèrent faiblement.
Il détourna ses prunelles avant d'apercevoir la lueur de déception dans le regard de Tetsuo. Parce qu'il savait qu'elle serait là. Parce qu'il gâchait sa soirée.

« Je joue à sa place, ça te dérange pas ? », et il lui sourit avant d'aller se positionner, lançant deux fois.

Et obtenant un strike à chaque fois. Il se tourna vers Roy, un air triomphant plaqué au visage.

« Tu arriveras à faire remonter ton score tu crois ? », lui demanda-t-il, faisant exploser son côté joueur.

Il partit ensuite s'asseoir à côté de Jun, lui ébouriffant les cheveux au passage et lui tendant sa boisson en lui disant de boire un peu, que ça lui ferait du bien. Parce qu'il faisait trop chaud ici – avec Jun qui était enroulé dans son écharpe, c'était difficile à avaler comme excuse, mais soit.
Doucement, il attrapa le verre, et avala rapidement une gorgée, posant son regard sur le liquide à l'intérieur du verre. Ce n'était pas du soda. …

« Tu vas nous donner mal à la tête à trop penser », lui murmura-t-il d'une voix douce et lui ébouriffant une nouvelle fois les cheveux, « J'attends des strike Roy. Je n'accepterai plus rien d'autre à présent », lâcha-t-il faussement sérieux, avant de rire légèrement voulant paraître serein et voulant amuser la galerie alors que son regard reflétait son inquiétude.

Il venait bien de comprendre que Jun réfléchissait à quelque chose. Il ne savait juste pas quoi. Il le connaissait par cœur, mais pas à ce point. Il observa les alentours à son tour, comme pour s'assurer que personne ne malmenait son frère de loin, reposant ensuite son attention sur le cuisinier.

« Montre-moi de quoi tu es capable allez », le pressa-t-il, « T'auras plus aucune excuse pour la prochaine partie »

Si Jun tenait jusque là, cela dit.
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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Dim 13 Nov - 14:10


Jun & Roy
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Peut-être était-il doué après tout, Roy n’en savait pas grand chose mais pouvait-on lui en vouloir de ne pas comprendre pourquoi réussir si facilement alors qu’il n’avait jamais joué auparavant. Certainement que oui et qu’il ne s’en souvenait pas cependant c’était encore plus surprenant que ça ne l’avait été pour la cuisine. Là c’était comme si son corps réagissait tout seul, sans qu’il n’ait besoin de réfléchir. Il lançait la boule puis celle-ci suivait la trajectoire que le mouvement de son bras lui avait indiqué. Il n’en revenait toujours pas, fixant le vide au bout avec stupéfaction ainsi que des étoiles scintillantes dans ses prunelles. Il n’aurait pu expliquer la joie qu’il ressentait en cet instant, ni le plaisir qu’il avait à s’amuser de la sorte hors n’ayant personne dans son entourage, il ne s’en rendait pas vraiment dans ce types d’endroits. Parce que s’il en donnait l’impression, le jeune homme ne sortait pas en compagnie de grand monde, la plupart du temps il était seul ou en compagnie de sa pseudo-fiancée. Il ne connaissait pas énormément de choses des activités intéressantes à faire, des bonnes sorties qui pourraient le divertir comme l’autrefois avec ce parc d’attraction ou aujourd’hui cette partie de bowling. Il ne pensait pas qu’il exister des choses aussi intéressantes, un sport qui l’exalterait autant, qui le ferait sautiller sur place comme un enfant qui avait réussi son plus gros exploit de l’année et qu’il n’avait qu’une hâte, celle de déjà relancer sa prochaine boule. Il aimerait qu’on lui fasse connaître encore pleines de petites anecdotes, qu’on lui conseille des endroits réellement supers pour s’amuser entre amis ou il pourrait rencontrer de nouvelles personnes. C’était idiot de dire ça mais puisqu’il ne se rappelait de rien, il était comme un espèce de bébé qui commençait la vie avec quelques avantages supplémentaires. Puisqu’il ignorait tout, et qu’à part ses automatismes, il apprenait petit à petit. D’un point de vue extérieur, on devait sûrement le qualifier de stupide en observant cette brillance dans ses prunelles, ce sourire idiot qui ornait ses lèvres alors qu’il gagnait, et ce, sans parler de cette curiosité qu’il apportait à tout ce qui se passait autour de lui. Il se posait des questions vraiment surtout, même sur le comment les boules qu’il lançait pour détruire les quilles revenaient si rapidement à leur point initial. C’était fascinant mais terriblement intriguant. La technologie, les machines qui existaient étaient réellement développés et ça l’ébahissait. Bien que cette fois-ci, le cuisinier avait parfaitement compris que ce genre d’interrogation, il valait mieux les garder pour lui sinon on se demanderait quel être étrange était-il à se poser des questions aussi inutiles. C’était comme pour les chaussures...

Le sourire aux lèvres, il était parti chercher les boissons, se disant que ça leur ferait du bien en compensation aux efforts qu’ils faisaient. Il n’avait pas songé une seule seconde qu’il s’était trompé de boisson, commandant ce qui lui passait par la tête et ce qu’il croyait que ses camarades avaient demandé. Roy avait tenté de réfléchir avant parce que les paroles de l’aîné lui paraissaient flous puis plutôt que retourner l’interroger sur ce qu’ils désiraient, il avait préféré se dire « Je crois qu’il m’avait demandé ça... ». Et c’était encore plus bête puisque à chaque fois que le garçon émettait ce genre de réflexion, il se trompait.

« Oh. Ce n’était pas ce que tu voulais ? » Avait-t-il répliqué, penaud et confus avant de passer nerveusement sa main dans ses cheveux « J’ai du me tromper... »

Puis son regard s’égara sur son collègue, affalé sur son siège, ne les détournant pas un instant. Il secoua la tête à son interlocuteur, non, bien sûr que non, ça ne le dérangeait pas qu’il joue à sa place cependant Roy trouvait cela dommage que la situation se déroule ainsi. Il n’était pas idiot, il remarquait bien que Jun ne s’amusait pas. Ce qui n’était pas étonnant lorsqu’on pensait à sa personnalité, à cette manie qu’il avait de stresser facilement... Ici, il y avait énormément de monde, beaucoup de bruit que lui-même peinait à supporter, donc peut-être que son camarade avait du mal à se sentir à sa place... Un endroit calme aurait-il été mieux ?

En guise de réponse, le jeune homme s’était contenté d’hausser les épaules dans un sourire, ne sachant pas s’il parviendrait à faire remonter son score ou non. Puis, son vis-à-vis n’allait pas enlever toutes les quilles à chaque fois non plus.

Se levant, le cuisinier s’empara de sa boule, jetant un bref coup d’oeil derrière lui avant d’hocher la tête au plus vieux dans un grand sourire, sans préciser qu’il ne savait plus ce qu’était le strike. Il rit doucement, déclarant qu’il y arriverait puis s’élançant, il exécuta chacune de ses paroles. Toutes les quilles s’écroulèrent, le rendant toujours aussi fier que la première fois où il avait tout fait tomber. Il ne se lassait pas de ce sentiment. Toutefois, à peine rejoignit-il son siège, qu’il observa son collègue qui ne prononçait pas un mot, qui ne paraissait pas au meilleur de sa forme et bien qu’il aurait sûrement du se taire, Roy n’avait pu retenir le « Ca va ? » qui s’enfuit de ses lèvres. Sa question était stupide parce qu’il en connaissait déjà la réponse et qu’il se doutait que le serveur ne devait pas être à l’aise dans un tel lieu.

- Peut-être qu’on devrait arrêter, Proposa-t-il à l’autre garçon calmement.

Pourquoi alors qu’il aurait bien eu envie de lancer encore quelques balles et qu’il adorait ce jeu ? Parce que ce n’était pas amusant s’ils étaient les seuls à s’éclater et qu’à côté, il y avait quelqu’un qui ne se sentait pas bien. Lui n’était pas en mesure de profiter s’il voyait une personne triste ou en mauvaise santé auprès de lui. C’était vrai, il ignorait que Jun était de la partie lorsqu’il avait accepté l’invitation sinon probablement qu’il l’aurait décliné cependant ce n’était pas une raison pour faire comme-ci ce dernier n’était pas là n’est-ce pas ?

- Je ne serais pas contre de prendre un peu l’air.

Ce qui en soit n’était pas réellement un mensonge. Il était bien ici, il s’amusait cependant le bruit était si abondant qu’un peu de calme soulagerait assurément ses maux de tête. Certes, à ce moment là, cela n’avait été qu’une excuse parce que le jeune homme s’était refusé de mentionner Jun. Il avait promis de ne plus se mêler de sa vie mais c’était ce qu’il faisait en cet instant donc en quelque sorte, il rompait sa propre promesse. Seulement qu’aurait-il du faire alors ? Le laisser paniquer un peu plus pendant qu’eux s’éclataient et rigolaient ? Ce genre d’attitude n’était-il pas cruel ?

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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Dim 13 Nov - 15:17


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Il ne faisait pas que se sentir de trop, il savait qu'il l'était. Il ne s'amusait pas comme tout le monde. Il ne riait pas aux éclats comme leurs voisins pouvaient le faire depuis qu'ils étaient arrivés. Il ne restait assis et silencieux et savait à peine lancer sa boule vers les quilles. Il arrivait à peine à en faire tomber deux. Peut-être que les choses auraient été différentes s'il était venu seul ici avec Tetsuo. Il n'aurait pas plus apprécié le lieu, mais il aurait peut-être un peu plus profité de la soirée. Généralement avec Tetsuo, tout se passait bien quand ils étaient tous les deux. Il ne comprenait pas les intentions de son aîné en invitant Roy, cela dit. Ce dernier avait été surpris en le voyant. Jun pouvait le comprendre, lui l'aurait aussi été si ça avait été l'inverse. Sans doute que son collègue aurait préféré passer la soirée qu'en compagnie de Tetsuo. Parce qu'il savait s'amuser, lui. Qu'il savait profiter du moment. Qu'il savait rire et qu'il pouvait discuter de tout et de rien. Il ne comprenait parfaitement si le cuisinier appréciait son frère. C'était normal. Pratiquement tout le monde l'appréciait. Il n'était pas compliqué, pas comme lui. Il se suffisait d'un rien et riait sans qu'on lui demande. Il ne se forçait pas. Il ne se cachait pas non plus derrière un sourire et quelques remarques plus ou moins ironiques. Il ne masquait pas ce qu'il ressentait et laissait ses émotions parler à sa place.
Il comprenait aussi que son frère puisse apprécier de passer un moment avec le cuisinier. Il était sans doute moins prise de tête que lui. Il ne se posait pas autant de questions sur les gens qui l'entouraient. Il ne semblait pas réfléchir pendant des heures à ce qu'on venait de lui dire, pour savoir si c'était vrai ou non, pour savoir si on venait de lui mentir ou de lui dire la vérité. Il semblait vivre l'instant, aussi. Comme Tetsuo. Ils s'amusaient. Et ils auraient mieux fait de venir ici sans lui. Ca ne l'aurait pas dérangé de rester seul chez lui.
De toute façon, seul ici ou seul dans son appartement... Cela ne changeait pas grand chose. Parce qu'en plus d'être de trop, il se sentait seul. Isolé. Comme s'il était le seul à voir des problèmes partout. La musique, les voix, le bruit, les gens... Absolument tout le dérangeait. Même le plus petit bruit le contrariait. Peut-être que Tetsuo et Roy étaient aussi embêtés par une chose ou une autre, mais cela ne se voyait pas. Ou alors cela ne les dérangeait pas plus que ça. Cela ne les empêchait pas de s'amuser.

C'était facile à dire pour Tetsuo. C'était facile pour lui de lui demander de ne pas trop penser. Mais Jun faisait que ça. Tout le temps. Il songeait à tout et à rien, même aux choses insignifiantes. Il prenait tout en compte et analysait tout. Peut-être un peu trop. Il tombait à chaque fois dans le piège que lui faisait son esprit. Il s'y laissait prendre et imaginait des tas de scénarios possibles. Il ne pouvait pas prendre un « merci » pour un « merci ». Non. Jun compliquait toujours tout. Il essayait de voir ce qui se cachait en-dessous. Il essayait de trouver une raison à ces paroles ou à ces actions.
Si quelqu'un pouvait lire dans ses pensées, il s'y perdrait pour sûr. Hors pour Jun tout avait un sens.
Penser qu'il était de trop était logique au vu de la situation. Penser qu'il n'était pas un frère digne de ce nom, aussi. Et il extrapolait. Peut-être que Tetsuo aurait préféré venir ici qu'avec le cuisiner, finalement. Quelqu'un d'apparemment facile à vivre et à divertir. Peut-être que Tetsuo regrettait de l'avoir emmené ici. Parce que Jun ne s'amusait pas et il gâchait l'ambiance. Peut-être que Tetsuo aurait préféré avoir un frère comme Roy. Il semblait être tout son contraire, que ce soit dans sa manière d'agir ou de vivre. Il était plus compatible avec Tetsuo sur ce point-là.
Peut-être bien qu'il se trompait, aussi. Peut-être bien que Tetsuo était ravi qu'il soit là, qu'il ait fait l'effort de l'accompagner. Parce que Tetsuo savait qu'il n'aimait pas ce genre d'endroits. Mais il faisait des efforts, pour lui... Enfin, en faisait-il vraiment ? Il n'en avait pas réellement l'impression... Mais être assis là était déjà un gros effort, non ? Être assis ici et se laisser baigner dans cette musique, se noyer autour de tous ces gens. C'était un miracle, en soit, qu'il se soit pas parti s'isoler dans les toilettes, ou qu'il ne soit pas déjà sorti pour fuir tout ça.

Il égara son regard sur son collègue devant lui un instant. Pourquoi avait-il accepté l'invitation de Tetsuo, au juste ? Maintenant qu'il y pensait, il ne semblait pas emballé par l'idée la dernière fois. Comment son frère avait-il fait pour le faire changer d'avis ? Quelle idée saugrenue avait germé dans l'esprit de Roy pour qu'il accepte ? L'idée de passer avec du temps avec Tetsuo et de s'amuser, probablement. L'idée d'être son ami, peut-être ?
Ou pire encore, l'idée de l'éloigner de lui. En agissant comme il le faisait, en jouant sur le fait qu'il s'amusait, qu'il profitait, en appuyant qu'il n'était pas comme Jun, il voulait peut-être prouver à Tetsuo à quel point il se donnait du mal pour rien. Ou bien sa seule envie était de l'isoler plus qu'il ne l'était. Pour une raison qu'il ignorait. Il ne voyait pas la joie qu'il pourrait en tirer s'il arrivait à cette fin-là. A quoi cela lui servirait-il de faire en sorte que Jun soit seul ? Pour mieux le blesser. Pour mieux l'achever. Si son frère n'était plus là, il n'avait plus personne.
Plus personne pour l'aider. Plus personne pour le protéger. Etait-ce cela que le cuisiner voulait ?

Levant une main tremblante, il se massa rapidement le front dans quelques souffles haletants. Chaque sourire du cuisiner, chaque mot, chaque geste, chaque regard... il essayait de se rappeler de tout. Il essayait de tout analyser. Il essayait de comprendre le sens caché sous chaque expression de son visage.
Mais comme toujours, il n'arrivait pas à le cerner. Et à l'heure actuelle, plutôt que le frustrer, ça l'angoissait.

« Ca va », répondit-il en abaissant sa main. « Je vais bien »

Et il dressa ses prunelles vers lui, soutenant son regard un instant avant de se concentrer sur autre chose.

« Peut-être oui », et Jun baissa quelque peu la tête comme un gamin pris en faute, s'enfonçant un peu plus derrière son écharpe. Il venait de faire ce qu'il s'était promis de ne pas faire : gâcher la soirée à Tetsuo.

Une longue respiration souleva son torse et ses doigts se crispèrent sur son verre. Verre que son frère lui retira doucement des mains en le voyant le compresser.

« C'est pas une mauvaise idée », dit Tetsuo en se levant, « Il fait trop chaud en plus là-dedans »

Il offrit un sourire à Roy et alla rapidement ramener leurs verres, avant de revenir de faire signe à Jun de se lever. Il l'aida légèrement et le guida ensuite vers le comptoir où ils avaient déposé leurs chaussures en arrivant. Il indiqua à Roy de les suivre, lui demandant plusieurs fois si ça lui avait plu et s'il comptait revenir. Il expliqua au garçon qu'il venait fréquemment ici pendant qu'il remettait ses chaussures et qu'il s'assurait que Jun faisait de même.
Connaissant le chemin par cœur, il dirigea Jun à l'extérieur tout en vérifiant que le cuisinier les suivait bien.

Il faisait froid. Un long frisson parcourut immédiatement son corps à peine fut-il à l'extérieur. Il ferma les yeux alors que le vent fouettait son visage, glissant un peu plus ses mains dans ses poches. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il observa directement les alentours, et se plaça un peu plus près de son frère tout en gardant les yeux relevés sur la rue derrière eux. Un soupir discret lui brûla les lèvres et son regard glissa doucement sur Tetsuo et Roy à ses côtés. Il releva rapidement son écharpe, ne rendant que ses yeux visibles à présent et enfouit à nouveau sa main dans sa poche. Et derrière le tissu, ses lèvres se mirent à remuer, dans un léger « Désolé » à peine audible, avant qu'il ne baisse le regard, coupable. Parce qu'il venait vraiment de gâcher la soirée de son frère, et en beauté. Il n'était pas stupide au point de ne pas comprendre qu'ils étaient sortis à cause de lui.
Et il n'arrivait toujours pas à comprendre le comportement de Roy. La raison pour laquelle ses prunelles se redressèrent et qu'il le fixa longuement. Comptait-il vraiment l'éloigner de son frère ? Ou était-ce son esprit qui lui faisait imaginer des choses ? Avait-il quelque chose en tête ? Avait-il élaborer un plan pour lui faire du mal ? Pour faire du mal à Tetsuo ?

« Tu vas te fouler un neurone », lâcha soudainement Tetsuo en le regardant, « C'est pas grave tu sais. Tu marqueras plus de points la prochaine fois ~ » et son rire s'éleva doucement dans l'air.

En réalité, les points, Tetsuo s'en fichait. Il s'en voulait quelque peu d'avoir emmené Jun avec lui là-dedans, sachant qu'il n'aimait pas ce genre de choses. Mais il avait voulu lui montrer qu'il était possible de s'amuser. Qu'il était possible de s'amuser avec des personnes que l'on connaissait à peine. Il n'aurait pas laissé son frère plus longtemps à l'intérieur cela dit. Il avait bien remarqué qu'il réfléchissait un peu trop. Il savait que lorsque Jun cogitait énormément, il s'imaginait des tas de choses improbables. Il n'aurait pas pu le laisser faire plus longtemps.
Car si ça avait continué, Jun aurait paniqué. Et pas seulement en pensant à des choses et d'autres. En paniquant réellement et beaucoup plus violemment.
Là, au moins, il pouvait respirer convenablement. Ils étaient seuls dans la rue et il pouvait tenter de se caler.

« Il fait meilleur ici », déclara Tetsuo en inspirant une grande bouffée d'air, « Et c'est plus calme surtout », ajouta-t-il en riant, « Ils devraient vraiment baisser la musique. Pour ceux qui ont l'habitude, c'est pas dérangeant mais pour les autres ça doit être mortel », et ses prunelles se posèrent rapidement sur Jun suite à cela.

Tetsuo s'extasia ensuite sur la partie qu'ils venaient d'avoir, souriant joyeusement tout en déclarant qu'il ne serait pas contre rejouer une fois. Quand Jun ira mieux, qu'il pensait mais qu'il n'osait déclarer à voix haute.

« On va se boire un truc chaud avant qu'on se transforme en glaçon ? », proposa-t-il en regardant Roy et Jun à tour de rôle.

Jun n'eut pas réellement son mot à dire cela dit. Tetsuo décréta rapidement que, comme il était le plus vieux, c'était lui qui décidait. Il les entraîna alors dans un petit café un peu plus bas dans la rue, mentionnant que l'endroit faisait les meilleurs cappuccino et chocolat chaud du quartier.
Ca avait un petit côté tentant, en effet.

Et après quelques minutes, les voilà installés à une table dans le dit café. Il n'y avait pas grand chose, et il n'y avait pas un bruit. L'ambiance était beaucoup plutôt calme ici qu'au bowling. Même Jun semblait se détendre sur sa chaise – pas entièrement cela dit parce que le serveur était un peu trop bizarre selon lui. Mais qui ne l'était pas, au final, hein.

« Alors comme ça », commença Tetsuo un sourire amusé au visage tandis qu'il se tournait vers Roy, « On joue au golf avec une louche sur son lieu de travail, hm ? », le taquina-t-il.
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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Dim 13 Nov - 17:21


Jun & Roy
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Si Jun peinait à cerner Roy, qu’il ne s’inquiète pas puisque c’était exactement la même chose dans le cas inverse. Le cuisinier avait du mal à comprendre l’attitude de son collègue, à comprendre ce qui le chagrinait, le tracassait et l’effrayait autant. Il savait qu’il ne pouvait pas deviner et que certainement, c’était encore pire que ce qu’il était en mesure d’imaginer néanmoins en quelque sorte, c’était frustrant de ne pas savoir. Ils étaient réellement différents tous les deux, peut-être pas autant qu’ils ne le pensaient, cependant leur personnalité n’était pas la même. Lui saisissait qu’il y avait beaucoup de monde ici, qu’il y avait beaucoup de bruits aussi et que ça pouvait être oppressant pour certains. Probablement que ça aurait fini par l’être pour lui parce que s’il adorait s’amuser, il ne supportait pas lorsque le vacarme était trop fort. Il aimait le calme, pas quand les gens criaient trop forts, pas quand la musique était à une telle intensité que ses tympans en vibraient à en devenir sourd. Il aimait le jeu ici cependant il l’apprécierait sûrement plus s’il n’y avait pas autant de bruit, ne serait-ce que baisser la musique aurait été suffisant. Il ne pouvait pas empêcher les gens de s’amuser, du moment qu’ils n’hurlaient pas à ses oreilles, ça ne le dérangeait pas. Néanmoins en dehors de ça, il ne saisissait pas pourquoi Jun paniquait, pourquoi il semblait avoir ses yeux de partout et pourquoi il n’arrivait pas à profiter un minimum alors que son frère était là. Peut-être était-ce de sa faute à lui ? Roy avait également émis cette possibilité cependant malgré ça, malgré le fait que cela soit tout à fait possible, il s’était dit que dans tous les cas, il peinait à imaginer son collègue dans ce genre d’endroits. La preuve, lui-même lorsqu’il avait cherché à l’inviter quelque part, il avait longuement réfléchi avant, analysant où le serveur pourrait se sentir bien, quel type de lieu lui plairait et directement, il avait pensé à quelque chose de calme, peu peuplé.

Jamais il n’irait lui demander pourquoi le garçon agissait ainsi, pourquoi est-ce qu’il paraissait se prendre encore plus la tête que lui. C’était juste qu’il trouvait ça dommage, que d’une certaine façon, ça lui faisait de la peine parce que n’était-ce pas triste de ne pas réussir à s’amuser, à profiter ? S’il vivait dans la peur comme Jun, quel genre de vie aurait-il à l’heure actuelle ? C’était vraiment malheureux de ne pas être capable d’apprécie chaque délice de la vie à sa juste valeur, de ne pas parvenir à apprécier un bon moment puis de rester concentrer tout le temps sur ce qui se passait autour de nous. Roy ne jugeait pas cette attitude, cette façon de penser, il y avait sûrement une raison qui l’expliquait. Il la respectait néanmoins il songeait juste ô combien, encore une fois, le quotidien de son collègue ne devait pas être joyeux. S’il n’était pas capable de s’extasier, d’apprécier de tels moments, y avait-il des jours, des instants, où il s’amusait sincèrement ?

En guise de réponse, le cuisinier lui avait souri, sans chercher à relever alors qu’il doutait que son vis-à-vis se portait bien. Mais, ça ne le regardait pas. Pourtant ça ne l’avait pas empêché de soulever l’idée d’arrêter... Puisque ce n’était pas plaisant s’ils étaient trois et que seulement deux d’entre eux profitaient.

« Hum, c’est vrai. Et la musique est trop forte. »

Beaucoup trop forte même. L’un des points négatifs pour venir s’amuser ici. Le jeune homme s’était à nouveau massé les tempes sur ses dires, allant même jusqu’à plisser légèrement des yeux à cause de ce brouhaha qui lui semblait plus grand au fur et à mesure qu’il se penchait dessus. Le sourire encore attaché à ses lèvres, il déclara au plus vieux que oui, ça lui avait plu, qu’il ne connaissait pas une telle activité et que c’était intéressant. Pour le fait de revenir, il avait répondu ne pas savoir lui-même parce qu’il n’était pas certain de tenir longtemps avec un bruit aussi puissant qui résonnait contre ses tympans.

Il avait récupéré ses chaussures ensuite, manquant de partir avec celles du bowling parce qu’il avait presque oublié ce qu’il portait au bout des pieds. Ses yeux vaquaient toujours de part et d’autres de la salle tandis qu’ils avançaient vers la sortie, il traînait un peu derrière eux, des pensées plein la tête.

Le vent cogna directement contre ses joues à peine eut-il franchi la porte rejoindre l’extérieur. Ses phalanges s’agrippèrent à son écharpe qu’il remonta naturellement jusqu’à sa bouche où s’enfuyait de la buée. L’hiver approchait, ça se sentait mais Roy n’était pas contre, il n’était pas si frileux et il aimait cette température. Ou particulièrement les chocolats chauds qu’il ne cessait de boire depuis quelques jours. Il fit tapoter ses mains entre elles, les glissant ensuite dans ses poches avant de sourire en contemplant les deux frères. Ils avaient l’air si complémentaire, c’était incroyable. il les enviait presque parce que s’il avait sûrement eu ce genre de relation par le passé, ce n’était pas le cas désormais et il se demandait à quel point ceci était précieux. Peut-être était-ce son coeur qui tergiversait, qui l’obligeait à se tourmenter parce qu’en réalité, plus qu’être seul, c’était ce vide à l’intérieur qui le fragilisait. Il avait perdu tout ce qu’il avait de plus cher, que cela soit ses amis ou ses amours, il ne lui restait plus grand chose mais avec ses souvenirs effacés, il n’était pas en mesure de s’apercevoir de cela.

Un simple « Hum » sortit de ses lèvres tandis qu’il hochait la tête à la déclaration de l’aîné. Il l’admettait et ne le répéterait certainement jamais assez à propos du son de leur musique. Habitué ou non, c’était déstabilisant, cela donnait mal à la tête puis les forcer à parler plus fort que la normal pour s’entendre. Roy souriait, sans daigner relever bien qu’à la proposition du garçon, il s’apprêtait à décliner l’invitation mais n’en eut pas vraiment le temps. Ce n’était pas qu’il avait l’impression d’être de trop... Mais un peu tout de même. Son collègue ne le portait pas grandement dans son coeur, lui pensait encore à sa bêtise de ce matin là et il n’était pas certain que le serveur soit content de le savoir là. Tant pis. Il ne resterait pas longtemps.

A présent assis autour d’une table, bien au chaud et dans une pièce beaucoup plus calme que là où ils étaient précédemment. L’atmosphère était agréable, plus apaisant, tellement que chacun de ses muscles se détendit alors qu’il se commandait un chocolat chaud. Avec des guimauves. Il ne savait pas pourquoi cependant il adorait ça, les guimauves. Son côté enfantin qui ressortait sûrement.

Légèrement pensif, Roy observait chaque recoin de la salle, le peu de clients présents qui étaient silencieux, ou discrets. Il contemplait aussi les employés, la décoration ainsi que les boissons qu’ils servaient. Ca avait l’air bon, ça sentait bon en tout cas. Cette odeur de chocolats qui lui chatouillait le nez, il ne s’en lasserait probablement pas.

- Hein ? Fit-il étonné de la question de son interlocuteur, ses prunelles s’égarant machinalement en sa direction.

Etait-on obligé de revenir sur ce sujet là ? Ceci dit, le cuisinier ne s’en vexa pas et en rit doucement.

- Je m’amuse simplement comme je peux. Je n’ai pas de temps à perdre pour pleurer donc si je peux m’amuser, je le fais et même si c’est des bêtises.

Parce que la vie était bien trop courte pour la laisser passer sans en profiter. S’il avait pu retenir une leçon de son accident, c’était celle-ci. Il n’avait que faire du ridicule, il n’avait que faire qu’on le juge parce qu’il jouait au golf avec une louche ou de la batterie avec des baguettes et une casserole. On pouvait bien le trouver bizarre, ça ne l’atteignait pas... Il suivait le fond de ses pensées, le fond de ses envies et si ça l’éclatait de travailler de cette manière, qui est-ce que ça dérangeait du moment que ses tâches étaient faites correctement ? Au moins, il souriait, il répandait la bonne humeur dans sa cuisine et c’était ça le plus important.

- Et toi ? Du coup, tu es médecin ? Demanda Roy gentiment, non pas sans détourner discrètement ses yeux vers son collègue.

Il aurait pu s’adresser à lui également cependant il n’avait pas su quoi rétorquer donc autant se taire.

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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Dim 13 Nov - 18:50


Roy & Jun
Keep calm and go bowling




Si seulement il ne faisait que trop chaud à l'intérieur... Jun n'aurait rien eu contre, au contraire. De nature frileuse il aurait trouvé cela agréable de ne pas avoir froid. De ne pas sentir les bouts de ses doigts gelés. De ne pas se sentir tout engourdis et de ne pas être obligé de se cacher derrière son écharpe pour espérer récupérer un semblant de chaleur. Hors ce n'était pas du tout ça le problème. Et il savait que c'était qu'une excuse inventée par son frère. Il ne faisait pas chaud à l'intérieur. L'air était un peu moins frais qu'à l'extérieur, il l'avouait, mais ce n'était pas au point de pouvoir le réchauffer. Parce qu'il n'avait pas cessé d'avoir froid. Ou alors il n'en avait eu que l'impression. Il s'était réfugié derrière son écharpe pour se protéger plus que pour se réchauffer. Il s'était réfugié derrière pour masquer son visage, pour détourner l'attention des gens. Il avait gardé cette impression d'être observé et encore plus quand il était plongé dans ses pensées. C'était dégoûtant..
Il y avait surtout tout ce bruit. Cette musique assourdissante qui se mélangeaient maladroitement à la voix des gens. C'était réellement désagréable. Il ne supportait pas les endroits aussi remplis. Il y avait de la vie au restaurant, ça discutait et riait de partout mais c'en était pas à ce point-là. Même durant les heures de pointe, ses oreilles ne bourdonnaient pas autant à cause du bruit. Même durant ces moments-là il ne se sentait pas aussi mal à l'aise que dans la salle de bowling. Quand il était entré et qu'il s'était assis, il n'avait pu trouver de sorties. Il n'avait pu trouver une porte ouverte par laquelle il pourrait fuir si jamais. Ce qui renforçait encore plus son impression d'être une proie. Parce que si on l'attaquait, il ne pourrait pas s'enfuir. Il ne pourrait même pas se faufiler dehors. Il fallait déjà passer la foule incroyable qu'il y avait là-dedans... Parce qu'en plus d'avoir énormément de bruit, il y avait énormément de monde. Beaucoup trop de monde pour lui. Il ne savait plus où poser son regard, il ne savait plus qui surveiller...
Il était rassuré d'être sorti, d'avoir quitté cette cage qui l'oppressait de plus en plus. Ca l'avait en parti déconnecté de ses pensées. Ce n'était pour cela qu'il oubliait. Ce n'était pas pour cela qu'il n'allait pas réfléchir à ses propres interrogations. Ce n'était pas pour cela qu'il n'allait pas songer aux conclusions qu'il avait tiré. Il y penserait. Ce soir. Demain. La semaine prochaine même probablement. Il ne pourrait pas s'ôter ces idées de la tête aussi facilement. Il ne cesserait de se dire qu'il n'était pas un bon frère pour Tetsuo. Il ne cesserait de croire que Roy attendait quelque chose de lui. Et il n'arrêterait pas de s'interroger sur ce dernier. Ne pas réussir à le cerner ce soir était encore plus troublant que jamais.

Quelques frissons picotèrent sa peau sur le trajet et il ne put les empêcher. Le vent se glissait partout. Sa veste était pourtant fermée jusqu'en haut et son visage était à moitié caché par son écharpe, mais il arrivait à se faufiler malgré tout. Il lui chatouillait un peu trop la nuque et descendait doucement sur son dos, éveillant de longs frissons le long de sa colonne. Il parvenait à venir frapper ses mains, et remontait ensuite le long de ses bras. Il lui cajolait les joues sous le tissu, les refroidissant et les rougissant quelque peu.
Il suivit Tetsuo en silence, ne sachant même pas ce qu'il pourrait dire. Qu'il était désolé ? Il pourrait le chanter que ça ne changerait rien. Il avait tout gâché. Son aîné était certainement déçu d'être sorti aussi tôt de la salle, d'avoir abandonné le jeu en plein milieu alors qu'il s'amusait grandement. Il aurait mieux fait de rentrer, seul, et de les laisser là-bas. Tant pis si cela se serait fini dans la douleur. Tant pis si cela se serait fini par la vue de son frère qui s'éloignait, parce que Roy était plus apte à le comprendre et à le distraire que lui. Au moins il aurait passé la soirée à rire et à oublier tout ce qui l'entourait. Il aurait eu une soirée pour lui. Où il n'aurait pensé qu'à lui.

Tetsuo choisit la table, et c'était comme par hasard celle qu'il aurait choisi. Parce qu'il avait une vue dégage sur l'entrée mais qu'il pouvait aussi voir qui sortait des pièces centrales. Il pouvait voir le serveur qui allait et venait et il pouvait presque entendre le bruit venant de la cuisine. Et dans son dos, il n'y avait qu'un mur. Personne ne pouvait donc venir par là. Ses muscles se décontractèrent enfin. Pas totalement mais un peu. De quoi apaiser les brûlures qu'il ressentait depuis plusieurs minutes maintenant. Il se commanda un chocolat chaud tandis que Tetsuo opta pour un café allongé. Et dès que la tasse fut posée devant lui, ses mains allèrent l'encercler. La chaleur se répandit directement sur sa peau, commençant par ses paumes avant d'aller chatouiller le bout de ses doigts. Il la sentit ensuite monter un peu sur ses bras. Question de principe, il garda son écharpe autour du cou mais l'avait baissé et l'on pouvait voir l'intégralité de son visage maintenant.
Il leva un instant son regard, observant Tetsuo qui parlait, déplaçant directement son regard sur Roy ensuite.
L'aîné se mit à rire tout en secouant la tête, imaginant le cuisinier en train de jouer au golf en plein milieu de la cuisine. Pour sûr qu'il avait ri quand Jun le lui avait raconté. Et pour sûr qu'il en rirait encore demain. L'image était amusante.

« T'as entièrement raison », qu'il lui répondit dans un sourire.

Jun baissa lentement ses prunelles vers la table, serrant un peu plus sa tasse entre ses doigts. Il s'agissait bien là de ce qu'il pensait. Son collègue voyait la vie comme Tetsuo. Il la voyait comme un terrain de jeu où chaque obstacle n'était pas une raison pour s'arrêter, mais pour au contraire, continuer. Tetsuo était toujours positif – du moins il essayait. Il tentait de voir la vie du bon côté, des trouver du positif dans le négatif. Cela lui arrivait d'avoir du mal à le discerner, bien sûr. Il n'était pas naïf au point de ne pas voir quand les choses allaient vraiment mal et qu'il n'y avait vraiment rien à faire pour les améliorer. Mais il préférait garder l'espoir. Que restait-il s'il n'y avait plus d'espoir ? Plus grand chose. Et comme il savait que Jun n'en avait plus voir très peu, il se permettait d'en avoir assez pour deux.
De toute façon, selon Jun, tout ceci n'était question de perspective. De caractère, aussi. Probablement que si le sien était différent il partagerait leurs visions des choses.
Probablement que si son passé était différent, il penserait comme eux. Le « jeune » Jun, celui qui était mort dans cette pièce et qui y était toujours croyait en l'avenir. Il espérait. En tout et en rien, mais il espérait. Et cette espoir était restée avec le fantôme de celui qu'il était. Une partie était dans cette pièce, terrorisée et tremblante de froid. Et l'autre était partie avec cet homme.

« C'est ça », et il hocha la tête pour appuyer ses paroles, « Spécialisé en cardiologie », ajouta-t-il avant de porter sa tasse à ses lèvres et d'en avaler une brève gorgée – c'était encore trop chaud, « On peut dire que mon métier me tient à cœur »

Il voulait rester sérieux mais n'y parvint pas, et se mit à rire tout en se tenant le ventre. Jun arqua faiblement un sourcil dans un air qui se voulait blasé, mais le coin de ses lèvres se haussa quelque peu malgré tout.

« C'est pas trop dur d'être en cuisine toute la journée ? », demanda-t-il en s'accoudant sur la table.

Il leva lentement sa tasse, la portant à ses lèvres afin d'en boire une petite gorgée. Le liquide chaud roula le long de sa gorge, réchauffant doucement le reste de son corps.
Il pourrait entrer dans la conversation, hors il ne savait pas vraiment quoi dire. Il n'avait pas spécialement envie de parler. Puis ce n'était pas comme s'il avait quelque chose d'intéressant à raconter. Sa vie ne se résumait qu'à à avoir peur et douter. Il n'avait pas beaucoup de loisirs, à part la batterie. Il aurait toujours pu raconter cette fois où Tetsuo avait préparé le petit-déjeuner et qu'il avait failli mettre le feu à la cuisine... Il aurait pu, mais il n'en fit rien. Parce que cela faisait parti du passé. Et parce qu'il n'avait pas envie de se plonger dans les souvenirs de cette époque-là.

« J'ai aussi entendu que tu avais une fiancée ! », s'exclama soudainement Tetsuo en pointant discrètement Jun du doigt. En même temps, ce n'était pas comme s'il avait pu l'apprendre de quelqu'un d'autre... « Ca doit être chouette d'avoir une fiancée », lâcha-t-il, rêveur.

Et Jun leva les yeux au ciel. On oubliait la cuisine pour parler de filles ou bien ? Et il ne pouvait pas laisser passer cette ouverture – merci Tetsuo – pour se mêler à la conversation comme s'il l'avait fait depuis le début. Il ne s'était pas pleinement remis de ses émotions, mais tant pis.

« C'est quoi son prénom déjà ? », demanda Jun en tournant son visage vers Roy. Il se souvenait bien que le cuisinier ne semblait pas sûr de lui la dernière fois. Il vérifiait juste ses informations. « Tu me l'avais dit, mais j'ai oublié »

Il avala une autre gorgée de sa boisson, répondant par un haussement d'épaules au regard interrogateur que Tetsuo lui envoyait. Il participait à la conversation, il faisait un effort... et en même temps il s'assurait que tout était en ordre. Quel mal y avait-il à cela hein ?

« Vous vous êtes rencontrés comment ? », l'interrogea Tetsuo comme pour lui faire oublier la question de Jun. « Vous êtes ensemble depuis longtemps ? Enfin je suppose que oui si vous êtes fiancés... » et son visage s'étira à nouveau dans cet air rêveur avec un soupçon de curiosité.
« T'es trop curieux... », lâcha doucement Jun en secouant son visage, une légère grimace collée au visage.

Ses prunelles se tournèrent tout de même vers Roy. S'il changeait de sujet il tenait la partie de son histoire qui était bancale. La partie de son histoire qu'il n'avait pas assez travaillé avant de s'approcher de lui. Peut-être qu'il allait pouvoir réussir à le cerner, qui savait ?
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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Dim 13 Nov - 22:02


Jun & Roy
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Est-ce qu’il était aussi soucieux auparavant ? Est-ce qu’il s’inquiétait de savoir s’il profiter assez de sa vie ou non ? Que représentait la vie à ses yeux à cette époque ? Etait-elle un cadeau qu’on lui offrait ou au contraire, un fardeau qu’il devait se coltiner pendant des années sans jamais parvenir à s’en débarrasser ? Etait-il le genre d’individus qui aimaient s’amuser, prendre du bon temps avec ses amis, s’épanouir ou était-il plutôt minutieux, à ne pas souhaiter se ridiculiser, à se fier aux règles qu’on imposait, à sa tradition ? Tant de questions auxquelles Roy n’avait pas de réponse et n’espérait pas en avoir. Certaines personnes de son entourage lui avait déjà glissé des bribes d’informations seulement il ne souhaitait pas savoir. Il ne souhaitait pas connaître les différences qu’il y avait entre celui qu’il était à présent et celui qu’il était autrefois. Puisqu’au bout du compte, même s’il n’était pas ainsi par le passé, probablement que son accident l’aurait changé. Lorsqu’on perd trois ans de son existence, qu’on réalise que pendant tout ce temps on n’a fait que dormir et qu’à côté, le monde a avancé, qu’on réalise que la mort a frôlé notre porte et que si la chance n’avait pas été là, peut-être qu’on ne serait plus de ce monde aujourd’hui, on réfléchit avant de se lamenter. Roy ne disait pas que c’était interdit de se plaindre, qu’être triste était stupide cependant concernant sa personne, il n’avait pas envie de le faire. On n’avait qu’une seule vie, elle méritait sûrement d’être vécu et peu importait ô combien cette dernière était douloureuse et compliqué. Pour lui, d’une certaine façon, il était facile de songer comme ceci car il n’avait aucun souvenir d’autrefois, il ne se rappelait pas de cette souffrance atroce qui lui avait martelé le coeur, qui l’avait anéanti puis plongé dans des ténèbres affreuses. Si sa mémoire revenait, sûrement qu’il ferait moins le malin sur ses belles paroles qui tournoyaient dans son esprit toutefois, certainement qu’il serait plus apte à voir positivement que ça n’avait été le cas auparavant. Tout le monde souffrait ou avait déjà souffert dans sa vie, le jeune homme avait conscience de cela. Certains peut-être même plus que d’autres... On ne pouvait pas imaginer ni deviner la douleur ou les poids que les gens portaient sur leur existence. Nombreux étaient ceux à le cacher si bien alors c’était difficile de juger cependant s’il devait penser avec sa condition actuelle, Roy déclarerait que le plus important était de profiter puisqu’on ignorait ce qui pouvait arriver aujourd’hui, demain, dans un mois ou dans une heure. Lui aussi avait ses propres coups de déprimes, il tergiversait souvent, plus que de raisons puis se demander ce qu’il adviendrait de lui, de sa santé plus tard mais il refusait d’abandonner, il refusait de se laisser abattre. Alors du mieux qu’il le pouvait, il allait de l’avant, il essayait de rencontrer de nouveaux gens, de s’amuser, d’aider également. Il souriait, riait, discutait et si ce n’était pas suffisant, ça n’avait pas d’importance du moment qu’il ne baissait pas les bras. Sa mémoire était handicapante hors plutôt que de se plaindre là-dessus, il voyait le côté positif, il était déjà chanceux d’être en vie.

« Pardon ? »

Ses paupières clignèrent à quelques reprises, fixant son interlocuteur à sa remarque alors qu’il n’était pas sûr d’avoir compris ses propos. Ou plutôt la blague que le médecin avait tenté de faire. Qu’est-ce que c’était que la cardiologie d’ailleurs ? Déjà que les mots étaient compliqués mais alors les termes médicaux, le cuisinier n’en connaissait pas vraiment. Peut-être que cela avait un rapport avec le coeur, au vue de comment le garçon riait de ses dires, c’était sûrement ça. Il ne saisissait pas réellement et cela se voyait à sa tête penchée sur le côté ainsi que cet air penaud qui se reflétait dans ses prunelles.

« Pas du tout » Avait répliqué Roy ensuite, portant un instant sa tasse à ses lèvres avant de soupirer d’aise. Cela faisait un bien fou. « C’est mon métier, j’aime ça. Apparemment, j’aurais toujours voulu travailler là-dedans. »

Il haussa les épaules sur ses mots, ne sachant pas ce qu’il pouvait dire dessus puisqu’il n’était même pas fichu d’expliquer ce qui l’attirait là-dedans ni ce qui l’avait motivé à devenir cuisinier. Il ne s’en rappelait pas. N’ajoutant rien de plus, en silence, il en profita pour se délecter de son chocolat, guettant les alentours d’un air curieux avant que son attention ne se reporte sur le plus vieux, surpris de plus bel.

« Tu en as entendu beaucoup de choses dit-donc... »

Sa voix était taquine alors qu’un sourire amusé décorait sa figure. Ceci dit il ignorait si c’était une bonne ou une mauvaise chose que son collègue ait autant parlé de lui à son frère. Même les petits détails, comme la louche, ce dernier paraissait au courant. Pourquoi Jun prenait-il la peine de lui raconter des anecdotes aussi futiles ? Intrigué, Roy l’avait dévisagé discrètement comme si effectuer un tel geste donnerait des réponses à ses questions. Et non... A la place il eut le droit à une autre interrogation qui l’étonna tout autant parce qu’il ne comprenait pas pourquoi le serveur lui demandait-il cela. Qu’est-ce que ça lui apporterait d’avoir son prénom ? Surtout s’il lui avait déjà dit vraisemblablement...

« Est-ce que c’est un test ? » Avait-il échappé calmement avant de lui répondre malgré tout « Elle s’appelle Akane. »

Il fit de son mieux afin de garder pour lui le « je crois » qui avait menacé de sortir également. Il était sûr qu’elle se nommait ainsi - il avait essayé de l’apprendre depuis et ce, même si ça lui arrivait encore de se tromper - seulement il avait si peu confiance en sa mémoire, qu’il préférait toujours préciser que peut-être, ce n’était pas ça.

Et le garçon regretta presque de les avoir accompagné à ce café parce que toute l’attention était soudainement tourné sur lui, il n’aimait pas ça. Il n’aimait pas devoir s’expliquer, devoir mentir ou tenter de se remémorer son passé. Avec sa « fiancée », ce n’était pas trop difficile car il était certain qu’il n’y en avait aucun hors cela ne lui donnait pas une raison de s’inventer une vie pour autant. Un maigre souffle vibra dans sa gorge avant qu’il ne trempe ses lèvres dans sa tasse, non pas sans regarder ses vis-à-vis d’une expression perdue.

- Je ne sais pas.

Il n’était pas un menteur - disons qu’il ne l’était plus tout à fait - et il préférait être honnête.

- Je ne m’en souviens pas, Ajouta le cuisinier dans un faible sourire, D’après elle, ça ferait plusieurs années. Elle m’a aussi parlé d’un truc de danse mais je ne sais plus trop.

Ses doigts grimpèrent de plus bel à l’arrière de ses cheveux qu’il agita avec nervosité, toc apparent qu’il avait lorsqu’il n’était pas très à l’aise. Vraiment, il n’aimait pas parler de lui et surtout pas de ça.

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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Dim 13 Nov - 23:31


Roy & Jun
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Il se mettait lui-même de côté. En soit il ne le reprochait à personne, même pas à lui. Ca lui paraissait évident de laisser la place à ceux qui voulaient parler. Lui était plutôt du genre à écouter. A époque peut-être, il aurait laissé la conversation sur divers sujets et y aurait participé comme si sa vie en dépendait. Aujourd'hui il n'en avait plus l'envie. Plus l'envie et plus la force. Il répondait quand on lui posait une question, mais ça s'arrêtait là. Il faisait parfois l'effort d'en dire plus au restaurant. Pour les clients, il n'avait pas le choix, il devait faire bonne figure. Alors il parlait, il les relançait sur la première chose qui lui passait par la tête et plaçait des idées ici ou là. Il donnait son opinion sur des sujets peu importants – et encore il pesait souvent le pour et le contre d'avouer ce qu'il pensait réellement. Et quand cela devenait plus personnel ou plus poussé, il restait évasif. Il n'entrait pas dans le détail et c'était à peine s'il lui donnait une réponse concrète. D'après certains ça lui donnait un côté mystérieux, sauf qu'en vérité il voulait juste cacher. Se cacher lui-même et cacher son passé et son histoire. Il ne donnait jamais de données personnelles aux clients. Pas même sa date d'anniversaire, cela pouvait une idée bizarre à quelqu'un et il ne voulait même pas tenter. Cela pouvait lui arriver de laisser échapper un mot ou deux sur son enfance, quand la discussion s'y prêtait. Cela lui arrivait aussi de parler de ses notes à l'école mais ça s'arrêtait là. C'était ironique, en soit, car s'il ne racontait rien, c'était en parti pour éviter les questions des autres. Pour devoir se justifier et tout raconter. Il n'avait pas envie de se souvenir de tout ça, déjà qu'il s'en souvenait bien trop. Et la personne qui ne voulait répondre à aucune question n'était autre que celle qui en posait souvent – ironique, vraiment. Il ne voulait pas qu'on l'interroge mais il se permettait d'interroger les autres. Ce n'était pas toujours volontaire. La question sortait parfois plus vite qu'il ne la pense. Et parfois, c'était un peu plus élaboré. Comme s'il n'attendait que ça. Car il y avait des occasions pour poser les questions. Il ne pouvait pas aller voir la personne et lui demander de répéter ce qu'elle avait dit la dernière fois pour s'assurer que c'était la même chose. Les autres ne devaient pas savoir. Ils ne devaient pas savoir qu'il les testait, en quelque sorte. Qu'il faisait « exprès » pour d'oublier pour qu'on lui répète. Il ne se souvenait pas de tout ce qu'on lui disait, évidemment, il n'était pas une machine non plus, mais il enregistrait pas mal de choses. Peut-être trop. Parce qu'il retenait parfois des détails inutiles. Des détails qui ne lui apportaient rien. Mais il les savait. Au cas où...

Les réponses que Roy donnaient étaient étranges. Apparemment il aurait toujours voulu travailler dans la cuisine. Apparemment, il n'était pas un joueur de golf. Apparemment, il n'en avait jamais joué. Et apparemment, il était plutôt doué au bowling... Ce garçon était tellement étrange et la vague de mystère qui l'entourait l'était encore plus. Ca pourrait le fasciner – sans doute que ça l'aurait fait à une époque – hors ça l'angoissait. Parce qu'il ne comprenait rien. Que les infirmations qu'il avait n'étaient pas logiques une fois reliées. Rien n'avait de sens.

« J'ai l'ouïe fine », dit simplement Tetsuo en haussant les épaules.

Jun lui racontait quelques détails sur ses collègues et sur ses amis. Pour qu'il sache à qui il aurait à faire. Pour qu'il puisse les connaître en quelque sorte. Et c'était toujours un bon moyen de relever les choses qu'il n'avait pas tout de suite comprises. En en parlant à voix haute, il se rendait compte de certains détails, de certains mots, de certaines expressions. On pouvait dire que ça l'aidait à réfléchir. Mais il ne lui disait pas tout. Parfois il répondait simplement aux questions de son frère en répétant exactement ce qu'on lui avait dit.

Grâce à Tetsuo il avait eu la parfaite occasion de vérifier. De vérifier si Roy avait menti la dernière fois. S'il avait inventé une réponse ou s'il avait trouvé la bonne réponse par hasard. Son frère ne devait pas comprendre pourquoi cette question, et pourquoi cette excuse. Il connaissait Jun. Il savait que sa mémoire lui faisait rarement défaut. Il avait une imagination débordante et un peu loufoque, quelque fois, mais il avait une sacré bonne mémoire. C'en était presque inquiétant.

« Peut-être bien », répondit-il en haussant légèrement le coin de ses lèvres, « T'es sûr que c'est ça ? », ajouta-t-il dans un air peu convaincu.

On pourrait le traiter de sale gosse, de méchant et d'autres noms d'oiseaux, il s'en fichait. Il pensait à la sécurité de Tetsuo, et à la sienne. Il pensait à se protéger avant tout. Parce qu'il n'avait aucune envie de faire la même erreur qu'autrefois. Il n'avait aucune envie d'accorder sa confiance à n'importe qui et de se faire poignarder dans le dos à la moindre occasion. Il n'avait plus envie d'être blessé. Il avait déjà assez mal au quotidien, alors s'il pouvait s'éviter une blessure ou deux, il le ferait.

« Oh », lâcha simplement Tetsuo, « Tu ne te souviens pas parce que ça remonte à trop loin ou... ? », il se frotta un instant la joue, « Je pose trop de questions désolé. Oublie » et il rit légèrement.

Soit Roy le prenait pour un imbécile, soit il le prenait pour un imbécile. Dans tous les cas, il le prenait pour un imbécile. Ca voulait dire quoi, exactement, qu'il ne savait pas ? Ca n'avait aucun sens. Ce n'était pas logique. Si ces deux-là voulaient préparer quelque chose ils feraient mieux d'accorder leurs violons. Ou alors Roy n'avait pas encore travaillé son plan de son côté. Peut-être même qu'ils inventaient ce genre de choses pour... Pour quoi, au  juste ? De la compassion ? Motif assez faible. Non. Cela devait être autre chose.
En attendant il ne voyait pas pourquoi il lui mentait spécialement. Ils ne se connaissaient pas et Jun ne lui devait rien. Alors pourquoi lui mentir ? Que voulait-il obtenir ? Il souhaitait vraiment l'éloigner de Tetsuo ? Avec ça ?
Un léger souffle quitta ses lèvres et ses doigts se plongèrent dans ses cheveux tandis qu'il se massait rapidement le crâne. Pourquoi n'arrivait-il pas à le comprendre bon sang...

« Tu ne sais plus ? », lui demanda-t-il à son tour. « Genre... plus du tout ? »

Et il le regarda dans cet air perplexe qui lui seul savait maîtriser. Ses sourcils étaient légèrement haussant, accentuant sur les traits de son visage. Ses lèvres se pincèrent à nouveau après qu'un long souffle s'en soit échappé. Il secoua légèrement la tête puis haussa les épaules, avalant une nouvelle gorgée de sa boisson.
Plus le temps passait et plus il se rendait compte que Roy était définitivement une personnage à part. Jun avait la sensation qu'il s'inventait juste une vie. Ou plutôt qu'il oubliait volontairement la sienne pour une raison obscure. Ou alors... ce n'était que ce qu'il voulait leur croire ? Il voulait peut-être lui faire croire qu'il ne savait pas alors qu'en réalité il savait ce que Jun savait – il allait vraiment perdre un neurone s'il continuait comme ça...
Ses yeux se plissèrent un instant alors qu'il dévisageait toujours son collègue. Il ne savait pas ce qu'il manigançait. Il ne savait pas ce qu'il avait prévu. Il ne comprenait pas ses agissements. Il ne comprenait pas pourquoi il se montrait compréhensif et ouvert. Il ne comprenait pas cet homme.

« On voulait pas t'embêter avec nos questions », lui dit Tetsuo en inclinant le visage. Et Jun tourna son visage vers lui. On ? Qu'il parle pour lui. Il avait fait exprès de placer sa question lui... il ne pouvait pas le dire à voix haute cela dit. « L'essentiel c'est d'être heureux », s'exclama-t-il ensuite dans un sourire, « Vous êtes heureux au moins ? »
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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Lun 14 Nov - 11:49


Jun & Roy
Keep calm and go bowling




Réellement, était-on en train de le tester ? Parce que si c’était le cas, si on essayait de se moquer de lui, ceci n’avait rien de drôle et ça ne l’amusait pas. Roy rigolait de beaucoup de choses, de tout, de rien, cependant s’il y avait une chose sur laquelle il n’aimait pas plaisanter, c’était sa condition. Cela n’avait rien d’hilarant, encore moins palpitant, de perdre la totalité de ses souvenirs puis de se retrouver dans un monde sans connaître quoi que ce soit. Il souriait la plupart du temps lorsqu’on lui répondait un « Vraiment ? » ou qu’on le taquinait parce que ô mon dieu, il ne connaissait pas telle ou telle chose, seulement au fond, il ne trouvait pas ça drôle. Il était le fautif, il en avait conscience puisqu’il était la personne qui avait pris ce véhicule ce soir-là puis qui avait conduit en état d’ébriété sauf qu’à présent, il n’était plus en mesure d’expliquer pourquoi il avait fait une telle bêtise, pourquoi il n’avait pas réfléchi avant de boire à n’en plus pouvoir. Ce n’était pas une raison pour se moquer de lui car il n’avait sûrement pas demander à devenir amnésique, ou peut-être l’avait-il fait mais il ne s’en rappelait plus. En tout cas, l’homme qu’il était aujourd’hui était probablement étrange, on le lui répétait souvent. Il était peut-être idiot aussi cependant à lui également, ça lui arrivait de se tracasser, d’avoir des tourments qui lui faisaient tourner la tête sans réussir à l’arrêter. Si encore, il n’y avait que sa perte de souvenirs, peut-être le garçon s’y habituerait toutefois les séquelles de son accident était plus profonde, il avait du mal à mémoriser les choses et ça, s’il n’en disait rien, ça le complexait énormément. Cela l’embêtait de peiner à se remémorer le prénom de sa propre « fiancée » ou même de ses parents. Il ignorait celui de sa propre soeur et pourtant, ses géniteurs le mentionnaient parfois néanmoins vu qu’il ne les côtoyait pas régulièrement, Roy ne le retenait pas. Alors non, ce n’était pas drôle d’essayer de le tester de la sorte parce que lui n’aimait pas ça. Il n’aimait pas qu’on l’interroge sur son passé, non pas parce que celui-ci était trop douloureux mais car il ne s’en rappelait pas et que sa réponse serait toujours « je ne sais pas ». Il n’aimait pas qu’on lui demande de faire un effort, de tenter de se remémorer puis qu’on se moque de ses problèmes de mémoire. Il faisait tout ce qu’il pouvait pour la travailler, pour ne pas faire de bourdes et parvenir à s’intégrer sauf que ce n’était pas simple. Et il ne comprenait pas pourquoi son collègue était aussi insistant sur le prénom de celle qui était censé l’accompagner dans son existence. Il ne comprenait pas pourquoi il faisait tout un plat là-dessus alors que de base, c’était à peine s’il s’intéressait à son existence. Cela l’agaçait plus que de raison, plus que le garçon ne le montrait non plus puisqu’il avait l’impression qu’on se moquait de lui, qu’on l’analysait et c’était une sensation désagréable. Il le subissait assez à l’hôpital...

« Qu’est-ce que ça peut faire si c’est ça ou non ? » Avait-il demandé d’une voix étrangement calme alors que son regard, sérieux, se noya dans le sien.

Il aurait souhaité ajouter ironiquement qu’il ne savait pas que sa vie l’intéressait tout à coup toutefois il s’était abstenu. Parce qu’il était celui qui s’emportait pour pas grand chose, parce qu’il commençait à avoir vraiment mal à la tête de trop réfléchir et que peut-être, Jun avait posé cette question en pure innocence.

Ses doigts se crispaient discrètement autour de sa tasse au fur et à mesure qu’on le questionnait. Il voyait bien que cela ne semblait pas être méchant, qu’il s’agissait de rétorques anodines, de la simple curiosité hors il se sentait comme si on était en train de lui faire passer un interrogatoire. Et c’était particulièrement désagréable. Pourtant, il essayait, il luttait et feintait un léger sourire à l’aîné en secouant son visage, déclarant que ce n’était pas grave. Il s’était attendu à être tranquille ensuite, il avait pensé qu’on arrêterait de le questionner s’il se justifiait un minimum seulement à croire que Jun n’était pas de cet avis. Qu’est-ce que celui-ci n’avait pas compris ? Sa rétorque n’était-elle pas assez clair ? Il avait été honnête, expliquant sincèrement qu’il ne se souvenait de rien alors pourquoi est-ce qu’on l’interrogeait encore ?

« Plus du tout. »

Ce n’était pas un mensonge. Qu’est-ce que ça lui apporterait de dire qu’il ne se rappelait plus de la rencontre avec sa fiancée ? Même si leur rencontre avait été catastrophique, il aurait facilement pu en inventer une autre ou omettre volontairement certains détails mais non, lui avait avoué ne pas s’en souvenir. En règle général, ne pas être en mesure de se rappeler d’une rencontre aussi importante ou du nombre d’années de relation, étaient quelque chose de mal vu... Pourquoi prendrait-il la peine le mentir autant ? Puis, le serveur ne l’avait-il pas déjà remarqué au travail que Roy avait de sacrés problèmes de mémoire ? Quant ce n’était pas les prénoms des employés, c’étaient les plats qu’il confondait parfois. Un faible soupir traversa sa bouche alors qu’il ferma un instant ses paupières, espérant faire passer cette douleur au niveau du crâne qui était de plus en plus prenante. On ne voulait pas l’embêter avec ces questions, il comprenait. Il savait qu’il n’y avait pas de mauvaises intentions derrière - de ce qu’il croyait du moins - donc ce n’était pas si grave mais malgré tout, ça l’embêtait quand même. Il n’était pas habitué à ce qu’on le questionne autant. Quoi que ses parents le faisaient souvent, sauf qu’eux, c’était pire, il y avait une pression ardente qui s’accompagnait à leur mot et c’était sûrement la raison principal pour laquelle, le cuisinier se sentait vite mal et oppressé dés qu’on lui adressait la parole sur ce sujet.

- Probablement, Répondit-il en haussant les épaules, un brin pensif.

Est-ce qu’il était heureux ? Pour Akane, il ne se posait même pas la question, ça ne le concernait pas réellement mais lui... Il l’ignorait. Qu’est-ce que c’était le bonheur ? Il ne pouvait pas dire qu’il ne savait pas, il savait ce que c’était, comme si son coeur avait déjà ressenti cette sensation un jour cependant il n’avait pas l’impression que c’était ce qu’il éprouvait aujourd’hui. Cela ne signifiait pas qu’il était malheureux pour autant. Il était bien, avec des hauts et des bas, comme la grande majorité de la population.

Soufflant à nouveau, il porta sa tasse à ses lèvres avant de la reposer sur la table, il n’y avait plus grand chose à l’intérieur. Ses phalanges tapotaient doucement contre la porcelaine jusqu’à ce qu’il ne soupire encore.

- Je suppose qu’on a tous nos problèmes. Vous avez les vôtres, j’ai les miens. Vous n’avez sûrement pas envie d’en parler, c’est aussi mon cas.

Lui qui était si « fou » d’habitude, qui agissait sans réfléchir, souriait sans raison ou jouait à l’idiot adoptait une attitude plus que sérieuse. Sur ses paroles, le garçon recula sa chaise pour se relever puis s’incliner légèrement, déclarant qu’il revenait. Il s’échappa dans les toilettes de l’établissement, s’aspergeant sa figure d’eau fraîche afin de remettre ses idées en place. Sérieusement, qu’est-ce qui lui avait pris ? Il ne savait même pas pourquoi il avait balancé de telles paroles, ça n’avait pas lieu d’être. Il soupira pour la énième fois de la soirée puis fit demi-tour, retournant à sa place où il s’excusa de son comportement. Parce que vraiment, ce n’était pas nécessaire de leur dire ça, ils n’avaient pas cherché à le déstabiliser et ce n’était pas de leur faute s’il avait des problèmes de mémoire, s’il avait des parents qui l’oppressaient un peu trop, puis s’il était complexé à ce niveau là. Avec cette réflexion, Roy risquait de refroidir l’ambiance un peu plus mais aussi de les embrouiller plus qu’il ne le désirait.

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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Lun 14 Nov - 18:22


Roy & Jun
Keep calm and go bowling




Les réponses de Roy ne lui plaisaient pas. Elles étaient étranges et décousues de sens. Elles étaient trop vagues, et imprécises. Elles étaient un problème, plutôt que d'être une solution. Elles étaient un nouveau casse-tête plutôt que d'être de vraies réponses. Il avait beau y penser, y réfléchir, il ne comprenait pas. Déjà la dernière fois, le cuisinier ne semblait pas être sûr du prénom de sa fiancée. C'était étrange. Pouvait-on oublier le prénom de la personne qui partageait notre vite ? Celle que l'on comptait épouser, apparemment ? Celle avec qui on se sentait plus fort, plus vivant ? Pouvait-on oublier ? Pouvait-on douter, même ? Il avait trouvé cela étrange, et il trouvait cela encore plus étrange aujourd'hui. L'épais nuage qui entourait Roy se faisait de plus en plus large et il avait du mal à voir au travers. Il ne saisissait plus rien, et Dieu seul savait à quel point il avait envie de comprendre. Hors c'était comme si son collègue faisait tout pour l'embrouiller un peu. C'était comme s'il faisait tout pour ne donner aucune vraie réponse. Il ne répondait à rien et lui restait dans le flou. Il avait quelques informations, pourtant. Il en avait. Mais il ne pouvait pas les analyser et les ordonner comme il le faisait d'habitude. Parce que le cuisinier restait un mystère. Il restait une personne impossible à cerner. Il n'arrivait pas à trouver ses véritables intentions derrière son sourire et sa joie apparente de vivre. Il n'arrivait pas à trouver ce qui l'alimentait constamment. Il n'arrivait pas à comprendre le sens caché de ses gestes et de ses mots. Il ne comprenait pas pourquoi il s'était approché de lui, pourquoi il l'avait invité au golf, pourquoi il était là ce soir. Et il voulait savoir tout ça. L'idée qu'il veuille l'éloigner et l'isoler n'avait pas quitté son esprit. Elle était toujours là. Mais il ne savait pas à quoi s'accrocher pour la rendre plus plausible. Il savait que certaines personnes n'avaient vraiment besoin de rien pour s'en prendre aux autres. Il savait que certains agissaient sous le coup d'une impulsion malsaine. Hors là, ça ne pouvait pas être une simple impulsion qu'il suivait. Non. C'était plus que ça. Comme un plan élaboré du début à la fin. Il avait beau dire qu'il ne laisserait pas le cuisinier le promener partout comme il le chantait, il était pourtant en train de le faire. Et il rendait le nuage qu'il l'entourait encore plus épais. C'était frustrant, de ne pas comprendre. De ne pas comprendre cet individu face à lui. De ne pas comprendre où il voulait en venir. De ne pas comprendre pourquoi il voudrait le blesser. C'était frustrant, mais surtout, angoissant. Ca lui faisait peur de ne pas savoir et d'être dans le flou total lorsqu'il était avec lui. Ca l'effrayait de ne pas envisager ses gestes. C'était comme si l'homme en face de lui n'avait pas d'histoire. Volontairement ou non, tout le monde racontait une histoire. Ils racontaient leurs passés. Ils le racontaient dans des mots différents mais surtout dans des actions. Ils le racontaient dans un regard ou dans un rire. On ne pouvait pas les lire à la perfection cela dit. Mais on les voyait. Lui aussi, d'une certaine façon, interprétait son histoire. Il n'en parlait pas, mais elle coulait sur sa peau. Elle brillait dans son regard. Elle bouillonnait dans son sang. Son histoire était là, à la vue de tous. Et il tentait de la cacher en portant ce masque de plus en plus gênant. De plus en plus épuisant. Il supportait tout ce qu'il n'aimait pas la journée, au travail, ou avec ses amis. Même ici. Il supportait. Et il donnait l'impression de tout maîtriser. Hors il ne maîtrisait absolument rien et se laissait rapidement submerger quand il arrivait chez lui. Il avait compris depuis longtemps qu'il ne contrôlait plus sa vie. Il l'avait compris et s'était fait à l'idée que c'était cet homme qui tirait les ficelles, et que lui n'était que la poupée. Son ravisseur n'avait pas besoin d'être présent physiquement pour contrôler sa vie et ses peurs. Il vivait dans sa tête. Il vivait dans son passé. Et c'était suffisant pour le laisser guider sa vie.
Chez Roy, il ne voyait pas grand chose. C'était comme s'il n'avait rien à raconter. C'était comme s'il n'avait rien vécu non plus. Et c'était angoissant. Car il s'agissait généralement des personnes les plus dangereuses – même si tout le monde l'était pour Jun donc en soit, ça ne changeait pas grand chose. Mais il avait l'impression que le cuisinier masquait son identité. Ou plutôt qu'il ne savait même pas qu'il était. Comme s'il s'inventait une nouvelle vie. Comme s'il écrivait sa propre histoire comme il le voulait. Comme s'il modelait son passé comme il le souhaitait et qu'il manipulait les gens dans le présent pour s'offrir un futur.
Il ne pouvait songer autrement. Surtout pas avec les réponses qu'il venait de donner. Surtout pas en repensant à tout ce qu'il avait déjà dit. Il était étrange. Il était énigmatique, aussi. Et surtout impossible à cerner.

Un regard à peine surpris, un sourcil à peine haussé, il soupira faiblement. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire si c'était ça ou non ? Il se moquait de lui ou il le faisait exprès ? Avec cette réponse, c'était comme s'il moquait ouvertement de lui. Comme s'il lui disait que ça ne changeait rien qu'il se trompe ou qu'il ait juste. Comme s'il lui disait que ce n'était pas important, de toute façon, que ce soit son prénom ou une pure invention de leur part. C'était comme s'il le narguait surtout. Ce n'était peut-être pas son prénom, elle lui avait peut-être menti ce soir-là aussi. Peut-même que lui ne s'appelait pas Roy. Peut-être qu'on lui avait dit d'être cette personne, d'être Oikawa Roy et d'agir comme lui. Si ça se trouvait, il était une personne différente et volait l'identité d'un autre. Et c'était ce que Jun comprenait avec cette réponse. Ca, et que ça l'effrayait de plus en plus de ne pas parvenir à le comprendre.
Il haussa à peine les épaules à sa réponse suivante. Tetsuo semblait compatir – et c'était à cause de son métier qu'il était ainsi. L'aîné lui déclara une nouvelle fois qu'il était désolé de lui avoir posé des questions, expliquant que, vraiment, ça ne le regardait pas après tout. Jun garda les lèvres scellées, scrutant silencieusement son collègue, le visage fermé. Il le trouvait bizarre. Il le trouvait suspicieux. Il ne le comprenait pas. Il ne le cernait pas. Et ses réponses ne lui convenaient pas. Ce fut comme si d'un seul coup, il se renferma sur lui-même.

Il dévia un instant ses prunelles, observant le liquide dans sa tasse alors qu'il la faisait lentement bouger. Il s'immobilisa soudainement, redressant son regard vers Roy, tandis que sa mâchoire se serrait. Qu'est-ce que cela voulait dire, exactement ? Et de quels problèmes parlait-il au juste ? Cela avait-il un rapport avec tout ce qu'il venait de dire ? Un rapport avec sa fiancée ? Un rapport avec le fait qu'il déclarait se souvenir de rien ?
En plus de tout ça, il n'aimait pas cette façon de parler. Il ne l'avait pas dit méchamment, mais il ne l'avait pas dit en riant non plus. S'il ne l'avait dit qu'à lui, il n'en aurait rien à faire. Il était à même de comprendre cette envie de ne pas parler de ses problèmes. Mais Tetsuo semblait vouloir l'aider. Il semblait s'intéresser assez à lui pour l'inviter au bowling. Il ne lui en voulait pas d'avoir créé une crise de panique à Jun la dernière fois. Il lui avait même demandé s'il allait bien, à l'hôpital. Comme s'il avait envie d'apprendre à le connaître.
Tetsuo qui leva quelque peu les mains à cette déclaration comme s'il souhaitait se déclarer innocent. Comme s'il se reculait d'un feu qu'il avait lui-même allumé dans un air désolé.
Les deux frères s'échangèrent un regard et Jun haussa les épaules avant d'avaler le reste de sa boisson. Il déposa la tasse vide devant lui et croisa les bras sur son torse, posant son regard sur les autres personnes présentes dans la pièce. Et il ne dévia pas son regard vers Roy lorsqu'il revint. Il ne lui répondit rien non plus.

« Désolé si on t'a blessé », déclara Tetsuo en inclinant le visage, « Ce n'était pas notre intention »

Il lui offrit un léger sourire ensuite et avala son café. Il observa un instant son frère et tourna à nouveau son visage vers Roy.

La voix de Jun s'éleva doucement dans le léger silence qui régnait, « Il commence à se faire tard », qu'il déclara, avant de se lever et d'aller régler la facture. Il rangea son porte-monnaie dans sa poche tout en revenant vers eux, et enfila lentement sa veste, veillant à bien la fermer.
Et ce fut seulement à ce moment qu'il reposa ses prunelles sur Roy. Il lui envoya un fin sourire, avant de remonter son écharpe et se couvrit la moitié du visage. Une fois masqué le tissu, son sourire s'effaça entièrement.

« Passe une bonne soirée », qu'il lui dit en se dirigeant vers la porte.

Tetsuo se leva et enfila sa veste à son tour, ne se souciant pas de la laisser totalement ouverte.

« C'était amusant aujourd'hui. Merci d'être venu. Et encore désolé pour avant », lui dit-il, « A la prochaine », qu'il lui lança dans un signe de main tout en suivant Jun à l'extérieur.
Et il le raccompagna jusque chez lui.
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MessageSujet: Re: Keep calm and go bowling • | Ft. Jun   Lun 14 Nov - 20:35


Jun & Roy
Keep calm and go bowling




Ce n'était pas qu'il était vexé, ou peut-être l'était-il, mais il n'aimait pas aborder ce sujet là. Il s'était senti tout à coup oppressé par ces questions et il avait eu l'impression de perdre pied, ne plus savoir où il devait nager parce qu'il détestait cela. Jun était celui qui normalement aurait du le comprendre. Sûrement pas totalement mais au moins un minimum parce que lui aussi paraissait avoir des problèmes, des secrets qu'il enfouissait au plus profond de son âme et qu'il ne souhaitait pas ressortir. Roy, que cela soit maintenant ou auparavant, avait respecté cela, il ne l'avait pas interrogé, il s'était contenté d'agir comme si de rien était, juste pour ne pas le brusquer, pour ne pas l'offusquer non plus. Certes, leurs vies n'étaient assurément pas comparables et que lui était beaucoup plus heureux que son collègue cependant ce n'était pas une raison. Il ne voulait pas qu'on le questionne mais c'était de sa faute, pas de la leur, il en avait conscience aussi. Il aurait du leur dire dés le départ qu'il ne s'en souvenait pas mais qu'il n'avait pas envie d'en parler parce que plus qu'être douloureux, c'était affreusement frustrant et qu'au bout du compte, il n'y avait pas grand chose à raconter sur sa vie. Il s'était réveillé un certain jour de septembre, on lui avait appris qu'il avait dormi pendant un peu plus de trois ans et lui ne se souvenait même pas de son nom, encore moins de l'endroit où il était, de son âge, ni ce qu'il lui était arrivé. Etait-ce mal de ne pas vouloir parler de ça, de ne pas vouloir qu'on le plaigne ni qu'on essaie de comprendre ce qu'il avait pu traverser pour en arriver là ? Aussi égoïste que cela puisse être, son unique envie était de se créer de nouveaux souvenirs, d'avancer et non pas tenter de retourner en arrière. Son passé était passé, il n'aurait jamais la possibilité de s'en souvenir et il ne désirait pas perdre son temps pour ça de toute façon. Il avait une mauvaise mémoire, il le savait. Tout comme il avait conscience qu'il n'était pas normal, qu'il était sûrement bizarre à jouer au golf avec une louche dans sa cuisine, que quelqu'un qui n'est pas fichu de retenir le prénom de celle qu'il aimait n'était pas correcte, qu'aujourd'hui encore, on devait le trouver étrange pour réagir au quart de tour alors qu'on ne lui avait rien dit de mal. Hors, ça lui mettait une pression que ses interlocuteurs ignoraient, ça l'obligeait à réfléchir plus que de raison, à s'interroger automatiquement sur son passé, sur la personne qui il était puis sur cet accident qui avait changé son existence. Roy aimait ne pas avoir à se justifier sur sa vie mais malheueusement, il n'en avait pas toujours le choix puisque parler de soi était souvent dans les conversations, c'était normal. Qu'aurait-il pu répondre alors ? "J'ai perdu la mémoire donc je n'en sais rien" ? Cela aurait été plus simple, ça lui aurait évité tout un tas de questionnement mais... Pourquoi faire simple lorsqu'on peut faire compliqué, hm ?

L'eau fraîche sur son visage ne l'avait pas réellement aidé, ça n'avait même pas atténué un tant soit peu son mal de tête et il y avait cette boule au ventre qui lui donnait la nausée. Certainement qu'il ne resterait plus très longtemps, il en avait perdu toute motivation et il était sincèrement désolé pour les deux autres jeunes hommes qui n'avaient rien du comprendre. Le cuisinier avait bien vu qu'ils n'essayaient pas d'être méchant envers lui, qu'ils étaient tout bonnement curieux, voir même intrigué. Il aurait dû voir sur leur visage que leurs expressions étaient différentes de celles que lui affichaient ses géniteurs, qu'il n'y avait pas cet agacement à cause de sa mémoire inexistente, qu'il n'y avait pas cette pression immense et que personne n'était là pour le juger ou l'accuser de ce qu'il était devenu.

- Je sais, Avait répondu le garçon dans une esquisse sincère, Ce n'est pas vous, c'est moi. Ne t'en fait pas.

Parce qu'il n'avait pas réfléchi et que cette oppression s'était faite tellement grande qu'il n'avait pu que se braquer. Et il en était désolé. L'aîné était médecin, n'était-ce pas évident qu'il n'était pas là pour se moquer ? Il aurait très bien pu le comprendre, peut-être même le conseiller comme le faisait si bien le docteur Hwang.

Il ne riposta pas toutefois lorsqu'il réalisa que les frères s'en allaient puis les salua à son tour d'un tendre sourire, les remerciant pour le moment. Parce que malgré tout, bien que ça avait failli mal se terminer par sa faute, il s'était amusé et ça lui avait fait plaisir. Passer du temps avec des gens, il n'y avait rien de plus exaltant et il espérait avoir l'occasion de faire ça plus souvent. Parce que c'était comme Jun le pensait au final, Roy n'avait aucune histoire, pas même une petite bribe et à partir de maintenant, il aimerait commencer à la créer petit à petit.


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